• 02/06/18 : Avancement du contexte suite au second event ! topic à jour
• 02/06/18 : Fin du second event ! Résumé ici avec deux concours hors-rp !
• 04/03/18 : V2.1 du Forum ! Nouveau thème, nouveau groupe, nouvelles surprises ! Tout ici.
• 28/02/18 : Inscriptions à l'event de St. Valentin terminées. N'hésitez pas à voter ici.
L'U.A. perd en vitesse ! Suite à l'attaque dans la forêt durant l'examen de la licence provisoire, le public commence à perdre confiance en la plus grande école des héros. En conséquence, un internat a été mis en place et la licence accordée aux élèves.

Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

 Be my knight in a shining armor. || Feat. Johan R. Grant

My Hero Academia RPG :: Le monde de My Hero Academia :: Musutafu :: Zone commerciale
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageLun 19 Fév - 11:34
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Mon souffle, ardent, s'écrase dans ma gorge. Les foulées sont pénibles, parce que trop rapides. Je passe çà et là, me faufilant de mon mieux pour essayer de semer mes poursuivants. Le vent me pousse les cheveux en plein visage et, une main tenant mon sac de courses en plastique, je balance l'autre (tirant donc l'autre avec malgré tout dans le procédé, parce que les menottes sont faites pour ça) pour repousser les mèches noires qui obstruent ma vue. Je les entends, derrière moi, me lancer de me rendre. Mais ça, c'est une énorme blague. Je n'ai littéralement rien fait qui mérite un tel comportement. Je ferme la mâchoire avec force, ma langue se retrouvant vite écrasée contre mes crocs. Simplement fuir ça n'a jamais été un vrai problème. J'ai huit pattes, je suis connue pour être relativement rapide. Mais là... Le volatile me passe au-dessus de la tête, et pique en flèche entre les bâtiments pour essayer de me saisir au passage. Faute de pouvoir faire quoi que ce soit de mieux, je bondis vers le côté et, remerciant mon alter, me perche sur un mur, à la verticale. Pourtant, en me fichant sur celui-ci, l'une de mes pattes se "tord". Et, après avoir tenté de ne pas m'arrêter, la douleur fini par me faire tomber. L'un au bout de la ruelle, l'autre à l'autre bout, je suis encerclée. Je m'agite, pattes en l'air, pour me relever. Et une fois ceci fait, je profite de leur satisfaction pour reprendre un peu mon souffle, alternant sans cesse de la tête d'un sens à l'autre pour garder les deux à l’œil. Foutu piaf...

---

Pour comprendre toute la colère que je ressens à cet instant précis, remontons un peu dans le temps. Environ une heure plus tôt, sous le Lotus Noir.

-en... Ren !

Un sursaut. Mes pensées se dispersent, comme un nuage de fumée fendu par le passage d'une main dans l'air. J'ouvre des yeux ronds en tournant la tête, cherchant à poser le regard sur la source de l'appel. Il me fait face. Assise au sol, je ne bouge pas de ma place alors qu'il se rapproche. Son expression lassée, pour ne pas dire blasée, me fait comprendre qu'il y a un hic quelque part, et que ça va être à moi de m'y coller. Je me retiens de soupirer, pour ne pas faire montre de mauvaise foi, et penche la tête sur le côté en espérant que l'air curieux suffira pour qu'il s'explique.

J'ai une course à faire mais j'ai pas envie qu'on m'voit trop souvent au centre commercial. Tu sais que ça pourrait faire suspect. T'peux y aller pour moi ?

Non.

Oui, bien sûr.

F■ck.

Merci t'es sympa ! Du coup, il me faudrait ça.

Il se rapproche encore. Ma safe-zone grimace. Je sais qu'il est important que j'ai des interactions sociales, au moins un minimum, avec les autres membres de la ligue. Nous sommes très "divisés", mais il paraît que nous devons malgré tout nous serrer les coudes de temps à autres. Je ne comprends pas le principe, mais je m'efforce de l'appliquer sans vraiment chercher plus loin. Avec ça, j'aurai le droit de dire "non" au prochain qui me demandera un service.

Eh. Attends c'est-...

Plus là. En baissant les yeux sur le bout de papier qu'il m'a donné avant de se sauver façon Batman, je parcours à nouveau en vitesse la liste de ses courses. Chips, pocky, bières... Je ferme les paupières, essayant de calmer le sourcil qui, sous la frustration, tressaute. Je vais le mettre en pièces. Je m'autorise un long et profond soupir, penchant mon buste humain pour redresser mes pattes et me lever. J'ai dit oui, je vais devoir faire avec. La prochaine fois, je lui confie d'aller m'acheter des petites culottes, on verra bien qui sera la quiche. Et c'est comme ça que, grâce soit rendue à ce crétin, je me suis retrouvée dans cette situation pour le moins déplaisante après être sortie du centre commercial, poursuivie par des veilleurs particulièrement persistants.

---

Maintenant, vous comprenez mieux ? Faut-il être complètement crétin pour envoyer une araignée faire votre shopping ? C'est sûr, je ne suis pas la discrétion incarnée, de jour. Je ne m'étonne pas spécialement d'avoir été reconnue. Et pourtant, le plus comique, c'est que je me suis tenue tranquille. Comme pratiquement toujours, d'ailleurs. Je balance encore la tête, en cherchant comment me sortir de ce pétrin. Finalement, ce sont des bruits de pas résonnant qui attirent l'attention de tout le monde. L'un des veilleurs ouvre la bouche, pour prévenir ce que nous pensons un civil de ne pas rester parce que la zone est dangereuse. Mais je le devance, avec beaucoup de admirable self-control.

Bonjour et bienvenue dans la chasse à l'araignée.
notes ; 852 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageLun 19 Fév - 17:36
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Être étudiant en troisième année, ce n'était pas quelque chose de facile. Loin de là. Alors que les autres passaient leurs temps en cours, à écrire, écrire et écrire des cours à apprendre généralement le soir même, le cursus héroïque avait droit à quelque chose de totalement différent. Des stages, des stages, des stages. Là où les deux premières années étaient très portées sur le théorique, ceux qui approchaient de l'examen final passaient énormément de temps sur le terrain. À travailler avec d'autres héros, à tenter de se faire doucement un nom. Quelque chose qui était, en soit, plutôt logique. Comme ça, une fois le diplôme en poche, ils avaient déjà une certaine expérience. Un certain réseau, une certaine approche du travail. Comme un retour à la réalité, en comparaison de ce qu'on rêvait à l'origine du travail fantasmé de héros.

Et comme à son habitude, Johan était à moitié allongé sur une chaise, dans la base d'opération de Red Flag. Son tuteur de stage, qui tenait un petit groupe dans un endroit perdu de la ville. Un endroit qui, à l'origine, n'était que très peu la proie des vilains. C'était d'ailleurs pour ça que notre électrifié travaillait ici. Peu de travail, et donc de nombreuses possibilités de roupiller en paix. C'était plutôt agréable. De plus, les gens n'étaient pas très regardants, et ne se préoccupaient qu'assez peu de ce qu'il faisait. Enfin, les gens, cela ne concernait bien sûr pas le vieil homme qui tenait l'endroit qui cherchait à faire travailler Johan le plus possible. Non pas dans le but de simplement travailler, mais comme pour le réveiller. Lui redonner le goût de l'héroïsme, dans un sens.

Ce jour-là, il arriva finalement dans la petite salle qui servait de bureau au comique. Il rentra alors, dans sa tenue complète une pièce d'un rouge pétant, moulant sa musculature encore présente malgré son âge. Johan ouvrit finalement les yeux, posant son regard bleuté sur celui qui venait de le déranger durant sa sieste.

« Mmh... J'dois encore te suivre ? La randonnée, c'pas mon truc... »


Ce dont parlait le jeune homme était, bien sûr, des fameuses rondes qu'effectuaient les héros. Outre permettre de repérer d'éventuels vilains, cela permettait à la population de se sentir en sécurité, en voyant les différents héros se balader à travers les ruelles, toujours prêts à s'attaquer à celui qui tentera de s'en prendre à quelqu'un. De la dissuasion, grossièrement. Mais pour Johan, c'était bien trop ennuyeux. Marcher non-stop, devoir sourire aux gens, les saluer. Signer des autographes de gamins qui font ça plus pour suivre la mode, sans même connaître votre nom.

On sait jamais, si un jour le gars en question devenait célèbre.

« Non, j'y vais seul. Toi, j'ai un autre travail. »


***

Une heure plus tard.

Johan marchait, à travers des ruelles sombres. La mission que lui avait donné Red Flag était plutôt simple et malheureusement, notre jeune ami ne pouvait refuser. Depuis peu, outre la Ligue des Vilains, un autre groupe commença à faire parler de lui. Nommés les Vengeurs, ces derniers étaient des Vigilantes. Grossièrement, des personnes qui se la jouaient héros, sans licences. Oh, certes. Pour la plupart, leurs intentions étaient louables, arrêtant des vilains pour les donner à la justice. Mais d'autres tuaient. D'autres abusaient de leurs pouvoirs. Bref, malgré tout, ils étaient eux aussi considérés comme des hors-la-loi.

Et des gens semblaient en avoir vu deux qui avaient pris une jeune femme en chasse. Était-ce une vilaine ? Potentiellement. Mais même si cette dernière n'était pas du bon côté de la loi, cela n'excusait en rien l'attitude des Vigilantes.

Par conséquent, quelqu'un se devait de les arrêter.

Et malheureusement, la tâche revenait à Johan. Bordel... Deux hommes pour le prix d'un. Ce n'était pas vraiment sa tasse de thé, et il n'était pas réellement motivé pour un combat, alors il comptait faire vite. Quitte à se battre à son réel niveau, histoire d'en finir une bonne fois pour toute.

S'étirant doucement, il arriva alors dans la ruelle concernée. Seuls ses pas, lourds, résonnaient à travers l'endroit. Son regard bleuté était posé sur les trois personnes présentes : un espèce d'homme piaf, au bec élancé, et aux ailes blanches. Un homme recouvert d'écailles, d'un vert sombre, qui se confondait presque avec les ombres de la ruelle. Et enfin, celle qui semblait être la victime. Une jeune femme, qui, comme spécificité, avait le bas du corps d'une araignée. Un buste, relativement agréable à regarder d'ailleurs, de femme, et enfin les pattes, le reste. C'était étrange, à observer. Pas désagréable, néanmoins !

Johan n'était pas du genre à juger quelqu'un sur son physique. Après tout, c'était lui-même un géant, au japon. Deux mètres. Une chevelure blanche. Un sourire présent, grand, presque moqueur. Il était tout aussi différent. Ainsi, ce n'était pas de la peur ou du dégoût qui se lisait dans ses yeux. Simplement de la curiosité. Et une idée lui vint : et si ces deux abrutis s'étaient attaqués à elle seulement à cause de son apparence ? Après tout, elle ne semblait rien avoir fait de mal. Aucune annonce d'un vol, d'un braquage. Elle ne semblait pas être dans les registres, sinon il le saurait. Elle n'avait qu'un sac en plastique entre les mains, sûrement des courses. Elle était même menottée. Surement à cause d'eux.

Ah, bordel. Et ça jugeait encore avec l'apparence ?

La première personne à prendre la parole était la victime, qui lui lança un bienvenu à une chasse particulière. Celle de l'araignée. C'était une phrase ironique, qui arracha un léger rire à l'apprenti héros.

« Bon, vous deux. » Dit-il, en portant son attention sur les Vigilantes. « Vous allez me suivre, bien gentiment, et laisser cette jeune femme tranquille. »


Comme pour montrer qu'il ne disait pas ça à la légère, le corps entier du comique se mit à trembloter, et des gerbes de foudres semblaient s'échapper légèrement de son être. Grognant un peu, il n'était pas particulièrement de bonne humeur. Il avait envie de dormir, et pas de s'occuper de deux connards qui jugeaient quelqu'un à cause d'une mutation génétique. Son œil droit, normalement blanc sur bleu, commença à noircir. Comme s'il disparaissait, avant que son iris ne brille d'un bleu encore plus éclatant. Une espèce de fumée s'échappait même de son orbite.

Il était totalement sérieux.

« Sinon, vous allez passer un mauvais moment. »


Ne s'étant pas réellement présenté à l'origine, les deux Vigilantes pensaient sûrement qu'il était un complice de la jeune femme. Le reptile s'élança alors rapidement en direction de Johan, qui claqua des doigts. Derrière lui, de l'électricité commença à s'amasser, avant de prendre la forme d'un énorme crâne semblable à celui d'une bête. De la même manière que son créateur, la "chose" de foudre avait un œil allumé. S'arrêtant brusquement à la vue de la créature, il fut alors surpris par le rayon pur de l'élément manié par Johan, qui s'échappa du crâne pour venir le frapper de plein fouet. L'électricité éclaira quelques secondes la ruelle, avant de s'éteindre, le reptile tombant au sol, tremblotant.

Non, Johan ne rigolait pas.

L'oiseau, de son côté, décida d'agir. Comprenant qu'il n'avait aucune chance face à l'électrifié, il vint récupérer son compagnon, avant de partir rapidement. Johan ne chercha même pas à les poursuivre. C'était inutile. Après tout, la victime était sauvée, et c'était le principal.

Le crâne commençant à se désagréger, notre protagoniste poussa un soupire de soulagement, son propre œil s'éteignant pour reprendre sa couleur initiale. Lentement, il se dirigea alors vers la femme araignée.


« Vous allez bien, mademoiselle ? Je suis Johan. Apprenti héros, à U.A. »


Il lui parlait comme à n'importe qui d'autre. Nullement gêné par sa grande taille, par cette apparence particulière, notre protagoniste avait la tête levée, pour observer la belle droit dans les yeux. Sur ses lèvres, son sourire. Grand, sincère, réconfortant. Il se présentait, histoire de ne pas l'effrayer... Sans même se rendre compte qu'il parlait à une membre de la ligue.

Écrit et codé par Johan R. Grant
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageMer 21 Fév - 8:35
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Faut-il être une sorte de martyre de fortune pour que les cieux vous envoie un ange ? Mes yeux se posent sur le "nouveau joueur". Dans ma tête, j'ai le "tig" du multijoueur qui résonne. Quelle... Flegme. Le mot correspond bien. Il avance, se glisse dans la ruelle comme s'il n'y avait jamais eu qui que ce soit de vraiment important dedans. Je le regarde. Les Vigilantes aussi. Mon cœur saute un battement. Je crois que les Vigilantes s'en moquent. Je suis plutôt loin, mais il est définitivement grand. Et j'aperçois facilement ses cheveux, blancs, malgré la distance. Un bonhomme de neige grandeur nature ? Ren, c'est pas vraiment le moment de rire, me lancé-je mentalement. Finalement, le silence s'achève, cette mauvaise tension de chasse, et ses mots ricochent entre les murs, lancés à l'attention de mes poursuivants.

Bon, vous deux. Vous allez me suivre, bien gentiment, et laisser cette jeune femme tranquille.

Jeune femme..? J'ai envie de regarder autour, ce que je fais d'ailleurs avec autant de discrétion que possible. Mais à part les vigilantes, lui, et puis moi, il n'y a absolument personne. La jeune femme, c'est moi ? Encore un battement qui saute. Je baisse la tête, préoccupée, et observe cette forte poitrine qui se soulève, frénétiquement, sous une palpitation vive. Autant dire que mon cerveau a entendu quelque chose comme "cette belle femme". Et puis c'est le cataclysme. Ou quelque chose qui s'en rapproche. Son corps "brille". Ou, plus exactement, s'allume. Je ne suis pas sûre de pouvoir le décrire parfaitement, principalement parce que ce phénomène m'hypnose un moment. Comme un prince en armure, il apporte la lumière. Une lumière crépitante comme les néons des rues basses, tard le soir. De ma position, j'aperçois la lumière naissant dans son œil, et mon cœur se serre encore et encore. Ne pas défaillir, ne pas défaillir. Et puis, avec les notes de sa voix revenant à la charge, la vérité me claque au visage. Il vient me sauver.

Sinon, vous allez passer un mauvais moment.

Clac. Ses doigts produisent ce son, un son que je ne sais même pas faire d'ailleurs, alors que le reptile se jette sur lui. Un crâne, imposant, répond à cette charge par une autre avant que la Vigilante à l'alter de serpent ne récolte les fruits de sa bêtise face à mon prince : un rayon d'un bleu vibrant, si éclatant dans la ruelle que celle-ci s'illumine. J'hésite entre fermer les yeux ou les garder ouverts, n'appréciant que peu tant de lumière, et finalement j'abandonne, baissant le rideau de mes paupières pour protéger ma rétine sensible. Une fois que la lumière semble s'être dissipée, je rouvre les yeux, et trouve le reptile étendu sur le sol, visiblement choqué si ce n'est blessé. Je pourrais m'en plaindre, mais en réalité ça m'arrange bien d'en voir déjà un hors-service, après qu'ils m'aient poursuivie sans la moindre raison valable.

L'oiseau, bientôt, vient attraper son partenaire pour se sauver, ne laissant plus que le son de battements d'ailes s'écrasant dans la ruelle jusqu'à disparaître. Et je me retrouve seule à seul avec lui. Le crâne lumineux disparaît, progressivement, mais mes yeux restent accrochés à cette image comme à un rêve. Il m'a sauvé. Il n'a pas demandé, il m'a simplement sauvé. Je sens mon cœur s'emballer à nouveau alors qu'il se rapproche, ce sourire cruel aux lèvres. Cruel de tant de bonté à mon égard, cherchant à me rassurer. Et puis c'est la chute. Hissée sur un petit nuage, il fallait bien que je retombe un jour.

Vous allez bien, mademoiselle ? Je suis Johan. Apprenti héro, à U.A.

Aïe. Un apprenti héro. Un héro en devenir. Ma tête refuse d'accepter, et préfère oublier clairement ce passage de la phrase, faisant tourner en boucle son prénom entre mes pensées jusqu'à ce que celles-là ne fassent plus rien d'autre que l'appeler à l'infini. Voilà qui est bien mieux. Mon prince s'appelle donc Johan. Je me contiens de mon mieux de sourire, de sourire aux anges qui me l'ont envoyé, contenant par la même occasion ces larmes de bonheur. Enfin, quelqu'un me voit. Enfin, quelqu'un qui ne s'enfuit pas. Je ne suis plus seule, je veux rester avec lui. C'est un coup de foudre, comme disent les français, une expression parfaitement adaptée à la situation et qui me permet donc de faire cette mauvaise blague. En bredouillant un peu, troublée, je remonte les mains (comprenant donc également mon sac de courses) pour remettre en place une longue mèche noire derrière mon oreille, m'éclairant la gorge d'un léger grognement.

Je... Hrm. Je m'appelle Suiren. Je suis membre de la ligue...

Ma voix s'efface au fil des mots, comme si je murmurais pour moi-même, alors que j'espère de tout cœur qu'il n'est pas entendu. Courage, mon cœur, ne meurt pas maintenant ! Je pourrais lui mentir, mais on ne ment pas à un prince. Alors je préfère simplement le dire, l'avoir dit, mais qu'il n'entende pas. Ce sera mon excuse. Je le regarde, fixée, les yeux rivés sur lui comme sur un phare au milieu de la nuit. Il ne brille plus à proprement parler, mais pour moi il reste ce prince au charisme scandaleux. Mon prince. Cachant un peu ma gêne en baissant légèrement la tête, mes cheveux glissant par-dessus mon épaule, je cherche mes mots, comment le remercier. Je n'ai rien d'autre sous la main que mon sac de courses. Comment je vais faire pour le retenir ? Je veux qu'il reste, encore un peu, juste un petit peu... Avec lui dans les parages, je me sens en sécurité. Subitement, le monde a plus de couleurs, comme s'il avait jeté un arc-en-ciel. L'embarras ne me fera pas reculer, je veux ce monde-là, un monde qui, je le sais, ne sera plus si doucement coloré s'il n'est plus auprès de moi. Faute de mieux, je relève la tête, cachant de mon mieux ma timidité, et avance les mains, lui tendant mon sac de courses en me penchant légèrement.

Je te remercie du sauvetage... E-Et pour te remercier, tu peux prendre ce que tu veux là-dedans !

En réalité ce sac est plein de bêtises, de petites cochonneries. Je crois qu'il y a des bonbons dans le fond. Je ne me souviens plus très bien, en fait. J'ai peut-être un peu débordé de la liste initiale, histoire d'avoir du stock, de l'avance. Mais au moins, ça sert ! Je fini par m'asseoir, pas gênée de cette action très particulière puisque mes pattes se replient légèrement, et le regarde à mon tour en levant la tête.

Les apprentis héros doivent avoir un planning chargé, mais tu veux bien rester un peu avec moi ? Je suis encore un peu secouée. Par toi, se dit mon esprit. Et puis ça te fera une pause.

Que c'est triste l'amour. Que c'est beau, l'amour. Reste, reste, reste. Mentalement je prie déjà pour que ce moment ne s'arrête pas comme il a démarré : sans prévenir. J'ai envie de discuter avec lui, avec "toi". Apprendre à te connaître, prince du prénom de Johan, et aimer tout ce que j'apprendrai. J'ai envie de t'aimer, sans retenue, parce que mon cœur chante tes louanges, et que j'aimerais que tout cet amour te serve de vraie récompense, la récompense pour m'avoir électriser bien plus fort encore que ce fichu reptile de mes ovaires. Un jour j'irai certainement les remercier, ces deux-là, pour m'avoir fait rencontrer ce jeune-homme. Je lui souris, discrètement, un tout petit sourire timide, en reprenant.

Je veux bien être ton excuse pour te poser cinq minutes.

Te. Poser. Pourquoi pas plus que cinq minutes ? Et pourquoi pas pour toujours, en fait ? Mon cœur s'emballe encore, c'est la panique dans le système. Je rêvasse, en le regardant. En te regardant. Oui, se poser c'est une bonne idée. Je contemple les pensées qui forment des chaînes entre elles, et me laissent avec tout pleins de belles idées, trop d'idées peut-être pour qu'une seule se réalise un jour. Mais ça me va, de rêver. Au moins, je peux rêver de toi. Et dans mes rêves, c'est déjà différent, tu n'es pas un héro : tu es un prince. Je me contenterai d'aussi peu, simplement de ta présence, parce que j'ai conscience de nos statuts respectifs. Je ferme les yeux un court instant, un peu blessée par cette autre vérité qui me gifle. Je ne te connais pas, mais je sais que tu es un héro. Et que moi, je suis une vilaine de la ligue. Et puis mes pensées reprennent vie. C'est comme si tu étais Roméo, et que j'étais Juliette.

Enfin, tu es libre de partir si tu veux.

Je parle trop, je le remarque. Je baisse à nouveau la tête, fixant mon sac de courses en me demandant si je devrais me taire. C'est probablement le cas. Restant assise sur le sol, au beau milieu de la ruelle (ce qui, soit dit en passant n'est pas un comportement à reproduire, les enfants), je fini par poser mon sac et en sortir une bouteille d'eau. Mieux vaut pour moi éviter la bière et les bonbons, je risquerais de rentrer en titubant aussi bien pour l'un que pour l'autre. En l'ouvrant, je bois une série de gorgées rapides, en faisant de mon mieux pour ne pas être bruyante puisque ce serait très inélégant. Finalement, en refermant ma bouteille, je soupire longuement.

Désolée... Je parle pas tant d'habitude, du coup je sais pas quoi dire. Et puis ça m'intimide un peu, d'être face à un futur héro. Surtout que tu as l'air d'être plutôt fort.

Plutôt fort, c'est visiblement peu dire. Mais je n'ai pas à m'inquiéter à l'idée de devoir lui taper dessus, parce que je ne le ferai jamais. Même ma situation de vilaine ne m'y poussera pas. Après tout, je lui dois ma vie. N'importe quelle nana verrait ça comme une atrocité. "Oh, non, je lui dois de m'avoir sauvé !". Mais moi, ça me va. L'idée de lui être redevable me plaît même assez, en réalité. Parce que, grâce à ça, je pourrais prétendre vouloir rembourser pour le revoir. Ou en tout cas, je l'espère.
notes ; 1818 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageMer 21 Fév - 16:24
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Ce n'était pas tous les jours que Johan en venait à sauver quelqu'un. Généralement, notre jeune ami esquivait ce genre de choses. Mais le voilà aux côtés d'une jeune femme, après avoir fait fuir ses assaillants. Rah, déjà que les vilains étaient une plaie, voilà que des Vigilantes s'attaquaient à des innocents ! Rien qu'à cette idée, l'homme poussa un léger soupire silencieux. L'endroit était tranquille. C'était son putain de havre de paix. Il devait à tout prix le faire rester ainsi. Où pioncerait-il si même ce petit coin tranquille finissait par être le centre de petites affaires louches comme celle-ci ? Il serait appelé. Encore et encore. Putain ce n'était clairement pas ce dont l'électrifié avant envie. Une fin à son petit train-train quotidien, franchement !

Enfin, revenons-en à ce fameux sauvetage. Johan était là, debout, du haut de ses deux mètres. Les deux océans formant ses yeux étaient posés sur la jeune femme-araignée, observant la belle de haut en bas. Il observait, analysait. Néanmoins, on ne sentait aucun dégoût à travers ses yeux, aucun rejet. Juste une curiosité. Il n'était pas rare de voir des gens touchés par les alters jusqu'à leurs physiques, de manière permanente. Quelqu'un de sa classe, par exemple, avait quelques attributs du hibou. Mais c'était bien plus léger que l'apparence de cette étrangère.

Un buste de femme. Un abdomen d'araignée. Elle avait ses longues pattes, fines. Ce corps étrange, mais à la fois... attirant. Attirant dans le sens où c'était plutôt unique, différent. Elle était si singulière, en comparaison des autres. Ça lui donnait ce petit quelque chose qui, dans le cas du comique, lui donnait envie de discuter avec d'elle. D'apprendre un peu à la connaître.

Surtout que sa vie ne devait pas être facile ainsi.

Il se souvenait des insultes. Des remarques. À propos de ses parents. Premier enfant à posséder cette capacité dans une famille dépourvue d'alters, Johan avait vécu un début d'enfance plutôt compliqué. Combien de gamins avait-il passé à tabac suite à des mauvaises remarques sur sa mère, sur son père, sur sa famille ? Certes, à la différence des 20 % sans mutation, il n'était jamais directement visé par ses mots. Surtout au vu de son alter, lié à la foudre, un élément relativement rare.

Mais insulter ses géniteurs revenait à quelque chose d'encore plus grave.

Légèrement perdu dans ses pensées, il ne fit ainsi pas réellement attention aux mots qui suivirent le prénom de la demoiselle. Qu'elle était membre de... quelque chose. Il n'avait aucune idée de sa réelle appartenance, de son lien avec ce groupuscule d'individus dont le principal but était d'abattre le symbole de la justice. N'en tenant guère compte, et ne se voyant pas demander à une victime sûrement encore sous le choc de se répéter, il préféra passer outre. Car oui, pour lui, ce petit côté étrange dans sa manière de faire venait simplement de l'attaque. Pas de ce sentiment si brut et violent qu'est l'amour, et qui agressait actuellement son corps, son être, ses sens.

Comment pouvait-on ressentir ce genre de choses pour le fainéant qu'il était ? L'amour. L'électrifié n'y pensait pas réellement. L'homme avait quelques coups d'un soir, quelques amis avec "des petits plus", comme certains aiment les appeler. Des "bénéfices". Mais des sentiments, ça, il n'en avait pas réellement. La plus proche de ce genre de choses serait, éventuellement, sa proche amie. Celle qui était à l'origine de son identité de Joker. Johan ne voulait pas qu'elle souffre, qu'elle ait du mal. Et à chaque fois qu'ils couchaient ensemble, généralement de manière bref, brutale, presque animal, il avait cette chose au creux de son être. De l'amour ? De la possessivité ? Non. C'était sombre. Toxique. Il détestait cette sensation, tout en l'appréciant.

Pour le remercier, elle lui présenta son sac de courses, tout en lui expliquant qu'il pouvait prendre ce qu'il désirait à l'intérieur. Intention louable, et ne désirant pas réellement la vexer en refusant par politesse, il s'approcha doucement de la belle.

« Oh, c'est gentil. Merci. »


Il glissa alors ses doigts dans le sac de plastique pour en retirer un petit bonbon. Quitte à prendre quelque chose, autant que ça ne soit pas trop gros. Laissant son dos se poser contre un mur, il lança simplement la petite douceur sucrée dans sa bouche, pour l'avaler en quelques secondes, non sans pousser un léger soupir de contentement. C'était toujours agréable, surtout après avoir utilisé autant d'électricité d'un coup. Ses doigts en tremblotaient légèrement ! Le revers de la médaille de faire circuler ce dangereux élément dans son corps.

Puis, elle lui demanda de rester un peu. Qu'elle était secouée, que ça lui ferait une pause. C'est à ce moment précis qu'il commença à doucement comprendre cet intérêt qu'elle avait pour sa personne. Elle était... attirée ? Il la voyait réagir, parler, être. C'était étrange, et nouveau. Surtout que c'était la toute première fois qu'ils se rencontraient. C'en était presque mignon, en fait. Comme une petite amourette de maternel, ou quelque chose du genre. En tout cas, il n'en tint pas réellement compte. Si c'était le cas, il espérait juste ne pas lui faire du mal sans même s'en rendre compte.

S'il voulait être un héros, il devait se tenir au moins à ça.

« Pas de problèmes, je ne suis pas pressé de toute manière. »


Alors qu'il était, de son côté, dans un calme absolu, comme à son habitude, elle semblait se perdre dans ses mots. Elle se répétait, parlait rapidement. Il en étira un léger sourire, attendri, avant de hausser les épaules lorsqu'elle vint à s'excuser. Qu'elle était intimidée, qu'il n'était pas obligé de rester.

« Fort ? Pas tant que ça. Je suis juste en troisième année. »


S'il était fort ? Depuis son affrontement face à All Might, il n'y croyait plus réellement. Il s'était frotté à un mur infranchissable. Alors qu'il pensait être une montagne, il fut brisé. Johan n'était en rien une muraille. Ce n'était qu'un simple rebord, que certains arrivaient à enjamber d'un simple mouvement. Il a été vaincu. Il a tout essayé, mais au final, rien ne marcha face au numéro un.

Il n'était pas fort. C'était juste un nul un peu meilleur que d'autres.

« Ne t'inquiète pas ! De toute manière, je dois bien... rassurer la pauvre victime, c'est mon futur job ! »


Il lança ses quelques mots tout en offrant à la belle un petit clin d’œil espiègle et complice, comme si ce secret n'appartenait qu'à eux deux. C'était une excuse, mais en même temps, c'était aussi réel. Un héros, c'était certes un combattant, mais aussi cette figure de proue à laquelle les civils peuvent se raccrocher. Ils étaient là durant et après la bataille. On se souvenait plus du sourire et de la bonne humeur d'All Might que de sa force gargantuesque, et ce n'était pas pour rien.

Tout en regardant la jeune femme, il dégaina son téléphone de sa poche. Il commença alors à tapoter un message, qu'il répéta lentement à voix haute, sans même s'en rendre compte. "Travail terminé" - "Fuite des vigilantes" - "Réconfort de la victime". Au même moment où il pressa la touche envoyer, Johan poussa un nouveau soupir de contentement. Le travail était terminé, et le voilà, seul, avec une agréable jeune femme, pour passer un peu de temps.

Woh, cette phrase en était presque... Louche.

Mais non, voyons. Il n'était pas du genre à gratuitement profiter d'une jeune femme ! Surtout par simple prétexte qu'il l'avait sauvé.

Il s'approcha alors doucement de la belle, avant de s'asseoir au sol, devant elle. S'étirant doucement, son regard bleuté était toujours porté sur elle.

« J'imagine que ça ne doit pas être la première fois qu'on t'attaque à cause de ça, hein ? » Disait-il, tout en observant la patte.


Sous-entendu, à cause de son apparence. Car pour lui, ce n'était pas une tentative d'attaque sur un membre de la ligue. Mais juste un coup du sort, envers une personne dont l'apparence était différente. Son sourire était légèrement effacé. Toujours présent, certes, mais comme vide d'émotion. C'était très difficile à expliquer, en réalité.

Lentement, comme pour ne pas la brusquer, il glissa alors ses doigts contre l'une des pattes de l'araignée. Il la caressa légèrement, avec douceur, sans même savoir si c'était quelque chose d'intime ou non. Après tout, Johan n'était pas un très grand connaisseur des sentiments et relations humaines, et ce n'était pas, dans sa petite tête, un acte réellement répréhensible, ou particulièrement intime.

« Les gens sont cons. S'attaquer à quelqu'un pour son apparence... Le monde a beau grandir et vieillir, il est toujours aussi con. »


Finalement, il s'arrêta plus sur le visage de Suiren. Comme pour s'en rappeler, noter chacun de ses détails. Et là, un point vint le frapper en plein visage : son âge.

Oh merde, elle était... plus vieille que lui. Oh, pas non plus de dix ans, il en était sûr. Mais elle l'était tout de même un minimum. Sur le coup, il écarquilla les yeux avant de se gratter nerveusement le derrière de la tête. Après tout, au japon, la relation entre deux personnes à l'âge différent était assez singulière, en comparaison des autres pays. Un espèce de respect, toujours inculqué aux jeunes générations, par rapport à l'aîné.

Il retira alors subitement sa main de sa patte, comprenant du même coup la portée de son action.

« Ehm, ah, désolé ! Je ne devrai peut-être pas parler ainsi à quelqu'un de plus âgé. Désolé. »


Quel con. En voilà un beau, de héros. Se relevant doucement, il tapota ses jambes et ses fesses pour faire partir le peu de poussière présente, avant de s'étirer dans un bâillement silencieux. Le regard bleuté de l'électrifié passa alors sur les mains tenant le sac, et plus précisément les menottes. Oh. Surement celles des Vigilantes. Merde, il avait oublié ça, lui aussi !

D'un pas, il s'approcha très près de l'araignée, en observant les liens qui maintenaient ses deux mains.

« Laisse-moi te retirer ça, tu veux ? Ça sera plus simple. »


L'homme n'avait aucune connaissance d'à quoi servaient réellement ces menottes. Qu'elles appartenaient à la jeune femme, et qu'elles étaient là pour l'empêcher de faire du mal.

Écrit et codé par Johan R. Grant
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageDim 25 Fév - 11:46
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
En ce bas monde, il y a bien peu de choses auxquelles je sois véritablement attachée. Ce n'est pas que je sois dénuée d'amour, mais plutôt que celui-ci est trop grand pour que je l'offre à tout un chacun. Je sais que, de par la nature de mon Alter, je suis "différente". Je ne suis pas "belle", malgré toute la force du désir qui m'anime de l'être aux yeux d'une personne importante. En premier lieu il y avait lui, encore dans son lit d’hôpital, auquel je rendais visite dès que je le pouvais, aussi discrète qu'une ombre. Maintenant, il y avait... lui. Je ne cherche pas à m'expliquer cette attirance, je veux seulement la préserver, la couver. Quelqu'un n'a pas peur de moi. Quelqu'un me voit "autrement". Je l'écoute marmonner à voix haute ce qu'il tapote sur le téléphone portable qui a extirpé de sa poche, et souris timidement. Le mot victime ne me dérange pas. Le mot réconfort me chante aux oreilles. Je baisse un peu la tête, pour cacher ma gêne. Merci. Mon cœur se perd dans de douces sérénades, à l'idée que quelqu'un accepte de bien vouloir passer un peu de temps avec moi. Ses yeux, bientôt, se posent sur l'une de mes pattes. J'attrape son regard au vol, comme une étoile filante, et m'y accroche comme avec la force du désespoir. J'aimerais qu'il me regarde dans les yeux, qu'il ne voit pas "ça". Mais "ça", c'est moi. C'est moi depuis ce qui me semble être une éternité maintenant.  

J'imagine que ça ne doit pas être la première fois qu'on t'attaque à cause de ça, hein ?

Je secoue la tête de droite à gauche lentement. Il a raison et tord à la fois. En effet, ce n'est pas la première fois, mais certainement pas pour les raisons auxquelles il pense. En règle générale, les gens sont trop effrayés pour me faire le moindre mal. Ils s'enfuient à mon arrivée, murmurent à mon passage. Ceux qui me veulent le plus de mal, ce sont les héros, les vigilantes. Et les enfants. Je ferme les yeux un instant, en me rappelant les enfants. Il en a toujours été ainsi. Ils m'ont toujours lancé des pierres, j'ai fini par en prendre l'habitude. C'est parce que je suis comme ça, alors c'est de ma faute.

Une sensation de touché me fait rouvrir les yeux, quelque peu écarquillés par la surprise. Sa main glisse sur l'une de mes jambes, la caresse, et mon monde se renverse à nouveau. Mon cœur frappe à grands coups dans ma poitrine, comme s'il cherchait à s'en échapper pour voir sa bonté de plus près, pour se brûler contre le Soleil. Avec lui, je veux bien être Icare. Le rose me monte aux joues. A t-il seulement conscience du fait que, rapporter à un corps humain, il est techniquement en train de caresser ma "jambe"...? Je n'en dis pas mot, et j'apprécie ce qui ne m'est jamais arrivé auparavant. Une caresse. Un peu d'amour, un peu de gentillesse. Quelque chose de doux, qui laisse rêveur.

Les gens sont cons. S'attaquer à quelqu'un pour son apparence... Le monde a beau grandir et vieillir, il est toujours aussi con.

Je sens que ses yeux se sont posés sur mon visage, mais j'ai bien du mal à ne pas regarder sur le côté. A présent, sa présence écrase la mienne, mais je m'y laisse docilement faire. Ça me va comme ça. Lui me voit, lui cherche à me voir. Je tourne légèrement le regard vers lui, mes yeux au rouge inquiétant malgré moi cherchant la vérité dans ses yeux à la couleur du ciel. J'ai l'impression de m'être éprise d'un acteur, d'un joueur d'apparence, toujours au-devant de la scène. Il brille autant qu'eux. Mais lui ne joue pas, il rayonne en toute simplicité. Je vais me brûler les ailes, les pattes en l’occurrence, mais je veux baigner encore dans cette lumière-là, jusqu'à ce qu'elle me consume et qu'il ne reste plus rien de moi. Je détourne à nouveau le regard, gênée par ma propre pensée. Y aura t-il un jour la moindre chance pour qu'il..? Sa main se recule, et ce bref instant prend fin. Surprise, je retourne la tête et le regard sur lui, et me retrouve face à une sorte d'expression embêtée, alors qu'il se gratte l'arrière de la tête.

Ehm, ah, désolé ! Je ne devrai peut-être pas parler ainsi à quelqu'un de plus âgé. Désolé.

Aïe. Puissante poker face. Je parais si vieille que ça ? Je ne suis pas jolie, alors..? Mon cœur se serre, et je me mets à regarder le sol comme si je pouvais y trouver un moyen de remonter le temps et de me retrouver à son âge, un âge que j'ignore pourtant. Je n'ai pas envie qu'il me parle avec ce respect que les cadets doivent aux aînés. Il peut bien me parler comme il veut, je mangerai chacun de ses mots. Je n'ai pas envie que cette maudite différence d'âge nous sépare. Nous éloigne l'un de l'autre encore plus que la simple "différence". Il se relève, s'époussette, et je glisse un discret soupir. Il ne va pas rester, n'est-ce pas ? Il baille, sans retenue, et je reprends de sourire un instant. Il est simple. Il est bien comme ça. Ses yeux descendent sur mes menottes, et je fini par les accompagner avec curiosité. Le sac de courses encore entre les mains, c'est vrai que j'avais oublié qu'elles pouvaient prêter à confusion. Il se rapproche. Très. Trop. Je reprends de rougir malgré moi. Maîtrise-toi, Ren !, me hurle mes pensées. Mais face au tambour de mon cœur, c'est tellement dur. Les rêves, les fantasmes, se font à nouveau nombreux, avant que sa voix ne m'en extirpe à nouveau.

Laisse-moi te retirer ça, tu veux ? Ça sera plus simple.

Me les retirer..? Mes yeux restent figés un moment sur lui, étant remonter pour chercher à nouveau à savoir s'il est sérieux. Il l'est. Mais je veux en être tout-à-fait certaine. Est-ce que ce serait mieux, si j'avais les mains libres ? Est-ce que j'aurais l'air plus normale, comme ça ? Je me questionne. Une partie me lance à la figure que, pour quelqu'un comme moi, être normale est purement impossible. Mais, pour une fois, j'ai envie de m'en rapprocher. Je le fixe, d'un regard hésitant, avant de prendre une profonde respiration pour m'encourager. Je penche légèrement le buste, pour poser mon sac sur le côté, et puis ramène mes mains vers moi. Je tire un peu sur le décolleté de ma robe, en tentant de ne pas lui en montrer plus que de raison dans le procédé, et farfouille dedans. Téléphone. Je l'attrape pour qu'il ne me gêne pas et le coince entre mes lèvres, avant de reprendre de chercher. Finalement, dans le fond de mon soutien-gorge, j'attrape la clé. Je la sors de là, en relevant un peu les bras, et appuie mes mains quelques secondes contre ma poitrine pour qu'elle ne rebondisse pas du geste. Mon cœur bat toujours si fort, me gênant à l'idée qu'il puisse l'entendre. Je coince la clé dans la paume de ma main, délivre mon téléphone d'entre mes lèvres et le remet à sa place.

Un moment, je regarde la clé entre mes mains. Petite, si banale, elle est pourtant si importante pour moi. J'ai décidé de restreindre mes mouvements, réduire drastiquement mon champ d'action, depuis ce désastre. Depuis que j'ai manqué de le tuer. Je ferme à nouveau les yeux, pensive. Peut-être qu'il est temps d'avancer. Je tords légèrement mes mains, grimaçant le plus discrètement possible, pour ouvrir le verrou. Mes menottes tombent au sol, le son fait écho et pourlèche mon âme. Je suis... Libre ?

... Aujourd'hui... Aujourd'hui c'est la dernière fois que je les retire.

Pour une fois, j'ai le cœur léger de l'avoir fait. Je relève le regard vers le héro en devenir, un regard éclairé. J'ai trouvé quelque chose d'unique. Avec retenue, je lève une main et effleure l'une de ses joues, pinçant mes lèvres entre elles pour garder toute ma détermination. Une fois que ma main recule, l'autre s'avance et lui tend la clé. Ce n'est pas la clé de mon cœur, mais à mes yeux ça a au moins tout autant d'importance. Autant que lui. Alors mon geste est tout-à-fait logique. Je ne le reverrai peut-être jamais, il va peut-être simplement disparaître de ma vie. Mais je veux, si c'est le cas, qu'il garde quelque chose de moi. Égoïstement, je n'ai pas envie de disparaître aussi simplement de son existence à lui.

Tiens. Accepte-la, s'il te plais.

Je ne lui explique pas pourquoi j'ai la clé. Je ne lui explique pas ce qu'elle vaut pour moi. Mais je suis certaine qu'il en a conscience, quelque part. Peut-être que maintenant, il comprend qui je suis, à quel groupe j'appartiens. Au groupe de personnes qui peuvent en venir à se menotter elles-même. Je suis de l'autre côté de la balance, sur l'autre rive. Pourtant, pour une fois, j'ai envie de me glisser dans un autre monde, de l'y trouver. Je passe mes mains, libres, dans mes cheveux, dans un petit geste maladroit, et délivre mon petit minois à leur emprise. Peut-être qu'il me voit mieux, sans autant de mèches dans la figure ? Peut-être que c'est mieux ? Je lui souris, à nouveau, et les mots me viennent plus aisément à présent.

Tu sais, j'aimerai vraiment te revoir. Enfin, seulement si toi aussi tu en as envie, je ne te forcerai pas. Su-... Sur ce, je ferai mieux d'y aller. Je n'ai pas vraiment le droit de m'attarder dehors. 

Je me relève, courbant le buste pour pouvoir redresser mes pattes, profitant de ce mouvement pour ramasser mes menottes au passage, les gardant dans une main au poignet aussi rougi que l'autre. Plus grande, à présent. Je le regarde encore, un petit temps. Sois courageuse. Mon cœur se serre. Je n'ai pas envie de le voir partir, alors il va falloir que ce soit moi. Je n'ai pas envie d'être là, là à attendre de voir s'il se retourne pour me voir ou pas.

Je ne peux pas beaucoup sortir. Mais ça te va si je t'attends près d'ici, disons, samedi prochain ? Je repasse à nouveau, nerveusement, une mèche derrière mon oreille, et détourne le regard en essayant de garder un minimum de contenance. Je serais vraiment très contente si tu pouvais venir.

Je m'incline, poliment. J'aimerais caresser à nouveau sa joue, qu'il y est le moindre contact entre nous, malgré la culture de l'écart nippon. Mais je n'en fais rien. Je passe la langue sur mes lèvres, faute de trouver quoi que ce soit de mieux à faire en me redressant, et puis me tourne. Le moindre pas est déchirant. Mais, tant bien que mal, je parviens au bout de la ruelle, si près d'une autre lumière. Une lumière si effrayante. Je jette un regard par-dessus mon épaule. S'il te plais, Johan, ne disparais pas toi aussi. Un dernier regard. Je m'élance hors de la ruelle, en courant, pour être certaine de ne pas m'attarder dans les parages. Mes pattes sont faibles, l'une d'elle est même douloureuse, mais quelque chose semble me porter. Secouée, mais comblée. En courant, tentant de ne bousculer personne, j'ai le sourire de l'amoureuse, les mains repliées sur ma poitrine. Les menottes collées contre mes formes, se soulevant à chaque battement, me sont bien plus précieuses encore maintenant. Il a bien voulu que je sois libre. C'est mon secret. Notre secret. Je secoue la tête, en riant un peu bêtement. J'ai tellement hâte d'être à samedi !
notes ; 2094 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageMer 7 Mar - 16:31
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
La situation était relativement étrange. Même pour Johan. Le voilà à discuter aux côtés d'une jeune victime qu'il venait de sauver des griffes d'horribles personnes, alors qu'il n'est pas normalement du genre à faire ça. Comprenez-le : l'électrifié est un grand amateur du fait d'échapper à ses devoirs. Si jamais notre jeune ami venait à sauver quelqu'un, ce qui est en soit déjà un miracle vu qu'il ne sort que très peu de son agence, il est plus du genre à se la jouer batman et disparaître au moindre moment d'inattention. Mais cette fois-ci, il ne joua pas au magicien qui disparaît. Le comique était resté à ses côtés, comme s'il sentait, comprenait, que quelque chose n'allait pas.

Qu'au-delà d'être une victime des Vigilantes, Suiren était une victime de la vie elle-même.

Elle réveillait en Johan cet espèce d'instinct, cette nature qui le porta, à l'origine, à U.A. Bien que toujours aussi fainéant, bien que nullement motivé à obtenir ce foutu diplômes, notre jeune protagoniste avait pourtant ces quelques poussées d'héroïsme. D'empathie. C'était quelque chose d'assez rare pour être souligné, d'assez rare pour limite en être fier. Oh, bien sûr, Suiren n'avait en aucun cas conscience de ce qu'elle déclenchait chez Johan. De cet effet bénéfique, aidé par les quelques événements qui se passaient dans sa vie.

Lors de chacune de ses différentes actions, il ressentait chez la belle sa gêne, sa timidité. Bien loin du cliché du gamin débile ne comprenant rien aux femmes, Johan savait qu'il faisait de l'effet à l'araignée. Ah, arriver en héros sauveur, forcément, ça impressionne ! Il n'était pas du tout gêné de cette soudaine attirance. C'en était presque flatteur. Même si, pour la plupart, Suiren était une créature immonde, l'électrifié la trouvait attirante, charmante. Une personne agréable à observer et écouter, ses pattes lui donnant ce côté inédit et original qui la rendait unique par rapport à la masse. Malgré tout, il ne tenterait rien.

C'était une victime. Pas un trophée, ou une récompense.

De toute manière, la priorité était déjà de lui retirer ses foutues menottes. Pour le moment, dans la tête du jeune homme, la présence de cet objet sur ses poignets était liée aux deux énergumènes qu'il avait dégagé d'un bon coup de blaster. Il n'avait aucune idée de la raison réelle de tout ça, et s'attendait simplement à briser le tout d'une manière ou d'une autre.

Mais plutôt que de simplement laisser faire son sauveur, Suiren posa son sac avant de... tirer son décolleté ? Oh. Oh. Euh, c'est un peu rapide. Haussant un sourcil, l’œil légèrement écarquillé sous la surprise, voilà que la belle araignée se mettait à littéralement fouiller son soutien-gorge. Ah. Sans réellement s'en rendre compte, son côté mâle reprit doucement le dessus, louchant légèrement sur les beaux coussins moelleux enfermés dans cette prison de tissu. Après tout, c'était un homme, et il avait toujours un peu de mal à combattre ses plus bas instincts devant une poitrine lourde et accueillante !... Ridicule, dans un sens. Surtout pour un futur héros.

Elle commença d'abord par sortir son téléphone, puis, ensuite, une clef. Haussant son autre sourcil, il commença lentement à comprendre. Espérant avoir tort, que cela n'avait rien à voir avec ses menottes, elle lui montra bien vite que c'était pourtant le cas. Elle se libéra de ses liens de métal, qui, en tombant au sol, brisèrent le léger silence dans un bruit sourd.

Les mots manquaient à Johan. Elle se menottait elle-même. Pourquoi ? Il n'y avait pas dix mille réponses à cette question, et au fond de lui, il savait. Elle ne voulait sûrement pas blesser quelqu'un. Se considérait-elle comme dangereuse ?

Ou bien était-ce le monde qui lui avait foutu ça dans le crâne ?

C'était... triste. Et le sourire du comique s'effaça doucement. Là, il se prenait un coup de masse à travers le visage. Fainéant, esquivant les problèmes, c'était la première fois qu'il se frottait aux choses que le monde pouvait faire. Aux victimes d'une ère injuste, porté sur la haine de ce qui était différent. C'était peut-être étrange, dit comme ça. Légèrement naïf. Mais jusqu'alors, les seuls problèmes dans la vie du comique étaient de trouver un endroit où pioncer et un moyen d'esquiver professeurs et surveillants.

Cette femme se faisait du mal. Se haïssait, sûrement. Simplement, car elle était différente.

Outre la sympathie qu'il avait pour Suiren, il ressentait désormais une peine. Une tristesse, envers elle. Se reprenant, il tenta quand même de sourire, arrivant à rester sur ses deux pieds, à simuler une bonne humeur qui cachait son désarroi. Normalement imperturbable, cette soudaine révélation venait de fissurer son mur d'indifférence envers le monde, construit durant de longues années où il ferma les yeux sur les différents problèmes que vivaient les autres.

Lorsqu'elle glissa ses doigts fins contre sa joue, l'électrifié ne protesta pas. Il la laissa faire, frémissant même légèrement. Il ne savait pas quoi faire, quoi dire. Tétanisé, affrontant la chose dont il avait le plus peur.

Rassurer quelqu'un.

C'était un combattant. Il frappait, se levait face à quelque chose qu'il pouvait affronter. Un mal visible, palpable. Mais ça. C'était différent. Une personne touchée par une souffrance bien plus perfide qu'un simple coup physique. Il n'arrivait qu'à sourire, qu'à tenter de garder la face. C'est ainsi que lorsqu'elle lança que c'était la dernière fois qu'elle les retirait, il n'arriva pas à répondre. À la contredire.

N'arrivant pas à sortir un seul mot, Johan continua d'écouter. Et d'être surpris, surtout ! Voilà qu'elle lui donnait cette fois la clef de ses menottes. C'était plein de signification, un message clair. Lorsqu'il sentit le métal froid contre sa peau, il enferma le petit objet entre ses doigts, comme pour s'assurer qu'il était réel, palpable. Observant quelques secondes la petite chose, il reporta ensuite son attention vers la jeune femme.

« Je... Mh. Merci. »


Ensuite, elle lui expliqua qu'elle désirait le revoir. Tout en spécifiant qu'elle n'avait pas "le droit" de sortir, de rester dehors aussi longtemps. Une autre information qui l'étonna particulièrement. Quelqu'un l'empêchait de sortir ? Ou bien faisait-elle simplement référence au fait que rester dehors pouvait emmener à ce genre d'incidents ? Son œil tiqua doucement face à ça, mais il continua de garder son sourire. La réponse était déjà toute trouvée.

« Oui, bien sûr. Je bosse pas, samedi prochain. Donc avec plaisir. »


Il ne pouvait pas refuser. Pas seulement à cause du fait qu'elle souffrait, mais aussi car, malgré cette rapide rencontre, il la trouvait agréable, sympathique. Johan ne voulait pas la laisser seule, et il souhaitait l'aider. Au moins un petit peu.


Incapable de réellement remonter le moral d'une victime, si sa présence était la seule chose qu'il pouvait offrir, alors il était prêt à le faire sans hésiter.

De la même manière qu'une personne attend que le train contenant un proche parte pour quitter la gare, Johan resta ainsi, sans bouger, en attendant de voir disparaître la belle araignée au détour d'une ruelle. Il poussa finalement un long soupir, comme s'il retenait, depuis de longues minutes. Putain. Et il voulait devenir un héros ? En traitant ainsi quelqu'un qui ne demandait que de l'aide ?

Quel héros pathétique.

*** Une semaine plus tard. ***
Durant ces sept longs jours, Johan pensa beaucoup à la jeune femme. Elle était la première énigme réelle de cette troisième année, le premier réel problème à lequel il faisait face. Il hésita même à demander conseil à un professeur, avant de se raviser. Lui, demander conseil ? L'éternel fainéant de service qui s'adonnait à ce genre de choses ? Non. Ce n'était pas son truc. Il devait trouver une solution tout seul, réussir à, au moins, l'empêcher de se faire du mal ainsi.

Lui redonner un peu confiance, en quelque sorte.

Il s'occupa un peu de son stage, non sans rire aux quelques compliments de son supérieur. Après tout, il avait réussi à chasser les deux vigilantes, et à sauver une pauvre victime. C'était assez rare pour être noté ! Une bonne action qui, en réalité, n'était rien de plus qu'une goutte dans un océan d'indifférence. Il n'allait sûrement pas répéter l'opération pendant quelque temps, même si ce sentiment d'accomplissement en aidant une autre personne était gratifiant.

Ce sentiment fort, agréable. Celui d'avoir aidé son prochain, d'être utile. Il ne l'avait, au final, pas aidé par simple devoir. Mais par envie, par besoin, presque. Était-ce ça, le travail de héros ? Était-ce ce genre de chose qui arriverait à le motiver dans ce qu'il faisait, et d'enfin le transformer en justicier ? Ah ! Avant, il devait trouver un réel nom. "Élecflemme" n'était rien de plus qu'une blague prise au sérieux, et si jamais il venait à obtenir son diplôme, il devrait rapidement trouver un autre alias. Quelque chose de plus claquant, de plus visible, qui ferait directement naître une image dans la tête de la personne laissant s'échapper ce mot de ses lèvres frémissantes de peur.

Et le temps passait aussi vite que le flot de ses pensées. À peine le temps de dire ouf, et il était déjà Samedi ! Bordel. C'est comme s'il venait de vivre une véritable ellipse narrative préparée à l'avance. Marchant de nouveau à travers les ruelles, jusqu'au lieu "de rendez-vous", Johan avait encore des idées pleins la tête. Malgré tout, il restait perdu. Dans ses pensées, dans sa manière de voir les choses. Dans un silence presque énervant, seuls ses pas lourds résonnaient à travers les dalles de pierre de la ruelle.

Comme la dernière fois, Johan était habillé du même ensemble. En fait, l'homme était tellement fainéant qu'une fois qu'il l'avait trouvé, il en acheta plusieurs exemplaires, ce qui expliquait qu'il était souvent vu avec les mêmes habits. N'appréciant qu'assez peu les boutiques de vêtement, il trouvait plus simple d'acheter plusieurs fois un ensemble qu'il aimait bien. Après tout, c'était lui qui portait ses habits, pas les mauvaises langues.

M'enfin. Qu'importe tout ça, il restait dans le pétrin. Un sacré gros pétrin dans lequel il devait réussir à faire sortir la belle. La tête légèrement baissée, le regard dans le vague, Johan était enfoncé dans ses pensées, ses réflexions. Il cherchait des idées, de quoi réussir à mettre un peu de soleil dans le cœur de l'araignée. Un minimum, tout du moins.

Il arriva alors sur les lieux, seul. Il était peut-être arrivé un peu en avance ? Après tout, ils ne s'étaient même pas convenus d'une heure précise. Vu qu'elle faisait référence à l'endroit où ils s'étaient rencontrés, Johan était arrivé à la même heure. Par simple logique. Ou peut-être que plutôt d'être arrivé en avance, il avait justement du retard ? Qu'elle était arrivée plus tôt, ne le trouvant pas, avant de repartir ? Merde. Il aurait dû lui donner son numéro de téléphone, histoire de ne pas avoir de problèmes.

Levant son regard vers le ciel, il sauta alors sur une poubelle histoire de s'installer, et d'attendre la jeune femme. Il était prêt à rester ici quelques heures, quitte à piquer un petit somme, et à rentrer chez lui si jamais il s'était réellement trompé. Bordel, il espérait quand même ne pas avoir fait cette erreur.

Écrit et codé par Johan R. Grant
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageSam 10 Mar - 20:05
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Mon souffle, ardent, s'écrase dans ma gorge. Pourtant, ce n'est pas le même jour. Pourtant, c'est une autre situation. Je rêvasse, en courant, foulées après foulées. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, alors que soudainement mille questions m'envahissent l'esprit. Et s'il ne venait pas ? Et s'il venait, alors ? Et si j'étais en retard ? Ou trop en avance ? S'il ne venait pas au bon endroit ? Ou moi, peut-être ? Je secoue vivement la tête, en amenant mes mains liées contre ma forte poitrine, cherchant dans le procédé à calmer ma panique. Je suis si heureuse que ce bonheur déborde, et me recouvre. Mais pourquoi suis-je si heureuse ? Parce que j'espère enfin le revoir.

---

La semaine a été terriblement longue. Passer les jours, les uns après les autres, à songer à ce rendez-vous (rien que le mot me trouble) a rendu le temps si longs. Comme une enfant attendant le signal pour pouvoir se jeter sous le sapin et ouvrir ses cadeaux de Noël, je compte les jours sur le bout de mes doigts en m'encourageant. Ma patience sera récompensée. Je l'espère, en tout cas. Le matin du fameux jour du rendez-vous, je suis debout avant bien des gens. Moi qui d'ordinaire aime dormir, paresser, je m'agite dans tous les sens. C'est plus fort que moi. Mes pattes frappent fort le sol de mon petit coin au Q.G. de la Ligue. Peut-être que je ne devrais pas mettre une robe, étant donné que c'est assez révélateur ? Ou justement le faire ? Je soupire, profondément, me fatiguant moi-même à force de tant de questions. Pourtant, je ne suis pas capable de m'en empêcher.

Même si ce n'est pas vraiment ce dont ça a l'air, que ce "rendez-vous" n'en est pas vraiment un à proprement parler, je veux être parfaite. Ou tout du moins aussi proche de la perfection que ce que mon corps si particulier peut me permettre d'être. En me posant devant un miroir, ou plus précisément un gros morceau de verre tâché de sorte de flaques de "rouille", j'affronte mon reflet. Aujourd'hui, je ne veux pas simplement être comme tous les jours. Je dois faire un effort, un effort pour lui. En attrapant mes cheveux, méthodiquement lavés la veille pour sentir au possible la vanille et non plus la cendre froide, je cherche quoi en faire. Je ne suis pas très féminine, en principe. Enfin, j'entends par-là que je n'ai jamais vraiment cherché à me pomponner comme d'autres. Un nouveau soupir et, faute de savoir faire quoi que ce soit de plus élégant, démarre la danse de mes doigts pour tresser cette lourde et longue masse à la couleur de l'ébène, libérant mon visage des coutumières mèches rebelles.

Une fois certaine que le tout tiendra, je me relève et tourne sur moi-même en tâchant de ne rien renverser. Cheveux, check. Tête, check. Robe, check. La boule me naît dans le ventre, pesante, et j'y amène mes mains liées, caressant la surface plate d'un air soucieux. Je ne suis pas malade, c'est la nervosité. Mes yeux retournent une poignée de secondes sur le miroir, avant de le fuir. Je ne peux pas faire mieux. Je ne sais pas faire mieux. Je baisse le regard, puis voile mes yeux à la couleur du sang derrière le rideau de mes paupières, en prenant une lente bouffée d'air. L'heure file, pendant que je m'assure être présentable, regardable, et je fini par quitter le QG en courant. Ne sois pas en retard, Suiren !

C'est comme ça que je me retrouve à courir comme s'il y avait le feu au lac. Les regards se posent, me suivent, et je tente, en baissant la tête, de les ignorer de mon mieux. Et si, comme ça, j'avais l'air plus étrange que d'habitude ? Je serre mes mains contre ma poitrine, pour y trouver du courage. Tout ira bien. Lui... Il est différent., me chante mon cœur pourtant au grand galop. Finalement, en parvenant à hauteur de la ruelle où nous nous sommes premièrement croisés, je ralentis et remet nerveusement mes cheveux en place. L'air de rien, surtout. Ce qui bien sûr ne dure qu'une seconde, puisque mes yeux se posent vite sur l'étudiant assit sur une poubelle. Non, c'est pas vrai. Je suis en retard, alors ? Il m'a attendu longtemps ? Je suis la pire. Je déglutit, difficilement, et m'avance pour lui faire un léger coucou de la main. Enfin des deux, involontairement, du fait de leur condition. Ma voix, discrète, se glisse alors dans l'air après que j'ai, un peu timidement, passer la langue sur mes lèvres pour m'assurer ne pas parler étrangement.

Bonjour, Johan. Je suis en retard ?

Et puis c'est le déclic. C'est bien beau, tout ça, mais qu'est-ce que nous allons faire ? Je baisse les mains, et les regarde un long moment, cherchant une réponse quelconque qui puisse rendre cette sortie plus intéressante et lui donner envie de rester. Finalement, en gardant un soupir, je retourne les yeux sur lui. Sur ses cheveux à la couleur de la neige, sur ses yeux bleus... Je divague un temps, puis me ressaisi de mon mieux, en esquissant un discret sourire embêté.

Je n'ai pas pensé à prévoir d'activité...

En reculant d'un petit pas, peut-être deux sans y faire attention, je tourne la tête vers l'extérieur de la ruelle. Le monde. L'ailleurs. Je ne suis pas du genre discrète, et je crains de le mettre mal à l'aise, mais s'il veut marcher un peu, alors je le suivrai. Je regarde les quelques passants qui ne cherchent même pas à poser les yeux dans la ruelle étroite et sombre, comme s'il s'agissait d'un petit coin de paradis isolé du reste, de tout le reste. Profitant de mon visage tourné, je soupire doucement, pour moi uniquement. Je fini par remarquer que je dois avoir l'air de divaguer, d'être ailleurs, et reporte mon attention sur le futur héro, en reprenant.

Mais si tu veux, on peut se balader.

C'était une idée. Mais une idée effrayante. Je baisse la tête, le cœur me tombant dans l'estomac d'un coup sec. Lui peut bien sortir de cette ruelle, et marcher autant qu'il veut. Moi, je dois vivre dans l'ombre parce que j'ai choisi une route contraire à la sienne. Les héros et leurs apprentis sont ce côté-là de la pièce, ce côté-là du miroir. Et nous autres vilains, pour la plupart, nous contentons d'être le dos, celui que personne ne voit et ne doit jamais voir. Je relève la tête vers lui, en amassant mon courage à nouveau. Je dois le lui dire clairement. Je pince mes lèvres, nerveusement, celles-ci légèrement tremblantes. Ma voix est ridiculement faible, et s'enfuit tant bien que mal de ma gorge.

Avant ça... Avant ça je dois mettre quelque chose au clair. Je... , je marque une pause, pour me faire violence ensuite et prononcer ces mots destructeurs. Je suis un membre de la Ligue des vilains, Johan. Toi et moi, un jour, même si on construit de bons souvenirs... Un jour, on se retrouvera peut-être l'un face à l'autre en jouant nos vies.

Ce n'est pas ce que je veux. C'est très loin de mon souhait le plus cher. Mais je ne peux pas lui mentir, je ne peux plus simplement me dire "il n'a pas entendu, il sait sans savoir". Je lui dois la vérité, à lui qui me regarde différemment des autres. Mes doigts se torturent entre eux, alors que ma bouche me paraît incroyablement sèche. Comme si cet aveu avait retiré toute l'eau de cet endroit pour venir l'amasser à mes yeux. Je ne pleure pas. De l'extérieur, il n'y a rien qu'un vague air de confusion. Mais à l'intérieur... A l'intérieur, ça fait mal.  
notes ; 1381 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageJeu 15 Mar - 15:50
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
L'attente. L'attente d'un rendez-vous. Johan n'y était pas réellement... habitué. Oh, des aventures, il en avait. Du haut de ses vingt hivers, de son deux mètres, l'homme attirait. Différent, singulier, c'était un vilain petit canard dont l'originalité du plumage semblait pourtant attirer une curiosité, et souvent plus avec affinités. Mais c'était souvent plus brutal, sauvage. Un coup par-ci, par là. Généralement rien de plus, le mâle disparaissant bien rapidement, n'appréciant pas réellement se lier à de simples coups d'un soir. C'était peut-être cruel, au fond, mais cela n'importait qu'assez peu pour le comique. Elles étaient généralement habituées. Il n'appréciait que le plaisir du stupre en leurs compagnies, rien de plus.

Mais, concernant Suiren, c'était différent. On sentait dans sa manière d'être qu'elle partageait ce côté vilain petit canard avec l'homme. Si les opposés s'attirent, on dit aussi la même chose des ressemblances. Enfin, il ne comptait pas prendre possession de son jardin secret, pour une fois. Tout ce qu'il désirait, c'était en apprendre un peu plus sur elle. Sur cette première victime qui réveillait dans l'âme de l'électrifié cette étincelle d'héroïsme, un carburant qui semblait tout aussi puissant que la foudre qu'il consommait quotidiennement.

La tête légèrement penchée vers l'arrière, les deux océans formant ses yeux observaient le vide. Il réfléchissait, alors que son regard se perdait dans l'immensité du ciel. Les mains dans les poches, il profitait de ce doux silence, de ce chant particulier qu'il semblait être le seul à entendre, écouter, profiter. Il n'appréciait qu'assez peu le chahut des ruelles, les discussions longues, bruyantes. Le japon semblait parfois être une véritable fourmilière, où chacun avait sa place, ses déplacements, son parcours préparé à l'avance.

Ce n'était pas son truc.

Poussant un léger soupir, il fut coupé dans sa réflexion par le bruit si particulier des pattes de Suiren, frappant d'un son léger le sol. Elle semblait presque volatile, comme si elle ne désirait pas être vue, entendue. La manière dont elle marchait était parfois l'égal d'un pianiste dont les doigts agiles jouaient une douce mélodie. Un bruit particulier, mais qui n'était pas désagréable aux oreilles du comique, qui tourna machinalement la tête en direction de cette nouvelle âme prenant place dans ce théâtre urbain.

« Non, je viens juste d'arriver. »


Petit mensonge. Oh, elle avait une quinzaine de minutes de retard, mais ça ne le dérangeait pas. Après tout, notre ami était un expert dans ce domaine. Sauf que lui, en plus des retards, il appréciait poser quelques lapins, de temps en temps.

D'un mouvement, il bondit de la poubelle pour finir les deux pieds sur le sol, droit, dans un bruit sourd plus bruyant que les quelques pas de l'araignée. Son sourire était toujours présent, grand, sincère. C'était ce qui le caractérisait après tout : ses dents blanches, ce léger rictus dessiné sur ses fines lèvres légèrement rosé. Il ne perdait jamais cet air léger, nonchalant. Comme s'il lançait au monde que rien n'arriverait à l'atteindre, ou comme s'il souhait le bonheur de son prochain, quel qu'il soit.

Son regard bleuté passa alors sur les deux mains liées de la belle. Encore. Ah. Dans sa poche se trouvait encore la clef qu'elle lui avait offerte, cette preuve de l'attachement qu'avait Suiren envers lui. Un cadeau sincère, qu'il serra lentement entre ses doigts, comme pour s'assurer qu'elle ne disparaît pas comme par magie, ou comme pour vérifier qu'elle n'était pas le fruit d'un quelconque rêve ou mirage. Tout chez elle semblait hurler un appel à l'aide, une demande pourtant muette qu'il n'arrivait pas à ignorer. Sa respiration devint plus rapide, lentement. Johan ferma alors les yeux, prenant une grande bouffée d'air frais, pour se calmer.

Elle expliqua alors qu'elle n'avait pas prévu d'activité, mais qu'ils pouvaient tout-à-fait se balader. Ah... Oui. Quand on sort avec quelqu'un, on est censé savoir à l'avance quoi faire. Pour éviter l'ennui, le malaise. Le b-a-ba des relations humaines, Johan ! Ouvrant de nouveau son regard océan, l'électrifié pencha légèrement sa tête sur le côté, adressant toujours à la belle son sourire éclatant.

« La balade me va parfaitement. »


Son regard passa machinalement sur les gens qui marchaient non loin de là, sans accorder la moindre importance à cette petite ruelle. Comme si elle n'existait pas à leurs yeux, un endroit sans intérêt ou un endroit où seules les personnes peu recommandables passaient. Par conséquent, cela faisait de ce petit coin un endroit parfaitement sûr et silencieux, où ils pouvaient ainsi passer du temps sans avoir à affronter le regard cruel d'un monde injuste. Mais justement, peut-être que de l'affronter à ses côtés lui permettrait d'un peu mieux s'accepter ?

D'un pas décidé, le comique s'approcha ainsi de la jeune femme. Bien vite, il arriva près d'elle, s'apprêtant à l'emmener voir le monde d'un regard différent, accompagné de quelqu'un qui ne la voyait pas comme une bête de foire. Malheureusement, alors qu'il était à deux doigts de lui donner une tape amicale, elle lança une vérité dont la violence était comparable à un coup de poignard brutal.

Elle était une membre de la ligue des vilains.

Cette révélation le choqua réellement. Le regard écarquillé, il perdit très lentement son sourire. Les extrémités de ses lèvres descendaient lentement, effaçant ce rictus joyeux qui animait pourtant son visage.

Non. Non !

Avant qu'il ne soit trop tard, il s'arrêta brusquement. Se calmant, son sourire résista au coup, ne disparaissant pas à travers la peine que faisait naître les mots qui s'échappaient des douces lèvres de Suiren. Il ne devait pas perdre la face. Pas devant elle. Comment le prendrait-elle, sinon ? Elle était attirée par le comique. Elle lui avait confié sa confiance, personnifiée par cette clef qui était dans sa poche. Il devait se calmer. Comprendre. Et ne pas perdre ce sourire, s'il désirait lui venir en aide.

Relevant son visage, la jeune araignée pouvait ainsi profiter de ce sourire éclatant qui le caractérisait. Malgré ce qu'elle venait de dire, même s'ils étaient de camps différents, il ne perdrait pas ce rictus. Il le devait. C'était son job. Et plus que son job, c'était aussi son désir.

« Oh, je vois. »


Petit à petit, les différentes pièces du puzzle se mettaient en place. Il comprenait. Pourquoi elle ne pouvait sortir, être vue. Et surtout, pourquoi les vigilantes s'étaient attaqués à elle. Ce n'était pas une simple civile. Elle œuvrait dans l'ombre. Elle faisait partit de cette organisation qui avait attaqué U.A. il y a quelques semaines.

Mais... il n'arrivait pas à lui en vouloir. Elle semblait si sincère dans ce qu'elle faisait, disait, vivait. Comment une telle personne pouvait faire partit de cette organisation ? Suivait-elle les mêmes préceptes que Staïn, le tueur de héros, qui souhaitait ramener sous la lumière le réel héroïsme ?

Ou ses intentions étaient-elles encore plus noires que ça ?


« Avec des si, on coupe du bois. On ne refait pas le monde. Alors ne nous en préoccupons pas, d'accord ? »


Il lança un léger clin d’œil à la belle, tentant tout autant de se persuader lui-même que de calmer le cœur de l'araignée. Alors qu'il vivait déjà sur le fil avec son identité secrète de Joker, assimilable à celle d'un vilain, voilà qu'il était ami avec une membre de la ligue. Il devait cacher ça à son établissement. Bordel.

« Mais je t'avoue que je suis surpris. Tu es... gentille, Suiren. Que fais-tu avec eux ? »


Question sincère, qui bourdonnait au fin fond de son esprit. Pourquoi. Pourquoi ? Merde, merde, merde ! Gardant son rictus intact, la tête froide, Johan ne semblait, à la surface, pas du tout perturbé par cette révélation. Comme si ce n'était rien, presque comme s'il le savait déjà avant qu'elle ne lui dise. C'était faux. Un masque de chair, posé, pour berner la jeune femme. Pour son propre bien.

Ainsi que pour le sien.

Il désirait comprendre ses motivations, ce qu'elle désirait en rejoignant un groupe comme celui-là. Des vilains qui n'étaient, en soit, pas de mauvaises personnes, c'était plutôt courant. Vigilants, criminels involontaires, simples personnes désirant vivre sans limites, mais sans pour autant faire du mal aux autres. Pour lui, Suiren était de ces gens-là. Des personnes qui ne respectaient pas la loi, mais qui n'étaient pas, pour autant, des dangers pour la société.

Il voulait comprendre, et possiblement l'aider à s'en sortir. À s'échapper des griffes d'un mal qu'elle n'arriverait pas à combattre si elle continuait à s'enfoncer dans ce gouffre sombre sans fin et sans fond.

Toujours présent et déterminé, il vint néanmoins glisser son bras sous celui de la jeune femme. L'électrifié voulait la détendre, qu'elle ne s'inquiète pas pour lui, pour son avis la concernant. Qu'elle lui parle avec sincérité, le cœur ouvert.


« Mais ne t'en fais pas. Rien ne nous empêche de nous balader quand même, ça serait même un plaisir d'être vu avec une telle... beauté ! »


Charmeur et taquin, il donna un léger coup de coude amical au bras de la jeune femme. Johan ne savait pas l'effet qu'il allait faire à l'araignée, car même s'il avait compris qu'elle était plutôt attirée par sa personne, il n'était tout simplement pas au courant pour son côté... obsessionnel. Chose qu'il allait sûrement bien vite découvrir. Pour le meilleur et pour le pire !

Écrit et codé par Johan R. Grant
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageSam 17 Mar - 11:34
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Etre ici, c'est un rêve qui se réalise. J'ai le cœur qui a du mal à suivre le rythme, qui se balance dans ma poitrine. Un rêve entaché par nos conditions respectives. Droite, gauche. Droite, gauche. Bientôt, il va céder, la branche qui le retient va se casser. Ni une ni deux, la catastrophe arrive. Il tombe dans mon estomac, lourd comme du plomb, alors que je lui avoue ce que je suis, ce que je fais. Je ne suis pas le genre de personne qui en rira, qui dira "je fais le mal, mais je le fais bien". Je suis ainsi pour une raison... Pour lui. Mon esprit se strie, une pensée s'écrasant au milieu des myriades de cris internes. Et encore une fois, ça fait mal. Un flot rouge me renverse, un océan qui porte le nom de vérité. Je n'arrive pas à le regarder, peut-être que pour une fois je ne veux pas. J'ai peur de lire dans ses beaux yeux ce qu'il pense, peur d'y lire le dégoût. Lui ne me juge pas, lui me voit comme je suis. Et s'il me voyait entièrement comme je suis, à présent ? Je ne peux plus me cacher, à présent, j'ai prit le risque insensé de me déclarer. J'ai tant de peine que mes rêveries sont jetées sur l'horizon juste après leur naissance. Ce n'est pas une déclaration... C'est un suicide.

Oh, je vois.

Je pose le regard sur lui, un regard hésitant, cherchant à lire entre les lignes. Mais Johan est un mystère, c'est un livre que personne n'ouvre, un livre dont tout le monde se contente d'admirer la couverture. Et toi, que caches-tu ? Les apparences, ce sont les apparences. Je ne le sais que trop bien.

Avec des si, on coupe du bois. On ne refait pas le monde. Alors ne nous en préoccupons pas, d'accord ?

Les mots effacent ma curiosité, ne me laissant plus que dans une profonde confusion. Une confusion si imposante que je m'y noie un instant, mes lèvres s'entre-ouvrant sur la surprise. "Ne nous en préoccupons pas" ? Comment peux-tu..? Je ferme les yeux une poignée de secondes, pour rassembler mes moyens, réunir les débris dans l'espoir de pouvoir reformer le tout. Il ignore. Il nie en bloc. La vérité, lui non plus ne veut pas la voir. Ça se strie encore, se fissure, mon pauvre petit cœur est malmené par cet amour déraisonné. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. La vilaine a une raison que le futur héro ignore. Encore et toujours, son visage me revient à l'esprit, avec ce sentiment tranchant. Il est à l’hôpital par ma faute. Je rouvre les yeux, le temps s'étant étendu malgré mon souhait, et je me cache à mon tour derrière un petit sourire. Je ne suis pas aussi forte que lui pour ça.

Mais je t'avoue que je suis surpris. Tu es... gentille, Suiren. Que fais-tu avec eux ?

La fissure s’agrandit. Et, sans même le savoir, mon prince y plonge les mains. Il barbote dans tous ces sentiments emmêlés, et j'agonise en silence. Non, ne regarde pas ça !, me résonne dans l'esprit. Mes lèvres tremblotent à nouveau, mais je m'efforce de garder le contrôle. Je ne suis pas gentille. Je suis ce monstre qui fait peur aux gens. Ce monstre qui a fait tant de mal à un être aimé, à un être cher. Gauche, droite. La chose dans mon estomac recommence à se balancer, à la limite de rouler, jusqu'à m'en rendre malade. J'ai la salive lourde, la bouche sèche, les mains moites. J'ai l'impression que le monde n'a plus de sens. Je ne suis pas à ma place. Et je ne mérite pas d'être là, auprès de lui.

Son bras se glisse sous le mien, et m'arrache à la souffrance. Mon cœur saute, retombe plus lourdement encore. C'est injuste. Mais c'est grisant. Je baisse légèrement le regard sur lui, le contemplant en silence. Pourquoi suis-je l'encre qui vient noircir son beau tableau enneigé ?

Mais ne t'en fais pas. Rien ne nous empêche de nous balader quand même, ça serait même un plaisir d'être vu avec une telle... beauté !

Crac. La fissure explose, éclate. Les éclats volent, et tailladent l'intérieur de mon estomac. Après tout, mon cœur y loge. Comment suis-je censé me tenir, lorsqu'il agit de la sorte ? Son coude frappe légèrement mon bras, et je pince fort mes lèvres entre elles. Encore. Encore, encore. Le moindre contact retourne mes neurones, me faisant aussitôt oublier la complexité de la situation. Je retiens un gloussement, un son qui vibre à peine dans ma gorge serrée. Ne me traite pas comme ça, ne me fais pas ça. J'ai beau vouloir résister, il a déjà gagné cette bataille. A vrai-dire, il a déjà gagné la guerre. Je penche la tête, pour taper doucement la sienne avec, essayant d'éviter soigneusement que mes "cornes" ne lui fassent mal. Et le sourire revient, un petit sourire d'abord, qui s'agrandit peu à peu. Peu importe, il est à moi pour l'instant. A mes côtés. Il me regarde, ne regarde que moi.

Suis-je jolie ? Dans quel état est ma tresse ? Je n'ai pas pleuré, n'est-ce pas ? De ma main libre, je torture une mèche rebelle. Je l'entoure nerveusement autour de mon index, la faisant méthodiquement boucler pour finalement la remettre derrière mon oreille. J'avale ma salive, du mieux que je peux, et tourne un regard admiratif vers lui, guettant le moindre mot, la moindre note de sa voix.

C'est vrai ? Tu me trouves belle ?

Sans lui demander d'avantage son avis, je démarre la marche. Je tente de mon mieux de ne pas l'embêter, de garder mes pattes de mon côté. Comme un couple s'efforcerait de garder les pieds chacun de son côté du lit après s'être trop souvent emmêlé avec. Je veux qu'il passe un bon moment, un moment dont il se souviendra. Je veux ces souvenirs, en construire tout une forteresse dans laquelle me replier dans les moments difficiles. Il m'accepte ainsi, et ma tête recommence la valse des rêveries. Il m'aime ? S'il ne m'aime pas, ai-je malgré tout le droit de l'aimer ? De temps en temps, de petits gloussements échappent à mon contrôle. Je suis si heureuse qu'il soit là, que mon prince me tienne le bras. Ainsi, je me sens plus belle, plus désirable. J'ai enfin l'impression d'être "quelqu'un". Et, plus important encore, j'ai l'impression d'être "quelqu'un" à ses yeux. Une idée me vient alors, et j'accélère légèrement le pas, l'emmenant avec moi dans de légers éclats de rire. Une glace ! Je veux partager une glace avec lui ! Ou mieux encore... Une nouvelle idée plaque l'autre, victoire par K.O. Je tourne le regard vers lui à nouveau, et lui sourit, cherchant de mon mieux malgré tout à cacher le rouge de mes joues derrière mes cheveux. Difficile, avec la tresse.

Je n'attache jamais mes cheveux... Mais je me suis dit que ça te plairais peut-être.

J'occupe le silence jusqu'à ce que nous parvenions à la destination qui me trotte dans l'esprit. J'ai déjà entendu une enfant au Q.G. parler de cette endroit comme d'une sorte de temple des délices. La plupart des japonais n'aiment pas le sucré, ils laissent ça aux femmes, mais Johan n'est pas japonais. Son prénom le hurle, de même que son physique trop atypique pour être nippon. Je regarde la porte d'entrée, en me demandant comment entrer avec ma "carrure", puis la question me revient, et je baisse la tête vers lui, l'air curieux. Est-ce vraiment une idée de l'emmener à une confiserie ? Au moins, je pourrais savoir ce qu'il aime, et tenter de le lui refaire un de ces jours. Je tente de mon mieux de ne pas recommencer à rêvasser, et lui sourit.

Tu aimes le sucré ? Quand on s'est rencontré, je m'en souviens, tu as dévoré un bonbon tout rond ! Le... chanceux...
notes ; 1419 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageMer 21 Mar - 15:45
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Malgré son air sur le visage, Johan réfléchissait. Son sourire n'était que de façade, son esprit allant et venant, cherchant la réponse à ses différentes questions. Pourquoi était-elle un membre de la ligue ? Que cherchait-elle là-dedans ? Suivait-elle simplement les paroles du tueur de héros, ou bien était-elle une personne purement mauvaise ?

Se jouait-elle de lui ?

C'était sûrement cette question qui tambourinait le plus dans le crâne de l'électrifié. Que Suiren n'était pas réellement une femme en détresse, qui appréciait plus que de raison la présence du comique. Qu'elle simulait, enfermée dans un rôle dans le but d'obtenir quelques informations de sa part. Après tout, la ligue était connue pour chercher à abattre All Might, et se servait d'U.A. comme principal moyen de pression. Peut-être que derrière ce visage doux et aimant, l'araignée cachait particulièrement bien son jeu. Tissant lentement sa toile autour de Johan, qui était déjà empêtré à l'intérieur. Était-ce là son plan ?

Insécurité. Doute. Des intrus qui tambourinaient à la porte de sa psyché, des mots que sa petite voix, sa conscience, répétait inlassablement, comme s'il marquait au fer rouge chaque neurone pour qu'il s'en souvienne. Était-elle réellement une victime d'un système pourri, ou bien venait-il de tomber dans sa toile ? En aucun cas l'homme montrait ses doutes. Si elle simulait parfaitement la belle amoureuse, il simulait tout aussi bien.

Son sourire était toujours là, fort, sincère. Johan était un plutôt bon menteur, enfilant ce masque en une micro-seconde, de manière naturelle. Son regard bleu, ses deux océans qui animaient ses orbites, étaient figés sur la belle qui demandait s'il la trouvait vraiment belle.

... Si elle mentait, Suiren le cachait peut-être mieux que lui.

« Bien sûr que tu es belle. Personne ne pourrait dire le contraire ! »


Et même si son sourire cachait son questionnement, ses mots n'étaient que le reflet de ce qu'il pensait. Oui, Suiren était une très belle femme. Devait-il encore énumérer les différents points qui attiraient son regard ? Quel idiot s'arrêterait à la partie inférieure, arachnoïde, alors que le reste est si séduisant ? Cette peau qui semble si douce, ce regard attachant, ses lèvres fines. Qui sait ce qui se serait passé dans d'autres circonstances, entre ces deux-là ?

Détournant légèrement son regard, il commença à son tour à marcher. Petit à petit, les ténèbres de cette ruelle laissèrent la place à la douce lumière d'un soleil étincelant. Les voilà aux yeux de ce monde qui peut être aussi bon qu'il est cruel, face aux nombreuses personnes qui tournèrent déjà les yeux en voyant l'araignée. Grâce à ses longues et fines pattes, la jeune femme était... grande. Très grande. Plus que Johan lui-même, qui pourtant atteignait déjà les deux mètres.

Dégoût. Curiosité. Haine. Peur. Colère. Putain de merde.

Tour à tour, le regard électrique du protagoniste passa sur chaque personne qui portait son attention sur sa compagne du jour. Même si certaines personnes étaient plus dans l'interrogation qu'autre chose, il ressentait ce malaise palpable, comme s'ils étaient sur un fil, plusieurs mètres au-dessus du sol. Comme si chaque pas risquait de les faire tomber, d'animer une haine de groupe, et d'engendrer des... problèmes.

Rapidement, il reporta sa propre attention sur l'araignée. Voir sa réaction, ses peurs, ses doutes. Peut-être enfin obtenir une réponse.

Mais rien.

Elle ne semblait pas touchée par les murmures qui pouvaient être entendus, à travers la masse de gens. Elle ne semblait pas touchée par les regards, les jugements portés sans qu'aucun mot ne sorte. Suiren restait souriante, comme si elle ignorait les autres. Comme si quitter cette ruelle ne l'avait pas fait sortir de cette petite bulle qu'ils formaient tous les deux, duo étrange et singulier au milieu de la masse nippone.

Il ferma alors les yeux, durant quelques secondes, pour se calmer. Inspirer, réfléchir. " Je suis une membre de la ligue des vilains ". Il cherchait à mettre cette information de côté, pour ne pas perdre son sourire. Peut-être se posait-il trop de question, et qu'au lieu de vouloir affronter le courant, il devait se laisser aller et le suivre pour voir jusqu'où il l’emmènerait.

Elle le sort finalement de ses pensées en brisant ce léger silence, lui parlant de ses cheveux. Qu'elle ne les attachait normalement pas, mais qu'elle pensait que cela pouvait lui plaire. Reportant son regard bleuté dans le sien, il étira un peu plus son sourire, avant d'à son tour prendre la parole.

« Les deux te vont très bien, Suiren. »


Ils arrivèrent finalement devant une confiserie. Il s'était laissé balader par la jeune femme, le courant étant finalement la meilleure solution pour le moment. Quelques douceurs lui permettraient peut-être de passer outre tout ça, et d'enfin calmer son âme.

La jeune femme brisa de nouveau le silence, demandant à son compagnon du jour s'il appréciait le sucré. S'il aimait ça ? Son sourire s'étira avant qu'il ne réponde.

« Oh, bien sûr que j'aime ça. J'ai toujours préféré le sucré au salé. »


Petite préférence. Même si certaines choses salées sont délicieuses, comme l'épicé par exemple ou même tout bêtement le ketchup qu'il peut boire comme du petit-lait. Johan n'en reste pas moins un grand amateur des bonbons, gâteaux et autres délices qui ne sont pourtant pas très bons pour la santé.

Puis, la question du moyen de la faire rentrer vint taper sa tête. Merde. C'est vrai qu'elle était assez grande, et large avec ses pattes. Comment réussir à rentrer ? Lâchant doucement le bras de la jeune femme, Johan vint ouvrir la porte du commerce, la petite cloche retentissant dans l'endroit. À l'intérieur, un homme moustachu qui devait être le propriétaire adressa un sourire à l'électrifié, l'invitant à rentrer. Mais Johan n'en fit rien, discutant avec le monsieur de là où il était.

« Excusez-moi de vous déranger... Mais mon amie aimerait rentrer. Malheureusement, son alter l'en empêche. »


L'homme sembla plutôt surprit par la chose, venant rejoindre le comique pour voir de quoi il en était. Son regard se posa alors d'abord sur les longues pattes fines, l'abdomen d'araignée, et enfin le buste agréable de la belle. Son regard s'était écarquillé, et on pouvait sentir que sa respiration était devenue irrégulière. "Un monstre" devait-il se dire. Une réaction que Johan craignait, malheureusement.

Il posa ensuite son regard sur l'électrifié, comme pour chercher un certain réconfort. Le sourire de l'apprenti héros commença à lentement s'affaisser, comme une mauvaise peinture, un maquillage qui se mettait à couler sous l'effet de l'eau.

« Mh... Je... Je ne peux pas. Je n'ai... rien pour... ça. »


"Ça". L'énervement de Johan monta d'un cran, alors qu'il tentait de garder son sourire comme il le pouvait. Plus doux et jovial, ce rictus démontrait son agacement envers cet homme qui représentait parfaitement la réaction d'une partie de la société face à quelqu'un comme Suiren. Les mots de la jeune femme, son appartenance à ce groupe de criminels, tout ça s'envola à la vision de cette injustice.

Cette étincelle d'héroïsme embrasait lentement son âme.

« Si, il y a sûrement un moyen. Alors retournez travailler, je m'en occupe. »


L'homme était décontenancé devant la réaction de Johan. Comme s'il était la première personne à défendre un être comme Suiren, comme s'il s'attendait à tout sauf à cet élan de bonté. Lui-même ne se rendait pas totalement compte de ses actions, laissant ses émotions et son instinct guider chacun de ses pas, guider chacun de ses mots. Ce n'était peut-être pas la meilleure solution, mais il s'en foutait.

Finalement, le propriétaire retourna s'occuper de ses confiseries, l'électrifié fermant la porte juste après. Se tournant, il s'adossa à cette dernière, avant de pousser un grognement d'exaspération.

« Bordel... Je suis désolé, ma belle. »


Il lança ses quelques mots en adressant un sourire doux à la jeune femme, tout en se grattant l'arrière de la tête, gêné. Au fond, ce n'était pas de sa faute si cet homme avait des aprioris sur le physique de Suiren. Mais malgré tout, il se sentait mal pour elle. Mal, car il n'était pas capable de l'aider plus que ça.

« Bon. Tu as une idée de comment tu pourrais rentrer ? »


Il n'abandonnait clairement pas l'idée d'aller à l'intérieur. Suiren semblait contente de le faire venir ici, sûrement prête à lui faire goûter pleins de choses juste pour son plaisir. Johan ne souhaitait pas la priver de ça, surtout après l'agissement de cet homme.

Écrit et codé par Johan R. Grant




Oui, je suis fan de moi.
Merci Suisui ♥


Sinon, j'vous mange !
Tout cru !
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageMer 1 Aoû - 16:03
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Aimer. Chérir. Adorer. Tant de mots pour décrire (ou tenter de décrire), ce que je ressens pour lui. Noyée de cet océan d'émotions en ébullition, j'admire quelqu'un à mes yeux plus lumineux que le Soleil lui-même. Et son bras tenant le mien, m'engageant à l'emmener, se voit pressé contre le côté de ma poitrine. Je sens résonner les battements de mon cœur et, sans nul doute, en rougis de bonheur. Et s'il sentait combien je l'aime ? Et s'il pouvait sentir ces palpitations déchaînées, s'il comprenait être à présent la raison même de ce rythme vital ? Son prénom tapisse les murs et le sol de mes pensées, et manque de peu de glisser des lèvres que je pince entre elles discrètement dans l'espoir qu'il ne m'entende pas l'appeler à tue-tête. Aujourd'hui, je ne suis rien ni personne s'il accepte de laisser ma différence de côté. Je n'ai pas à avoir peur, si lui me regarde.

C'est là la raison de ma parfaite indifférence. Le monde autour de nous n'est jamais qu'un arrière-plan, un décor de papier et de carton, sur lequel évolue mon Prince avec une aisance presque déconcertante. En rejoignant l'extérieur, ce monde dénué d'ombres dans lesquelles s'abriter, j'ai peur un instant. Un instant si court, puisque son contact encore présent me rappelle que je n'ai rien à craindre. Je sais qu'il me protégera. Je sais que lui sait, qu'il sait que je ne ferai de mal à personne. Dans cette cohue incessante, dans ces vies-routes qui ne font jamais que se croiser et se séparer, je ne fais que chercher ce que l'on appelle trop légèrement le Bonheur. Je veux le leur, plus encore que le mien. Pourtant, il sera toujours en danger. Hors de question de continuer à y penser. Pour l'instant, Johan est en sécurité avec moi. Car, s'il me protège, moi je donnerais sans le moindre remord ma vie pour lui si la situation l'exigeait. Je suis cette araignée, cette "mère", prête à se voir offerte au "triste" destin d'être dévorée pour le bien-être de ceux m'étant chers. Et c'est là l'unique raison de mon existence : être tour-à-tour celle qu'ils détestent, qu'ils apprécient, les ramenant chaque soir jusqu'au chemin de la maison.

Si mon bien-aimé Johan est cette lumière guidant les âmes égarées à revenir à la sécurité, alors je serai éternellement la structure de son phare, l'élevant au plus haut afin que tous le voir briller de mille feux. Voyez comme il me gâte de sa présence, de ses doux mots, moi qui ne suis rien ni personne, moi que tous exècrent. Vous ne me blesserez pas, mon cœur navigue sur une mer en pleine plénitude, des eaux si calmes que leur docilité me berce jusqu'à l'âme. Je sens ces essaims de regards se jetant sur moi comme tant de nuisibles sur un morceau de viande abandonné. Tant de regards, et tant de sentiments mélangés. En temps normal, j'en suffoquerais. Je ressentirais ce besoin à la limite de l'essentiel de m'enfuir, de retourner dans les ténèbres auxquelles j'appartiens. Mais ce n'est pas un "temps normal". C'est un moment que je partage avec lui, un moment qui n'appartient qu'à nous.

En arrivant devant la confiserie dont j'ai entendu parlé, je me pose la question de comment y rentrer avec ma carrure si particulière. Pourtant, ce sourire qui étire mes lèvres ne s'évapore pas. Je tourne le regard vers mon astre, dont le bras quitte le mien. Ne me laisse pas toute seule ! Ses pas se séparent des miens, alors qu'il avance jusqu'à la porte qui, en se voyant ouverte, laisse retentir ce qui me paraît être un glas à la limite du funeste. Et mon cœur bat plus fort encore. Sa silhouette est plus loin, pourtant toujours si proche, si proche que je pourrais le toucher. Et je devrais le faire. Mes yeux dérivent, s'orientent sur le côté pour fixer le bois de la devanture de la boutique, comme s'il m'était d'un quelconque intérêt de suivre les rainures de la matière. Et les pensées tournent, alors que mon sourire fond peu à peu. Si je ne peux pas y rentrer, alors peut-il y aller seul ? S'amusera t-il malgré tout ? Je cherche déjà d'autres moyens d'être à ses côtés, mais l'idée de m'asseoir devant la porte se voit écrasée par la réalité de potentiellement bloquer le chemin. Ou pire, de faire peur aux probables futurs clients.

Excusez-moi de vous déranger... Mais mon amie aimerait rentrer. Malheureusement, son alter l'en empêche.

Sa voix me résonne dans les tympans. Et les mots me désarçonnent. "Mon amie". Le chant des anges, moi petite chose touchée par sa grâce, me fait relever le regard vers lui. Et alors que le commerçant se rapproche pour constater l'étendue du problème, je suis obnubilée par le visage de mon "ami". Le mot est si faible, mais pourtant si beau. Si doux. Je suis son amie ? Moi..? Mes yeux, demeurant ronds un long instant, se ferment sur l'ivresse de ce tout petit mot me faisant l'effet d'un terrible alcool : un effet bien traître. Si bon, bon à m'en faire tourner la tête. Et un gloussement déborde de ma gorge, y roulant une poignée de secondes à peine, alors que je relève les mains pour tenter de couvrir le rouge furieux de mes joues avec autre chose que mes cheveux trop noués pour m'être d'une quelconque utilité dans cette situation.

Mh... Je... Je ne peux pas. Je n'ai... rien pour... ça.

"Ça". Une gifle. Un coup de poignard dans le dos. Quelque chose de cinglant, contre un mesquin coup du destin pour tester ma résistance à la destruction de ce bonheur trop parfait se profilant à l'horizon. Mais je n'abandonnerai pas. La voix de mon ami reprend à la suite, mes yeux détaillant ce sourire si particulier marquant son visage aux traits s'éveillant de leur torpeur sous ce besoin de justice omniprésent.

Si, il y a sûrement un moyen. Alors retournez travailler, je m'en occupe.

Il n'abandonne pas..? Il ne m'abandonne pas..? J'entends le pa-pam de mon cœur me vrombir dans les oreilles, palpitant si puissamment que je parviens à le sentir se perdre en échos dans mon ventre à nouveau. Les montagnes russes ne me feraient pas autant d'effet que lui, dans bien des sens dont la plupart seraient inavouables. Le vendeur disparaît du cadre de la porte alors que Johan la referme, s'adossant contre dans un air de réelle lassitude, embarras. Peut-être est-il lui aussi légèrement dépassé par cette réaction ? Pour ma part, j'en ai prit l'habitude. Et, à vrai-dire, je m'en veux beaucoup d'avoir cru qu'il en serait autrement. Peut-être, en ayant prévu cette éventualité, aurais-je pu éviter cette situation de gêne à l'étudiant... Je secoue vivement la tête de droite à gauche, faisant tomber de mon épaule la lourde tresse formée de la masse de mes longs cheveux à la couleur de jais.  

Bordel... Je suis désolé, ma belle.

A nouveau, sa bénédiction guérit le moindre de mes maux. Je cesse de secouer la tête, et observe la façon dont il se gratte l'arrière de la tête avec embarras. Johan est si gentil, si doux, et si adorable lorsqu'il ignore quoi faire. Le voir ainsi, moins confiant qu'à l'accoutumé, me donne l'impression d'avoir gagner quelque chose malgré notre délicate posture. J'ai gagné de garder cette image en tête, accompagnée du délice de sa voix m'appelant de tant de façons étourdissantes. Tant de choses desquelles rêver jour et nuit, lorsqu'il me manque comme sa fleur préférée à une abeille...

Bon. Tu as une idée de comment tu pourrais rentrer ?
En roulant.

Ma propre rapidité à répondre me laisse surprise. Mais qu'est-ce que tu racontes, Ren ?! Et pourtant, mes pensées me rappellent à l'ordre : rouler est très certainement effectivement la seule manière me permettant de rentrer dans la boutique. A la condition qu'il y ait assez de place à l'intérieur, dans une certaine zone après la porte en elle-même. Je me penche légèrement, observe la marge d'espace après l'encadrure de la porte via la vitrine de façade de la boutique, et contiens un soupir. Assez grand, mais à peine... Je devrais me poser dans un coin, pour être certaine de ne pas déranger qui que ce soit. Mes yeux restent figés, zieutant à travers la fine couche de verre, alors que je rassemble mes pensées les plus courageuses pour ne pas me démoraliser. C'est jouable. Et je refuse de laisser cette sortie vivre le moindre échec ! 

Tu... Tu voudrais bien me tenir la porte, s'il te plais Johan ?

Je pourrais lui demander de détourner le regard également. Mais... Je n'aurais pas envie qu'il le fasse. Me montrer à lui comme je suis est une chose qui me fait frissonner, dans un sens totalement positif. Je ne suis pas un mannequin, mais il me trouve belle ainsi. Je m'en souviens, et m'en souviendrai toute ma vie. La façon dont il m'avait dit "Bien sûr que tu es belle." me donne ce courage, cette foi aveugle. S'il me trouve belle, alors je veux qu'il puisse voir tout ce qui me fait apparaître plus belle encore à ses yeux. Et ce, peu importe que je rougisse comme une pivoine en plein saison d'éclosion.

L'étudiant, mon bien-aimé Johan, coopère en s'exécutant et tenant donc la porte. Probablement a t-il autant d'appréhension que moi à l'idée que je roule pour passer le cadre de la porte, mais avons-nous vraiment la moindre autre option ? En fermant les yeux, repliant mes bras vers ma poitrine, je prends une profonde inspiration gonflant mon poitrail. Combien en existe-il, de ces boutiques n'étant pas adaptées aux alters dits de "volumineux" ? Trop, selon moi. Par chance, je ne manque pas d'imagination pour trouver des moyens de me faufiler çà et là, puisque j'ai presque toujours rencontré ce problème. Je me rapproche le plus possible de la porte, me posant à son pied pour me pencher en avant de jauger ma potentielle marge d'erreur. Complexe... Alors mes mains quittent le devant de ma poitrine, et je les appuie contre le sol en hissant mon abdomen inférieur plus haut. Progressivement, avec une souplesse toute accordée à la légèreté de mon espèce de mutation, je me recroqueville, refermant les pattes en abandonnant leur maîtrise puisque nous, araignées, avons pour position naturelle d'avoir les pattes repliées. En hissant mon abdomen inférieur plus haut que le reste de mon corps, j'accroche deux de mes pattes à l'autre côté de l’encadrure de porte et pousse, me faisant passer bien que difficilement.

Alors mes pattes restantes passent au-dessus de ma tête, de même que cet imposant abdomen inférieur, et je roule jusqu'à retomber, un peu maladroitement, presque vautrée. L'une de mes mains vient repousser ma tresse alors que je souffle vers le haut, enlevant promener les quelques mèches s'étant défaites du tas dans le procédé. Et le rouge de mes joues gagne en ampleur. En roulant aussi lentement, il y a de très fortes chances pour que par inadvertance Johan ait vu... Assise contre le sol, mes mains viennent toutes deux tirer ma robe vers le bas, couvrant de mon mieux la naissance de mes cuisses, l'une d'elles enserrée par le holster aujourd'hui vide. J'entends le vendeur sortir de sa cachette, derrière la caisse, et tourne la tête vers lui, l'air particulièrement penaud.

Bonjour, monsieur, et mes excuses pour le potentiel dérangement. Je vais faire attention à ne rien renverser.

Et je le délaisse. Je n'ai pas envie de particulièrement m'attarder sur une personne comme les autres, alors que Johan est encore à la porte. En tournant le visage vers lui, je tâche de ne pas trop dévoiler ce rougissement nerveux qui balafre pourtant mon visage et lui sourit, un léger sourire satisfait. Presque fier. Et ma voix perd en force, alors que je murmure presque pour moi-même uniquement, toutefois avec l'espoir qu'il m'entende tout de même. Mes doigts triturent le tissu du rebord de ma robe et, après avoir marmonné, je trouve la force de lui avouer à nouveau les choses comme elles sont :

Je dois t'avouer que venir ici ce n'était pas totalement désintéressé... J'ai entendu dire qu'ils vendaient des pommes d'amour, ici, ce qui est plutôt rare en général. Et j'aurais aimé en manger une avec toi...

Mes pensées dépassent le cadre initial et, en relevant la tête, je m'efforce de poursuivre en préservant mon peu de calme. Et pourquoi la mangerait-il ? Il ne m'aime pas, après tout. Je sais que c'est à sens unique, et que quelqu'un comme lui doit certainement déjà avoir une personne spéciale dans sa vie. Je baisse le regard, me perdant dans ce flot submergeant de doutes. Manger une pomme d'amour avec lui, cela dit, serait un moyen pour moi de lui assurer l'aimer pour toujours. C'est une légende, mais moi j'y crois. En relevant finalement la tête, je reprends de sourire aux travers des quelques mèches rebelles de mes cheveux.

T-tu es mon ami, alors une seule bouchée pour toi suffira et je mangerai le reste. Si tu veux, je t'offrirai d'autres bonbons pour qu'on soit à égalité niveau quantité. Sauf si bien sûr tu en veux beaucoup, ce qui m'ira aussi.
notes ; 2359 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageMar 14 Aoû - 17:09
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Johan n'était en rien ce preux chevalier cherchant à sauver la veuve et l'orphelin. Lui-même ne savait pas réellement où il se trouvait, entre le doux jour d'un homme bon et la nuit d'un criminel. Dans un sens, l'homme s'approchait plus de cette noirceur propre à l'obscurité. Sous la lumière de la lune, il s'adonnait ainsi à cette brutalité pour le compte de Veloce, sans se préoccuper du reste, détruisant petit à petit ses chances au sein de l'U.A. Malgré tout, Johan semblait petit à petit s'en échapper, rencontrant des nouvelles âmes qui apaisaient lentement son être. Comme si, seul, l'électrifié était forcé de finir mal. Comme si le fait d'être limité à cette vie, sans rien voir d'autre, l'enfonçait un peu plus dans le domaine de la nuit.

Et petit à petit, tout ça changeait. Suiren, Kana, Chiaki, des personnes qui commençaient à faire naître cette lumière, alimentant l'étincelle de bon qui ne faisait que sommeiller. Il n'était plus la nuit, Johan devenait ainsi l'aube.

Mais même si toute ses connaissances participaient à ce changement, lentement, Suiren en était surement le principal catalyseur. La première personne qu'il cherchait réellement à sauver, non pas sous cette bête identité de fainéant, mais sous celle d'un autre. Un héros, ce qu'il cherchait à devenir, cet idéal dont il souhaitait s'approcher depuis tant d'années. Un but aussi vieux que son enfance, un chemin qu'il parcourait et qu'il avait fini par petit à petit quitter, sous l'impulsion d'une vie mouvementée.

C'était sûrement pour ça qu'il se sentait concerné, qu'il se sentait protecteur envers elle. Il ne le savait pas encore, mais quelque chose liait les deux. Ce n'était que le début d'une relation étrange, mais à la fois dévorante et passionnée. Et même si ce qu'il se passait actuellement n'était pas encore le point d'orgue, c'était bien un doux prélude à une symphonie qu'ils créeraient tous les deux, comme deux pianistes partageant le même instrument.

Voilà ce qui expliquait sûrement ses réactions, à propos de ce vendeur jugeant la jeune femme sur son apparence. Le plus drôle, c'était que sans ce bas du corps d'araignée, Suiren serait sûrement une jeune femme que tous les hommes chercheraient à obtenir. En oubliant cette partie, la belle avait après tout un corps particulièrement agréable à regarder. Des formes prononcées, un visage de porcelaine, une longue chevelure sans imperfections, si elle était plus "humaine", elle serait la proie de nombreuses personnes.

Dans le cas de Johan, cette apparence ne le gênait pas. Il lui parlait comme il parlerait à n'importe qui, juger sur l'apparence n'étant clairement pas quelque chose qu'il faisait. Peut-être à cause de son passé, vivre aux côtés de voyous et de personnes vivant dans des conditions limites permettait peut-être de se fier à autre chose. Ce n'était malheureusement pas le cas du vendeur, qu'il toisait toujours un peu de son regard bleu électrique, avant de soudainement s'éveiller à la réponse de la belle araignée.

« Pardon ? »


Rouler ? C'était une proposition plutôt... originale. Un léger sourire de gêne et d'incompréhension se dessina sur les lèvres de l'électrifié, qui ne comprenait pas réellement où elle voulait en venir. D'ailleurs, le propriétaire lui-même leva la tête de son comptoir, sûrement tout aussi étonné que le jeune homme concernant cette potentielle solution pour que la jeune araignée puisse rentrer à l'intérieur de la boutique.

Elle lui demanda finalement s'il pouvait lui tenir la porte. Un léger silence vint prendre le pas sur une potentielle réponse, avant qu'il ne sursaute légèrement, comme si Johan se réveillait d'un songe. Rappelé à la raison, il sauta presque en direction de la porte en verre permettant de voir l'intérieur de l'endroit.

« Comme ça ? »


Bon dieu, cette journée était particulièrement étonnante. Dans un sens, il était étonnant qu'elle aille aussi loin simplement pour rentrer dans une boutique. Au fond, ils auraient pu partir et aller dans un autre endroit, plus libre et plus grand pour permettre à la belle d'entrer. Mais plutôt que de simplement abandonner, Suiren cherchait un moyen et était prête à faire ce genre de choses pour ne pas à s'arrêter là. C'était particulièrement curieux.

Malgré tout, Johan se doutait de la raison. Elle était simple, claire comme de l'eau de roche : elle ne voulait pas que cette sortie se passe mal. Que tout se passe comme ils l'avaient prévus. Elle chérissait le moment qu'elle passait avec lui, et voulait que tout se passe parfaitement bien. L'électrifié n'était pas le héros mou du bulbe d'un de ses mangas harems, où le protagoniste était incapable d'identifier les sentiments des douzaines de femmes à ses pieds. Non, lui, il le voyait. Il était au courant.

Elle l'aimait.

Ou en tout cas, elle avait des profonds sentiments pour lui. Et même s'il était au courant, il avait du mal à comprendre pourquoi. Johan ne se trouvait ni irrésistible, ni spécialement intéressant. Et même s'il avait déjà vu ce petit côté "obsessionnel compulsive" de l'araignée, il n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi elle l'avait choisi lui. Pourquoi il était le centre de son attention, de ses sentiments. Pourquoi elle pétillait autant à chaque fois qu'elle était avec lui, pourquoi son regard pétillait de cette énergie lorsqu'elle plongeait ses yeux dans ceux de Johan.

C'est ainsi qu'elle entama cette... roulade ? Sous les regards étonnés de quelques passants et du vendeur, elle recroquevilla ses pattes et commença à... rouler, comme elle l'avait dit. Petit à petit, elle arrivait à traverser l'encadrement de la porte, s'aidant tout de même de son bas du corps, usant de ses pattes comme levier pour continuer son petit bout de chemin. Chose qu'elle ne remarqua qu'après, mais que Johan remarqua tout de suite, ce fut son corps qu'elle dévoila par inadvertance. En effet, sa robe se releva doucement, permettant à l'électrifié de profiter d'une vue... Plutôt agréable.

Ses cuisses, tout d'abord, mais surtout ce qu'il y avait plus haut. Sa culotte. Oh, bordel. Il fallait que ça arrive. Se retenant de dire quoi que ce soit, il fit simplement mine de n'avoir rien vu, même si au fond cette petite séance fut plaisante. Même si les sentiments n'étaient pas partagés, Johan ne pouvait cacher le fait qu'il trouvait Suiren particulièrement appétissante et à son goût. Qui sait, peut-être que dans un autre univers, ils étaient ensembles, l'électrifié répondant aux sentiments de la jeune femme ? Enfin, il ne devait pas montrer ça ! Évitons la gêne.

Le vendeur se releva d'un coup en voyant l'énorme femme araignée présente dans son magasin. Une légère goutte sur le front et un peu d'énervement au visage, on sentait qu'il était contre la présence de la belle. Malheureusement, comme d'habitude. Peut-être avait-il peur que les clients évitent l'endroit à la simple vision du centaure arachnoïde foulant le sol de la boutique ? C'était idiot, bordel. Pourquoi la juger ainsi, pour cette simple différence ?

Reportant son attention vers l'araignée, il fut surpris de la voir aussitôt rabattre sa robe. Mince. Elle devait avoir compris... Pour simple réponse, un léger rire gêné, tout en se grattant l'arrière de la tête. Mince, mince, mince. Il espérait juste ne pas trop la perturber. Ce qui ne fut pas le cas, heureusement ! S'excusant rapidement auprès du vendeur, même si c'était plutôt à lui d'en faire !, elle revint près de lui, pour lui proposer une pomme d'amour.

C'était... mignon. On aurait presque dit une enfant, qui cherchait à attirer l'attention du garçon qu'elle aimait. Souriant avec tendresse, il tapota amicalement la tête de la jeune femme.

« Pas question que je te laisse tout manger ! »


Il lança ses mots avec humour, comme pour justifier qu'il était tout-à-fait pour dévorer la sucrerie à ses côtés. Johan se doutait que tout ça allait lui faire plaisir, alors autant jouer le jeu ! Se détournant de l'araignée, il se dirigea alors vers le patron, sortant son porte-monnaie pour déposer le montant sur le comptoir. Après tout, c'était un peu naturel qu'il paye, la belle avait déjà donné assez d'elle-même en roulant ainsi au milieu de tout le monde.

L'homme donna alors la sucrerie. Une belle pomme plantée sur un bâton, enveloppée d'une douce couche de sucre caramélisé. L'objet était de très bonne facture, et son odeur pétillante venait envahir la pièce. Même s'il n'était pas réellement sucré, même Johan ne pouvait qu'apprécier l'arôme qui se dégageait de la pomme.

Tout souriant, il revint ainsi aux côtés de la belle pour lui présenter l'objet.

« Eh bien, bon appétit ! »


Il approcha doucement la pomme du visage de sa partenaire, avant d'approcher lui-même ses lèvres de la sucrerie. Oui... ils devaient croquer en même temps ! C'était ça, un peu, le jeu. Et au fond, il se doutait bien qu'elle allait apprécier. Ainsi, en même temps qu'elle, l'homme posa ses lèvres sur la sucrerie pour croquer finalement dedans. Le goût juteux de la pomme s'alliait à merveille avec le croquant du sucre caramélisé, le tout envahissant la bouche dans une combinaison de saveurs et douceurs. C'était vraiment un bon produit, il devait l'avouer.

« Mh... C'est pas mauvais ! Tu en penses quoi, Suiren ? »


Le but était aussi d'un peu montrer au commerçant que la jeune femme était comme les autres, et qu'elle aussi pouvait apprécier les bonnes choses. Il avait un certain dégoût envers elle, mais peut-être qu'en la voyant comme elle était réellement, une douce jeune femme amoureuse, l'homme allait changer d'avis ? D'ailleurs, il observait avec une certaine curiosité le couple goûter à la pomme, comme en attente d'une réponse. Cette sucrerie devait être un peu sa fierté, sa figure de proue, vu qu'il était l'un des rares commerçants à vendre la chose.

Écrit et codé par Johan R. Grant




Oui, je suis fan de moi.
Merci Suisui ♥


Sinon, j'vous mange !
Tout cru !
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageLun 20 Aoû - 13:11
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
J'ai toujours abandonné, n'est-ce pas ? La pensée tourne dans mon esprit embrumé par l'embarras. A ce moment précis, demeurant assise sur le sol pour garder mes pattes repliées au mieux et ne pas prendre trop d'espace, je me demande pourquoi je m'acharne ainsi. Je veux que cette journée soit différente des autres parce que Johan est à mes côtés. Je veux qu'il puisse se souvenir d'un bon moment passé avec moi... Mais pourquoi ? Mon cœur cherche maladroitement à retrouver un rythme convenable, mais son tambour se heurte aux parois de ma cage thoracique, me donnant encore l'impression que les battements résonnent jusque dans mon ventre. Je ne peux pas m'empêcher d'être soucieuse, de me sentir concernée par tout ce qu'il se passe. Et si, malgré mes efforts, Johan était ennuyé par ma simple différence ? Peut-être me défend-il uniquement parce qu'il pense que c'est là son devoir ?

Je baisse légèrement la tête, déconcertée, abattue par les pensées qui ne cessent de s'en prendre à ma bonne humeur par des vagues de rafales toutes plus puissantes les unes que les autres. Je doute. Je doute... de lui ? Quelque chose de chaud se pose sur le sommet de mon crâne. Et, en relevant la tête, les yeux arrondis par la surprise de ce contact, je retombe dans son piège, toujours tendu comme ses bras ouverts. Ses phalanges se fondant presque entre les fils en bataille de mes cheveux, il me regarde et me sourit comme lui seul sait si bien le faire. Comme victimes d'un soudain courant d'air dans la pièce, mes peurs s'envolent. Lui non plus ne se décourage pas. Bien qu'il paraisse généralement si nonchalant, cette fois-ci Johan a l'air tout aussi déterminé que moi à ce que cette journée ne se finisse pas sur un échec. Et mon navire tangue, agité par les flots de mon Prince, montant et descendant aux rythmes du soulèvement de ses lèvres.

Pas question que je te laisse tout manger !

Huh ? A peine a t-il prononcé ces mots que déjà sa main quitte ma tête. Ses pas l'éloignent et, plongée dans les méandres de la légion de mes fantasmes, l'une de mes propres mains vient se hisser au sommet de ma tête. Comme une enfant. Comme une petite chose fragile... Mes yeux restent ouverts, duo de perles au rouge représentant toute l'étendue de ma passion pour lui, alors que mes lèvres se séparent lentement l'une de l'autre. Johan ne me voit pas comme une abomination, ou comme un danger. Il me voit comme une jeune femme, une amie. Comme une personne. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles vont en ce sens. Il n'a pas peur de me toucher. Malgré moi, le temps qu'il paye la friandise, ma tête dodeline de droite à gauche avec autant de discrétion que faire se peut. S'il pouvait me toucher plus, toujours plus, me caresser les cheveux...! La rêverie est bien plus douce encore que l'odeur qu'il me rapporte en revenant à ma hauteur avec l'objet de notre venue en ces lieux. La pomme, trônant entre ses mains, pourrait être empoisonnée comme dans les contes que je n'hésiterai pas plus à mordre dedans.

Eh bien, bon appétit !

De surprise en surprise. De rêve en rêve. Et je refuse de me réveiller, que l'on m'extirpe à ce monde où j'ai le cœur si léger, chantant de toutes ses forces pour tirer mon Prince plus près encore. Et les dieux, tous, répondent visiblement à ma prière silencieuse. Il rapproche la sucrerie de moi, si bien qu'il ne reste plus que quelques centimètres entre mes lèvres et la couche collante de sucre caramélisé recouvrant le fruit, avant de ne s'en approcher à son tour. Mon cœur semble éclaté alors que ses lèvres rentrent en contact avec le voile de glucose, et je m'empresse d'en faire de même. Je pourrais vouloir que cette pomme ne soit pas là, entre nous deux. Mais mes rêveries n'ont de toutes façons que faire de sa présence. Dans ma tête, ce sont nos lèvres qui se pressent les unes contre les autres, si tendrement que mes pattes tremblotent nerveusement, accompagnant les soubresauts de mes bras que je calme en venant couvrir les doigts de Johan tenant le bâtonnet à l'aide des miens. Je l'ai touché ! Les pensées inavouables reprennent de plus belle, m'emportant de plus en plus loin dans ces délires aphrodisiaques, desquels le principal concerné me sort au son d'éclat de la pomme dans laquelle il croque finalement.

Son souffle, s'écrasant contre la sucrerie si fort qu'il en fait le tour, glissant, et se perd contre mon visage, me déstabilisant. Et, de mon mieux, je tâche de croquer à mon tour le fruit défendu comme l'a si bien fait mon Adam quelques secondes auparavant. Mes dents s'immiscent difficilement au travers de la couche de sucre, puis fondent sur la peau plus tendre, avant que je n'arrache un morceau pour le réduire en pièces. Et s'il m'entendait mâchouiller..? L'homme que j'aime ne devrait me voir qu'être mignonne et élégante, n'est-ce pas ? Après avoir déjà vu mes cuisses et possiblement plus que ça... L'idée qui ait pu voir mon dessous renaît à ce moment précis et, avalant mon morceau de pomme de travers, je m'efforce de resserrer ma gorge autour puis de prendre une profonde inspiration pour qu'il glisse. Je détourne la tête, tousse discrètement derrière l'une de mes mains et garde du coin des yeux le regard sur l'étudiant visiblement satisfait.

Mh... C'est pas mauvais ! Tu en penses quoi, Suiren ?

Un léger sursaut, comme si j'avais été prise sur le fait de presque m'étrangler sur un morceau du fruit, et je réponds l'air de rien, d'une voix toutefois encore légèrement enrouée par ce mauvais tour du destin.

O-oui c'est vrai, c'est même très bon.

En parlant, quelque chose me saute à l'esprit. Une sensation désagréable, rendant difficile de bouger correctement ma mâchoire. Quelque chose est coincé quelque part. En passant méthodiquement la langue contre chacune de mes dents, je ne trouve rien malgré que la sensation demeure présente. Mes yeux s'arrondissent à nouveau. Mes crocs. Un morceau d'éclat de sucre a du rester coller contre l'un de mes crocs, ce qui expliquerait la position haute et très "sur le côté" de la douleur. Je n'en dis rien, et m'évertue à ne pas paraître plus étrange que de raison en glissant la langue contre mon croc droit, tentant d'en retirer le morceau de sucre mal logé. Peut-être ai-je été heureuse trop rapidement ? Pourtant je n'abandonnerai toujours pas. Ma langue rappe contre mon croc, en piquant même le long bord, parvenant enfin à déloger l'éclat parasite. Et je soupire de soulagement, en baissant légèrement la tête dans un air découragé. Voilà qui me rappelle pourquoi je mange si peu de sucreries, et encore moins lorsqu'elles contiennent du sucre caramélisé. En relevant la tête, je souris de mon mieux à Johan pour m'assurer que, s'il a remarqué quelque chose, il ne s'inquiète pas pour autant.

Je... Je crois que ça m'a donné les crocs.

Tentative de détendre l'atmosphère. Très probablement vaine. Voire même inutile, parce que je doute que le vieil homme tenant la confiserie soit d'humeur à voir l'ambiance s'éclaircir. A vrai-dire, je ne sais plus trop moi-même. M'étant sentie presque épiée pendant tout le temps à manger la pomme avec le futur héro, je ne sais plus trop quoi penser du lieu. Les sucreries, si toutes de la même qualité que la pomme d'amour, doivent être fantastiques. Mais l'accueil, et le fait d'être observés de la sorte... Peut-être devrions-nous aller ailleurs ? Nous avons la pomme, de toutes façons. Mes yeux esquivent le vieil homme, mais également le regard océanique de mon ami puisque je me sens terriblement responsable de l'aspect "singulier" de notre situation.

Tu veux rester ici ? On peut aller se balader quelque part, sinon.

Ma voix baisse alors en intensité, dans l'objectif que seul Johan puisse m'entendre, alors que mon regard se perd encore dans le vague entre les étagères et présentoirs dans la petite boutique. Trop petite, peut-être.

Je sais que ça a été compliqué d'entrer ici à deux. Surtout à cause de mon alter encombrant. Mais je ne me sens pas très à l'aise à être épiée comme ça...

Je prends une inspiration, en tournant finalement le regard vers Johan, et m'efforce de lui sourire de mon mieux pour ne pas laisser transparaître mon profond embarras. Qu'il me regarde me rend si heureuse, qu'il me tienne le bras pourrait éclairer même mes journées les plus moroses. Mais malgré sa présence, le regard du vieil homme pèse lourd sur mes épaules, me rappelant tant de mauvais souvenirs... Le regard des autres est une arme bien plus efficace encore que leurs mots. Je me souviens, je n'oublierai jamais ce qu'un regard peut dire. Il en a toujours été ainsi, à partir du moment où mon corps a commencé à changer, à partir du moment où il a commencé à "mourir" de mon point de vue. Mais tout ça, Johan l'ignore. Il s'en doute très certainement, mais ne connait pas le fond de la chose. Comme moi, il ment. Il ignore, nie, affronte quand il se doit de le faire. Mais je refuse de lui imposer tout ce que mon apparence me fait subir au quotidien. Me saisissant à nouveau de mon courage à deux mains, remuant dans ma tête la silencieuse promesse faite au travers de cette pomme toute bête, je m'encourage à m'adresser à nouveau à lui.

Et si on allait se poser dehors et discuter un peu..? Je... Je crois qu'il y a des choses que j'aimerais te dire.
notes ; 1723 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageMar 28 Aoû - 17:00
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Agir en héros veut dire bien des choses. Pour certains, cela consiste à affronter de puissants vilains, usant de leurs alters dans des combats dantesques pour faire rêver les plus jeunes. Pour d'autres, c'est sauver la veuve et l'orphelin, à l'arrivée des catastrophes naturelles, où Dame Nature tente d'abattre sa sentence sur l'humanité. Dans un sens, tout cela est inclus dans ce que doit faire un bon héros, de comment il doit réaliser ses actions, aider le monde à avancer main dans la main vers un futur idéal. Mais d'autres choses étaient aussi les traits du héros, de l'héroïsme. Accompagner les âmes à travers la vie, durant leurs moments de paix, de calme. Les comprendre, vivre à leurs côtés, et les aider à avancer eux aussi, sans qu'aucune guerre, qu'aucune catastrophe ne soit pourtant en cours.

C'était ce que faisait actuellement Johan, sans s'en rendre compte. En effet, ce qu'il faisait n'était pas né d'un simple désir d'améliorer ses compétences en tant que héros, un simple moyen de s'entraîner, de se faire connaître. Non, l'électrifié agissait par principe, par réflexe, sans même y réfléchir une seule seconde. Il ne faisait qu'écouter son cœur, son étincelle d'héroïsme animant chacun de ses mouvements, chacun de ses actes envers la belle araignée.

Cette dernière transformait ainsi lentement, mais sûrement, cette étincelle. Elle ajoutait le bois, permettant au feu de prendre. Un feu puissant, qui représentait l'envie qu'avait Johan d'aider. De passer à autre chose, d'évoluer. Que d'apprenti, il devienne héros. Elle en était le catalyseur, sans même s'en rendre compte, elle qui se limitait à apprécier la présence de l'homme qu'elle aimait contre toute raison.

Mais si l'homme passait du temps à ses côtés, dégustant cette douceur sucrée qui enveloppait doucement sa bouche de son fort goût, ce n'était pas seulement dans ce but. Au fond de lui, il n'arrivait pas à oublier le fait qu'elle était membre de la fameuse ligue des vilains. Une organisation de malfaiteurs, de gens atroces qui s'attaquaient à plus faibles qu'eux, dans le simple but de provoquer le chaos. Des gens qui ne cherchaient qu'à faire s'effondrer le château de cartes représentant la paix nationale, pour rendre à la guerre sa gloire d'antan.

Et pour cela, ils étaient prêts à tout. Ils s'étaient attaqués à de vulgaires premières années, tout ça pour faire venir le grand All Might et le tuer, une bonne fois pour toute. Elle était avec eux... Et il avait du mal à y croire. A force de passer du temps avec elle, de la considérer réellement comme une amie, de la voir vivre et survivre, il n'arrivait pas à la mettre dans le même panier que ces enfoirés. C'était pour ça qu'il était avec elle, savoir pourquoi une femme comme elle était avec des hommes comme eux.

Pour le moment, il dégustait. Enfonçant ses dents dans le fruit sucré, juteux, mâchant avec un petit soupir de plaisir alors que son regard électrique est plongé dans les yeux de rubis de l'araignée. Oui, c'était une délicieuse sucrerie, et même si le marchand n'était pas réellement des plus agréables, on ne pouvait lui retirer le savoir faire qu'il avait accumulé durant de nombreuses années. Le moment était agréable, presque comme si le temps s'était figé, alors que Suiren prenait l'initiative d'enfermer les grandes mains de Johan de ses fins doigts, tout en profitant elle aussi du petit moment.

Une fois la pomme terminée, Johan enveloppa le bâtonnet dans un petit papier avant de jeter le tout dans une poubelle prévue à cet effet. Se tournant, il vit alors la jeune femme tenter de retirer quelques petits bouts de sucre d'entre ses dents. Comprenant qu'il venait de le remarquer, elle tenta alors de jouer un peu sur l'humour, pour le grand plaisir du comique. Après tout, Johan était un grand amateur des petits jeux de mots comme ça. Y répondant avec un grand sourire, il lança alors sa propre blague, histoire d'améliorer un peu plus l'atmosphère.

« Tant que tu n'as pas de dent contre lui ! »


Il accompagna le tout d'un clin d’œil. C'était un peu sa marque de fabrique, cette manière qu'il avait de blaguer de tout et de rien, de trouver un moyen de tourner en dérision n'importe quoi. Cette fois, c'était l'animosité du propriétaire qui, malgré tout, semblait un peu plus concerné par la scène. Comme s'il comprenait son erreur, sans pour autant arriver à faire disparaître le léger dégoût à cause de l'apparence de Suiren. C'était regrettable, mais tant pis.

Elle lui proposa alors de partir, et de continuer un peu la balade. Qu'elle avait besoin de discuter, qu'elle avait des choses à lui dire. Oh ? Répondant par un mouvement de tête, il retourna néanmoins vers le vendeur, achetant encore quelques sucreries pour plus tard, si jamais, avant d'aider de nouveau la jeune araignée à sortir.

Une fois dehors, Johan l'invita alors à tranquillement marcher. Ils étaient là, l'un à côté de l'autre. Pour l'énervement du comique, les regards s'enchaînaient, les gens étant effrayés par l'apparence de l'araignée. On vivait dans un monde où les supers pouvoirs étaient légions, où cracher des flammes était le summum du respect, et une apparence physique différente était suffisante pour se faire insulter. Pourquoi le monde était-il aussi... débile ?

Soupirant, ils arrivèrent finalement dans un petit parc, désert, Johan montrant d'un mouvement de tête l'un des bancs pour s'installer et entamer la discussion.

Écrit et codé par Johan R. Grant




Oui, je suis fan de moi.
Merci Suisui ♥


Sinon, j'vous mange !
Tout cru !
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageJeu 20 Sep - 14:43
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant

Et si on allait se poser dehors et discuter un peu..? Je... Je crois qu'il y a des choses que j'aimerais te dire.

Un brin de courage, éphémère, mit à mal la seconde suivante. Comment vais-je lui dire les choses, et que vais-je lui dire ? Alors qu'il approuve ma proposition et s'occupe d'aller acheter encore quelques sucreries comme pour rentabiliser notre venue ici et éviter de devoir y revenir, je me torture autant qu'à l'accoutumée. Pourtant, cette panique à une toute autre dimension. Si je lui dis tout ce qui me pèse sur le cœur, restera t-il seulement à mes côtés ?

Une part de moi à beau se convaincre que j'ai passé le plus complexe en lui avouant faire partie des membres de la Ligue des Vilains, une autre se dit que la part de noirceur glissée sous ma peau n'est avec cet aveu qu'un carré d'encre dans un véritable échiquier chamarré par une triste monochromie.

Du coin des yeux, je l'observe et détaille son dos et ses épaules. Il est si grand. Pas forcément particulièrement épais, une allure qui n'irait de toute façon que très peu avec sa posture, mais j'arrive sans mal à discerner sa solidité. Mon regard pourlèche sa silhouette, tentant d'en ancrer le souvenir dans mon esprit embrumé par la peur qu'il s'agisse de la dernière fois à pouvoir le voir ainsi, aussi simplement, dans une situation plongée à ce point dans le dénie de notre opposition. Peut-être ne me croit-il pas ? Ou peut-être, au contraire, pense t-il que j'ai un quelconque intérêt à le côtoyer ? L'idée même me perturbe. Nous avons tant de choses à tirer l'un de l'autre pour le camp que nous avons choisi. Il pourrait tenter d'obtenir de moi des informations sur le repaire des vilains, comme je pourrais tenter d'obtenir de lui des informations sur les événements scolaire protégés par l'académie. A être ainsi, à deux dans cette bulle, que jouons-nous vraiment, si ce n'est nos vies ?

Sans vraiment plus de dialogue il m'aide à franchir à nouveau la porte pour sortir de l'étroite boutique. Et, en me tournant une fois le pas franchi, je lève une main vers le vendeur pour lui faire un petit signe d'au revoir. Le vieillard l'attrape du regard, et hisse à peine le bras pour y répondre, paraissant particulièrement mal à l'aise avec la pratique de dire au revoir ainsi à quelqu'un comme moi. En ramenant la tête en face de moi, je baisse le regard et contemple une énième fois toute ma différence, et à quel point celle-ci peut être encombrante pour les autres, piétinant leur zone de sûreté sans même que je ne le veuille.

Nos pas se suivent, les uns après les autres, nos deux corps impressionnants côte-à-côte dans les rues animées. Et les regards. Le dard venimeux de ces yeux, si nombreux, rivés sur mon enveloppe comme s'ils voulaient souligner encore et encore cette forme inhabituelle. Celle d'une araignée, celle d'un animal dont le simple mouvement hérisse le poil sur les bras de tant de personnes. Et les pensées me percutent de toutes parts, alors que mon cerveau me rappelle à l'ordre : Tu ne fais pas partie de ceux qui peuvent vivre au grand jour. Ils ne doivent pas te voir, ou tu leur feras peur.  Le discours de ce diablotin perché sur mon épaule, persiflant vicieusement, perd en décibels alors que je relève la vision à nouveau vers l'étudiant. Comme s'il était l'incarnation même de l'ange sur mon autre épaule, sa simple présence me tranquillise progressivement. Qu'ai-je à perdre, après tout ? Peut-être que si je lui dis, il comprendra. Il comprendra, comme il a toujours su comprendre et accepter jusque là, me définissant comme une personne. Comme une amie.

Parvenus à un parc, abandonné par les promeneurs, mon prince m'indique d'un vague mouvement de tête, menton vers la destination, un banc sur lequel s'installer. Et malgré de croire encore si peu à la réalité de cette situation, je m'évertue à m'accrocher à la sensation du vent glissant sur mes joues, s'écrasant contre la masse nouée de mes cheveux. Qui suis-je en train d'essayer de tromper, avec tout ça ? Une façade, semblable à un sourire à un enterrement. En m'asseyant au sol près du banc, je ferme douloureusement les yeux, venant me saisir de ma lourde tresse pour en défaire le nœud à l'extrémité.

Le flot reste captif un temps, ayant prit le pli de cette position, avant que mes mains ne desserrant les enchevêtrements ne les libèrent. Et je glisse les doigts au cœur des filaments sombres, les "peignant" presque ainsi, méthodiquement. Le geste me console, quelque part, me rassure. Me rappelle au souvenir factice de précieux moments passés aux côtés de ma mère, comme il aurait dû en être tant. Et sans rouvrir les yeux, j'inspire, l'afflux d'air venant gonfler ma généreuse poitrine, paraissant alourdie par l'amas de non-dits.

C'est joli, ici.

Une tentative pour briser le silence. Pour fuir, peut-être même. Pourtant je sais que c'est inévitable à présent. Comme à chaque fois, je disparais dans les ombres et je me coupe du monde. Mais Johan m'expose, involontairement, m'animant du désir brûlant de rester à ses côtés parce qu'avec lui le monde me paraît moins hostile, moins agressif. A qui pourrais-je jamais en parler, si ce n'est pas à lui ? Je l'aime suffisamment pour lui offrir ces vieilles perles de vérités, ces fragments de moi. J'oublie de mon mieux le nœud dans mon estomac, et relève la tête pour lui sourire, le voile de mes paupières se soulevant pour me rendre à sa vue et le faire réapparaître pour la mienne. Je veux le dire. En pressant mes doigts contre les fils noirs, je m'accroche à ce détail pour me lancer dans l'arène, gladiateur favori du destin ayant pour épée de Damoclès un félin géant et rugissant.

Je... Je n'ai pas toujours été comme ça, Johan. Tu le sais, parce que c'est mon alter qui m'a emmenée là, mais je veux avoir le courage de le dire. Avant mes quatre ans, j'avais une famille. J'avais des parents, qui m'aimaient sincèrement.

Quatre ans. J'ai oublié la douleur, mais je me souviens de la peur. Je me souviens de ces heures devant un miroir, à affronter la "vérité". Toujours cette maudite vérité, aiguisée suffisamment pour percer ma chaire et tourner au milieu d'un flot écarlate, répandant la terreur dans mes veines. Je ne me souviens pas avoir jamais été autrement, je ne connais que ce corps abominable, à en provoquer des cauchemars aux enfants, mais je sais que je n'ai pas toujours été comme ça. Papa et maman doivent avoir des photos le prouvant. Des photos qu'ils ont cachées, pour que je ne souffre pas de voir ma propre destruction, que je ne puisse pas me rappeler de quelque chose qui ne reviendra jamais. Peut-être aussi pour eux-même ne pas se souvenir, et s'en vouloir. Mon regard redescend, se perdant sur le mélange de gravier et de sable dessinant les chemins serpentant le parc dans lequel le silence bourdonne.

J'étais une enfant, alors je ne me souviens pas exactement de ce que j'étais avant. Je ne me souviens que de ce corps-là : de ces pattes, et de cet abdomen. Mais avec ça, je me souviens des années à contempler les alters des autres, à les envier maladivement.

Au cœur des lianes de mes cheveux, mes mains tremblotent. Je sens mon corps se refroidir, comme si la froideur de la solitude ne me suffisait pas comme châtiment, et quelque chose naître quelque part derrière ou sous mes yeux. Je contiens la sensation, pour lui éviter de déborder, mais parler de tout ça me met évidemment dans tout mes états. Je m'accroche encore à ce que j'ai, ce que je connais, et replonge tête la première dans ce trou béant, prêt à m'avaler et ne plus jamais me relâcher : la noirceur, le silence. Autre chose, quelque chose qui m'accepte et me protège. Quelque chose comme Johan, qui ne soit toutefois pas lui. Quelque chose qui, comme ce "garçon"-là, a l'aura rassurante de l'absence.

À l'école primaire j'ai rencontré un garçon. Contrairement aux autres qui me fuyaient, il a bien voulu être mon ami. Il m'a sorti de ma case, et m'a montré qu'il y avait des choses à aimer dans mon alter. Pourtant, quelques années plus tard il a grandi et m'a laissée derrière lui, il a fait pareil que les autres... J'étais désespérée, alors j'ai joué le rôle de la méchante comme il avait toujours aimé que je le fasse. Je me suis opposé à lui, de toutes mes forces. Mais ça a été trop loin...

Le barrage cède. Les flashs me giflent, semant dans mon esprit les graines de la haine. Une haine tout droit dirigée sur moi-même, pour ce que j'avais osé faire. Et je me souviens, inévitablement encore une fois, du poids si lourd de son corps presque vide. Son souffle, si faible, cette peine qui avait ôté à ses yeux leur éclat, les rendant presque vitreux. Tout déborde, refait surface. Trop de souvenirs, et avec eux trop de souffrance. Mon corps se secoue, dans des sanglots que je ne prends plus la peine de retenir. Je n'ai plus cette volonté. J'en ai oublié la présence de Johan, renfermée dans cette bulle répétant les mêmes mots : Je ne sais faire que le mal.

Les larmes, légions, se pressent sur mes joues, leur couche épaisse m'empêchant même de voir clairement. Et, de désespoir, je tire sur mes cheveux, mes mains instables frappant de coups pitoyables contre mes cuisses. Ma voix se brise, éclate, et les débris se logent profondément dans ma gorge, rendant le moindre mot un véritable supplice.

J'ai failli le tuer, Johan... Alors que je voulais le protéger, alors que je l'aimais ! Que je l'aimais tellement ! Je dois trouver un moyen, pousser les gens à ne plus se mettre en danger ! Si je ne le fais pas, des gens comme Hajime et toi vont mourir !

C'en est trop. Son prénom glisse de mes lèvres, et les brûle vivement au passage, presque comme si les lettres avaient consumé la peau légère. Mon dos se courbant, je tente de me cacher en me roulant pathétiquement en boule. Je devais lui dire, pour être prête. Les réminiscence de mon courage perdues dans le vide, je n'ai à présent plus que la force de sangloter. Je ferme les yeux, renifle sans la moindre élégance, et me prépare à relever la tête et ne plus jamais le voir. Parce qu'il va partir, comme ils le font tous, n'est-ce pas ? Peut-être que c'est mieux, dans le fond. Peut-être que comme ça, loin de moi, il ne connaîtra pas le même sort que mon ami.

Tout ce que je veux, c'est que ça s'arrête...! Je ne veux plus voir souffrir ceux que j'aime ! Je tuerai pour vous, Johan. Pour toi... Toi tu ne pourras pas, mais moi je le ferai à ta place. Moi je porterai ça pour toi, pour que tu ne perdes pas ton sourire. Tu comprends, n'est-ce pas..? Je ne peux pas vous protéger, si des règles m'arrêtent.
notes ; 1982 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageLun 24 Sep - 15:07
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Le couple ressortait particulièrement de la foule. Les regards étaient attirés par ce duo étrange, singulier, presque complémentaire. La belle araignée attirait les yeux grâce à son abdomen d'arachnide, dépassant de ce fait en taille la totalité de l'assemblée. Suiren attirait forcément le regard, même si ce dernier n'était pas réellement des plus agréables... C'était bien de la surprise, de la peur et du dégoût qui parcouraient les visages des différentes personnes croisant leurs chemins. Johan, lui-même, attirait aussi l'attention. Proche des deux mètres, il dépassait lui aussi de la foule, même s'il restait plus petit que sa partenaire. Plus petit, oui... C'était bien une des rares fois où cela arrivait ! Une des rares fois où Johan avait à lever son visage pour regarder quelqu'un dans les yeux. Et cela ne lui déplaisait pas !

Leurs pas raisonnaient à travers la pierre, avant qu'ils arrivent finalement dans le petit endroit boisé. Le soleil frappait doucement les arbres, dont les feuilles virevoltaient lentement au rythme des quelques brises qui tentaient de rafraîchir un air peut-être un peu trop chaud. Après tout, c'était bientôt l'été, et la chaleur commençait déjà à monter, même au pays du soleil levant.

Johan ne... "s'inquiétait pas" réellement concernant ce que devait annoncer Suiren. Il avait confiance en elle et, même s'il espérait que c'était la raison de son appartenance au groupe de la ligue, il se doutait déjà que ce n'était pas pour quelque chose de mauvais. C'était ce qu'il ressentait, en passant quelques heures avec elle, en apprenant doucement, mais sûrement à la connaître. L'homme voyait au-delà de sa simple apparence, de cet abdomen d'araignée que tant de gens semblaient détester. Après tout, Johan n'en avait pas horreur ! Pour lui, c'était tout-à-fait... normal ? Ils vivaient dans un monde où n'importe qui pouvait manier des flammes, ou même de l'électricité comme lui. Le comique était une véritable pile humaine, c'était tout aussi étrange que la singularité de l'araignée.

« Oui, très joli ! »


Il répondit à cette simple banalité d'un sourire sincère. C'était sûrement une tentative pour se calmer, d'entamer la discussion sur autre chose, de tenter de refouler une honte ou du stress.

Elle lui adressa alors un beau sourire, avant de commencer à raconter son histoire. Durant tout ce moment, Johan écouta avec attention chacun de ses mots. Son sourire s'effaça lentement pour exprimer son écoute, l'homme gardant alors en mémoire chacun de ses mots. Elle commença alors son récit, racontant le début de sa vie, où elle avait "encore une famille". En réalité, la jeune femme avoua ne même pas se souvenir de sa vie avant ça. Avant l'obtention de son alter. Elle avait ainsi toujours vécu avec cet abdomen d'araignée.

La suite, fut une histoire contée lentement. Chaque mot était comme un pas, la jeune femme s'enfonçant dans une fange gluante à mesure où elle rappelle ses propres souvenirs, racontant son histoire à Johan. Ce dernier restait de marbre, même s'il sentait au fond de lui son cœur, son âme se fissurer à mesure où la belle dictait son parcours. Pourquoi elle en était là aujourd'hui, comment tout avait commencé, comment tout avait mené à cette place, là, aujourd'hui.

Elle expliqua alors l'existence "d'un autre", une personne qu'elle semblait apprécier énormément. Surement autant que lui, à l'époque, ou peut-être même qu'elle continuait à autant l'apprécier ? En tout cas, il changea brutalement de manière d'être une fois quelques années passées. Ne soutenant plus la jeune femme, ne lui servant plus de béquille dans un monde qui continuait à la mettre au sol, la pauvre commença à pleurer. Des larmes coulèrent, tout autant que ses regrets, s'échappant de ses lèvres à chacun de ses mots. Elle joua la méchante, "par habitude", avant d'aller trop loin et de manquer de le tuer.

Voilà donc le point de départ de sa vie de vilaine. C'est ici que tout commença. Lorsque le simple rôle dépassa les limites de la fiction, devenant une réalité à laquelle elle devait se confronter. Ce n'était plus "pour de faux", désormais, elle était recherchée. Traquée. Autant par les héros, que par les vengeurs, Johan se souvenait de la première fois où il l'avait rencontré, attaqué par ces enfoirés qui cherchaient à tuer tout ceux qui dépassaient du cadre de la loi.

Les poings de Johan se serraient, à lui faire mal. Aucun mot ne s'échappait de ses lèvres, aucun sourire ne venait se dessiner. Ce n'était ni le temps pour les mots, ni le temps pour l'humour. Les yeux mi-clos, le cœur de l'électrifié était serré, battant à tout rompre au fond de son torse. Il ne savait pas vraiment ce qu'il ressentait, ce sentiment qui venait faire pulser son sang à travers ses veines. Que pouvait-il dire ? Que pouvait-il faire ? Un puissant sentiment d'impuissance s'enfonçait au creux de son âme, de son esprit. Il en perdait presque le sens des réalités, son regard bleuté électrique posé sur le visage baissé d'une femme qui avait besoin de secours.

De son secours.

Déjà à l'origine, Johan voulait l'aider. La "sauver". La faire s'échapper de la ligue, du métier de vilain. La belle ne s'était pas fait un nom, elle pouvait encore être sauvée sans avoir à subir les foudres de la justice. Ce sentiment était alors décuplé suite à l'écoute de son histoire, Johan étant maintenant sûr que l'araignée n'était pas une mauvaise personne. Ce n'était pas une espionne, mentant pour attendrir son cœur et récupérer des informations. Non, c'était réellement quelqu'un qui avait besoin d'aide. Une simple victime de son propre destin. Il devait l'aider ! La faire revenir vers la lumière, la sortir de cette mer tumultueuse, son fragile navire menaçant de s'enfoncer dans les eaux boueuses de son propre regret.

Il devait être son phare, l'amenant vers le port.

Aucun mot ne s'échappa des lèvres de l'homme. Seulement des gestes, la main, grande, chaude, forte, de l'électrifié venant se glisser sur la joue humide de l'araignée. À l'aide son pouce, il l'essuya doucement, avant de glisser lentement ses doigts vers son menton. L'attrapant entre deux doigts, il releva alors son visage, ce doux et beau faciès nullement touché par son corps d'araignée.

Et sans rien dire, il l'embrassa.

Déposant ses lèvres avec douceur, tendresse, Johan échangea avec Suiren un langoureux baiser. Il était long, l'électrifié collant avec une certaine envie sa bouche contre la sienne, tout en fermant doucement les yeux. De son autre main, il vint caresser sa joue, comme pour apaiser la peine que ressentait la belle, alors que l'homme accentuait lentement l'échange.

Le temps semblait presque ralentir, s'arrêter, comme pour laisser plus de temps au couple de profiter de ce moment unique et complice. Johan profitait du goût légèrement sucré des lèvres pulpeuses de la jeune femme, comme envoûté par le tout, comme si les portes d'un paradis qu'il pensait impossible s'ouvrait, à l'image des lèvres de l'araignée. Incapable de se retenir, l'homme rendit le tout plus confus, plus brûlant. Sa langue vint ainsi briser la limite des lèvres de Suiren, s'enfonçant dans sa bouche comme un Prince dans un palais lui appartenant. Il prenait ainsi possession de la jeune femme, transformant un baiser doux en un échange plus intime, mais encore meilleur.

Pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi l'embrasser, là, maintenant ? Lui-même n'en savait rien. Il devait le faire. C'était ça, c'était tout. Il en avait envie, il en avait besoin. Des sentiments ? Peut-être. Lui-même n'arrivait pas à savoir, à comprendre ce que dictait son cœur actuellement. Tout ce qu'il entendait, écoutait de sa propre personne était ce "embrasse la" qui tambourinait dans ses oreilles. Peut-être était-ce simplement pour la rassurer, pour lui offrir un cadeau qu'elle pensait impossible, simple fruit de ses rêves. Ou bien le désirait-il lui aussi au fond ?

Des questions, des questions, mais toujours pas de réponse.

Pendant combien de temps l'embrassa-t-il ? Lui-même n'en savait rien. Lentement, il rompit alors le tout, un filet de salive reliant néanmoins leurs bouches, signe que ce baiser était bien moins innocent qu'une simple bise entre deux adolescents. Après tout, ils étaient des adultes, des adultes qui profitaient tout deux de l'instant.

« Ce n'était pas ta faute. »


Sa voix était douce. Lente. Chaque mot était réfléchis, presque soufflé, juste pour elle. Il ne voulait pas qu'elle s'en veuille encore à ce sujet. C'était vrai, après tout. Suiren n'était qu'une victime, victime d'un monde horrible et mauvais, victime de l'incompréhension du monde. N'importe qui aurait fini comme ça... Non, pire. N'importe qui aurait sûrement fait bien pire qu'elle.

« Tu n'auras pas à tuer. Je ne veux pas que tu t'abaisses à ça. »


Ce n'était pas à elle de faire ça. C'était à lui. C'était son travail, après tout. C'était dans ça qu'il s'était lancé. Le métier de héros... L'héroïsme. Cette étincelle devenait, petit à petit, un terrible brasier, alors que Johan continuait à caresser avec douceur la joue de la jeune femme.

« C'est à moi de te protéger. De vous protéger. Tous. »


À ses mots, sa voix était plus sèche, plus forte. Ce changement représentait la motivation, la détermination de Johan. Ce n'était en rien une manière d'engueuler, de reprocher des choses à l'araignée.

« Alors laisse moi m'en occuper, d'accord ? Je suis un héros. »


Et dans un sens, son héros.

Écrit et codé par Johan R. Grant




Oui, je suis fan de moi.
Merci Suisui ♥


Sinon, j'vous mange !
Tout cru !
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageMar 16 Oct - 15:24
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant

Je sens la légère brise fraîche de la journée me glisser dans le dos, courbé lamentablement, mit à nu par les cheveux qui ont glissé. Quelque chose de glacial s'est emparé de moi, l'emprise des souvenirs étant toute-puissante face à ma tremblante enveloppe. A la façon d'une adolescente s'étant amusé à invoquer des démons, je me retrouve là, face à eux, désarmée. Ces démons-là, les miens, me lacèrent de vérités que j'ai si longtemps refusé d'avouer à qui que ce soit. Je suis coupable, de tout ce qu'il s'est passé. De son état... La pensée me tourne dans l'esprit, vrillant avec fureur, creusant des trous béants dans mes dernières défenses. Et c'est la défaite.

Une nouvelle sensation m'appelle alors. Quelque chose de chaud, rassurant, glisse contre ma joue. C'est la main de Johan, dont le pouce balaie mes larmes. Lui avouer, à lui plus qu'à quiconque, est une véritable torture. Pourtant, encore une fois, il ne bouge pas, ne part pas. Il reste là, sur son banc, à prendre soin des lambeaux de la personne que je suis. De la chose que je suis. Incapable d'affronter son regard, de faire face à la lumière presque divine de ses iris, je garde la tête basse, me contentant dans le voile des larmes de m’accommoder de la vision du sol gravillonneux. Pourtant, lui, n'a pas l'air de s'avouer vaincu. Ses doigts glissent contre ma peau, venant se saisir doucement de mon menton pour me faire redresser le visage. Docilement, j'obtempère.

Mes forces m'ont abandonnée de toutes façons. Je n'ai jamais eu la moindre volonté de lui résister, et me laisser glisser dans sa tendresse me donne l'impression de pouvoir mourir sans douleur. Comme un long et profond sommeil, Johan m'offre de rêver. Ses yeux, que je rencontre, sont ce Nirvana dans lequel je peux tout oublier, ne garder à l'esprit que le fait si déraisonné de l'aimer de tout mon cœur. Le mot "coup de foudre" ne décrit pas même un dixième de ce que je ressens, mais reste malgré tout la première expression me venant à l'esprit. Et quel coup de foudre, comme celui dégringolant violemment mon épine dorsale, alors qu'il se rapproche et dépose ses lèvres contre les miennes.

Mon corps, encore secoué, se voit cette fois-ci malmené par de grisants frissons, alors que je ferme les yeux en chœur pour me laisser plonger au creux de cette rencontre. L'esprit vide, le cœur plein, je savoure les réminiscences de la pomme d'amour sur ses lippes et des larmes sur les miennes, qui donnent un goût unique à ce premier baiser. Alors le fait me surprend. Il s'agit bel et bien de mon premier baiser. Brusquement ramenée à la conscience, je me fige, et en oublie même de respirer. Pourtant, lui se le permet. Son souffle, aussi chaud et consolateur que tout ce qu'il se trouve être, me roule contre la peau, s'y dépose par courants réguliers.

Des questions toutes plus stupides les unes que les autres assaillent mon esprit, l'embrument, mais, même si très certainement inconsciemment, Johan m'en délivre à nouveau. Sa main de libre vient rejoindre ma joue, y répandant de longues caresses me laissant à penser qu'il m'est autorisé de rester là pour l'éternité, littéralement pendue à ses lèvres, à me l'accaparer.

Puis, un nouvel assaut de foudre.
Des feux d'artifices fendent mon ciel, filant en stries sur la toile de mes paupières avant d'éclater à chaque percussion de mon tambour personnel.

Sa langue brise la distance, franchit mes lèvres, et le spectacle nocturne de mon âme redouble. Ce bouquet final s'éternise, alors que nous dansons ensemble. Lui, assuré, bienveillant précepteur. Et moi, élève malhabile, découvrant de nouveaux pas à chaque fois que nous nous roulons dans ce plaisir et cette confusion. L'une de mes mains se referme vers ma poitrine, comme pour garder sous contrôle ce qui m'a échappé depuis longtemps pourtant, le cœur battant à tout rompre jusqu'à me résonner aux tempes, quand l'autre vient pour sa part remonter. Mes phalanges, pâles, se posent alors sur la main qui a gravé sa présence sur ma joue, dans une silencieuse supplique : celle de ne pas s'arrêter.  

Avoir le droit à ce miracle, vivre pour le connaître, me fait planer quelque part où nous ne sommes que tout les deux. Et les secondes s'étirent, le temps lui-même me paraissant nous protéger, nous isoler dans cette bulle de coton et de soie où nous ne risquons plus rien l'un comme l'autre, sinon la gêne de se dévoiler à l'autre. Peu importe l'intention de Johan, peu importe ses sentiments à mon égard... Je sais que moi, je l'aime. Éperdument. Le premier regard aura ramené un battement dans ce cœur crevé qu'était le mien à notre rencontre. Et maintenant, nos respirations se mêlant, il m'offre ce souffle vital, celui me donnant la force d'exister et de croire qu'un jour, tout ira mieux.

A qui d'autre pourrais-je me donner, de toutes façons ? Johan est le seul à ne pas reculer pour ma différence, et le seul important à mes yeux. Il est le seul, l'unique, qui accepte de se saisir de ce que je lui tends. Je pourrais bien en mourir, en mourir d'amour, mais même ainsi les choses me vont.

Notre bulle fond lentement, mise à mal par le brasier de notre instant le plus instinctif, alors qu'il délie peu à peu nos langues l'une de l'autre. Je me laisse porter, à nouveau, et accepte cette fatalité, avec le trop doux souvenir à l'esprit de m'être partiellement mélangé à lui l'espace de quelques minutes. Et mon esprit tourne, noyé sous les rêveries, mes yeux perdus dans le vague, étourdis, se laissant tomber sur le filet de salive nous reliant encore un temps. Je le supplie de ne pas disparaître, de faire le pont entre nous pour toujours, mais il serait impossible de m'accorder un deuxième vœu. Il se fend alors, après avoir tenu suffisamment pour que mon cœur puisse reprendre de papillonner, ivre.

Comment me retenir d'être aussi heureuse ? Aussi délicieusement confuse ? La main contre ma poitrine se soulevant et s'abaissant vivement à chaque nouveau cycle de respiration remonte, mon index longeant ma lèvre inférieure doucement. Inoubliable. Maintenant, je saurai à quel saveur me donner, lorsque l'étudiant se glissera dans mes rêves. 

Ce n'était pas ta faute.

Sa voix me fait lever le regard, déposant ce dernier sur l'oeuvre des traits de son visage. Un instant, je peine à me sortir de mon cocon, refuse de quitter ce qu'il s'est passé. Mais Johan a déjà avancé. Je le suis donc, laissant à mon tour quelques secondes en arrière cette acte inexplicable.

Tu n'auras pas à tuer. Je ne veux pas que tu t'abaisses à ça.

Mais comment te protéger..? La question me dérange, demeurant sans réponse, en suspens. Mes yeux se ferment à nouveau, alors que je me raccroche à la caresse, terriblement douce, qu'il persiste à appliquer contre ma joue. Je veux l'écouter. Le croire. Johan est ma seule vérité.

C'est à moi de te protéger. De vous protéger. Tous.

Du murmure intimiste de ses mots, il passe à la détermination du jeune homme qui m'a protégé, ce premier jour. Non, ce n'est pas tout-à-fait vrai. Depuis, il semble avoir encore gagné en force. A ma différence, selon mon point de vue, Johan grandit toujours. Il évolue, se développe. Et avec cette constatation vient la peur d'être laissée derrière, de ne pas pouvoir le suivre. Ma main se presse contre ses doigts, dans l'espoir que cette peur ne soit qu'infondée, un nouveau coup de mes neurones court-circuités, mes yeux se rouvrant pour profiter encore un peu de son sourire.

Alors laisse moi m'en occuper, d'accord ? Je suis un héros.

C'est incontrôlable. Je le sens, qui remonte. Il a l'air tellement fier de le dire... Ça me grignote le ventre, s'égare à fourmiller dans mes pattes et mes bras. Je sens même tressauter mon abdomen inférieur, baissant la tête en essayant de retenir le tout. Pourtant, malgré moi, voilà la catastrophe qui glisse et échappe à mon contrôle. Un rire. Un sacré rire. L'une de mes mains vient à la va-vite vaguement couvrir ma bouche, cachant cet éclat de rire parfaitement sauvage. Je ne me moque pas ! Je suis juste tellement détendue que l'entendre dire ça, ça a été trop pour moi. En relevant le visage, après être parvenue à calmer mon fou rire, je le regarde et lui sourit derrière ma main, et ce bien malgré la vive couleur de mes joues.

Pas encore, Johan.

Après tout, c'est vrai. Pour l'instant, mon Prince n'est toujours qu'un étudiant. Il n'a pas encore obtenu sa licence, a le nez dans les cahiers. Je caresse le dos de sa main, celle qui n'a jamais quitté ma joue depuis qu'elle la rejointe, les pensées s'emballant rien qu'au fait de pouvoir le toucher, sentir le contact de sa peau. C'est plus fort que moi, et me fais rougir d'avantage encore, alors que mes méninges lancent la carte du baiser. Quelque chose, quelqu'un, que je veux préserver à tout prix.

Tu vas en devenir un, un grand. Mais en attendant... En attendant laisse-moi te protéger, s'il te plais. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose...

J'aimerais rester là, ne plus jamais assister à quoi que ce soit d'autre que de le voir me sourire, de sentir ses mains posées sur moi. N'y pense pas trop, Ren, tu vas l'effrayer... Mais malheureusement je sais que c'est impossible. L'idée de fixer un potentiel nouveau rendez-vous illumine mes pensées, ramenant un peu d'espoir, mais après ce qu'il s'est passé j'aurais trop peur d'avoir l'air de quémander de son attention. Johan a sa propre vie, ponctuée par tout ce qu'un étudiant comme lui se doit de faire pour se construire un avenir solide. Alors comment...? Je meurs déjà d'envie de le revoir, les idées ne fusent pas suffisamment en comparaisons des scénarios catastrophes.

Et si c'était la dernière fois ? Comment m'assurer qu'il aille toujours bien sans lui poser ce problèmes du fait de notre "légère" différence de camp ?

Et enfin, l'idée perce. Je retire ma main du dessus de la sienne, et la glisse au beau milieu du haut de ma robe. Mes doigts filent sous l'un de mes seins, frôlent le tissu de mon soutien-gorge, avant que je n'en extirpe mon téléphone portable. Mes robes n'ont pas de poches, alors je fais un peu comme je peux..? Il doit y être habitué maintenant de toutes façons, depuis que je lui ai offert la clé de mes entraves. Et le fait qu'il me regarde potentiellement me comble de bonheur. Si ce sont ses yeux sur moi, ça me va, je peux lui offrir la vue sur l'une des rares parties de mon corps que j'apprécie. Je lui tends finalement gentiment l'appareil, après être sortie d'une nouvelle série de rêveries à ne pas raconter aux âmes innocentes. Un peu dépassé mais ayant au moins la qualité d'être solide, ledit téléphone semble avoir déjà subit quelques chutes ayant laissé quelques griffures sur son contour.

A part pour mes parents et son numéro fantomatique, après tout, mon téléphone ne m'a jamais vraiment servi. Sinon de cale-porte chez moi pour pouvoir rouler et retourner à ma chambre. Je ne me souviens même pas avoir dedans d'enregistrés le numéro d'autres membres de la ligue, avec lesquels je communique très peu. En dehors des numéros d'urgence, Johan sera donc mon troisième contact.

Je... Je ne connais pas mon numéro par-cœur, alors tiens. Tu voudrais bien accepter que je te le donne ..? Je serai plus rassurée, si tu as un moyen de me joindre. A n'importe quel moment.
notes ; 2083 mots


*winkwink*:
 
Smiley Trashbag
avatar
fond des messages :
Messages : 579
Points : 2310
Puissance : 2 945
Réputation : 0
Karma : 0
Voir le profil de l'utilisateur
579
2310
2 945
0
0
MessageJeu 18 Oct - 16:04
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
De manière presque furtive, invisible, Johan se léchait légèrement les lèvres. Un sourire sur le visage, il profitait des derniers instants de ce goût sucré et agréable qui s'était posé sur sa bouche lors de ce long échange. Un échange qu'il était tout-à-fait prêt à recommencer, même s'il s'en retenait. Suiren était une très belle femme, dont la beauté éclipsait la masse, malgré la présence de l'abdomen d'araignée. Car il fallait l'avouer, sans cette mutation, la quasi-totalité des mâles du pays serait à ses pieds, attendant simplement un ordre de sa part. Dans un sens, cette modification corporelle était presque une bénédiction, permettant à la jeune femme de s'assurer des sentiments des personnes autour d'elle... jusque dans une certaine mesure.

Mais s'attaquer de nouveau à sa fine bouche aux lèvres pulpeuses serait profiter de la situation. L'électrifié était au courant, il le sentait. Même s'il l'appréciait réellement et que l'homme pensait chacun de ses mots, Suiren était une jeune femme meurtris par un monde cruel. Son cœur était partagé entre le ressentiment et son amour inconditionnel, illogique dans un sens, envers le jeune apprenti héros. L'homme n'étant pas sûr de ses propres sentiments, malgré son cœur battant à tout rompre, aller plus loin sans être sûr de ce qu'il ressentait reviendrait à profiter d'elle.

Dans un sens, le baiser était déjà de trop. Mais qu'importe.

Pour Johan, Suiren était bien la première personne à faire naître ce genre de sentiments, à ce point. Il avait déjà eu des "pics" d'héroïsme, cherchant à sauver des vies comme il le pouvait, sauver certaines personnes précisément. Mais pas à un point aussi fort, pas à un point aussi présent. L'araignée était cet espèce de carburant qui lançait la machinerie, de l'essence qui venait rallumer un feu que tout le monde pensait éteint. Cette étincelle, qui sommeillait au fond de l'âme de l'électrifié, s'était désormais embrasée, se servant de sa motivation et de sa détermination comme on utilise du bois pour allumer un feu.

Était-ce le début d'un renouveau pour Johan ?

Peut-être bien. Après tout, tout ce qui manquait à l'électrifié était ce coup de pouce. Cette motivation, ce but à atteindre. Jusqu'à présent, la seule chose qui animait son être, qui faisait bouillir son sang, c'était se battre. Durant ses années au collège, à Suzuran, où les élèves cherchaient toujours à déterminer qui était le meilleur. Une partie de sa vie qu'il n'était pas prêt d'oublier, qui forgea ce qu'il était à ce moment précis.

Le regard bleuté et électrique de l'homme resta alors dans le regard de la jeune femme. Il devinait, à ses yeux, à ses traits, que la belle avait grandement apprécié la chose. Passant des larmes au sourire, Johan avait réussi à calmer son cœur, à calmer son âme. Un échange doux, nécessaire, permettant à l'électrifié de voir la belle sous son plus beau jour, rayonnante. Malgré tout, notre apprenti héros était dans d'expectative, même s'il se doutait qu'elle apprécierait, il n'était pas sûr de sa réaction. Chercherait-elle plus ? Finirait-elle par être muette, suite au choc d'un baiser qu'elle pensait impossible ? Pensant imaginer chaque réaction, ce que fit l'araignée étonna finalement l'homme.

Un rire.

Un rire franc, puissant, qui résonna doucement à travers l'endroit, à travers son corps, à travers son âme. Un rire qui n'était pas une moquerie envers cette espèce de naïveté presque enfantine d'un homme qui était pourtant sur ses vingt hivers, mais bien plus un rire amené par un échange avec quelqu'un qu'on appréciait. Un rictus, une explosion de joie qui suivait naturellement d'un moment doux et agréable qu'on ne souhaitait pas quitter. Le sourire de Johan s'étira alors face à ça, cette réaction étant certainement la meilleure qu'il pouvait attendre.

Suiren ne se morfondait pas, elle vivait, et appréciait sa vie. Et dieu, que ça faisait du bien à voir, à entendre, à sentir, à vivre.

Elle lança finalement qu'il... n'était pas encore un héros. Ah, merde. Là, elle touchait où ça faisait mal. En effet, malgré tout ses beaux discours, Johan n'en restait pas moins qu'un simple élève de l'U.A. Un troisième année, certes... Mais depuis déjà deux ans. C'en était presque ridicule quand on savait à quel point l'homme ne faisait aucun effort pour obtenir son diplôme... Et du point de vue de l'école, il n'était pas prêt à devenir réellement un héros.

D'un mouvement, Johan vint se gratter l'arrière de la tête, suivi d'un petit rire gêné. Elle n'avait pas tort sur ce point là... Mais sur la suite ? Elle lui demanda alors de la laisser le protéger, chose qui le fit directement grogner alors qu'il caressait doucement avec tendresse sa joue de sa main libre.

« Non. Je peux me protéger, Suiren. »


Même s'il n'était en effet pas un héros, Johan restait tout de même un puissant combattant. Le manieur de foudre avait largement de quoi se défendre, entre ses longues années à frapper du poing et un alter plutôt pratique, l'homme était presque fait pour ça. Mais Suiren, elle... C'était une femme certes forte, au caractère bien trempé, mais elle avait déjà beaucoup vécu.

Ce n'était plus à elle de combattre, de défendre.

« Je m'occuperai de toi, que tu le veuilles ou non. »


Cette phrase était lancée avec force, comme si rien ni personne ne pouvait revenir ce qu'il disait. Son sourire était certes toujours là, mais son regard était animé par cette détermination et l'héroïsme qui naissait lentement au creux de son âme. Il ne comptait pas changer d'avis à ce niveau... Et bizarrement, il sentait que Suiren elle-même n'allait pas changer d'avis non plus.

Autant changer de sujet alors... De toute manière, ce n'était pas le moment de parler de tout ça. Ils avaient le temps. Tout le temps possible et existant.

Coupant ainsi court à la conversation, Suiren quitta aussi la chaleur des mains de Johan. Glissant sa main dans son... décolleté, elle sembla attraper quelque chose caché dans sa poitrine. Sans réellement le remarquer, le regard du mâle ne pouvait s'empêcher de loucher doucement sur les deux cadeaux de la nature que la belle possédait. Des seins lourds et volumineux qui donnaient follement envie de les prendre dans ses mains, il devait bien l'avouer. Mais il s'en retint, toussant doucement pour faire passer cette envie qui passait à travers son être et les pensées impures - et dieu seul savait à quelle point elles l'étaient - qui venaient accélérer la circulation sanguine de Johan.

Finalement, elle retira alors son téléphone portable, qu'elle donna à l'électrifié. Expliquant qu'elle ne connaissait pas son propre numéro, elle souhaitait néanmoins qu'ils gardent un moyen de contact. Un nouveau sourire, plus large, vint se dessiner sur les lèvres de l'homme, qui tapota alors rapidement un message sous ses yeux. Oh, certes, il aurait pu simplement enregistrer son numéro dans son téléphone, mais il n'aurait eu aucun moyen de connaître son numéro avant qu'elle n'envoi un premier message. Comme ça, elle avait la confirmation, c'était toujours mieux.

Lorsqu'elle portera le regard sur l'écran, elle verra un simple cœur illuminer le message qui fut finalement envoyé. Une vibration sonore vint alors répondre à l'échange, venant de la poche de la veste du héros, signalant que tout était bien reçu et qu'il avait ainsi le numéro de l'araignée.

« Voilà, comme ça on peut se parler nuit et jour ! »


Le plus dur était quand même à faire. Même s'ils s'appréciaient et qu'ils avaient confiance l'un dans l'autre, Johan était toujours touché par le groupe auquel elle appartenait. Désormais, il devait chercher un moyen de lui faire quitter la ligue.

Parler avec elle un peu tous les jours, et réussir à lui faire changer d'avis petit à petit était un bon départ pour réussir.

« Toi, pas un mot à la ligue et moi pas à un mot à U.A. ! »


Soudainement, Johan étira un plus grand sourire, avant de lancer un clin d’œil à la jeune femme. Il venait de penser à une petite chose, à une comparaison assez atypique qui concernait cette relation singulière.

« C'est un peu comme une relation cachée... C'est presque excitant. »


Cela ressemblait d'ailleurs aux histoires d'amour impossibles entre le prince d'un Royaume et une Princesse d'un royaume rival, incapables de se voir en public et devant forcément se rencontrer dans l'ombre, sans se faire remarquer.

Écrit et codé par Johan R. Grant




Oui, je suis fan de moi.
Merci Suisui ♥


Sinon, j'vous mange !
Tout cru !
Jeune membre de la ligue
avatar
fond des messages :
Messages : 44
Points : 179
Puissance : 2 245
Réputation : +20
Karma : -5
Voir le profil de l'utilisateur
44
179
2 245
+20
-5
MessageMer 24 Oct - 20:45
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant

Des papillons dans le ventre. Des rêves pleins l'esprit. Des étoiles pleins les yeux. Quelque chose en moi a fleuri, éclot si subitement que je m'émerveille moi-même devant mon statut délicat. Pour la toute première fois de ma vie, aux côtés de Johan, je me sens petite fleur et non pas mauvaise herbe. Peut-être qu'il y a vraiment quelque chose à sauver chez moi, et qu'il serait capable de ce miracle..? Peut-être qu'il serait capable de... me ramener sur la rive et me soustraire à la violence des flots déchaînés ? La confiance aveugle que je lui porte me pousse à y croire, me murmure que Johan pourrait être pour moi la représentation de ce qui s'apparente le plus à un Dieu. Un Dieu de bonté, et de courage. Un Dieu de miséricorde.

Le grognement qu'il glisse alors que je lui précise vouloir le protéger ne m'étonne en rien. Quoi que je puisse utiliser comme argument, Johan voudra toujours être le seul à arrêter les balles de son corps. Il veut réussir, sans la moindre once de perte, bien qu'il sache probablement au fond de lui que ce soit parfaitement impossible. Tout comme il est impossible que je reste de côté à sagement le regarder souffrir de la brûlure du feu des planches dans laquelle il veut se jeter. Peu importe ce qu'il dira, mon avis ne bougera jamais d'un iota : Johan est plus précieux que tout le reste, à mes yeux, et je ne laisserai jamais personne lui faire le moindre mal sous mon regard. La caresse qui s'attarde sur ma joue, de ce que mon corps ne peut pas s'empêcher de considérer d'une infinie douceur, renforce ma détermination à tout affronter pour lui. Ou plus précisément... Avec lui.

Non. Je peux me protéger, Suiren. Je m'occuperai de toi, que tu le veuilles ou non.

Un drôle de frisson me glisse le long de l'échine dorsale. Le ton de sa voix, ferme, manque de me faire couiner de délice. Malgré toute ma volonté à ne pas gâter de mes rêveries ce moment inoubliable, mon esprit vagabonde aux fantasmes qu'il crée toujours sans en avoir probablement la moindre idée. "Je m'occuperai de toi", n'est pas une phrase à me dire. Dans quel sens dit-il ça, d'ailleurs ? Les mots peuvent avoir tant de sens que tous me semblent être une armada de bonbons sucrés, aromatisés du goût de ses lèvres.

Et ce tourbillon de merveille ne cesse de prendre en puissance, en ampleur, alors que je m'évertue à sortir mon téléphone portable de mon décolleté pour pouvoir le lui tendre et lui proposer de garder le contact. Bien que mon regard soit logé bas, entre les deux monts de peau laiteuse, je sens sans mal ses yeux déposés sur moi. Je le sens, planter ses perles océaniques sur les courbes qui se soulèvent et s'abaissent à chaque respiration. Si seulement il pouvait me regarder jusqu'à la fin des temps..., est la pensée qui me donne envie de sourire. Sourire aux anges. Après tout, après ce qu'il s'est passé, je suis pleine de discrets espoirs, de souhaits silencieux.

M'étonnant au passage, l'étudiant attrape l'appareil vieillot que je lui tends. Ne cherchant visiblement pas à enregistrer mon numéro, ou inscrire le sien dans mes contacts, il choisit plutôt d'envoyer avec mon téléphone un message vers le sien. Cela dit, je ne m'en doute qu'en entendant vibrer le "jumeau" du flocon de neige dans la poche de sa veste. Au moins, ainsi nous avons bel et bien le numéro de l'autre. Un petit sourire étire mes lèvres, alors que je me dis qu'il a toujours les idées plus claires que moi, encore troublée par... par. La constatation, bien que douloureuse parce que me glissant que je ne suis qu'une néophyte en la matière face à l'étudiante pourtant plus jeune que moi, me donne malgré tout matière à croire encore d'avantage en ce "futur" que nous tissons fil après fil. Peu m'importe où il ira, du moment que nos chemins ne se séparent pas.

Voilà, comme ça on peut se parler nuit et jour !
Oui !

Même si loin d'être un véritable éclat de voix, puisque la mienne est toujours si basse et discrète dans l'optique de ne déranger personne, je teinte malgré tout ma brève réponse d'un ton enjoué, si ce n'est pas motivé. Pouvoir lui parler quand j'en ai envie... La pensée de lui laisser de l'air garde sa place dans mon esprit soucieux de toujours poser problème aux gens autour de moi, mais se voit légèrement écarté par celle de pouvoir faire le simple pas de lui envoyer un "bonne journée" la matin et/ou un "bonne nuit" le soir. Un peu naïvement, je garde la conviction que le lui dire pourrait potentiellement apporter une note positive à ces moments, et lui apporter la chance qui me manque quotidiennement. En récupérant mon téléphone, je presse celui-ci contre ma poitrine, mes deux mains repliées vers celle-ci comme s'il s'agissait à présent d'un trésor. Peut-être parce que pour moi c'est bel et bien le cas, étant le pont pouvant me mener à lui à tout instant, et lui offrant la réciproque.

Toi, pas un mot à la ligue et moi pas à un mot à U.A. !

Jamais. Jamais ô grand jamais. Sur l'instant, je ne pense pas le moins du monde à ma moitié de la situation. Ce qui m'importe, c'est que Johan, lui, ne se crée pas de problèmes à cause de moi ! Nos camps, opposés férocement, utiliseraient probablement des moyens drastiques pour s'assurer de notre retour dans le droit chemin. Alors mon esprit s'éclaire. Quel sort m'attend, s'ils l'apprennent..? Johan serait probablement virer de son école. Ou redressé "avec éducation", pour avoir pactisé avec un ennemi. Mais moi..? Et si j'en mourrais..? Je n'ai jamais eu peur de la mort. De la souffrance non plus. Mais mourir sous-entend ne plus avoir la moindre chance de pouvoir le voir, m'animer de son sourire. Et ça, je le refuse. Quoiqu'il advienne, personne ne doit savoir.

C'est un peu comme une relation cachée... C'est presque excitant.

Comme toujours, son sourire luit avec toute la force de sa tranquillité. Une tranquillité que j'aimerais beaucoup voir déteindre sur moi, qui vois encore toute la noirceur dans laquelle je pourrais l'entraîner si nous glissons de cet étroit chemin de montagne, en chemin vers le sommet de l'évolution. En retenant un profond soupir, je tâche de sourire en retour. Positive, Ren. Avec lui, tout n'ira que bien. Je veux me souvenir des bonnes choses, ne pas entacher de crainte les moments de pur bonheur, d'ivresse.

Je ferai attention. Je voudrais qu'on ait de bons souvenirs...

L'aveu, aussitôt échappé de mes lèvres, est trop lourd à porter. Mes lippes se pincent entre elles, et je soulève d'une main l'imposante masse de mes cheveux pour tenter de me dissimuler sous, derrière. De me cacher avec, dans les faits. Le moins il en verra du vif rouge de mes joues, le mieux je me sentirai. Parce que même si je l'aime à en mourir, je n'ai pas le courage de lui montrer ce genre de facette de mon caractère... particulier. De bons souvenirs, les cascades de mes pensées en créent chaque matin, chaque soir, mais ils ne sont pas aussi étourdissants que ceux que je vois naître lorsque nous passons du temps ensemble, dans notre précieuse bulle. Comme une bulle de savon, je crains que la toucher la fasse éclater, et que le monde se retourne contre nos silhouettes petites face au destin, mais m'évertue encore une fois à chasser l'appréhension en redescendant un peu mes cheveux. Suffisamment, en tout cas, pour pouvoir tourner le visage et observer la progression du soleil à l'horizon, partiellement dissimulé par l'arène des buildings.

Je... Je vais devoir rentrer.

Une tactique de fuite ? Peut-être, oui. Mais le plus gros du problème, c'est que plus le temps passe, plus être dehors devient dangereux. C'est laisser l'opportunité à une mauvaise situation de se présenter. Je voudrais vraiment rester, être avec lui jusqu'à ce que le soleil se couche pour compter les étoiles, la nuit étant mon domaine. Mais je ne suis pas la seule qui prend un risque, en étant ainsi en public. Surtout que les Vigilantes sont comme les cerfs et les biches : ils sortent quand le ciel vire à l'orange, me menaçant munis d'une notion de justice que j'applique moi-même, d'une certaine façon mais qui, de par l'aspect de mon corps, ne paraît pas être aussi "noble". Mes phalanges retournent le téléphone dans sa cachette alors que je m'extirpe au flot des pensées, et retourne le visage vers celui de mon bien-aimé, comme pour mémoriser les courbes de ses traits et pouvoir tenir le temps de notre séparation que je devine, le cœur lourd, être long.

Merci, Johan... Merci pour tout. Je n'oublierai jamais toute la gentillesse que tu me donnes...

Encore une fois, je crains que ce ne soit la dernière fois. Les mots glissent, à peine des murmures qu'il n'entend peut-être même pas, pour soulager le poids de ma dette. Si je suis née il y a vingt-cinq ans de ça, Johan m'a fait renaître aujourd'hui. Ma tête joue la scène : mon corps qui se soulève un peu, s'étire vers le sien, et mes lèvres qui rencontrent... sa joue. Mes sens se perdent sur l'imagination de la texture de sa peau, de sa douceur, de sa chaleur. Mais même ça, je n'en suis pas capable. Je ne peux pas le toucher, s'il ne vient pas le faire lui-même, j'aurais trop peur de briser quelque chose, de le décevoir. Alors je me contente de m'incliner, humblement, très bas, avant de repousser le sol des pattes pour me relever.  Mes pas m'éloignent un peu, avant que je ne me retourne vers le chemin gravillonneux serpentant dans le parc. Un regard par-dessus mon épaule, profitant de la posture pour dissimuler de mon mieux la lave ayant gagné mes pommettes, et je souris.

Je, hm... Je t'envoie un message dans la soirée, d'accord ?

J'attendrai d'être seule. Seule avec lui, d'une certaine façon. Et ce bien malgré l'écran et toute la désagréable distance qui nous séparera jusqu'à ce que je puisse le retrouver. J'ai déjà l'impression de mourir, de devoir le laisser, et préfère me jeter dans les bras de l'inéluctable en me mettant à courir vers la distance, creusant à nouveau de mon fait le fossé entre nous deux. Une fois suffisamment éloignée, je me glisse à l'ombre. Mes pas un peu instables, du fait des tremblements de mon corps peu habitué à l'euphorie, je glisse hors de ma robe mon téléphone et tapote jusqu'à parvenir à la conversation du message qu'il s'est envoyé à lui-même. Mes yeux s'écarquillent sur ledit message, avant que je ne revienne presser l'appareil contre ma poitrine, le berçant presque tout contre mon cœur.

Son petit cœur, sur l'écran mal-éclairé, et le mien, battant à tout rompre sous la couverture de ma cage thoracique.
notes ; 1952 mots


*winkwink*:
 
Contenu sponsorisé
Message
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Dread Knight pour chevaliers Gris
» Knight Of The Reliquary
» The Last Knight of Flanders
» Batman, The Dark Knight
» Qui a un croiseur d'attaque Grey Knight FW?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
My Hero Academia RPG :: Le monde de My Hero Academia :: Musutafu :: Zone commerciale-
Sauter vers: