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L'U.A. perd en vitesse ! Suite à l'attaque dans la forêt durant l'examen de la licence provisoire, le public commence à perdre confiance en la plus grande école des héros. En conséquence, un internat a été mis en place et la licence accordée aux élèves.

Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
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 Be my knight in a shining armor. || Feat. Johan R. Grant

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MessageLun 19 Fév - 11:34
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Mon souffle, ardent, s'écrase dans ma gorge. Les foulées sont pénibles, parce que trop rapides. Je passe çà et là, me faufilant de mon mieux pour essayer de semer mes poursuivants. Le vent me pousse les cheveux en plein visage et, une main tenant mon sac de courses en plastique, je balance l'autre (tirant donc l'autre avec malgré tout dans le procédé, parce que les menottes sont faites pour ça) pour repousser les mèches noires qui obstruent ma vue. Je les entends, derrière moi, me lancer de me rendre. Mais ça, c'est une énorme blague. Je n'ai littéralement rien fait qui mérite un tel comportement. Je ferme la mâchoire avec force, ma langue se retrouvant vite écrasée contre mes crocs. Simplement fuir ça n'a jamais été un vrai problème. J'ai huit pattes, je suis connue pour être relativement rapide. Mais là... Le volatile me passe au-dessus de la tête, et pique en flèche entre les bâtiments pour essayer de me saisir au passage. Faute de pouvoir faire quoi que ce soit de mieux, je bondis vers le côté et, remerciant mon alter, me perche sur un mur, à la verticale. Pourtant, en me fichant sur celui-ci, l'une de mes pattes se "tord". Et, après avoir tenté de ne pas m'arrêter, la douleur fini par me faire tomber. L'un au bout de la ruelle, l'autre à l'autre bout, je suis encerclée. Je m'agite, pattes en l'air, pour me relever. Et une fois ceci fait, je profite de leur satisfaction pour reprendre un peu mon souffle, alternant sans cesse de la tête d'un sens à l'autre pour garder les deux à l’œil. Foutu piaf...

---

Pour comprendre toute la colère que je ressens à cet instant précis, remontons un peu dans le temps. Environ une heure plus tôt, sous le Lotus Noir.

-en... Ren !

Un sursaut. Mes pensées se dispersent, comme un nuage de fumée fendu par le passage d'une main dans l'air. J'ouvre des yeux ronds en tournant la tête, cherchant à poser le regard sur la source de l'appel. Il me fait face. Assise au sol, je ne bouge pas de ma place alors qu'il se rapproche. Son expression lassée, pour ne pas dire blasée, me fait comprendre qu'il y a un hic quelque part, et que ça va être à moi de m'y coller. Je me retiens de soupirer, pour ne pas faire montre de mauvaise foi, et penche la tête sur le côté en espérant que l'air curieux suffira pour qu'il s'explique.

J'ai une course à faire mais j'ai pas envie qu'on m'voit trop souvent au centre commercial. Tu sais que ça pourrait faire suspect. T'peux y aller pour moi ?

Non.

Oui, bien sûr.

F■ck.

Merci t'es sympa ! Du coup, il me faudrait ça.

Il se rapproche encore. Ma safe-zone grimace. Je sais qu'il est important que j'ai des interactions sociales, au moins un minimum, avec les autres membres de la ligue. Nous sommes très "divisés", mais il paraît que nous devons malgré tout nous serrer les coudes de temps à autres. Je ne comprends pas le principe, mais je m'efforce de l'appliquer sans vraiment chercher plus loin. Avec ça, j'aurai le droit de dire "non" au prochain qui me demandera un service.

Eh. Attends c'est-...

Plus là. En baissant les yeux sur le bout de papier qu'il m'a donné avant de se sauver façon Batman, je parcours à nouveau en vitesse la liste de ses courses. Chips, pocky, bières... Je ferme les paupières, essayant de calmer le sourcil qui, sous la frustration, tressaute. Je vais le mettre en pièces. Je m'autorise un long et profond soupir, penchant mon buste humain pour redresser mes pattes et me lever. J'ai dit oui, je vais devoir faire avec. La prochaine fois, je lui confie d'aller m'acheter des petites culottes, on verra bien qui sera la quiche. Et c'est comme ça que, grâce soit rendue à ce crétin, je me suis retrouvée dans cette situation pour le moins déplaisante après être sortie du centre commercial, poursuivie par des veilleurs particulièrement persistants.

---

Maintenant, vous comprenez mieux ? Faut-il être complètement crétin pour envoyer une araignée faire votre shopping ? C'est sûr, je ne suis pas la discrétion incarnée, de jour. Je ne m'étonne pas spécialement d'avoir été reconnue. Et pourtant, le plus comique, c'est que je me suis tenue tranquille. Comme pratiquement toujours, d'ailleurs. Je balance encore la tête, en cherchant comment me sortir de ce pétrin. Finalement, ce sont des bruits de pas résonnant qui attirent l'attention de tout le monde. L'un des veilleurs ouvre la bouche, pour prévenir ce que nous pensons un civil de ne pas rester parce que la zone est dangereuse. Mais je le devance, avec beaucoup de admirable self-control.

Bonjour et bienvenue dans la chasse à l'araignée.
notes ; 852 mots


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MessageLun 19 Fév - 17:36
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Être étudiant en troisième année, ce n'était pas quelque chose de facile. Loin de là. Alors que les autres passaient leurs temps en cours, à écrire, écrire et écrire des cours à apprendre généralement le soir même, le cursus héroïque avait droit à quelque chose de totalement différent. Des stages, des stages, des stages. Là où les deux premières années étaient très portées sur le théorique, ceux qui approchaient de l'examen final passaient énormément de temps sur le terrain. À travailler avec d'autres héros, à tenter de se faire doucement un nom. Quelque chose qui était, en soit, plutôt logique. Comme ça, une fois le diplôme en poche, ils avaient déjà une certaine expérience. Un certain réseau, une certaine approche du travail. Comme un retour à la réalité, en comparaison de ce qu'on rêvait à l'origine du travail fantasmé de héros.

Et comme à son habitude, Johan était à moitié allongé sur une chaise, dans la base d'opération de Red Flag. Son tuteur de stage, qui tenait un petit groupe dans un endroit perdu de la ville. Un endroit qui, à l'origine, n'était que très peu la proie des vilains. C'était d'ailleurs pour ça que notre électrifié travaillait ici. Peu de travail, et donc de nombreuses possibilités de roupiller en paix. C'était plutôt agréable. De plus, les gens n'étaient pas très regardants, et ne se préoccupaient qu'assez peu de ce qu'il faisait. Enfin, les gens, cela ne concernait bien sûr pas le vieil homme qui tenait l'endroit qui cherchait à faire travailler Johan le plus possible. Non pas dans le but de simplement travailler, mais comme pour le réveiller. Lui redonner le goût de l'héroïsme, dans un sens.

Ce jour-là, il arriva finalement dans la petite salle qui servait de bureau au comique. Il rentra alors, dans sa tenue complète une pièce d'un rouge pétant, moulant sa musculature encore présente malgré son âge. Johan ouvrit finalement les yeux, posant son regard bleuté sur celui qui venait de le déranger durant sa sieste.

« Mmh... J'dois encore te suivre ? La randonnée, c'pas mon truc... »


Ce dont parlait le jeune homme était, bien sûr, des fameuses rondes qu'effectuaient les héros. Outre permettre de repérer d'éventuels vilains, cela permettait à la population de se sentir en sécurité, en voyant les différents héros se balader à travers les ruelles, toujours prêts à s'attaquer à celui qui tentera de s'en prendre à quelqu'un. De la dissuasion, grossièrement. Mais pour Johan, c'était bien trop ennuyeux. Marcher non-stop, devoir sourire aux gens, les saluer. Signer des autographes de gamins qui font ça plus pour suivre la mode, sans même connaître votre nom.

On sait jamais, si un jour le gars en question devenait célèbre.

« Non, j'y vais seul. Toi, j'ai un autre travail. »


***

Une heure plus tard.

Johan marchait, à travers des ruelles sombres. La mission que lui avait donné Red Flag était plutôt simple et malheureusement, notre jeune ami ne pouvait refuser. Depuis peu, outre la Ligue des Vilains, un autre groupe commença à faire parler de lui. Nommés les Vengeurs, ces derniers étaient des Vigilantes. Grossièrement, des personnes qui se la jouaient héros, sans licences. Oh, certes. Pour la plupart, leurs intentions étaient louables, arrêtant des vilains pour les donner à la justice. Mais d'autres tuaient. D'autres abusaient de leurs pouvoirs. Bref, malgré tout, ils étaient eux aussi considérés comme des hors-la-loi.

Et des gens semblaient en avoir vu deux qui avaient pris une jeune femme en chasse. Était-ce une vilaine ? Potentiellement. Mais même si cette dernière n'était pas du bon côté de la loi, cela n'excusait en rien l'attitude des Vigilantes.

Par conséquent, quelqu'un se devait de les arrêter.

Et malheureusement, la tâche revenait à Johan. Bordel... Deux hommes pour le prix d'un. Ce n'était pas vraiment sa tasse de thé, et il n'était pas réellement motivé pour un combat, alors il comptait faire vite. Quitte à se battre à son réel niveau, histoire d'en finir une bonne fois pour toute.

S'étirant doucement, il arriva alors dans la ruelle concernée. Seuls ses pas, lourds, résonnaient à travers l'endroit. Son regard bleuté était posé sur les trois personnes présentes : un espèce d'homme piaf, au bec élancé, et aux ailes blanches. Un homme recouvert d'écailles, d'un vert sombre, qui se confondait presque avec les ombres de la ruelle. Et enfin, celle qui semblait être la victime. Une jeune femme, qui, comme spécificité, avait le bas du corps d'une araignée. Un buste, relativement agréable à regarder d'ailleurs, de femme, et enfin les pattes, le reste. C'était étrange, à observer. Pas désagréable, néanmoins !

Johan n'était pas du genre à juger quelqu'un sur son physique. Après tout, c'était lui-même un géant, au japon. Deux mètres. Une chevelure blanche. Un sourire présent, grand, presque moqueur. Il était tout aussi différent. Ainsi, ce n'était pas de la peur ou du dégoût qui se lisait dans ses yeux. Simplement de la curiosité. Et une idée lui vint : et si ces deux abrutis s'étaient attaqués à elle seulement à cause de son apparence ? Après tout, elle ne semblait rien avoir fait de mal. Aucune annonce d'un vol, d'un braquage. Elle ne semblait pas être dans les registres, sinon il le saurait. Elle n'avait qu'un sac en plastique entre les mains, sûrement des courses. Elle était même menottée. Surement à cause d'eux.

Ah, bordel. Et ça jugeait encore avec l'apparence ?

La première personne à prendre la parole était la victime, qui lui lança un bienvenu à une chasse particulière. Celle de l'araignée. C'était une phrase ironique, qui arracha un léger rire à l'apprenti héros.

« Bon, vous deux. » Dit-il, en portant son attention sur les Vigilantes. « Vous allez me suivre, bien gentiment, et laisser cette jeune femme tranquille. »


Comme pour montrer qu'il ne disait pas ça à la légère, le corps entier du comique se mit à trembloter, et des gerbes de foudres semblaient s'échapper légèrement de son être. Grognant un peu, il n'était pas particulièrement de bonne humeur. Il avait envie de dormir, et pas de s'occuper de deux connards qui jugeaient quelqu'un à cause d'une mutation génétique. Son œil droit, normalement blanc sur bleu, commença à noircir. Comme s'il disparaissait, avant que son iris ne brille d'un bleu encore plus éclatant. Une espèce de fumée s'échappait même de son orbite.

Il était totalement sérieux.

« Sinon, vous allez passer un mauvais moment. »


Ne s'étant pas réellement présenté à l'origine, les deux Vigilantes pensaient sûrement qu'il était un complice de la jeune femme. Le reptile s'élança alors rapidement en direction de Johan, qui claqua des doigts. Derrière lui, de l'électricité commença à s'amasser, avant de prendre la forme d'un énorme crâne semblable à celui d'une bête. De la même manière que son créateur, la "chose" de foudre avait un œil allumé. S'arrêtant brusquement à la vue de la créature, il fut alors surpris par le rayon pur de l'élément manié par Johan, qui s'échappa du crâne pour venir le frapper de plein fouet. L'électricité éclaira quelques secondes la ruelle, avant de s'éteindre, le reptile tombant au sol, tremblotant.

Non, Johan ne rigolait pas.

L'oiseau, de son côté, décida d'agir. Comprenant qu'il n'avait aucune chance face à l'électrifié, il vint récupérer son compagnon, avant de partir rapidement. Johan ne chercha même pas à les poursuivre. C'était inutile. Après tout, la victime était sauvée, et c'était le principal.

Le crâne commençant à se désagréger, notre protagoniste poussa un soupire de soulagement, son propre œil s'éteignant pour reprendre sa couleur initiale. Lentement, il se dirigea alors vers la femme araignée.


« Vous allez bien, mademoiselle ? Je suis Johan. Apprenti héros, à U.A. »


Il lui parlait comme à n'importe qui d'autre. Nullement gêné par sa grande taille, par cette apparence particulière, notre protagoniste avait la tête levée, pour observer la belle droit dans les yeux. Sur ses lèvres, son sourire. Grand, sincère, réconfortant. Il se présentait, histoire de ne pas l'effrayer... Sans même se rendre compte qu'il parlait à une membre de la ligue.

Écrit et codé par Johan R. Grant
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MessageMer 21 Fév - 8:35
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Faut-il être une sorte de martyre de fortune pour que les cieux vous envoie un ange ? Mes yeux se posent sur le "nouveau joueur". Dans ma tête, j'ai le "tig" du multijoueur qui résonne. Quelle... Flegme. Le mot correspond bien. Il avance, se glisse dans la ruelle comme s'il n'y avait jamais eu qui que ce soit de vraiment important dedans. Je le regarde. Les Vigilantes aussi. Mon cœur saute un battement. Je crois que les Vigilantes s'en moquent. Je suis plutôt loin, mais il est définitivement grand. Et j'aperçois facilement ses cheveux, blancs, malgré la distance. Un bonhomme de neige grandeur nature ? Ren, c'est pas vraiment le moment de rire, me lancé-je mentalement. Finalement, le silence s'achève, cette mauvaise tension de chasse, et ses mots ricochent entre les murs, lancés à l'attention de mes poursuivants.

Bon, vous deux. Vous allez me suivre, bien gentiment, et laisser cette jeune femme tranquille.

Jeune femme..? J'ai envie de regarder autour, ce que je fais d'ailleurs avec autant de discrétion que possible. Mais à part les vigilantes, lui, et puis moi, il n'y a absolument personne. La jeune femme, c'est moi ? Encore un battement qui saute. Je baisse la tête, préoccupée, et observe cette forte poitrine qui se soulève, frénétiquement, sous une palpitation vive. Autant dire que mon cerveau a entendu quelque chose comme "cette belle femme". Et puis c'est le cataclysme. Ou quelque chose qui s'en rapproche. Son corps "brille". Ou, plus exactement, s'allume. Je ne suis pas sûre de pouvoir le décrire parfaitement, principalement parce que ce phénomène m'hypnose un moment. Comme un prince en armure, il apporte la lumière. Une lumière crépitante comme les néons des rues basses, tard le soir. De ma position, j'aperçois la lumière naissant dans son œil, et mon cœur se serre encore et encore. Ne pas défaillir, ne pas défaillir. Et puis, avec les notes de sa voix revenant à la charge, la vérité me claque au visage. Il vient me sauver.

Sinon, vous allez passer un mauvais moment.

Clac. Ses doigts produisent ce son, un son que je ne sais même pas faire d'ailleurs, alors que le reptile se jette sur lui. Un crâne, imposant, répond à cette charge par une autre avant que la Vigilante à l'alter de serpent ne récolte les fruits de sa bêtise face à mon prince : un rayon d'un bleu vibrant, si éclatant dans la ruelle que celle-ci s'illumine. J'hésite entre fermer les yeux ou les garder ouverts, n'appréciant que peu tant de lumière, et finalement j'abandonne, baissant le rideau de mes paupières pour protéger ma rétine sensible. Une fois que la lumière semble s'être dissipée, je rouvre les yeux, et trouve le reptile étendu sur le sol, visiblement choqué si ce n'est blessé. Je pourrais m'en plaindre, mais en réalité ça m'arrange bien d'en voir déjà un hors-service, après qu'ils m'aient poursuivie sans la moindre raison valable.

L'oiseau, bientôt, vient attraper son partenaire pour se sauver, ne laissant plus que le son de battements d'ailes s'écrasant dans la ruelle jusqu'à disparaître. Et je me retrouve seule à seul avec lui. Le crâne lumineux disparaît, progressivement, mais mes yeux restent accrochés à cette image comme à un rêve. Il m'a sauvé. Il n'a pas demandé, il m'a simplement sauvé. Je sens mon cœur s'emballer à nouveau alors qu'il se rapproche, ce sourire cruel aux lèvres. Cruel de tant de bonté à mon égard, cherchant à me rassurer. Et puis c'est la chute. Hissée sur un petit nuage, il fallait bien que je retombe un jour.

Vous allez bien, mademoiselle ? Je suis Johan. Apprenti héro, à U.A.

Aïe. Un apprenti héro. Un héro en devenir. Ma tête refuse d'accepter, et préfère oublier clairement ce passage de la phrase, faisant tourner en boucle son prénom entre mes pensées jusqu'à ce que celles-là ne fassent plus rien d'autre que l'appeler à l'infini. Voilà qui est bien mieux. Mon prince s'appelle donc Johan. Je me contiens de mon mieux de sourire, de sourire aux anges qui me l'ont envoyé, contenant par la même occasion ces larmes de bonheur. Enfin, quelqu'un me voit. Enfin, quelqu'un qui ne s'enfuit pas. Je ne suis plus seule, je veux rester avec lui. C'est un coup de foudre, comme disent les français, une expression parfaitement adaptée à la situation et qui me permet donc de faire cette mauvaise blague. En bredouillant un peu, troublée, je remonte les mains (comprenant donc également mon sac de courses) pour remettre en place une longue mèche noire derrière mon oreille, m'éclairant la gorge d'un léger grognement.

Je... Hrm. Je m'appelle Suiren. Je suis membre de la ligue...

Ma voix s'efface au fil des mots, comme si je murmurais pour moi-même, alors que j'espère de tout cœur qu'il n'est pas entendu. Courage, mon cœur, ne meurt pas maintenant ! Je pourrais lui mentir, mais on ne ment pas à un prince. Alors je préfère simplement le dire, l'avoir dit, mais qu'il n'entende pas. Ce sera mon excuse. Je le regarde, fixée, les yeux rivés sur lui comme sur un phare au milieu de la nuit. Il ne brille plus à proprement parler, mais pour moi il reste ce prince au charisme scandaleux. Mon prince. Cachant un peu ma gêne en baissant légèrement la tête, mes cheveux glissant par-dessus mon épaule, je cherche mes mots, comment le remercier. Je n'ai rien d'autre sous la main que mon sac de courses. Comment je vais faire pour le retenir ? Je veux qu'il reste, encore un peu, juste un petit peu... Avec lui dans les parages, je me sens en sécurité. Subitement, le monde a plus de couleurs, comme s'il avait jeté un arc-en-ciel. L'embarras ne me fera pas reculer, je veux ce monde-là, un monde qui, je le sais, ne sera plus si doucement coloré s'il n'est plus auprès de moi. Faute de mieux, je relève la tête, cachant de mon mieux ma timidité, et avance les mains, lui tendant mon sac de courses en me penchant légèrement.

Je te remercie du sauvetage... E-Et pour te remercier, tu peux prendre ce que tu veux là-dedans !

En réalité ce sac est plein de bêtises, de petites cochonneries. Je crois qu'il y a des bonbons dans le fond. Je ne me souviens plus très bien, en fait. J'ai peut-être un peu débordé de la liste initiale, histoire d'avoir du stock, de l'avance. Mais au moins, ça sert ! Je fini par m'asseoir, pas gênée de cette action très particulière puisque mes pattes se replient légèrement, et le regarde à mon tour en levant la tête.

Les apprentis héros doivent avoir un planning chargé, mais tu veux bien rester un peu avec moi ? Je suis encore un peu secouée. Par toi, se dit mon esprit. Et puis ça te fera une pause.

Que c'est triste l'amour. Que c'est beau, l'amour. Reste, reste, reste. Mentalement je prie déjà pour que ce moment ne s'arrête pas comme il a démarré : sans prévenir. J'ai envie de discuter avec lui, avec "toi". Apprendre à te connaître, prince du prénom de Johan, et aimer tout ce que j'apprendrai. J'ai envie de t'aimer, sans retenue, parce que mon cœur chante tes louanges, et que j'aimerais que tout cet amour te serve de vraie récompense, la récompense pour m'avoir électriser bien plus fort encore que ce fichu reptile de mes ovaires. Un jour j'irai certainement les remercier, ces deux-là, pour m'avoir fait rencontrer ce jeune-homme. Je lui souris, discrètement, un tout petit sourire timide, en reprenant.

Je veux bien être ton excuse pour te poser cinq minutes.

Te. Poser. Pourquoi pas plus que cinq minutes ? Et pourquoi pas pour toujours, en fait ? Mon cœur s'emballe encore, c'est la panique dans le système. Je rêvasse, en le regardant. En te regardant. Oui, se poser c'est une bonne idée. Je contemple les pensées qui forment des chaînes entre elles, et me laissent avec tout pleins de belles idées, trop d'idées peut-être pour qu'une seule se réalise un jour. Mais ça me va, de rêver. Au moins, je peux rêver de toi. Et dans mes rêves, c'est déjà différent, tu n'es pas un héro : tu es un prince. Je me contenterai d'aussi peu, simplement de ta présence, parce que j'ai conscience de nos statuts respectifs. Je ferme les yeux un court instant, un peu blessée par cette autre vérité qui me gifle. Je ne te connais pas, mais je sais que tu es un héro. Et que moi, je suis une vilaine de la ligue. Et puis mes pensées reprennent vie. C'est comme si tu étais Roméo, et que j'étais Juliette.

Enfin, tu es libre de partir si tu veux.

Je parle trop, je le remarque. Je baisse à nouveau la tête, fixant mon sac de courses en me demandant si je devrais me taire. C'est probablement le cas. Restant assise sur le sol, au beau milieu de la ruelle (ce qui, soit dit en passant n'est pas un comportement à reproduire, les enfants), je fini par poser mon sac et en sortir une bouteille d'eau. Mieux vaut pour moi éviter la bière et les bonbons, je risquerais de rentrer en titubant aussi bien pour l'un que pour l'autre. En l'ouvrant, je bois une série de gorgées rapides, en faisant de mon mieux pour ne pas être bruyante puisque ce serait très inélégant. Finalement, en refermant ma bouteille, je soupire longuement.

Désolée... Je parle pas tant d'habitude, du coup je sais pas quoi dire. Et puis ça m'intimide un peu, d'être face à un futur héro. Surtout que tu as l'air d'être plutôt fort.

Plutôt fort, c'est visiblement peu dire. Mais je n'ai pas à m'inquiéter à l'idée de devoir lui taper dessus, parce que je ne le ferai jamais. Même ma situation de vilaine ne m'y poussera pas. Après tout, je lui dois ma vie. N'importe quelle nana verrait ça comme une atrocité. "Oh, non, je lui dois de m'avoir sauvé !". Mais moi, ça me va. L'idée de lui être redevable me plaît même assez, en réalité. Parce que, grâce à ça, je pourrais prétendre vouloir rembourser pour le revoir. Ou en tout cas, je l'espère.
notes ; 1818 mots


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MessageMer 21 Fév - 16:24
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Ce n'était pas tous les jours que Johan en venait à sauver quelqu'un. Généralement, notre jeune ami esquivait ce genre de choses. Mais le voilà aux côtés d'une jeune femme, après avoir fait fuir ses assaillants. Rah, déjà que les vilains étaient une plaie, voilà que des Vigilantes s'attaquaient à des innocents ! Rien qu'à cette idée, l'homme poussa un léger soupire silencieux. L'endroit était tranquille. C'était son putain de havre de paix. Il devait à tout prix le faire rester ainsi. Où pioncerait-il si même ce petit coin tranquille finissait par être le centre de petites affaires louches comme celle-ci ? Il serait appelé. Encore et encore. Putain ce n'était clairement pas ce dont l'électrifié avant envie. Une fin à son petit train-train quotidien, franchement !

Enfin, revenons-en à ce fameux sauvetage. Johan était là, debout, du haut de ses deux mètres. Les deux océans formant ses yeux étaient posés sur la jeune femme-araignée, observant la belle de haut en bas. Il observait, analysait. Néanmoins, on ne sentait aucun dégoût à travers ses yeux, aucun rejet. Juste une curiosité. Il n'était pas rare de voir des gens touchés par les alters jusqu'à leurs physiques, de manière permanente. Quelqu'un de sa classe, par exemple, avait quelques attributs du hibou. Mais c'était bien plus léger que l'apparence de cette étrangère.

Un buste de femme. Un abdomen d'araignée. Elle avait ses longues pattes, fines. Ce corps étrange, mais à la fois... attirant. Attirant dans le sens où c'était plutôt unique, différent. Elle était si singulière, en comparaison des autres. Ça lui donnait ce petit quelque chose qui, dans le cas du comique, lui donnait envie de discuter avec d'elle. D'apprendre un peu à la connaître.

Surtout que sa vie ne devait pas être facile ainsi.

Il se souvenait des insultes. Des remarques. À propos de ses parents. Premier enfant à posséder cette capacité dans une famille dépourvue d'alters, Johan avait vécu un début d'enfance plutôt compliqué. Combien de gamins avait-il passé à tabac suite à des mauvaises remarques sur sa mère, sur son père, sur sa famille ? Certes, à la différence des 20 % sans mutation, il n'était jamais directement visé par ses mots. Surtout au vu de son alter, lié à la foudre, un élément relativement rare.

Mais insulter ses géniteurs revenait à quelque chose d'encore plus grave.

Légèrement perdu dans ses pensées, il ne fit ainsi pas réellement attention aux mots qui suivirent le prénom de la demoiselle. Qu'elle était membre de... quelque chose. Il n'avait aucune idée de sa réelle appartenance, de son lien avec ce groupuscule d'individus dont le principal but était d'abattre le symbole de la justice. N'en tenant guère compte, et ne se voyant pas demander à une victime sûrement encore sous le choc de se répéter, il préféra passer outre. Car oui, pour lui, ce petit côté étrange dans sa manière de faire venait simplement de l'attaque. Pas de ce sentiment si brut et violent qu'est l'amour, et qui agressait actuellement son corps, son être, ses sens.

Comment pouvait-on ressentir ce genre de choses pour le fainéant qu'il était ? L'amour. L'électrifié n'y pensait pas réellement. L'homme avait quelques coups d'un soir, quelques amis avec "des petits plus", comme certains aiment les appeler. Des "bénéfices". Mais des sentiments, ça, il n'en avait pas réellement. La plus proche de ce genre de choses serait, éventuellement, sa proche amie. Celle qui était à l'origine de son identité de Joker. Johan ne voulait pas qu'elle souffre, qu'elle ait du mal. Et à chaque fois qu'ils couchaient ensemble, généralement de manière bref, brutale, presque animal, il avait cette chose au creux de son être. De l'amour ? De la possessivité ? Non. C'était sombre. Toxique. Il détestait cette sensation, tout en l'appréciant.

Pour le remercier, elle lui présenta son sac de courses, tout en lui expliquant qu'il pouvait prendre ce qu'il désirait à l'intérieur. Intention louable, et ne désirant pas réellement la vexer en refusant par politesse, il s'approcha doucement de la belle.

« Oh, c'est gentil. Merci. »


Il glissa alors ses doigts dans le sac de plastique pour en retirer un petit bonbon. Quitte à prendre quelque chose, autant que ça ne soit pas trop gros. Laissant son dos se poser contre un mur, il lança simplement la petite douceur sucrée dans sa bouche, pour l'avaler en quelques secondes, non sans pousser un léger soupir de contentement. C'était toujours agréable, surtout après avoir utilisé autant d'électricité d'un coup. Ses doigts en tremblotaient légèrement ! Le revers de la médaille de faire circuler ce dangereux élément dans son corps.

Puis, elle lui demanda de rester un peu. Qu'elle était secouée, que ça lui ferait une pause. C'est à ce moment précis qu'il commença à doucement comprendre cet intérêt qu'elle avait pour sa personne. Elle était... attirée ? Il la voyait réagir, parler, être. C'était étrange, et nouveau. Surtout que c'était la toute première fois qu'ils se rencontraient. C'en était presque mignon, en fait. Comme une petite amourette de maternel, ou quelque chose du genre. En tout cas, il n'en tint pas réellement compte. Si c'était le cas, il espérait juste ne pas lui faire du mal sans même s'en rendre compte.

S'il voulait être un héros, il devait se tenir au moins à ça.

« Pas de problèmes, je ne suis pas pressé de toute manière. »


Alors qu'il était, de son côté, dans un calme absolu, comme à son habitude, elle semblait se perdre dans ses mots. Elle se répétait, parlait rapidement. Il en étira un léger sourire, attendri, avant de hausser les épaules lorsqu'elle vint à s'excuser. Qu'elle était intimidée, qu'il n'était pas obligé de rester.

« Fort ? Pas tant que ça. Je suis juste en troisième année. »


S'il était fort ? Depuis son affrontement face à All Might, il n'y croyait plus réellement. Il s'était frotté à un mur infranchissable. Alors qu'il pensait être une montagne, il fut brisé. Johan n'était en rien une muraille. Ce n'était qu'un simple rebord, que certains arrivaient à enjamber d'un simple mouvement. Il a été vaincu. Il a tout essayé, mais au final, rien ne marcha face au numéro un.

Il n'était pas fort. C'était juste un nul un peu meilleur que d'autres.

« Ne t'inquiète pas ! De toute manière, je dois bien... rassurer la pauvre victime, c'est mon futur job ! »


Il lança ses quelques mots tout en offrant à la belle un petit clin d’œil espiègle et complice, comme si ce secret n'appartenait qu'à eux deux. C'était une excuse, mais en même temps, c'était aussi réel. Un héros, c'était certes un combattant, mais aussi cette figure de proue à laquelle les civils peuvent se raccrocher. Ils étaient là durant et après la bataille. On se souvenait plus du sourire et de la bonne humeur d'All Might que de sa force gargantuesque, et ce n'était pas pour rien.

Tout en regardant la jeune femme, il dégaina son téléphone de sa poche. Il commença alors à tapoter un message, qu'il répéta lentement à voix haute, sans même s'en rendre compte. "Travail terminé" - "Fuite des vigilantes" - "Réconfort de la victime". Au même moment où il pressa la touche envoyer, Johan poussa un nouveau soupir de contentement. Le travail était terminé, et le voilà, seul, avec une agréable jeune femme, pour passer un peu de temps.

Woh, cette phrase en était presque... Louche.

Mais non, voyons. Il n'était pas du genre à gratuitement profiter d'une jeune femme ! Surtout par simple prétexte qu'il l'avait sauvé.

Il s'approcha alors doucement de la belle, avant de s'asseoir au sol, devant elle. S'étirant doucement, son regard bleuté était toujours porté sur elle.

« J'imagine que ça ne doit pas être la première fois qu'on t'attaque à cause de ça, hein ? » Disait-il, tout en observant la patte.


Sous-entendu, à cause de son apparence. Car pour lui, ce n'était pas une tentative d'attaque sur un membre de la ligue. Mais juste un coup du sort, envers une personne dont l'apparence était différente. Son sourire était légèrement effacé. Toujours présent, certes, mais comme vide d'émotion. C'était très difficile à expliquer, en réalité.

Lentement, comme pour ne pas la brusquer, il glissa alors ses doigts contre l'une des pattes de l'araignée. Il la caressa légèrement, avec douceur, sans même savoir si c'était quelque chose d'intime ou non. Après tout, Johan n'était pas un très grand connaisseur des sentiments et relations humaines, et ce n'était pas, dans sa petite tête, un acte réellement répréhensible, ou particulièrement intime.

« Les gens sont cons. S'attaquer à quelqu'un pour son apparence... Le monde a beau grandir et vieillir, il est toujours aussi con. »


Finalement, il s'arrêta plus sur le visage de Suiren. Comme pour s'en rappeler, noter chacun de ses détails. Et là, un point vint le frapper en plein visage : son âge.

Oh merde, elle était... plus vieille que lui. Oh, pas non plus de dix ans, il en était sûr. Mais elle l'était tout de même un minimum. Sur le coup, il écarquilla les yeux avant de se gratter nerveusement le derrière de la tête. Après tout, au japon, la relation entre deux personnes à l'âge différent était assez singulière, en comparaison des autres pays. Un espèce de respect, toujours inculqué aux jeunes générations, par rapport à l'aîné.

Il retira alors subitement sa main de sa patte, comprenant du même coup la portée de son action.

« Ehm, ah, désolé ! Je ne devrai peut-être pas parler ainsi à quelqu'un de plus âgé. Désolé. »


Quel con. En voilà un beau, de héros. Se relevant doucement, il tapota ses jambes et ses fesses pour faire partir le peu de poussière présente, avant de s'étirer dans un bâillement silencieux. Le regard bleuté de l'électrifié passa alors sur les mains tenant le sac, et plus précisément les menottes. Oh. Surement celles des Vigilantes. Merde, il avait oublié ça, lui aussi !

D'un pas, il s'approcha très près de l'araignée, en observant les liens qui maintenaient ses deux mains.

« Laisse-moi te retirer ça, tu veux ? Ça sera plus simple. »


L'homme n'avait aucune connaissance d'à quoi servaient réellement ces menottes. Qu'elles appartenaient à la jeune femme, et qu'elles étaient là pour l'empêcher de faire du mal.

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MessageDim 25 Fév - 11:46
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
En ce bas monde, il y a bien peu de choses auxquelles je sois véritablement attachée. Ce n'est pas que je sois dénuée d'amour, mais plutôt que celui-ci est trop grand pour que je l'offre à tout un chacun. Je sais que, de par la nature de mon Alter, je suis "différente". Je ne suis pas "belle", malgré toute la force du désir qui m'anime de l'être aux yeux d'une personne importante. En premier lieu il y avait lui, encore dans son lit d’hôpital, auquel je rendais visite dès que je le pouvais, aussi discrète qu'une ombre. Maintenant, il y avait... lui. Je ne cherche pas à m'expliquer cette attirance, je veux seulement la préserver, la couver. Quelqu'un n'a pas peur de moi. Quelqu'un me voit "autrement". Je l'écoute marmonner à voix haute ce qu'il tapote sur le téléphone portable qui a extirpé de sa poche, et souris timidement. Le mot victime ne me dérange pas. Le mot réconfort me chante aux oreilles. Je baisse un peu la tête, pour cacher ma gêne. Merci. Mon cœur se perd dans de douces sérénades, à l'idée que quelqu'un accepte de bien vouloir passer un peu de temps avec moi. Ses yeux, bientôt, se posent sur l'une de mes pattes. J'attrape son regard au vol, comme une étoile filante, et m'y accroche comme avec la force du désespoir. J'aimerais qu'il me regarde dans les yeux, qu'il ne voit pas "ça". Mais "ça", c'est moi. C'est moi depuis ce qui me semble être une éternité maintenant.  

J'imagine que ça ne doit pas être la première fois qu'on t'attaque à cause de ça, hein ?

Je secoue la tête de droite à gauche lentement. Il a raison et tord à la fois. En effet, ce n'est pas la première fois, mais certainement pas pour les raisons auxquelles il pense. En règle générale, les gens sont trop effrayés pour me faire le moindre mal. Ils s'enfuient à mon arrivée, murmurent à mon passage. Ceux qui me veulent le plus de mal, ce sont les héros, les vigilantes. Et les enfants. Je ferme les yeux un instant, en me rappelant les enfants. Il en a toujours été ainsi. Ils m'ont toujours lancé des pierres, j'ai fini par en prendre l'habitude. C'est parce que je suis comme ça, alors c'est de ma faute.

Une sensation de touché me fait rouvrir les yeux, quelque peu écarquillés par la surprise. Sa main glisse sur l'une de mes jambes, la caresse, et mon monde se renverse à nouveau. Mon cœur frappe à grands coups dans ma poitrine, comme s'il cherchait à s'en échapper pour voir sa bonté de plus près, pour se brûler contre le Soleil. Avec lui, je veux bien être Icare. Le rose me monte aux joues. A t-il seulement conscience du fait que, rapporter à un corps humain, il est techniquement en train de caresser ma "jambe"...? Je n'en dis pas mot, et j'apprécie ce qui ne m'est jamais arrivé auparavant. Une caresse. Un peu d'amour, un peu de gentillesse. Quelque chose de doux, qui laisse rêveur.

Les gens sont cons. S'attaquer à quelqu'un pour son apparence... Le monde a beau grandir et vieillir, il est toujours aussi con.

Je sens que ses yeux se sont posés sur mon visage, mais j'ai bien du mal à ne pas regarder sur le côté. A présent, sa présence écrase la mienne, mais je m'y laisse docilement faire. Ça me va comme ça. Lui me voit, lui cherche à me voir. Je tourne légèrement le regard vers lui, mes yeux au rouge inquiétant malgré moi cherchant la vérité dans ses yeux à la couleur du ciel. J'ai l'impression de m'être éprise d'un acteur, d'un joueur d'apparence, toujours au-devant de la scène. Il brille autant qu'eux. Mais lui ne joue pas, il rayonne en toute simplicité. Je vais me brûler les ailes, les pattes en l’occurrence, mais je veux baigner encore dans cette lumière-là, jusqu'à ce qu'elle me consume et qu'il ne reste plus rien de moi. Je détourne à nouveau le regard, gênée par ma propre pensée. Y aura t-il un jour la moindre chance pour qu'il..? Sa main se recule, et ce bref instant prend fin. Surprise, je retourne la tête et le regard sur lui, et me retrouve face à une sorte d'expression embêtée, alors qu'il se gratte l'arrière de la tête.

Ehm, ah, désolé ! Je ne devrai peut-être pas parler ainsi à quelqu'un de plus âgé. Désolé.

Aïe. Puissante poker face. Je parais si vieille que ça ? Je ne suis pas jolie, alors..? Mon cœur se serre, et je me mets à regarder le sol comme si je pouvais y trouver un moyen de remonter le temps et de me retrouver à son âge, un âge que j'ignore pourtant. Je n'ai pas envie qu'il me parle avec ce respect que les cadets doivent aux aînés. Il peut bien me parler comme il veut, je mangerai chacun de ses mots. Je n'ai pas envie que cette maudite différence d'âge nous sépare. Nous éloigne l'un de l'autre encore plus que la simple "différence". Il se relève, s'époussette, et je glisse un discret soupir. Il ne va pas rester, n'est-ce pas ? Il baille, sans retenue, et je reprends de sourire un instant. Il est simple. Il est bien comme ça. Ses yeux descendent sur mes menottes, et je fini par les accompagner avec curiosité. Le sac de courses encore entre les mains, c'est vrai que j'avais oublié qu'elles pouvaient prêter à confusion. Il se rapproche. Très. Trop. Je reprends de rougir malgré moi. Maîtrise-toi, Ren !, me hurle mes pensées. Mais face au tambour de mon cœur, c'est tellement dur. Les rêves, les fantasmes, se font à nouveau nombreux, avant que sa voix ne m'en extirpe à nouveau.

Laisse-moi te retirer ça, tu veux ? Ça sera plus simple.

Me les retirer..? Mes yeux restent figés un moment sur lui, étant remonter pour chercher à nouveau à savoir s'il est sérieux. Il l'est. Mais je veux en être tout-à-fait certaine. Est-ce que ce serait mieux, si j'avais les mains libres ? Est-ce que j'aurais l'air plus normale, comme ça ? Je me questionne. Une partie me lance à la figure que, pour quelqu'un comme moi, être normale est purement impossible. Mais, pour une fois, j'ai envie de m'en rapprocher. Je le fixe, d'un regard hésitant, avant de prendre une profonde respiration pour m'encourager. Je penche légèrement le buste, pour poser mon sac sur le côté, et puis ramène mes mains vers moi. Je tire un peu sur le décolleté de ma robe, en tentant de ne pas lui en montrer plus que de raison dans le procédé, et farfouille dedans. Téléphone. Je l'attrape pour qu'il ne me gêne pas et le coince entre mes lèvres, avant de reprendre de chercher. Finalement, dans le fond de mon soutien-gorge, j'attrape la clé. Je la sors de là, en relevant un peu les bras, et appuie mes mains quelques secondes contre ma poitrine pour qu'elle ne rebondisse pas du geste. Mon cœur bat toujours si fort, me gênant à l'idée qu'il puisse l'entendre. Je coince la clé dans la paume de ma main, délivre mon téléphone d'entre mes lèvres et le remet à sa place.

Un moment, je regarde la clé entre mes mains. Petite, si banale, elle est pourtant si importante pour moi. J'ai décidé de restreindre mes mouvements, réduire drastiquement mon champ d'action, depuis ce désastre. Depuis que j'ai manqué de le tuer. Je ferme à nouveau les yeux, pensive. Peut-être qu'il est temps d'avancer. Je tords légèrement mes mains, grimaçant le plus discrètement possible, pour ouvrir le verrou. Mes menottes tombent au sol, le son fait écho et pourlèche mon âme. Je suis... Libre ?

... Aujourd'hui... Aujourd'hui c'est la dernière fois que je les retire.

Pour une fois, j'ai le cœur léger de l'avoir fait. Je relève le regard vers le héro en devenir, un regard éclairé. J'ai trouvé quelque chose d'unique. Avec retenue, je lève une main et effleure l'une de ses joues, pinçant mes lèvres entre elles pour garder toute ma détermination. Une fois que ma main recule, l'autre s'avance et lui tend la clé. Ce n'est pas la clé de mon cœur, mais à mes yeux ça a au moins tout autant d'importance. Autant que lui. Alors mon geste est tout-à-fait logique. Je ne le reverrai peut-être jamais, il va peut-être simplement disparaître de ma vie. Mais je veux, si c'est le cas, qu'il garde quelque chose de moi. Égoïstement, je n'ai pas envie de disparaître aussi simplement de son existence à lui.

Tiens. Accepte-la, s'il te plais.

Je ne lui explique pas pourquoi j'ai la clé. Je ne lui explique pas ce qu'elle vaut pour moi. Mais je suis certaine qu'il en a conscience, quelque part. Peut-être que maintenant, il comprend qui je suis, à quel groupe j'appartiens. Au groupe de personnes qui peuvent en venir à se menotter elles-même. Je suis de l'autre côté de la balance, sur l'autre rive. Pourtant, pour une fois, j'ai envie de me glisser dans un autre monde, de l'y trouver. Je passe mes mains, libres, dans mes cheveux, dans un petit geste maladroit, et délivre mon petit minois à leur emprise. Peut-être qu'il me voit mieux, sans autant de mèches dans la figure ? Peut-être que c'est mieux ? Je lui souris, à nouveau, et les mots me viennent plus aisément à présent.

Tu sais, j'aimerai vraiment te revoir. Enfin, seulement si toi aussi tu en as envie, je ne te forcerai pas. Su-... Sur ce, je ferai mieux d'y aller. Je n'ai pas vraiment le droit de m'attarder dehors. 

Je me relève, courbant le buste pour pouvoir redresser mes pattes, profitant de ce mouvement pour ramasser mes menottes au passage, les gardant dans une main au poignet aussi rougi que l'autre. Plus grande, à présent. Je le regarde encore, un petit temps. Sois courageuse. Mon cœur se serre. Je n'ai pas envie de le voir partir, alors il va falloir que ce soit moi. Je n'ai pas envie d'être là, là à attendre de voir s'il se retourne pour me voir ou pas.

Je ne peux pas beaucoup sortir. Mais ça te va si je t'attends près d'ici, disons, samedi prochain ? Je repasse à nouveau, nerveusement, une mèche derrière mon oreille, et détourne le regard en essayant de garder un minimum de contenance. Je serais vraiment très contente si tu pouvais venir.

Je m'incline, poliment. J'aimerais caresser à nouveau sa joue, qu'il y est le moindre contact entre nous, malgré la culture de l'écart nippon. Mais je n'en fais rien. Je passe la langue sur mes lèvres, faute de trouver quoi que ce soit de mieux à faire en me redressant, et puis me tourne. Le moindre pas est déchirant. Mais, tant bien que mal, je parviens au bout de la ruelle, si près d'une autre lumière. Une lumière si effrayante. Je jette un regard par-dessus mon épaule. S'il te plais, Johan, ne disparais pas toi aussi. Un dernier regard. Je m'élance hors de la ruelle, en courant, pour être certaine de ne pas m'attarder dans les parages. Mes pattes sont faibles, l'une d'elle est même douloureuse, mais quelque chose semble me porter. Secouée, mais comblée. En courant, tentant de ne bousculer personne, j'ai le sourire de l'amoureuse, les mains repliées sur ma poitrine. Les menottes collées contre mes formes, se soulevant à chaque battement, me sont bien plus précieuses encore maintenant. Il a bien voulu que je sois libre. C'est mon secret. Notre secret. Je secoue la tête, en riant un peu bêtement. J'ai tellement hâte d'être à samedi !
notes ; 2094 mots


*winkwink*:
 
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MessageMer 7 Mar - 16:31
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
La situation était relativement étrange. Même pour Johan. Le voilà à discuter aux côtés d'une jeune victime qu'il venait de sauver des griffes d'horribles personnes, alors qu'il n'est pas normalement du genre à faire ça. Comprenez-le : l'électrifié est un grand amateur du fait d'échapper à ses devoirs. Si jamais notre jeune ami venait à sauver quelqu'un, ce qui est en soit déjà un miracle vu qu'il ne sort que très peu de son agence, il est plus du genre à se la jouer batman et disparaître au moindre moment d'inattention. Mais cette fois-ci, il ne joua pas au magicien qui disparaît. Le comique était resté à ses côtés, comme s'il sentait, comprenait, que quelque chose n'allait pas.

Qu'au-delà d'être une victime des Vigilantes, Suiren était une victime de la vie elle-même.

Elle réveillait en Johan cet espèce d'instinct, cette nature qui le porta, à l'origine, à U.A. Bien que toujours aussi fainéant, bien que nullement motivé à obtenir ce foutu diplômes, notre jeune protagoniste avait pourtant ces quelques poussées d'héroïsme. D'empathie. C'était quelque chose d'assez rare pour être souligné, d'assez rare pour limite en être fier. Oh, bien sûr, Suiren n'avait en aucun cas conscience de ce qu'elle déclenchait chez Johan. De cet effet bénéfique, aidé par les quelques événements qui se passaient dans sa vie.

Lors de chacune de ses différentes actions, il ressentait chez la belle sa gêne, sa timidité. Bien loin du cliché du gamin débile ne comprenant rien aux femmes, Johan savait qu'il faisait de l'effet à l'araignée. Ah, arriver en héros sauveur, forcément, ça impressionne ! Il n'était pas du tout gêné de cette soudaine attirance. C'en était presque flatteur. Même si, pour la plupart, Suiren était une créature immonde, l'électrifié la trouvait attirante, charmante. Une personne agréable à observer et écouter, ses pattes lui donnant ce côté inédit et original qui la rendait unique par rapport à la masse. Malgré tout, il ne tenterait rien.

C'était une victime. Pas un trophée, ou une récompense.

De toute manière, la priorité était déjà de lui retirer ses foutues menottes. Pour le moment, dans la tête du jeune homme, la présence de cet objet sur ses poignets était liée aux deux énergumènes qu'il avait dégagé d'un bon coup de blaster. Il n'avait aucune idée de la raison réelle de tout ça, et s'attendait simplement à briser le tout d'une manière ou d'une autre.

Mais plutôt que de simplement laisser faire son sauveur, Suiren posa son sac avant de... tirer son décolleté ? Oh. Oh. Euh, c'est un peu rapide. Haussant un sourcil, l’œil légèrement écarquillé sous la surprise, voilà que la belle araignée se mettait à littéralement fouiller son soutien-gorge. Ah. Sans réellement s'en rendre compte, son côté mâle reprit doucement le dessus, louchant légèrement sur les beaux coussins moelleux enfermés dans cette prison de tissu. Après tout, c'était un homme, et il avait toujours un peu de mal à combattre ses plus bas instincts devant une poitrine lourde et accueillante !... Ridicule, dans un sens. Surtout pour un futur héros.

Elle commença d'abord par sortir son téléphone, puis, ensuite, une clef. Haussant son autre sourcil, il commença lentement à comprendre. Espérant avoir tort, que cela n'avait rien à voir avec ses menottes, elle lui montra bien vite que c'était pourtant le cas. Elle se libéra de ses liens de métal, qui, en tombant au sol, brisèrent le léger silence dans un bruit sourd.

Les mots manquaient à Johan. Elle se menottait elle-même. Pourquoi ? Il n'y avait pas dix mille réponses à cette question, et au fond de lui, il savait. Elle ne voulait sûrement pas blesser quelqu'un. Se considérait-elle comme dangereuse ?

Ou bien était-ce le monde qui lui avait foutu ça dans le crâne ?

C'était... triste. Et le sourire du comique s'effaça doucement. Là, il se prenait un coup de masse à travers le visage. Fainéant, esquivant les problèmes, c'était la première fois qu'il se frottait aux choses que le monde pouvait faire. Aux victimes d'une ère injuste, porté sur la haine de ce qui était différent. C'était peut-être étrange, dit comme ça. Légèrement naïf. Mais jusqu'alors, les seuls problèmes dans la vie du comique étaient de trouver un endroit où pioncer et un moyen d'esquiver professeurs et surveillants.

Cette femme se faisait du mal. Se haïssait, sûrement. Simplement, car elle était différente.

Outre la sympathie qu'il avait pour Suiren, il ressentait désormais une peine. Une tristesse, envers elle. Se reprenant, il tenta quand même de sourire, arrivant à rester sur ses deux pieds, à simuler une bonne humeur qui cachait son désarroi. Normalement imperturbable, cette soudaine révélation venait de fissurer son mur d'indifférence envers le monde, construit durant de longues années où il ferma les yeux sur les différents problèmes que vivaient les autres.

Lorsqu'elle glissa ses doigts fins contre sa joue, l'électrifié ne protesta pas. Il la laissa faire, frémissant même légèrement. Il ne savait pas quoi faire, quoi dire. Tétanisé, affrontant la chose dont il avait le plus peur.

Rassurer quelqu'un.

C'était un combattant. Il frappait, se levait face à quelque chose qu'il pouvait affronter. Un mal visible, palpable. Mais ça. C'était différent. Une personne touchée par une souffrance bien plus perfide qu'un simple coup physique. Il n'arrivait qu'à sourire, qu'à tenter de garder la face. C'est ainsi que lorsqu'elle lança que c'était la dernière fois qu'elle les retirait, il n'arriva pas à répondre. À la contredire.

N'arrivant pas à sortir un seul mot, Johan continua d'écouter. Et d'être surpris, surtout ! Voilà qu'elle lui donnait cette fois la clef de ses menottes. C'était plein de signification, un message clair. Lorsqu'il sentit le métal froid contre sa peau, il enferma le petit objet entre ses doigts, comme pour s'assurer qu'il était réel, palpable. Observant quelques secondes la petite chose, il reporta ensuite son attention vers la jeune femme.

« Je... Mh. Merci. »


Ensuite, elle lui expliqua qu'elle désirait le revoir. Tout en spécifiant qu'elle n'avait pas "le droit" de sortir, de rester dehors aussi longtemps. Une autre information qui l'étonna particulièrement. Quelqu'un l'empêchait de sortir ? Ou bien faisait-elle simplement référence au fait que rester dehors pouvait emmener à ce genre d'incidents ? Son œil tiqua doucement face à ça, mais il continua de garder son sourire. La réponse était déjà toute trouvée.

« Oui, bien sûr. Je bosse pas, samedi prochain. Donc avec plaisir. »


Il ne pouvait pas refuser. Pas seulement à cause du fait qu'elle souffrait, mais aussi car, malgré cette rapide rencontre, il la trouvait agréable, sympathique. Johan ne voulait pas la laisser seule, et il souhaitait l'aider. Au moins un petit peu.


Incapable de réellement remonter le moral d'une victime, si sa présence était la seule chose qu'il pouvait offrir, alors il était prêt à le faire sans hésiter.

De la même manière qu'une personne attend que le train contenant un proche parte pour quitter la gare, Johan resta ainsi, sans bouger, en attendant de voir disparaître la belle araignée au détour d'une ruelle. Il poussa finalement un long soupir, comme s'il retenait, depuis de longues minutes. Putain. Et il voulait devenir un héros ? En traitant ainsi quelqu'un qui ne demandait que de l'aide ?

Quel héros pathétique.

*** Une semaine plus tard. ***
Durant ces sept longs jours, Johan pensa beaucoup à la jeune femme. Elle était la première énigme réelle de cette troisième année, le premier réel problème à lequel il faisait face. Il hésita même à demander conseil à un professeur, avant de se raviser. Lui, demander conseil ? L'éternel fainéant de service qui s'adonnait à ce genre de choses ? Non. Ce n'était pas son truc. Il devait trouver une solution tout seul, réussir à, au moins, l'empêcher de se faire du mal ainsi.

Lui redonner un peu confiance, en quelque sorte.

Il s'occupa un peu de son stage, non sans rire aux quelques compliments de son supérieur. Après tout, il avait réussi à chasser les deux vigilantes, et à sauver une pauvre victime. C'était assez rare pour être noté ! Une bonne action qui, en réalité, n'était rien de plus qu'une goutte dans un océan d'indifférence. Il n'allait sûrement pas répéter l'opération pendant quelque temps, même si ce sentiment d'accomplissement en aidant une autre personne était gratifiant.

Ce sentiment fort, agréable. Celui d'avoir aidé son prochain, d'être utile. Il ne l'avait, au final, pas aidé par simple devoir. Mais par envie, par besoin, presque. Était-ce ça, le travail de héros ? Était-ce ce genre de chose qui arriverait à le motiver dans ce qu'il faisait, et d'enfin le transformer en justicier ? Ah ! Avant, il devait trouver un réel nom. "Élecflemme" n'était rien de plus qu'une blague prise au sérieux, et si jamais il venait à obtenir son diplôme, il devrait rapidement trouver un autre alias. Quelque chose de plus claquant, de plus visible, qui ferait directement naître une image dans la tête de la personne laissant s'échapper ce mot de ses lèvres frémissantes de peur.

Et le temps passait aussi vite que le flot de ses pensées. À peine le temps de dire ouf, et il était déjà Samedi ! Bordel. C'est comme s'il venait de vivre une véritable ellipse narrative préparée à l'avance. Marchant de nouveau à travers les ruelles, jusqu'au lieu "de rendez-vous", Johan avait encore des idées pleins la tête. Malgré tout, il restait perdu. Dans ses pensées, dans sa manière de voir les choses. Dans un silence presque énervant, seuls ses pas lourds résonnaient à travers les dalles de pierre de la ruelle.

Comme la dernière fois, Johan était habillé du même ensemble. En fait, l'homme était tellement fainéant qu'une fois qu'il l'avait trouvé, il en acheta plusieurs exemplaires, ce qui expliquait qu'il était souvent vu avec les mêmes habits. N'appréciant qu'assez peu les boutiques de vêtement, il trouvait plus simple d'acheter plusieurs fois un ensemble qu'il aimait bien. Après tout, c'était lui qui portait ses habits, pas les mauvaises langues.

M'enfin. Qu'importe tout ça, il restait dans le pétrin. Un sacré gros pétrin dans lequel il devait réussir à faire sortir la belle. La tête légèrement baissée, le regard dans le vague, Johan était enfoncé dans ses pensées, ses réflexions. Il cherchait des idées, de quoi réussir à mettre un peu de soleil dans le cœur de l'araignée. Un minimum, tout du moins.

Il arriva alors sur les lieux, seul. Il était peut-être arrivé un peu en avance ? Après tout, ils ne s'étaient même pas convenus d'une heure précise. Vu qu'elle faisait référence à l'endroit où ils s'étaient rencontrés, Johan était arrivé à la même heure. Par simple logique. Ou peut-être que plutôt d'être arrivé en avance, il avait justement du retard ? Qu'elle était arrivée plus tôt, ne le trouvant pas, avant de repartir ? Merde. Il aurait dû lui donner son numéro de téléphone, histoire de ne pas avoir de problèmes.

Levant son regard vers le ciel, il sauta alors sur une poubelle histoire de s'installer, et d'attendre la jeune femme. Il était prêt à rester ici quelques heures, quitte à piquer un petit somme, et à rentrer chez lui si jamais il s'était réellement trompé. Bordel, il espérait quand même ne pas avoir fait cette erreur.

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MessageSam 10 Mar - 20:05
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Mon souffle, ardent, s'écrase dans ma gorge. Pourtant, ce n'est pas le même jour. Pourtant, c'est une autre situation. Je rêvasse, en courant, foulées après foulées. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, alors que soudainement mille questions m'envahissent l'esprit. Et s'il ne venait pas ? Et s'il venait, alors ? Et si j'étais en retard ? Ou trop en avance ? S'il ne venait pas au bon endroit ? Ou moi, peut-être ? Je secoue vivement la tête, en amenant mes mains liées contre ma forte poitrine, cherchant dans le procédé à calmer ma panique. Je suis si heureuse que ce bonheur déborde, et me recouvre. Mais pourquoi suis-je si heureuse ? Parce que j'espère enfin le revoir.

---

La semaine a été terriblement longue. Passer les jours, les uns après les autres, à songer à ce rendez-vous (rien que le mot me trouble) a rendu le temps si longs. Comme une enfant attendant le signal pour pouvoir se jeter sous le sapin et ouvrir ses cadeaux de Noël, je compte les jours sur le bout de mes doigts en m'encourageant. Ma patience sera récompensée. Je l'espère, en tout cas. Le matin du fameux jour du rendez-vous, je suis debout avant bien des gens. Moi qui d'ordinaire aime dormir, paresser, je m'agite dans tous les sens. C'est plus fort que moi. Mes pattes frappent fort le sol de mon petit coin au Q.G. de la Ligue. Peut-être que je ne devrais pas mettre une robe, étant donné que c'est assez révélateur ? Ou justement le faire ? Je soupire, profondément, me fatiguant moi-même à force de tant de questions. Pourtant, je ne suis pas capable de m'en empêcher.

Même si ce n'est pas vraiment ce dont ça a l'air, que ce "rendez-vous" n'en est pas vraiment un à proprement parler, je veux être parfaite. Ou tout du moins aussi proche de la perfection que ce que mon corps si particulier peut me permettre d'être. En me posant devant un miroir, ou plus précisément un gros morceau de verre tâché de sorte de flaques de "rouille", j'affronte mon reflet. Aujourd'hui, je ne veux pas simplement être comme tous les jours. Je dois faire un effort, un effort pour lui. En attrapant mes cheveux, méthodiquement lavés la veille pour sentir au possible la vanille et non plus la cendre froide, je cherche quoi en faire. Je ne suis pas très féminine, en principe. Enfin, j'entends par-là que je n'ai jamais vraiment cherché à me pomponner comme d'autres. Un nouveau soupir et, faute de savoir faire quoi que ce soit de plus élégant, démarre la danse de mes doigts pour tresser cette lourde et longue masse à la couleur de l'ébène, libérant mon visage des coutumières mèches rebelles.

Une fois certaine que le tout tiendra, je me relève et tourne sur moi-même en tâchant de ne rien renverser. Cheveux, check. Tête, check. Robe, check. La boule me naît dans le ventre, pesante, et j'y amène mes mains liées, caressant la surface plate d'un air soucieux. Je ne suis pas malade, c'est la nervosité. Mes yeux retournent une poignée de secondes sur le miroir, avant de le fuir. Je ne peux pas faire mieux. Je ne sais pas faire mieux. Je baisse le regard, puis voile mes yeux à la couleur du sang derrière le rideau de mes paupières, en prenant une lente bouffée d'air. L'heure file, pendant que je m'assure être présentable, regardable, et je fini par quitter le QG en courant. Ne sois pas en retard, Suiren !

C'est comme ça que je me retrouve à courir comme s'il y avait le feu au lac. Les regards se posent, me suivent, et je tente, en baissant la tête, de les ignorer de mon mieux. Et si, comme ça, j'avais l'air plus étrange que d'habitude ? Je serre mes mains contre ma poitrine, pour y trouver du courage. Tout ira bien. Lui... Il est différent., me chante mon cœur pourtant au grand galop. Finalement, en parvenant à hauteur de la ruelle où nous nous sommes premièrement croisés, je ralentis et remet nerveusement mes cheveux en place. L'air de rien, surtout. Ce qui bien sûr ne dure qu'une seconde, puisque mes yeux se posent vite sur l'étudiant assit sur une poubelle. Non, c'est pas vrai. Je suis en retard, alors ? Il m'a attendu longtemps ? Je suis la pire. Je déglutit, difficilement, et m'avance pour lui faire un léger coucou de la main. Enfin des deux, involontairement, du fait de leur condition. Ma voix, discrète, se glisse alors dans l'air après que j'ai, un peu timidement, passer la langue sur mes lèvres pour m'assurer ne pas parler étrangement.

Bonjour, Johan. Je suis en retard ?

Et puis c'est le déclic. C'est bien beau, tout ça, mais qu'est-ce que nous allons faire ? Je baisse les mains, et les regarde un long moment, cherchant une réponse quelconque qui puisse rendre cette sortie plus intéressante et lui donner envie de rester. Finalement, en gardant un soupir, je retourne les yeux sur lui. Sur ses cheveux à la couleur de la neige, sur ses yeux bleus... Je divague un temps, puis me ressaisi de mon mieux, en esquissant un discret sourire embêté.

Je n'ai pas pensé à prévoir d'activité...

En reculant d'un petit pas, peut-être deux sans y faire attention, je tourne la tête vers l'extérieur de la ruelle. Le monde. L'ailleurs. Je ne suis pas du genre discrète, et je crains de le mettre mal à l'aise, mais s'il veut marcher un peu, alors je le suivrai. Je regarde les quelques passants qui ne cherchent même pas à poser les yeux dans la ruelle étroite et sombre, comme s'il s'agissait d'un petit coin de paradis isolé du reste, de tout le reste. Profitant de mon visage tourné, je soupire doucement, pour moi uniquement. Je fini par remarquer que je dois avoir l'air de divaguer, d'être ailleurs, et reporte mon attention sur le futur héro, en reprenant.

Mais si tu veux, on peut se balader.

C'était une idée. Mais une idée effrayante. Je baisse la tête, le cœur me tombant dans l'estomac d'un coup sec. Lui peut bien sortir de cette ruelle, et marcher autant qu'il veut. Moi, je dois vivre dans l'ombre parce que j'ai choisi une route contraire à la sienne. Les héros et leurs apprentis sont ce côté-là de la pièce, ce côté-là du miroir. Et nous autres vilains, pour la plupart, nous contentons d'être le dos, celui que personne ne voit et ne doit jamais voir. Je relève la tête vers lui, en amassant mon courage à nouveau. Je dois le lui dire clairement. Je pince mes lèvres, nerveusement, celles-ci légèrement tremblantes. Ma voix est ridiculement faible, et s'enfuit tant bien que mal de ma gorge.

Avant ça... Avant ça je dois mettre quelque chose au clair. Je... , je marque une pause, pour me faire violence ensuite et prononcer ces mots destructeurs. Je suis un membre de la Ligue des vilains, Johan. Toi et moi, un jour, même si on construit de bons souvenirs... Un jour, on se retrouvera peut-être l'un face à l'autre en jouant nos vies.

Ce n'est pas ce que je veux. C'est très loin de mon souhait le plus cher. Mais je ne peux pas lui mentir, je ne peux plus simplement me dire "il n'a pas entendu, il sait sans savoir". Je lui dois la vérité, à lui qui me regarde différemment des autres. Mes doigts se torturent entre eux, alors que ma bouche me paraît incroyablement sèche. Comme si cet aveu avait retiré toute l'eau de cet endroit pour venir l'amasser à mes yeux. Je ne pleure pas. De l'extérieur, il n'y a rien qu'un vague air de confusion. Mais à l'intérieur... A l'intérieur, ça fait mal.  
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MessageJeu 15 Mar - 15:50
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
L'attente. L'attente d'un rendez-vous. Johan n'y était pas réellement... habitué. Oh, des aventures, il en avait. Du haut de ses vingt hivers, de son deux mètres, l'homme attirait. Différent, singulier, c'était un vilain petit canard dont l'originalité du plumage semblait pourtant attirer une curiosité, et souvent plus avec affinités. Mais c'était souvent plus brutal, sauvage. Un coup par-ci, par là. Généralement rien de plus, le mâle disparaissant bien rapidement, n'appréciant pas réellement se lier à de simples coups d'un soir. C'était peut-être cruel, au fond, mais cela n'importait qu'assez peu pour le comique. Elles étaient généralement habituées. Il n'appréciait que le plaisir du stupre en leurs compagnies, rien de plus.

Mais, concernant Suiren, c'était différent. On sentait dans sa manière d'être qu'elle partageait ce côté vilain petit canard avec l'homme. Si les opposés s'attirent, on dit aussi la même chose des ressemblances. Enfin, il ne comptait pas prendre possession de son jardin secret, pour une fois. Tout ce qu'il désirait, c'était en apprendre un peu plus sur elle. Sur cette première victime qui réveillait dans l'âme de l'électrifié cette étincelle d'héroïsme, un carburant qui semblait tout aussi puissant que la foudre qu'il consommait quotidiennement.

La tête légèrement penchée vers l'arrière, les deux océans formant ses yeux observaient le vide. Il réfléchissait, alors que son regard se perdait dans l'immensité du ciel. Les mains dans les poches, il profitait de ce doux silence, de ce chant particulier qu'il semblait être le seul à entendre, écouter, profiter. Il n'appréciait qu'assez peu le chahut des ruelles, les discussions longues, bruyantes. Le japon semblait parfois être une véritable fourmilière, où chacun avait sa place, ses déplacements, son parcours préparé à l'avance.

Ce n'était pas son truc.

Poussant un léger soupir, il fut coupé dans sa réflexion par le bruit si particulier des pattes de Suiren, frappant d'un son léger le sol. Elle semblait presque volatile, comme si elle ne désirait pas être vue, entendue. La manière dont elle marchait était parfois l'égal d'un pianiste dont les doigts agiles jouaient une douce mélodie. Un bruit particulier, mais qui n'était pas désagréable aux oreilles du comique, qui tourna machinalement la tête en direction de cette nouvelle âme prenant place dans ce théâtre urbain.

« Non, je viens juste d'arriver. »


Petit mensonge. Oh, elle avait une quinzaine de minutes de retard, mais ça ne le dérangeait pas. Après tout, notre ami était un expert dans ce domaine. Sauf que lui, en plus des retards, il appréciait poser quelques lapins, de temps en temps.

D'un mouvement, il bondit de la poubelle pour finir les deux pieds sur le sol, droit, dans un bruit sourd plus bruyant que les quelques pas de l'araignée. Son sourire était toujours présent, grand, sincère. C'était ce qui le caractérisait après tout : ses dents blanches, ce léger rictus dessiné sur ses fines lèvres légèrement rosé. Il ne perdait jamais cet air léger, nonchalant. Comme s'il lançait au monde que rien n'arriverait à l'atteindre, ou comme s'il souhait le bonheur de son prochain, quel qu'il soit.

Son regard bleuté passa alors sur les deux mains liées de la belle. Encore. Ah. Dans sa poche se trouvait encore la clef qu'elle lui avait offerte, cette preuve de l'attachement qu'avait Suiren envers lui. Un cadeau sincère, qu'il serra lentement entre ses doigts, comme pour s'assurer qu'elle ne disparaît pas comme par magie, ou comme pour vérifier qu'elle n'était pas le fruit d'un quelconque rêve ou mirage. Tout chez elle semblait hurler un appel à l'aide, une demande pourtant muette qu'il n'arrivait pas à ignorer. Sa respiration devint plus rapide, lentement. Johan ferma alors les yeux, prenant une grande bouffée d'air frais, pour se calmer.

Elle expliqua alors qu'elle n'avait pas prévu d'activité, mais qu'ils pouvaient tout-à-fait se balader. Ah... Oui. Quand on sort avec quelqu'un, on est censé savoir à l'avance quoi faire. Pour éviter l'ennui, le malaise. Le b-a-ba des relations humaines, Johan ! Ouvrant de nouveau son regard océan, l'électrifié pencha légèrement sa tête sur le côté, adressant toujours à la belle son sourire éclatant.

« La balade me va parfaitement. »


Son regard passa machinalement sur les gens qui marchaient non loin de là, sans accorder la moindre importance à cette petite ruelle. Comme si elle n'existait pas à leurs yeux, un endroit sans intérêt ou un endroit où seules les personnes peu recommandables passaient. Par conséquent, cela faisait de ce petit coin un endroit parfaitement sûr et silencieux, où ils pouvaient ainsi passer du temps sans avoir à affronter le regard cruel d'un monde injuste. Mais justement, peut-être que de l'affronter à ses côtés lui permettrait d'un peu mieux s'accepter ?

D'un pas décidé, le comique s'approcha ainsi de la jeune femme. Bien vite, il arriva près d'elle, s'apprêtant à l'emmener voir le monde d'un regard différent, accompagné de quelqu'un qui ne la voyait pas comme une bête de foire. Malheureusement, alors qu'il était à deux doigts de lui donner une tape amicale, elle lança une vérité dont la violence était comparable à un coup de poignard brutal.

Elle était une membre de la ligue des vilains.

Cette révélation le choqua réellement. Le regard écarquillé, il perdit très lentement son sourire. Les extrémités de ses lèvres descendaient lentement, effaçant ce rictus joyeux qui animait pourtant son visage.

Non. Non !

Avant qu'il ne soit trop tard, il s'arrêta brusquement. Se calmant, son sourire résista au coup, ne disparaissant pas à travers la peine que faisait naître les mots qui s'échappaient des douces lèvres de Suiren. Il ne devait pas perdre la face. Pas devant elle. Comment le prendrait-elle, sinon ? Elle était attirée par le comique. Elle lui avait confié sa confiance, personnifiée par cette clef qui était dans sa poche. Il devait se calmer. Comprendre. Et ne pas perdre ce sourire, s'il désirait lui venir en aide.

Relevant son visage, la jeune araignée pouvait ainsi profiter de ce sourire éclatant qui le caractérisait. Malgré ce qu'elle venait de dire, même s'ils étaient de camps différents, il ne perdrait pas ce rictus. Il le devait. C'était son job. Et plus que son job, c'était aussi son désir.

« Oh, je vois. »


Petit à petit, les différentes pièces du puzzle se mettaient en place. Il comprenait. Pourquoi elle ne pouvait sortir, être vue. Et surtout, pourquoi les vigilantes s'étaient attaqués à elle. Ce n'était pas une simple civile. Elle œuvrait dans l'ombre. Elle faisait partit de cette organisation qui avait attaqué U.A. il y a quelques semaines.

Mais... il n'arrivait pas à lui en vouloir. Elle semblait si sincère dans ce qu'elle faisait, disait, vivait. Comment une telle personne pouvait faire partit de cette organisation ? Suivait-elle les mêmes préceptes que Staïn, le tueur de héros, qui souhaitait ramener sous la lumière le réel héroïsme ?

Ou ses intentions étaient-elles encore plus noires que ça ?


« Avec des si, on coupe du bois. On ne refait pas le monde. Alors ne nous en préoccupons pas, d'accord ? »


Il lança un léger clin d’œil à la belle, tentant tout autant de se persuader lui-même que de calmer le cœur de l'araignée. Alors qu'il vivait déjà sur le fil avec son identité secrète de Joker, assimilable à celle d'un vilain, voilà qu'il était ami avec une membre de la ligue. Il devait cacher ça à son établissement. Bordel.

« Mais je t'avoue que je suis surpris. Tu es... gentille, Suiren. Que fais-tu avec eux ? »


Question sincère, qui bourdonnait au fin fond de son esprit. Pourquoi. Pourquoi ? Merde, merde, merde ! Gardant son rictus intact, la tête froide, Johan ne semblait, à la surface, pas du tout perturbé par cette révélation. Comme si ce n'était rien, presque comme s'il le savait déjà avant qu'elle ne lui dise. C'était faux. Un masque de chair, posé, pour berner la jeune femme. Pour son propre bien.

Ainsi que pour le sien.

Il désirait comprendre ses motivations, ce qu'elle désirait en rejoignant un groupe comme celui-là. Des vilains qui n'étaient, en soit, pas de mauvaises personnes, c'était plutôt courant. Vigilants, criminels involontaires, simples personnes désirant vivre sans limites, mais sans pour autant faire du mal aux autres. Pour lui, Suiren était de ces gens-là. Des personnes qui ne respectaient pas la loi, mais qui n'étaient pas, pour autant, des dangers pour la société.

Il voulait comprendre, et possiblement l'aider à s'en sortir. À s'échapper des griffes d'un mal qu'elle n'arriverait pas à combattre si elle continuait à s'enfoncer dans ce gouffre sombre sans fin et sans fond.

Toujours présent et déterminé, il vint néanmoins glisser son bras sous celui de la jeune femme. L'électrifié voulait la détendre, qu'elle ne s'inquiète pas pour lui, pour son avis la concernant. Qu'elle lui parle avec sincérité, le cœur ouvert.


« Mais ne t'en fais pas. Rien ne nous empêche de nous balader quand même, ça serait même un plaisir d'être vu avec une telle... beauté ! »


Charmeur et taquin, il donna un léger coup de coude amical au bras de la jeune femme. Johan ne savait pas l'effet qu'il allait faire à l'araignée, car même s'il avait compris qu'elle était plutôt attirée par sa personne, il n'était tout simplement pas au courant pour son côté... obsessionnel. Chose qu'il allait sûrement bien vite découvrir. Pour le meilleur et pour le pire !

Écrit et codé par Johan R. Grant
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MessageSam 17 Mar - 11:34
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Etre ici, c'est un rêve qui se réalise. J'ai le cœur qui a du mal à suivre le rythme, qui se balance dans ma poitrine. Un rêve entaché par nos conditions respectives. Droite, gauche. Droite, gauche. Bientôt, il va céder, la branche qui le retient va se casser. Ni une ni deux, la catastrophe arrive. Il tombe dans mon estomac, lourd comme du plomb, alors que je lui avoue ce que je suis, ce que je fais. Je ne suis pas le genre de personne qui en rira, qui dira "je fais le mal, mais je le fais bien". Je suis ainsi pour une raison... Pour lui. Mon esprit se strie, une pensée s'écrasant au milieu des myriades de cris internes. Et encore une fois, ça fait mal. Un flot rouge me renverse, un océan qui porte le nom de vérité. Je n'arrive pas à le regarder, peut-être que pour une fois je ne veux pas. J'ai peur de lire dans ses beaux yeux ce qu'il pense, peur d'y lire le dégoût. Lui ne me juge pas, lui me voit comme je suis. Et s'il me voyait entièrement comme je suis, à présent ? Je ne peux plus me cacher, à présent, j'ai prit le risque insensé de me déclarer. J'ai tant de peine que mes rêveries sont jetées sur l'horizon juste après leur naissance. Ce n'est pas une déclaration... C'est un suicide.

Oh, je vois.

Je pose le regard sur lui, un regard hésitant, cherchant à lire entre les lignes. Mais Johan est un mystère, c'est un livre que personne n'ouvre, un livre dont tout le monde se contente d'admirer la couverture. Et toi, que caches-tu ? Les apparences, ce sont les apparences. Je ne le sais que trop bien.

Avec des si, on coupe du bois. On ne refait pas le monde. Alors ne nous en préoccupons pas, d'accord ?

Les mots effacent ma curiosité, ne me laissant plus que dans une profonde confusion. Une confusion si imposante que je m'y noie un instant, mes lèvres s'entre-ouvrant sur la surprise. "Ne nous en préoccupons pas" ? Comment peux-tu..? Je ferme les yeux une poignée de secondes, pour rassembler mes moyens, réunir les débris dans l'espoir de pouvoir reformer le tout. Il ignore. Il nie en bloc. La vérité, lui non plus ne veut pas la voir. Ça se strie encore, se fissure, mon pauvre petit cœur est malmené par cet amour déraisonné. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. La vilaine a une raison que le futur héro ignore. Encore et toujours, son visage me revient à l'esprit, avec ce sentiment tranchant. Il est à l’hôpital par ma faute. Je rouvre les yeux, le temps s'étant étendu malgré mon souhait, et je me cache à mon tour derrière un petit sourire. Je ne suis pas aussi forte que lui pour ça.

Mais je t'avoue que je suis surpris. Tu es... gentille, Suiren. Que fais-tu avec eux ?

La fissure s’agrandit. Et, sans même le savoir, mon prince y plonge les mains. Il barbote dans tous ces sentiments emmêlés, et j'agonise en silence. Non, ne regarde pas ça !, me résonne dans l'esprit. Mes lèvres tremblotent à nouveau, mais je m'efforce de garder le contrôle. Je ne suis pas gentille. Je suis ce monstre qui fait peur aux gens. Ce monstre qui a fait tant de mal à un être aimé, à un être cher. Gauche, droite. La chose dans mon estomac recommence à se balancer, à la limite de rouler, jusqu'à m'en rendre malade. J'ai la salive lourde, la bouche sèche, les mains moites. J'ai l'impression que le monde n'a plus de sens. Je ne suis pas à ma place. Et je ne mérite pas d'être là, auprès de lui.

Son bras se glisse sous le mien, et m'arrache à la souffrance. Mon cœur saute, retombe plus lourdement encore. C'est injuste. Mais c'est grisant. Je baisse légèrement le regard sur lui, le contemplant en silence. Pourquoi suis-je l'encre qui vient noircir son beau tableau enneigé ?

Mais ne t'en fais pas. Rien ne nous empêche de nous balader quand même, ça serait même un plaisir d'être vu avec une telle... beauté !

Crac. La fissure explose, éclate. Les éclats volent, et tailladent l'intérieur de mon estomac. Après tout, mon cœur y loge. Comment suis-je censé me tenir, lorsqu'il agit de la sorte ? Son coude frappe légèrement mon bras, et je pince fort mes lèvres entre elles. Encore. Encore, encore. Le moindre contact retourne mes neurones, me faisant aussitôt oublier la complexité de la situation. Je retiens un gloussement, un son qui vibre à peine dans ma gorge serrée. Ne me traite pas comme ça, ne me fais pas ça. J'ai beau vouloir résister, il a déjà gagné cette bataille. A vrai-dire, il a déjà gagné la guerre. Je penche la tête, pour taper doucement la sienne avec, essayant d'éviter soigneusement que mes "cornes" ne lui fassent mal. Et le sourire revient, un petit sourire d'abord, qui s'agrandit peu à peu. Peu importe, il est à moi pour l'instant. A mes côtés. Il me regarde, ne regarde que moi.

Suis-je jolie ? Dans quel état est ma tresse ? Je n'ai pas pleuré, n'est-ce pas ? De ma main libre, je torture une mèche rebelle. Je l'entoure nerveusement autour de mon index, la faisant méthodiquement boucler pour finalement la remettre derrière mon oreille. J'avale ma salive, du mieux que je peux, et tourne un regard admiratif vers lui, guettant le moindre mot, la moindre note de sa voix.

C'est vrai ? Tu me trouves belle ?

Sans lui demander d'avantage son avis, je démarre la marche. Je tente de mon mieux de ne pas l'embêter, de garder mes pattes de mon côté. Comme un couple s'efforcerait de garder les pieds chacun de son côté du lit après s'être trop souvent emmêlé avec. Je veux qu'il passe un bon moment, un moment dont il se souviendra. Je veux ces souvenirs, en construire tout une forteresse dans laquelle me replier dans les moments difficiles. Il m'accepte ainsi, et ma tête recommence la valse des rêveries. Il m'aime ? S'il ne m'aime pas, ai-je malgré tout le droit de l'aimer ? De temps en temps, de petits gloussements échappent à mon contrôle. Je suis si heureuse qu'il soit là, que mon prince me tienne le bras. Ainsi, je me sens plus belle, plus désirable. J'ai enfin l'impression d'être "quelqu'un". Et, plus important encore, j'ai l'impression d'être "quelqu'un" à ses yeux. Une idée me vient alors, et j'accélère légèrement le pas, l'emmenant avec moi dans de légers éclats de rire. Une glace ! Je veux partager une glace avec lui ! Ou mieux encore... Une nouvelle idée plaque l'autre, victoire par K.O. Je tourne le regard vers lui à nouveau, et lui sourit, cherchant de mon mieux malgré tout à cacher le rouge de mes joues derrière mes cheveux. Difficile, avec la tresse.

Je n'attache jamais mes cheveux... Mais je me suis dit que ça te plairais peut-être.

J'occupe le silence jusqu'à ce que nous parvenions à la destination qui me trotte dans l'esprit. J'ai déjà entendu une enfant au Q.G. parler de cette endroit comme d'une sorte de temple des délices. La plupart des japonais n'aiment pas le sucré, ils laissent ça aux femmes, mais Johan n'est pas japonais. Son prénom le hurle, de même que son physique trop atypique pour être nippon. Je regarde la porte d'entrée, en me demandant comment entrer avec ma "carrure", puis la question me revient, et je baisse la tête vers lui, l'air curieux. Est-ce vraiment une idée de l'emmener à une confiserie ? Au moins, je pourrais savoir ce qu'il aime, et tenter de le lui refaire un de ces jours. Je tente de mon mieux de ne pas recommencer à rêvasser, et lui sourit.

Tu aimes le sucré ? Quand on s'est rencontré, je m'en souviens, tu as dévoré un bonbon tout rond ! Le... chanceux...
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MessageMer 21 Mar - 15:45
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
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Johan R. Grant & Suiren Mio
Malgré son air sur le visage, Johan réfléchissait. Son sourire n'était que de façade, son esprit allant et venant, cherchant la réponse à ses différentes questions. Pourquoi était-elle un membre de la ligue ? Que cherchait-elle là-dedans ? Suivait-elle simplement les paroles du tueur de héros, ou bien était-elle une personne purement mauvaise ?

Se jouait-elle de lui ?

C'était sûrement cette question qui tambourinait le plus dans le crâne de l'électrifié. Que Suiren n'était pas réellement une femme en détresse, qui appréciait plus que de raison la présence du comique. Qu'elle simulait, enfermée dans un rôle dans le but d'obtenir quelques informations de sa part. Après tout, la ligue était connue pour chercher à abattre All Might, et se servait d'U.A. comme principal moyen de pression. Peut-être que derrière ce visage doux et aimant, l'araignée cachait particulièrement bien son jeu. Tissant lentement sa toile autour de Johan, qui était déjà empêtré à l'intérieur. Était-ce là son plan ?

Insécurité. Doute. Des intrus qui tambourinaient à la porte de sa psyché, des mots que sa petite voix, sa conscience, répétait inlassablement, comme s'il marquait au fer rouge chaque neurone pour qu'il s'en souvienne. Était-elle réellement une victime d'un système pourri, ou bien venait-il de tomber dans sa toile ? En aucun cas l'homme montrait ses doutes. Si elle simulait parfaitement la belle amoureuse, il simulait tout aussi bien.

Son sourire était toujours là, fort, sincère. Johan était un plutôt bon menteur, enfilant ce masque en une micro-seconde, de manière naturelle. Son regard bleu, ses deux océans qui animaient ses orbites, étaient figés sur la belle qui demandait s'il la trouvait vraiment belle.

... Si elle mentait, Suiren le cachait peut-être mieux que lui.

« Bien sûr que tu es belle. Personne ne pourrait dire le contraire ! »


Et même si son sourire cachait son questionnement, ses mots n'étaient que le reflet de ce qu'il pensait. Oui, Suiren était une très belle femme. Devait-il encore énumérer les différents points qui attiraient son regard ? Quel idiot s'arrêterait à la partie inférieure, arachnoïde, alors que le reste est si séduisant ? Cette peau qui semble si douce, ce regard attachant, ses lèvres fines. Qui sait ce qui se serait passé dans d'autres circonstances, entre ces deux-là ?

Détournant légèrement son regard, il commença à son tour à marcher. Petit à petit, les ténèbres de cette ruelle laissèrent la place à la douce lumière d'un soleil étincelant. Les voilà aux yeux de ce monde qui peut être aussi bon qu'il est cruel, face aux nombreuses personnes qui tournèrent déjà les yeux en voyant l'araignée. Grâce à ses longues et fines pattes, la jeune femme était... grande. Très grande. Plus que Johan lui-même, qui pourtant atteignait déjà les deux mètres.

Dégoût. Curiosité. Haine. Peur. Colère. Putain de merde.

Tour à tour, le regard électrique du protagoniste passa sur chaque personne qui portait son attention sur sa compagne du jour. Même si certaines personnes étaient plus dans l'interrogation qu'autre chose, il ressentait ce malaise palpable, comme s'ils étaient sur un fil, plusieurs mètres au-dessus du sol. Comme si chaque pas risquait de les faire tomber, d'animer une haine de groupe, et d'engendrer des... problèmes.

Rapidement, il reporta sa propre attention sur l'araignée. Voir sa réaction, ses peurs, ses doutes. Peut-être enfin obtenir une réponse.

Mais rien.

Elle ne semblait pas touchée par les murmures qui pouvaient être entendus, à travers la masse de gens. Elle ne semblait pas touchée par les regards, les jugements portés sans qu'aucun mot ne sorte. Suiren restait souriante, comme si elle ignorait les autres. Comme si quitter cette ruelle ne l'avait pas fait sortir de cette petite bulle qu'ils formaient tous les deux, duo étrange et singulier au milieu de la masse nippone.

Il ferma alors les yeux, durant quelques secondes, pour se calmer. Inspirer, réfléchir. " Je suis une membre de la ligue des vilains ". Il cherchait à mettre cette information de côté, pour ne pas perdre son sourire. Peut-être se posait-il trop de question, et qu'au lieu de vouloir affronter le courant, il devait se laisser aller et le suivre pour voir jusqu'où il l’emmènerait.

Elle le sort finalement de ses pensées en brisant ce léger silence, lui parlant de ses cheveux. Qu'elle ne les attachait normalement pas, mais qu'elle pensait que cela pouvait lui plaire. Reportant son regard bleuté dans le sien, il étira un peu plus son sourire, avant d'à son tour prendre la parole.

« Les deux te vont très bien, Suiren. »


Ils arrivèrent finalement devant une confiserie. Il s'était laissé balader par la jeune femme, le courant étant finalement la meilleure solution pour le moment. Quelques douceurs lui permettraient peut-être de passer outre tout ça, et d'enfin calmer son âme.

La jeune femme brisa de nouveau le silence, demandant à son compagnon du jour s'il appréciait le sucré. S'il aimait ça ? Son sourire s'étira avant qu'il ne réponde.

« Oh, bien sûr que j'aime ça. J'ai toujours préféré le sucré au salé. »


Petite préférence. Même si certaines choses salées sont délicieuses, comme l'épicé par exemple ou même tout bêtement le ketchup qu'il peut boire comme du petit-lait. Johan n'en reste pas moins un grand amateur des bonbons, gâteaux et autres délices qui ne sont pourtant pas très bons pour la santé.

Puis, la question du moyen de la faire rentrer vint taper sa tête. Merde. C'est vrai qu'elle était assez grande, et large avec ses pattes. Comment réussir à rentrer ? Lâchant doucement le bras de la jeune femme, Johan vint ouvrir la porte du commerce, la petite cloche retentissant dans l'endroit. À l'intérieur, un homme moustachu qui devait être le propriétaire adressa un sourire à l'électrifié, l'invitant à rentrer. Mais Johan n'en fit rien, discutant avec le monsieur de là où il était.

« Excusez-moi de vous déranger... Mais mon amie aimerait rentrer. Malheureusement, son alter l'en empêche. »


L'homme sembla plutôt surprit par la chose, venant rejoindre le comique pour voir de quoi il en était. Son regard se posa alors d'abord sur les longues pattes fines, l'abdomen d'araignée, et enfin le buste agréable de la belle. Son regard s'était écarquillé, et on pouvait sentir que sa respiration était devenue irrégulière. "Un monstre" devait-il se dire. Une réaction que Johan craignait, malheureusement.

Il posa ensuite son regard sur l'électrifié, comme pour chercher un certain réconfort. Le sourire de l'apprenti héros commença à lentement s'affaisser, comme une mauvaise peinture, un maquillage qui se mettait à couler sous l'effet de l'eau.

« Mh... Je... Je ne peux pas. Je n'ai... rien pour... ça. »


"Ça". L'énervement de Johan monta d'un cran, alors qu'il tentait de garder son sourire comme il le pouvait. Plus doux et jovial, ce rictus démontrait son agacement envers cet homme qui représentait parfaitement la réaction d'une partie de la société face à quelqu'un comme Suiren. Les mots de la jeune femme, son appartenance à ce groupe de criminels, tout ça s'envola à la vision de cette injustice.

Cette étincelle d'héroïsme embrasait lentement son âme.

« Si, il y a sûrement un moyen. Alors retournez travailler, je m'en occupe. »


L'homme était décontenancé devant la réaction de Johan. Comme s'il était la première personne à défendre un être comme Suiren, comme s'il s'attendait à tout sauf à cet élan de bonté. Lui-même ne se rendait pas totalement compte de ses actions, laissant ses émotions et son instinct guider chacun de ses pas, guider chacun de ses mots. Ce n'était peut-être pas la meilleure solution, mais il s'en foutait.

Finalement, le propriétaire retourna s'occuper de ses confiseries, l'électrifié fermant la porte juste après. Se tournant, il s'adossa à cette dernière, avant de pousser un grognement d'exaspération.

« Bordel... Je suis désolé, ma belle. »


Il lança ses quelques mots en adressant un sourire doux à la jeune femme, tout en se grattant l'arrière de la tête, gêné. Au fond, ce n'était pas de sa faute si cet homme avait des aprioris sur le physique de Suiren. Mais malgré tout, il se sentait mal pour elle. Mal, car il n'était pas capable de l'aider plus que ça.

« Bon. Tu as une idée de comment tu pourrais rentrer ? »


Il n'abandonnait clairement pas l'idée d'aller à l'intérieur. Suiren semblait contente de le faire venir ici, sûrement prête à lui faire goûter pleins de choses juste pour son plaisir. Johan ne souhaitait pas la priver de ça, surtout après l'agissement de cet homme.

Écrit et codé par Johan R. Grant




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MessageMer 1 Aoû - 16:03
Be my knight in a shining armorft. johan r. grant
Aimer. Chérir. Adorer. Tant de mots pour décrire (ou tenter de décrire), ce que je ressens pour lui. Noyée de cet océan d'émotions en ébullition, j'admire quelqu'un à mes yeux plus lumineux que le Soleil lui-même. Et son bras tenant le mien, m'engageant à l'emmener, se voit pressé contre le côté de ma poitrine. Je sens résonner les battements de mon cœur et, sans nul doute, en rougis de bonheur. Et s'il sentait combien je l'aime ? Et s'il pouvait sentir ces palpitations déchaînées, s'il comprenait être à présent la raison même de ce rythme vital ? Son prénom tapisse les murs et le sol de mes pensées, et manque de peu de glisser des lèvres que je pince entre elles discrètement dans l'espoir qu'il ne m'entende pas l'appeler à tue-tête. Aujourd'hui, je ne suis rien ni personne s'il accepte de laisser ma différence de côté. Je n'ai pas à avoir peur, si lui me regarde.

C'est là la raison de ma parfaite indifférence. Le monde autour de nous n'est jamais qu'un arrière-plan, un décor de papier et de carton, sur lequel évolue mon Prince avec une aisance presque déconcertante. En rejoignant l'extérieur, ce monde dénué d'ombres dans lesquelles s'abriter, j'ai peur un instant. Un instant si court, puisque son contact encore présent me rappelle que je n'ai rien à craindre. Je sais qu'il me protégera. Je sais que lui sait, qu'il sait que je ne ferai de mal à personne. Dans cette cohue incessante, dans ces vies-routes qui ne font jamais que se croiser et se séparer, je ne fais que chercher ce que l'on appelle trop légèrement le Bonheur. Je veux le leur, plus encore que le mien. Pourtant, il sera toujours en danger. Hors de question de continuer à y penser. Pour l'instant, Johan est en sécurité avec moi. Car, s'il me protège, moi je donnerais sans le moindre remord ma vie pour lui si la situation l'exigeait. Je suis cette araignée, cette "mère", prête à se voir offerte au "triste" destin d'être dévorée pour le bien-être de ceux m'étant chers. Et c'est là l'unique raison de mon existence : être tour-à-tour celle qu'ils détestent, qu'ils apprécient, les ramenant chaque soir jusqu'au chemin de la maison.

Si mon bien-aimé Johan est cette lumière guidant les âmes égarées à revenir à la sécurité, alors je serai éternellement la structure de son phare, l'élevant au plus haut afin que tous le voir briller de mille feux. Voyez comme il me gâte de sa présence, de ses doux mots, moi qui ne suis rien ni personne, moi que tous exècrent. Vous ne me blesserez pas, mon cœur navigue sur une mer en pleine plénitude, des eaux si calmes que leur docilité me berce jusqu'à l'âme. Je sens ces essaims de regards se jetant sur moi comme tant de nuisibles sur un morceau de viande abandonné. Tant de regards, et tant de sentiments mélangés. En temps normal, j'en suffoquerais. Je ressentirais ce besoin à la limite de l'essentiel de m'enfuir, de retourner dans les ténèbres auxquelles j'appartiens. Mais ce n'est pas un "temps normal". C'est un moment que je partage avec lui, un moment qui n'appartient qu'à nous.

En arrivant devant la confiserie dont j'ai entendu parlé, je me pose la question de comment y rentrer avec ma carrure si particulière. Pourtant, ce sourire qui étire mes lèvres ne s'évapore pas. Je tourne le regard vers mon astre, dont le bras quitte le mien. Ne me laisse pas toute seule ! Ses pas se séparent des miens, alors qu'il avance jusqu'à la porte qui, en se voyant ouverte, laisse retentir ce qui me paraît être un glas à la limite du funeste. Et mon cœur bat plus fort encore. Sa silhouette est plus loin, pourtant toujours si proche, si proche que je pourrais le toucher. Et je devrais le faire. Mes yeux dérivent, s'orientent sur le côté pour fixer le bois de la devanture de la boutique, comme s'il m'était d'un quelconque intérêt de suivre les rainures de la matière. Et les pensées tournent, alors que mon sourire fond peu à peu. Si je ne peux pas y rentrer, alors peut-il y aller seul ? S'amusera t-il malgré tout ? Je cherche déjà d'autres moyens d'être à ses côtés, mais l'idée de m'asseoir devant la porte se voit écrasée par la réalité de potentiellement bloquer le chemin. Ou pire, de faire peur aux probables futurs clients.

Excusez-moi de vous déranger... Mais mon amie aimerait rentrer. Malheureusement, son alter l'en empêche.

Sa voix me résonne dans les tympans. Et les mots me désarçonnent. "Mon amie". Le chant des anges, moi petite chose touchée par sa grâce, me fait relever le regard vers lui. Et alors que le commerçant se rapproche pour constater l'étendue du problème, je suis obnubilée par le visage de mon "ami". Le mot est si faible, mais pourtant si beau. Si doux. Je suis son amie ? Moi..? Mes yeux, demeurant ronds un long instant, se ferment sur l'ivresse de ce tout petit mot me faisant l'effet d'un terrible alcool : un effet bien traître. Si bon, bon à m'en faire tourner la tête. Et un gloussement déborde de ma gorge, y roulant une poignée de secondes à peine, alors que je relève les mains pour tenter de couvrir le rouge furieux de mes joues avec autre chose que mes cheveux trop noués pour m'être d'une quelconque utilité dans cette situation.

Mh... Je... Je ne peux pas. Je n'ai... rien pour... ça.

"Ça". Une gifle. Un coup de poignard dans le dos. Quelque chose de cinglant, contre un mesquin coup du destin pour tester ma résistance à la destruction de ce bonheur trop parfait se profilant à l'horizon. Mais je n'abandonnerai pas. La voix de mon ami reprend à la suite, mes yeux détaillant ce sourire si particulier marquant son visage aux traits s'éveillant de leur torpeur sous ce besoin de justice omniprésent.

Si, il y a sûrement un moyen. Alors retournez travailler, je m'en occupe.

Il n'abandonne pas..? Il ne m'abandonne pas..? J'entends le pa-pam de mon cœur me vrombir dans les oreilles, palpitant si puissamment que je parviens à le sentir se perdre en échos dans mon ventre à nouveau. Les montagnes russes ne me feraient pas autant d'effet que lui, dans bien des sens dont la plupart seraient inavouables. Le vendeur disparaît du cadre de la porte alors que Johan la referme, s'adossant contre dans un air de réelle lassitude, embarras. Peut-être est-il lui aussi légèrement dépassé par cette réaction ? Pour ma part, j'en ai prit l'habitude. Et, à vrai-dire, je m'en veux beaucoup d'avoir cru qu'il en serait autrement. Peut-être, en ayant prévu cette éventualité, aurais-je pu éviter cette situation de gêne à l'étudiant... Je secoue vivement la tête de droite à gauche, faisant tomber de mon épaule la lourde tresse formée de la masse de mes longs cheveux à la couleur de jais.  

Bordel... Je suis désolé, ma belle.

A nouveau, sa bénédiction guérit le moindre de mes maux. Je cesse de secouer la tête, et observe la façon dont il se gratte l'arrière de la tête avec embarras. Johan est si gentil, si doux, et si adorable lorsqu'il ignore quoi faire. Le voir ainsi, moins confiant qu'à l'accoutumé, me donne l'impression d'avoir gagner quelque chose malgré notre délicate posture. J'ai gagné de garder cette image en tête, accompagnée du délice de sa voix m'appelant de tant de façons étourdissantes. Tant de choses desquelles rêver jour et nuit, lorsqu'il me manque comme sa fleur préférée à une abeille...

Bon. Tu as une idée de comment tu pourrais rentrer ?
En roulant.

Ma propre rapidité à répondre me laisse surprise. Mais qu'est-ce que tu racontes, Ren ?! Et pourtant, mes pensées me rappellent à l'ordre : rouler est très certainement effectivement la seule manière me permettant de rentrer dans la boutique. A la condition qu'il y ait assez de place à l'intérieur, dans une certaine zone après la porte en elle-même. Je me penche légèrement, observe la marge d'espace après l'encadrure de la porte via la vitrine de façade de la boutique, et contiens un soupir. Assez grand, mais à peine... Je devrais me poser dans un coin, pour être certaine de ne pas déranger qui que ce soit. Mes yeux restent figés, zieutant à travers la fine couche de verre, alors que je rassemble mes pensées les plus courageuses pour ne pas me démoraliser. C'est jouable. Et je refuse de laisser cette sortie vivre le moindre échec ! 

Tu... Tu voudrais bien me tenir la porte, s'il te plais Johan ?

Je pourrais lui demander de détourner le regard également. Mais... Je n'aurais pas envie qu'il le fasse. Me montrer à lui comme je suis est une chose qui me fait frissonner, dans un sens totalement positif. Je ne suis pas un mannequin, mais il me trouve belle ainsi. Je m'en souviens, et m'en souviendrai toute ma vie. La façon dont il m'avait dit "Bien sûr que tu es belle." me donne ce courage, cette foi aveugle. S'il me trouve belle, alors je veux qu'il puisse voir tout ce qui me fait apparaître plus belle encore à ses yeux. Et ce, peu importe que je rougisse comme une pivoine en plein saison d'éclosion.

L'étudiant, mon bien-aimé Johan, coopère en s'exécutant et tenant donc la porte. Probablement a t-il autant d'appréhension que moi à l'idée que je roule pour passer le cadre de la porte, mais avons-nous vraiment la moindre autre option ? En fermant les yeux, repliant mes bras vers ma poitrine, je prends une profonde inspiration gonflant mon poitrail. Combien en existe-il, de ces boutiques n'étant pas adaptées aux alters dits de "volumineux" ? Trop, selon moi. Par chance, je ne manque pas d'imagination pour trouver des moyens de me faufiler çà et là, puisque j'ai presque toujours rencontré ce problème. Je me rapproche le plus possible de la porte, me posant à son pied pour me pencher en avant de jauger ma potentielle marge d'erreur. Complexe... Alors mes mains quittent le devant de ma poitrine, et je les appuie contre le sol en hissant mon abdomen inférieur plus haut. Progressivement, avec une souplesse toute accordée à la légèreté de mon espèce de mutation, je me recroqueville, refermant les pattes en abandonnant leur maîtrise puisque nous, araignées, avons pour position naturelle d'avoir les pattes repliées. En hissant mon abdomen inférieur plus haut que le reste de mon corps, j'accroche deux de mes pattes à l'autre côté de l’encadrure de porte et pousse, me faisant passer bien que difficilement.

Alors mes pattes restantes passent au-dessus de ma tête, de même que cet imposant abdomen inférieur, et je roule jusqu'à retomber, un peu maladroitement, presque vautrée. L'une de mes mains vient repousser ma tresse alors que je souffle vers le haut, enlevant promener les quelques mèches s'étant défaites du tas dans le procédé. Et le rouge de mes joues gagne en ampleur. En roulant aussi lentement, il y a de très fortes chances pour que par inadvertance Johan ait vu... Assise contre le sol, mes mains viennent toutes deux tirer ma robe vers le bas, couvrant de mon mieux la naissance de mes cuisses, l'une d'elles enserrée par le holster aujourd'hui vide. J'entends le vendeur sortir de sa cachette, derrière la caisse, et tourne la tête vers lui, l'air particulièrement penaud.

Bonjour, monsieur, et mes excuses pour le potentiel dérangement. Je vais faire attention à ne rien renverser.

Et je le délaisse. Je n'ai pas envie de particulièrement m'attarder sur une personne comme les autres, alors que Johan est encore à la porte. En tournant le visage vers lui, je tâche de ne pas trop dévoiler ce rougissement nerveux qui balafre pourtant mon visage et lui sourit, un léger sourire satisfait. Presque fier. Et ma voix perd en force, alors que je murmure presque pour moi-même uniquement, toutefois avec l'espoir qu'il m'entende tout de même. Mes doigts triturent le tissu du rebord de ma robe et, après avoir marmonné, je trouve la force de lui avouer à nouveau les choses comme elles sont :

Je dois t'avouer que venir ici ce n'était pas totalement désintéressé... J'ai entendu dire qu'ils vendaient des pommes d'amour, ici, ce qui est plutôt rare en général. Et j'aurais aimé en manger une avec toi...

Mes pensées dépassent le cadre initial et, en relevant la tête, je m'efforce de poursuivre en préservant mon peu de calme. Et pourquoi la mangerait-il ? Il ne m'aime pas, après tout. Je sais que c'est à sens unique, et que quelqu'un comme lui doit certainement déjà avoir une personne spéciale dans sa vie. Je baisse le regard, me perdant dans ce flot submergeant de doutes. Manger une pomme d'amour avec lui, cela dit, serait un moyen pour moi de lui assurer l'aimer pour toujours. C'est une légende, mais moi j'y crois. En relevant finalement la tête, je reprends de sourire aux travers des quelques mèches rebelles de mes cheveux.

T-tu es mon ami, alors une seule bouchée pour toi suffira et je mangerai le reste. Si tu veux, je t'offrirai d'autres bonbons pour qu'on soit à égalité niveau quantité. Sauf si bien sûr tu en veux beaucoup, ce qui m'ira aussi.
notes ; 2359 mots


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MessageMar 14 Aoû - 17:09
LIVRE 1 - CHAPITRE N°7
Be my knight in a shining armor.
Johan R. Grant & Suiren Mio
Johan n'était en rien ce preux chevalier cherchant à sauver la veuve et l'orphelin. Lui-même ne savait pas réellement où il se trouvait, entre le doux jour d'un homme bon et la nuit d'un criminel. Dans un sens, l'homme s'approchait plus de cette noirceur propre à l'obscurité. Sous la lumière de la lune, il s'adonnait ainsi à cette brutalité pour le compte de Veloce, sans se préoccuper du reste, détruisant petit à petit ses chances au sein de l'U.A. Malgré tout, Johan semblait petit à petit s'en échapper, rencontrant des nouvelles âmes qui apaisaient lentement son être. Comme si, seul, l'électrifié était forcé de finir mal. Comme si le fait d'être limité à cette vie, sans rien voir d'autre, l'enfonçait un peu plus dans le domaine de la nuit.

Et petit à petit, tout ça changeait. Suiren, Kana, Chiaki, des personnes qui commençaient à faire naître cette lumière, alimentant l'étincelle de bon qui ne faisait que sommeiller. Il n'était plus la nuit, Johan devenait ainsi l'aube.

Mais même si toute ses connaissances participaient à ce changement, lentement, Suiren en était surement le principal catalyseur. La première personne qu'il cherchait réellement à sauver, non pas sous cette bête identité de fainéant, mais sous celle d'un autre. Un héros, ce qu'il cherchait à devenir, cet idéal dont il souhaitait s'approcher depuis tant d'années. Un but aussi vieux que son enfance, un chemin qu'il parcourait et qu'il avait fini par petit à petit quitter, sous l'impulsion d'une vie mouvementée.

C'était sûrement pour ça qu'il se sentait concerné, qu'il se sentait protecteur envers elle. Il ne le savait pas encore, mais quelque chose liait les deux. Ce n'était que le début d'une relation étrange, mais à la fois dévorante et passionnée. Et même si ce qu'il se passait actuellement n'était pas encore le point d'orgue, c'était bien un doux prélude à une symphonie qu'ils créeraient tous les deux, comme deux pianistes partageant le même instrument.

Voilà ce qui expliquait sûrement ses réactions, à propos de ce vendeur jugeant la jeune femme sur son apparence. Le plus drôle, c'était que sans ce bas du corps d'araignée, Suiren serait sûrement une jeune femme que tous les hommes chercheraient à obtenir. En oubliant cette partie, la belle avait après tout un corps particulièrement agréable à regarder. Des formes prononcées, un visage de porcelaine, une longue chevelure sans imperfections, si elle était plus "humaine", elle serait la proie de nombreuses personnes.

Dans le cas de Johan, cette apparence ne le gênait pas. Il lui parlait comme il parlerait à n'importe qui, juger sur l'apparence n'étant clairement pas quelque chose qu'il faisait. Peut-être à cause de son passé, vivre aux côtés de voyous et de personnes vivant dans des conditions limites permettait peut-être de se fier à autre chose. Ce n'était malheureusement pas le cas du vendeur, qu'il toisait toujours un peu de son regard bleu électrique, avant de soudainement s'éveiller à la réponse de la belle araignée.

« Pardon ? »


Rouler ? C'était une proposition plutôt... originale. Un léger sourire de gêne et d'incompréhension se dessina sur les lèvres de l'électrifié, qui ne comprenait pas réellement où elle voulait en venir. D'ailleurs, le propriétaire lui-même leva la tête de son comptoir, sûrement tout aussi étonné que le jeune homme concernant cette potentielle solution pour que la jeune araignée puisse rentrer à l'intérieur de la boutique.

Elle lui demanda finalement s'il pouvait lui tenir la porte. Un léger silence vint prendre le pas sur une potentielle réponse, avant qu'il ne sursaute légèrement, comme si Johan se réveillait d'un songe. Rappelé à la raison, il sauta presque en direction de la porte en verre permettant de voir l'intérieur de l'endroit.

« Comme ça ? »


Bon dieu, cette journée était particulièrement étonnante. Dans un sens, il était étonnant qu'elle aille aussi loin simplement pour rentrer dans une boutique. Au fond, ils auraient pu partir et aller dans un autre endroit, plus libre et plus grand pour permettre à la belle d'entrer. Mais plutôt que de simplement abandonner, Suiren cherchait un moyen et était prête à faire ce genre de choses pour ne pas à s'arrêter là. C'était particulièrement curieux.

Malgré tout, Johan se doutait de la raison. Elle était simple, claire comme de l'eau de roche : elle ne voulait pas que cette sortie se passe mal. Que tout se passe comme ils l'avaient prévus. Elle chérissait le moment qu'elle passait avec lui, et voulait que tout se passe parfaitement bien. L'électrifié n'était pas le héros mou du bulbe d'un de ses mangas harems, où le protagoniste était incapable d'identifier les sentiments des douzaines de femmes à ses pieds. Non, lui, il le voyait. Il était au courant.

Elle l'aimait.

Ou en tout cas, elle avait des profonds sentiments pour lui. Et même s'il était au courant, il avait du mal à comprendre pourquoi. Johan ne se trouvait ni irrésistible, ni spécialement intéressant. Et même s'il avait déjà vu ce petit côté "obsessionnel compulsive" de l'araignée, il n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi elle l'avait choisi lui. Pourquoi il était le centre de son attention, de ses sentiments. Pourquoi elle pétillait autant à chaque fois qu'elle était avec lui, pourquoi son regard pétillait de cette énergie lorsqu'elle plongeait ses yeux dans ceux de Johan.

C'est ainsi qu'elle entama cette... roulade ? Sous les regards étonnés de quelques passants et du vendeur, elle recroquevilla ses pattes et commença à... rouler, comme elle l'avait dit. Petit à petit, elle arrivait à traverser l'encadrement de la porte, s'aidant tout de même de son bas du corps, usant de ses pattes comme levier pour continuer son petit bout de chemin. Chose qu'elle ne remarqua qu'après, mais que Johan remarqua tout de suite, ce fut son corps qu'elle dévoila par inadvertance. En effet, sa robe se releva doucement, permettant à l'électrifié de profiter d'une vue... Plutôt agréable.

Ses cuisses, tout d'abord, mais surtout ce qu'il y avait plus haut. Sa culotte. Oh, bordel. Il fallait que ça arrive. Se retenant de dire quoi que ce soit, il fit simplement mine de n'avoir rien vu, même si au fond cette petite séance fut plaisante. Même si les sentiments n'étaient pas partagés, Johan ne pouvait cacher le fait qu'il trouvait Suiren particulièrement appétissante et à son goût. Qui sait, peut-être que dans un autre univers, ils étaient ensembles, l'électrifié répondant aux sentiments de la jeune femme ? Enfin, il ne devait pas montrer ça ! Évitons la gêne.

Le vendeur se releva d'un coup en voyant l'énorme femme araignée présente dans son magasin. Une légère goutte sur le front et un peu d'énervement au visage, on sentait qu'il était contre la présence de la belle. Malheureusement, comme d'habitude. Peut-être avait-il peur que les clients évitent l'endroit à la simple vision du centaure arachnoïde foulant le sol de la boutique ? C'était idiot, bordel. Pourquoi la juger ainsi, pour cette simple différence ?

Reportant son attention vers l'araignée, il fut surpris de la voir aussitôt rabattre sa robe. Mince. Elle devait avoir compris... Pour simple réponse, un léger rire gêné, tout en se grattant l'arrière de la tête. Mince, mince, mince. Il espérait juste ne pas trop la perturber. Ce qui ne fut pas le cas, heureusement ! S'excusant rapidement auprès du vendeur, même si c'était plutôt à lui d'en faire !, elle revint près de lui, pour lui proposer une pomme d'amour.

C'était... mignon. On aurait presque dit une enfant, qui cherchait à attirer l'attention du garçon qu'elle aimait. Souriant avec tendresse, il tapota amicalement la tête de la jeune femme.

« Pas question que je te laisse tout manger ! »


Il lança ses mots avec humour, comme pour justifier qu'il était tout-à-fait pour dévorer la sucrerie à ses côtés. Johan se doutait que tout ça allait lui faire plaisir, alors autant jouer le jeu ! Se détournant de l'araignée, il se dirigea alors vers le patron, sortant son porte-monnaie pour déposer le montant sur le comptoir. Après tout, c'était un peu naturel qu'il paye, la belle avait déjà donné assez d'elle-même en roulant ainsi au milieu de tout le monde.

L'homme donna alors la sucrerie. Une belle pomme plantée sur un bâton, enveloppée d'une douce couche de sucre caramélisé. L'objet était de très bonne facture, et son odeur pétillante venait envahir la pièce. Même s'il n'était pas réellement sucré, même Johan ne pouvait qu'apprécier l'arôme qui se dégageait de la pomme.

Tout souriant, il revint ainsi aux côtés de la belle pour lui présenter l'objet.

« Eh bien, bon appétit ! »


Il approcha doucement la pomme du visage de sa partenaire, avant d'approcher lui-même ses lèvres de la sucrerie. Oui... ils devaient croquer en même temps ! C'était ça, un peu, le jeu. Et au fond, il se doutait bien qu'elle allait apprécier. Ainsi, en même temps qu'elle, l'homme posa ses lèvres sur la sucrerie pour croquer finalement dedans. Le goût juteux de la pomme s'alliait à merveille avec le croquant du sucre caramélisé, le tout envahissant la bouche dans une combinaison de saveurs et douceurs. C'était vraiment un bon produit, il devait l'avouer.

« Mh... C'est pas mauvais ! Tu en penses quoi, Suiren ? »


Le but était aussi d'un peu montrer au commerçant que la jeune femme était comme les autres, et qu'elle aussi pouvait apprécier les bonnes choses. Il avait un certain dégoût envers elle, mais peut-être qu'en la voyant comme elle était réellement, une douce jeune femme amoureuse, l'homme allait changer d'avis ? D'ailleurs, il observait avec une certaine curiosité le couple goûter à la pomme, comme en attente d'une réponse. Cette sucrerie devait être un peu sa fierté, sa figure de proue, vu qu'il était l'un des rares commerçants à vendre la chose.

Écrit et codé par Johan R. Grant




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