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L'U.A. perd en vitesse ! Suite à l'attaque dans la forêt durant l'examen de la licence provisoire, le public commence à perdre confiance en la plus grande école des héros. En conséquence, un internat a été mis en place et la licence accordée aux élèves.

Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
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 Une journée presque ordinaire [ft Damu|Uriel]

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Vilain Solitaire
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MessageVen 2 Fév - 6:56
















 ❝ Une journée presque ordinaire ❞

w/ Yui Amane & Damu Ningyô


Trempant ses lèvres dans son verre, Anket suivit le masqué du regard. Une lueur d'inquiétude brillait dans les pupilles turquoises de l'Orientale, mais elle préférait garder ce sentiment secret. D'ordinaire, Uriel l'aurait incendié d'avoir ne serait-ce que tenté de lui toucher son visage factice par surprise, il l'avait déjà giflé et menacé de reprendre là où il s'était arrêté autrefois. Et aujourd'hui, rien. Il était probable qu'elle ne se fasse que des idées, avec la blessure qui l'affaiblissait, il n'était sans doute pas en état de tempêter comme il pouvait le faire parfois. A moins qu'il ne s'agisse d'autre chose. La présence des ces gens ? Peut-être. Quel n'avait pas été son étonnement en apprenant l'existence de ce Damu, et surtout en entendant le récit de leur rencontre. Elle se serait attendue à ce qu'il entre dans une rage folle en découvrant la mort prématurée de sa proie, mais quelque chose chez le rouquin lui avait fait garder les pieds sur terre. Et Madame n'appréciait pas cela. Son Artiste devait laisser libre cours à ses pulsions, c'était dans la Mort, l'Art et dans un mélange de ces deux disciplines qu'il excellait. Terminant son second verre, elle se fit la réflexion que si Damu n'avait pas été un mauvais garçon, elle l'aurait sans doute fait supprimer sur le champ.

Fermant son œil unique, Uriel se laissa envahir par la musique. Celle-ci lui donnait une étrange impression de familiarité, alors qu'il était censé improviser de bout en bout. Son esprit se mit à vagabonder dans les méandres hasardeuses de ses mémoires, mais il n'y trouva rien de correspondant. Souvenir rémanent ? Qui sait. Cela ne l'empêcha pas de poursuivre, enchaînant les notes sans la moindre hésitation, comme si le morceau était gravé en lui depuis toujours. Lorsqu'il rouvrit sa paupière, il eut la désagréable sensation d'être observé. Tournant légèrement la tête, il remarqua que la fillette s'était approchée et qu'elle ne le quittait pas des yeux. Il la dévisagea, intrigué de la voir s'intéresser ainsi à son morceau. Il est vrai qu'elle avait déjà posé ses vilaines mains sur les touches, mais il fallait se rendre à l'évidence, elle n'avait aucun talent musical. Que cherchait-elle alors ? Reposant son regard sur le piano, le masqué préféra se replonger dans les volutes sonores.

Dans un tintement, Madame déposa son verre sur le comptoir. Elle avait toujours un grand sourire, malgré les nombreux questionnements qui envahissaient son esprit. Une expression ahurie se dessina sur ses traits quand elle vit le rouquin s'approcher d'elle et lui observer délicatement le poignet. De tueur, pour l'instant il n'en n'avait que l'apparence. Elle se dégagea bien vite, embarrassée, et fut prise d'un léger rire en entendant les mots de l'homme. Il semblait avoir bien cerné le personnage, mais c'était un portrait bien trop réducteur.
« En trois années de vie commune, je crois n'avoir jamais été autant surprise que par le simple fait de votre existence. En tant qu'ami. Ou ce qui peut y correspondre pour lui. »
Son ton était joyeux, mais elle ne put dissimuler complètement l'amertume qu'elle ressentait. Jusqu'alors, Madame s'était toujours sentie spéciale, comme le seul rocher auquel l'Artiste pouvait s'accrocher. Ce dernier parvint enfin au terme de sa musique, et quand il se tourna à nouveau pour confronter la demoiselle, il remarqua avec déplaisir les trois autres yeux qui l'observaient. Il se demanda d'abord s'ils n'avaient rien de mieux à faire, et l'instant d'après, il s'en voulut de ne pas s'être réfugié dans sa chambre pour jouer. Il pivota à moitié vers eux, avant de se rendre compte que sous cet angle, ses bandages étaient sans doute visibles. Il tira nerveusement un pan de sa cape pour les dissimuler à nouveau et regarda les trois personnes avec interrogation.



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MessageVen 2 Fév - 20:43
Problème de concentration oblige. Yui oublia presque aussi rapidement sa bonne résolution d'héroïne de shonen inversée. A vrai dire, elle se laissa porté par Uriel et son morceau de piano. A tel point qu'elle oublia même la raison de sa venue. Son histoire d'apprendre a jouer sur piano ou de la flute - C'était pas très clair dans sa tête.

Elle s'approcha timidement de la scene et monta les première marche sans quitter le masqué des yeux. Elle avait pas peur. Elle était juste étrangement sérieuse. Son regard contempla en silence la chorégraphie souple de ses doigts sur les touches. Trop agile pour que la gamine puisse les mémoriser ou identifier la place précise de la note sur le clavier. Mais au final. Ca importait pas.

La gamine regarda longuement jouer Uriel. C'est a dire environs quelques dizaines de secondes - son record personnel de concentration sur quelque chose qui ne ressemble pas à une tresse, puis elle se remémora la raison de sa venue.

Comment ne pas interrompre Uriel dans sa mélodie, mais le faire quand même un peu pour lui demander de lui enseigner la flute a bec ? Question philosophique s'il en est. A la formulation assez improbable pour que la gamine soit la première de l'histoire à se la poser.
Yui se rappela que dans quelques mangas de son enfance, l’héroïne attirait l'attention des gens et de son love interest grâce a son talent musical. En jouant seule de manière dramatique et jolie, elle pouvait passer pour une artiste digne de ce nom. Mais dans ces fables, généralement, l'héroïne était bonne pour jouer. De base.
Oubliant ce détail - Sa mémoire sélective était une de ses grandes qualités, Yui s'installa sur le bord de la scene et s'assied, jambe pendante dans le vide, pause dramatique et regard sombre. Sa main sortie sa précieuse flute et elle la porta à sa bouche. Pendant un bref instant -salvateur par son silence, la gamine se demanda si c'était une bonne idée. Puis elle se rappela que c'était elle, l’héroïne de sa propre histoire. Ca devrait marcher. CQFD.

Elle hésita brièvement, puis ses mains effectuèrent le seul morceau que la petite avait plus ou moins appris " Le lion est mort ce soir"
Les premières fausses notes s'échappèrent de l'instrument.
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MessageMar 6 Fév - 13:29
Concentré sur les événements, Damu prit un instant pour sortir de son nuage et remarquer un détail déplaisant. En lieu et place du gant de métal du Masqué, il aperçut clairement des bandages, teintés de rouge sombre. Il fronça ses sourcils de feu, l'air interrogateur. Ainsi ne s'était il pas trompé...

Il détourna son œil scrutateur lorsque que le pianiste rabattu sa cape sur son bras meurtri. Il n'était sûrement pas le type de personne à apprécier qu'on l'observe trop longtemps, il était plus certainement ce genre de lions fiers qui ne montraient jamais leurs failles, et c’était préférable au vu de sa condition de tueur en série. Bien préférable tout court. Il décida de ne prononcer aucun mot à ce sujet, inutile d'appuyer encore sur la blessure. Uriel était capable de gérer cette situation seul, et sans doute Madame était elle aussi au courant -cela expliquait il son état légèrement alcoolisé ? Lui même trouvait parfois du réconfort et du courage dans la boisson, bien qu'il fasse des efforts depuis peu pour effacer ce caractère très peu noble-. Néanmoins il ne put retenir un regard inquisiteur et prévoyant et il constata avec une légère horreur que son œil et celui du Masqué venaient de se croiser en silence. Trop tard pour faire semblant de n'avoir rien vu...

Il s'apprêtait à s'exprimer sur le sujet et préparait mentalement une phrase joliment tournée, mais au lieu du son de sa voix, un concerto de fausses notes insupportable emplit la salle. Certains des travailleurs encore présents tournèrent vivement la tête vers la scène, agressés par le son plaintif de l’instrument souffrant entre les doigts de la petite Yui, qui semblait se produire sur scène avec grand plaisir, adoptant déjà les mimiques des starlettes dramatiques, le niveau musical en moins.

Le rouquin se crispa, irrité dans son instinct musicale par la mélodie à peine reconnaissable d'une comptine pour enfant. Il fallait faire cesser ce supplice immédiatement. Le temps de reprendre ses esprits et de remonter sur la scène afin de rejoindre Yui qui jouait à il ne savait quel jeu -voulait elle elle aussi se produire en spectacle ? Suivait elle "l'exemple" ?- le petit air était presque finit. Damu, enfin arrivé à son niveau, avait deux craintes, relatives au choix qui s'offrait à lui :

-Laisser la petite finir son air et prendre le risque d'irriter son hôte plus que de raison, ce qui était un risque considérable pour elle comme pour lui -chances de revenir ici un jour dans de bons termes ? Très faibles -

- L'interrompre et risquer une véritable crise de larmes qui, au vu de l'alter de Yui, ne serait pas sans conséquences.

Prêt à courir à toutes jambes en emportant l'insupportable mais précieuse apprentie vilaine dans les bras, le rouquin sélectionna la première option, adressant un air désolé à Anket depuis le haut de la scène, à défaut de ne pouvoir l'adresser à Uriel à qui il tournait le dos. Sans un mot, il se pencha un peu pour poser ses mains sur les épaules de la petite, attitude qui pouvait être prise comme amicale mais qui servait en réalité à être capable de se saisir de l'instrument au cas où Yui aurait la folie de commencer un deuxième air.


Vilain Solitaire
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MessageMer 7 Fév - 16:13
















 ❝ Une journée presque ordinaire ❞

w/ Yui Amane & Damu Ningyô



Son œil balayait les deux visages amicaux qui étaient tournés vers lui. Il nota une certaine inquiétude chez Madame, et il savait que cela le concernait. Mais il allait bien. Certes, un voile brumeux commençait à envahir sa vision, son bras meurtri était agité de brefs tressautements, il avait chaud et froid à la fois, mais ce n'était rien de grave. Ou en tout cas, il n'était pas question pour lui de montrer son malaise. Fierté mal placée ? Sans doute. Face à des inconnus ou des proies, Uriel n'hésitait pas à lancer des complaintes houleuses, mais surtout dévastatrices, et il ne souhaitait aucunement infliger la moindre blessures aux personnes présentes ici. C'était une sensation étrange pour un être tel que lui, mais il appréciait leur compagnie, et peut-être craignait-il que leur bienveillance ne disparaisse face à sa faiblesse. Ou peut-être ne désirait-il simplement pas montrer que même lui pouvait être mis à mal. Son regard s’immisça alors dans celui du rouquin, et il constata avec déception que sa situation ne lui avait pas échappé... Faites qu'il se taise.

Quand les fausses notes envahirent brusquement l'atmosphère, l'Artiste ne pu que grimacer sous son visage impassible. Malgré l'atrocité sonore qui bourdonnait dans ses oreilles, il se sentit rassuré par le fait que son camarade ait été coupé avant même d'aborder le fâcheux sujet. Toutefois, cela ne réglait pas ce soudain problème qu'était cette... musique ? Pouvait-on encore qualifier ainsi cette horreur ? Et encore, horreur était un bien faible mot... Même un crissement d'ongle sur un tableau était plus agréable à ce stade. Mais étrangement, Uriel finit par s'habituer et par écouter plus attentivement la jeune fille. Il y avait une certaine bonne volonté dans les notes, et sa manière de jouer dénotait un apprentissage en solitaire et surtout une méconnaissance totale du solfège de base. Cette enfant n'avait donc eu aucun professeur ? Tandis que Damu grimpait sur scène, Uriel resta à réfléchir.

Il ne comprenait pas pourquoi cette fille, qui vivait apparemment au sein du Lotus en compagnie du rouquin, ne savait pas jouer ne serait-ce qu'une simple comptine sans se tromper. N'avait-il pas eu de temps à consacrer à son apprentissage ? Non pas que le masqué s’inquiète spécialement du devenir de l'enfant, mais une drôle de pensée venait de germer dans son esprit. Cela tournait pas mal d'ailleurs, et ce n'était pas qu'une figure de style. Un frisson parcourut le long de son dos alors qu'il sentait son torse bouillir de chaleur. Bah ! Une tasse de thé, un peu d'eau fraîche sur le visage et cela allait passer. Il se leva, se redressant de toute sa grandeur, et d'un pas mal assuré, il vint s'asseoir aux côtés de la petite fille. Sans un mot, il la laissa terminer son morceau. Quand le bec quitta les fines lèvres enfantines, il passa doucement sa main sur la tête de celle-ci, s'attirant la surprise de Madame.
« Si vous le souhaitez, demoiselle, vous pourriez revenir ici en compagnie de Sam' prendre des cours de flûte. »
Sa voix était fatiguée, et il ne sembla même pas remarquer son lapsus. Anket fronça les sourcils, se mordant la lèvre. Cela commençait aussi tôt ? C'était sans doute la blessure qui accélérait les évènements... Elle chercha quoi faire, quoi dire, et finalement, elle voulut détourner l'attention en battant vivement des mains.
« Hey Yui ! Ça te dirais de me faire de jolies tresses ? Je suis sûre qu'elles seront magnifiques ! »
Elle leva les yeux vers son protégé, lui lançant un regard soucieux mais surtout chargé de sous-entendus. Il pencha la tête sur le côté, comprenant à moitié ce qu'elle voulait lui signifier.




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MessageMer 7 Fév - 17:11
A la fin de sa prestation, la gamine se sentait ravie. Genre, entre le patpat de Uriel et les mains amicales de Damu sur ses épaules. Elle était entourée d'adulte. Inconsciente des vrais sentiments de ses pseudos admirateurs. La gamine se sentait au centre de l'attention. Et ce n'était pas pour lui déplaire. C'était confirmé, et a jamais gravé dans sa mémoire : jouer de manière sombre et mystérieuse était toujours payant. Les gens allaient toujours vers elle quand elle jouait. Et tous semblait étrangement gentil. Probablement qu'elle les avaient émus, peut être même jusqu'aux larmes. Apres tout, on ne croise pas la pureté de son art tous les jours. Hein ?

Elle se sépara de sa flute et la rangea dans une poche. Puis leva enfin la tête vers les adultes qui s'étaient rapprochés d'elle. Avec un grand sourire et une voix pleine d'espoir, la petite demanda aux adultes présent.

- Z'avez trouvé ca bien ?  Hein ?!

   « Si vous le souhaitez, demoiselle, vous pourriez revenir ici en compagnie de Sam' prendre des cours de flûte. »

La réaction tomba comme on tourne un commutateur. La fillette fut prise d'un grand éclat de joie. Elle se tourna vers Uriel et lui offrit un câlin semi agressif comme elle a le secret : Elle l'enlaca avec une force presque contradictoire avec sa silhouette frêle. Et au terme d'un instant ou elle coupa le soufle de son admirateur, elle posa sa tête sur son épaule en parlant vite de sa petite voix aigüe et enjouée

- OUAIS ! C'trop bien ! J'aimerai trop ! j'suis super motivée !

La gamine était on ne peut plus flattée. A ses yeux, elle avait dû l'impressionner par son talent sans commune mesure. Dans la réalité, l'enfant était loin de se douter que proposer des cours de flute n'était pas vraiment un compliment sur sa performance.

   « Hey Yui ! Ça te dirais de me faire de jolies tresses ? Je suis sûre qu'elles seront magnifiques ! »

Si Yui pouvait agrandir son sourire, elle l'aurait fait. Elle oublia instantanément Uriel et Damu. Sans se douter le moindre instant de la distraction, la gamine pris la main de Anket et l'embarqua vers le bar. Sur le tabouret, elle aurait moyen de commencer son chef d'oeuvre ! Elle allait s'y appliquer avec un grand sourire

Et recommander du jus de mangue. C'était trop bon !
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MessageMer 14 Fév - 17:49
Quelque chose n'allait pas.
C'était clair et net.
Mais que fallait il faire ?

Uriel était manifestement complètement à l'Ouest. Il venait de promettre de manière insensée des cours de musique à une Yui ravie et rayonnante, inconsciente de tout ce qui se déroulait réellement autour d'elle. Avait il conscience du calvaire dans lequel il venait de s'engager ? Si il parvenait à inculquer à l'enfant les bases de la musique audible, tout les membres de la ligue à commencer par Damu lui en seraient reconnaissant mais cette promesse lancée sous l'effet de la fièvre ne présageait que peu de bon. 
 Persuadée d'avoir livré la représentation de sa vie, la jeune vilaine en herbe leur demanda si cela leur avait plu, mais n'attendit aucune réponse avant de courir auprès de Anket, que Damu ne remercierai jamais assez pour son acte de sacrifice et de diversion.

Damu faillit d'ailleurs perdre l'équilibre quand son support ambulant partit en trombe. Il jetta un coup d'oeil à l'enfant déjà occupée à martyriser les cheveux de l'Égyptienne et dévia ensuite son regard vers son hôte. Présumant qu'il était le Sam en question - Qui d'autre alors ? Un professeur de flûte ? Enfin, il valait mieux ne pas perdre son temps à tenter de suivre un fil aussi embrouillé... -, il se retint pourtant de prendre pour acquis l'autorisation de ramener ici Yui. Quoique... Cette sortie semblait lui faire du bien, elle recevait bien peu d'attention à la Ligue, et jamais d'aussi positive que celle ci, ou bien très rarement... À voir, à méditer... Après tout elle s'entendait mieux avec Uriel qu'il ne l'aurait cru, et Anket était une perle...

Prenant  une inspiration, la poupée humaine se tourna totalement vers son hôte blessé. Malgré ses faibles connaissances en médecine, il se pensait capable de recoudre la plaie. Il ne voyait évidemment pas à travers le bandage mais autant de sang... Cela témoignait d'une plaie non ou mal recousue, et même si il avait rarement tenté sur de la chaire, il arrangerait sûrement un minimum les choses... 

Mais après, formuler ce genre de demande était assez épineux, surtout dans le cas de ce patient ci. Se laisse ainsi soigner n'était sûrement pas son genre. Enfin, au vu de son état... Puisqu'aujourd'hui Uriel avait décidé de le surprendre, il pouvait toujours tenter sa chance ! 


- Uriel... Pardonnez moi de vous demander cela assez abruptement, mais me laisseriez vous jeter un oeil à votre bras ? J'ignore si vous avez reçu des soins au préalable mais au besoin j'ai sur moi mon matériel de couture...

Il s'était efforcé de parler avec tact et neutralité, préférant ne pas le vexer en montrant de la pitié. Il affichait un air simplement concerné et attentif, amical. Comme le disait l'expression "Ça passe où ça casse" !
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MessageDim 18 Fév - 17:19
















 ❝ Une journée presque ordinaire ❞

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La réaction de la gamine faillit bien tout gâcher. Alors qu'elle se jetait contre lui pour lui asséner un câlin brutal, Uriel manqua de tomber à la renverse, surpris par la puissance dont elle venait de faire preuve. Pas réflexe, il parvint à se retenir, s'appuyant sur son bras blessé. La douleur irradia brutalement dans tout son membre, déclenchant des signaux de détresses colorés dans son esprit, sa vision passa un bref instant au rouge et sa gorge étouffa un grognement. Pendant l'espace d'une seconde, il se laissa envahir par l'idée d'éradiquer la source de sa souffrance, et les doigts de sa main gauche étaient déjà dans sa poche, à la recherche de son scalpel. Mais, par chance, il regagna rapidement un semblant de contrôle. Inspirant, expirant, il regarda la jeune fille le délaisser brusquement pour partir à la suite d'Anket, le laissant seul avec l'élancement qui se déversait désormais dans son corps entier. Le monde tournait autour de lui, lui donnant l'impression de se trouver sur un bateau pris dans une tempête. La lumière ambiante devenait de plus en plus irritante, ses oreilles bourdonnaient, il fallait qu'il fasse cesser tout ça. Peu importe comment. Il fallait qu'il tue. N'importe qui. N'importe quoi. Tuer. Créer. S'échapper. Leur échapper. Il déglutit avec peine, l’œil écarquillé.

La voix calme et posée de Damu le rappela sur terre. Tournant doucement la tête dans sa direction, le masqué l'observa avec attention. Il battit des cils, réfléchissant aux mots prononcés, et si, dans une premier temps, il se sentit vexé d'être pris pour un faible, il finit par se raviser, ravalant les paroles venimeuses qui étaient prêtes à lui échapper. Serrant la mâchoire, il prit quelques minutes pour réfléchir, mais également pour juste souffler un peu. Ses pensées se formaient avec difficulté, des images dénuées de sens passant et repassant sans cesse devant son œil brumeux. Il n'arrivait pas à mettre de mots sur ce qu'il voyait, et de toute manière, il ne fallait pas qu'il se laisse entraîner la dedans, il devait se concentrer. Son regard s'accrocha à celui émeraude de son confrère, et l'Artiste hocha la tête. Avait-il seulement le choix ? Leur médecin ne serait pas de retour avant plusieurs jours, s'il attendait jusque là, il ne serait sans doute plus qu'un cadavre... Un sourire s'écrasa sur ses lèvres. L'idée n'était pas déplaisante... Malgré tout, il se releva, titubant légèrement sur ses jambes mal assurées. La fièvre fulgurante avait enfin atteint son corps au grand complet. Uriel siffla entre ses dents. Quelle loque il était.
« J'ai ce qu'il faut en haut. » indiqua-t-il d'une voix rauque au couturier.
N'ajoutant rien de plus, il se dirigea vers le grand escalier, et une fois au pied de celui-ci, il se sentit comme un randonneur débutant face à l'Everest. S'appuyant de sa main valide sur la rambarde, il entama sa pénible ascension, réprimant les moindres signes et souffles qui trahissaient son état. Certes, il n'avait pas réussi à cacher ses plaies, mais ce n'était pas une raison suffisante pour qu'il s'abandonne aux complaintes. Et ce n'était pas qu'une question de fierté. Une fois arrivé devant sa chambre, il poussa la porte et retira prestement sa cape, révélant des bandages trop serrés gorgés de sang et qui ne demandaient qu'à déborder. Passant derrière le petit coin qui lui servait d'atelier, Uriel ouvrit la porte qui donnait sur sa salle de bains. Celle-ci n'était en vérité qu'une sorte de cagibi étroit et mal éclairé, qui contrastait avec le luxe général des lieux. C'était son choix. A quoi bon apporter plus d'importance à une pièce dans laquelle il restait peu de temps et dont il n'allumait presque jamais les lumières ? S'emparant d'une petite boîte ornée d'une croix rouge et d'une serviette noire, il revint dans sa grande chambre et la déposa sur la table basse.

S'asseyant sur le canapé, l'homme au masque entreprit de défaire les bandes qui protégeaient ses blessures. Il faisait son possible pour ne pas réfléchir à la situation, et surtout pour ne pas se rappeler de la présence du rouquin. Peu de personnes pouvaient se targuer d'avoir vu ne serait-ce qu'un bout de peau de son corps tant il prenait soin de le dissimuler au maximum. Tant pis. Au fur et à mesure qu'il déroulait les bandages, des cicatrices se révélaient, nombreuses, de toutes les tailles. Certaines étaient des brûlures, d'autres semblaient être dues à des coupures, surtout celles qui ornaient l'intérieur de son poignet. Et juste en dessous de celle-ci, on pouvait discerner ce qui semblait être un tatouage. Uriel. Son prénom, inscrit à jamais dans sa peau. L'encre était pâlie, comme si cela remontait à de nombreuses années. Les lettres étaient fines, mais partiellement irrégulières et étirées, et l'on pouvait se demander à juste titre si ce n'était pas la croissance qui les avaient déformées ainsi.

Mais ce qui attirait bien évidemment l’œil c'était ces trois longues plaies rouge vif qui crachaient inlassablement des perles de sang. Le spectacle n'était pas des plus plaisant, mais vu le passif criminel du rouquin, il n'allait sans doute pas être rebuté pour si peu, si ? Le masqué leva son visage impassible vers la Poupée, l'invitant silencieusement à entamer son œuvre. Il espérait que son docteur de substitution se garde bien de poser la moindre question, que ce soit à propos de ses innombrables balafres ou des marques de piqûres dans le creux de son coude.

* * *

Dans la grande salle, Anket ferma les yeux. Elle avait regardé les deux hommes monter, et même si elle était un peu dérangée à l'idée de laisser son protégé seul avec cet inconnu, elle avait préféré se taire. Les petites mains qui s’affairaient sur sa chevelure lui permettaient de se détendre légèrement, lui arrachant même un léger sourire. Allons, ils étaient de grands garçons, et avec un peu de chance, ce Damu parviendrait peut-être à soigner ce vieux ronchon. Tout du moins elle l'espérait. Elle verrait bien comment les choses allaient tourner, pour le moment, elle devait se concentrer sur cette adorable petite chipie. Son énergie et ses grands sourires n'étaient pas sans lui rappeler Tayet, une de ses nièces. Bon, celle-ci n'était pas une vilaine en puissance, mais elle débordait de cette même innocence. Rouvrant ses paupières, la jeune femme leva les yeux en direction de sa nouvelle coiffeuse professionnelle.
« Alors ma puce, comment se passe ta vie au Lotus ? Damu et les autres s'occupent bien de toi ? »
Le ton de sa voix dénotait un profond intérêt envers la demoiselle, pour la simple raison que Madame adorait les enfants. Si elle n'avait pas le temps d'en avoir par elle-même, cela ne l'empêchait pas de se sentir concernée par le confort de ceux des autres, et elle devait avouer que le QG de l'Alliance des Vilains n'était peut-être pas l'endroit rêvé pour l'éducation d'un jeune esprit. Quelque part, elle était heureuse que Uriel se soit proposé pour donner des cours à la petite, cela lui permettrait de garder un œil sur son développement.




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MessageDim 18 Fév - 18:39
La gamine ne fit pas vraiment attention aux alentours. Entre deux nattes - Qui n'avaient de tresse que le nom, elle remarqua distraitement que les deux garçons étaient partis. Probablement à cause d'un truc d'adulte. Damu la laissait souvent en plan pour faire des trucs qu'elle ne comprenait pas. De toute maniere c'était le genre de chose qui ne l’intéressait pas le moins du monde. Faut' dire, les adultes étaient pour la plupart ennuyeux à ses yeux. Même Damu qui était son grand frère préféré l’agaçait parfois en l’empêchant trop souvent de s'amuser a son saoul.

- Ca se passe bien le lotus. Y'avait des gens qui m’embettaient parfois, mais je leur ais foutu une raclé une fois. Et tout le monde a arrêté !

Elle exagérait un peu. Elle avait plus humiliés que frappé. La gamine les avait fait aisément volé à l'autre bout d'une salle sous le regard de quelques spectateur. C'était black mist qui était intervenu pour régler l'épineux problème. Mais au moins, le mal était fait. Les gens avaient enfin compris que libérer le potentiel de destruction de la gamine était pas l'idée du siècle. Faut croire que la môme avait un alter assez entrainé pour son âge, vu l'usage inconsidéré  qu'elle en faisait.

L'enfant regarda a nouveau la scene, le piano trônait toujours. Et il lui rappelait la douceur de ses notes. La chorégraphie des mains de Uriel et Damu sur le clavier. Ça lui rappelait quelque chose. Elle n'arrivait pas exactement a préciser quoi. Mais... Mais l'instrument lui disait quelque chose. Elle avait une musique précise dans la tête, quelque chose qu'elle n'arrivait pas trop a cerner. Ca datait d'avant, quand elle était toute petite.

- Tu sais jouer du piano ? J'peux r'garder ? T'peux m'apprendre ?

Faut dire, quand Yui avait une idée fixée quelque part, elle ne l'avait pas ailleurs. Entre les tresses, le délire de ninja tueuse et celui des tresses. A croire que Yui aimait le comique de répetition.
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MessageMar 27 Fév - 10:47
Spectateur de l'acharnement d'Uriel à ne rien dévoiler de sa douleur, Damu se refusa à émettre tout conseil ou proposition qui, malgré leurs bons sentiments, pourraient être portés à une désagréable interprétation de la part du Masqué qui n'avait sans doute pas recouvré d'idées claires. Le roux admira sa faculté à ne rien laisser paraître et à rester aussi digne, bien que le Masque offrant un visage sans expression soit sans doute "un peu de la triche" dans le domaine. Quand ils atteignirent enfin l'étage et leur destination -Que Damu était satisfait de connaître, gardant ainsi quelques repères malgré la brièveté de son premier passage.- le couturier se sentit saisi d'une angoisse sourde. Nullement envers Uriel - Non il avait confiance - mais envers ses propres capacités. Coudre, certes, mais coudre bien et sans aggraver l'état médical du patient, ce n'était pas gagné d'avance. Pourtant il n'était pas si anxieux que cela voilà quelques instants ?
Mais impossible de reculer maintenant, et si lui ne tentait rien, alors qui ?
L'homme tenta de retrouver son calme habituel en se raccrochant à cette idée.

Tandis que le Masqué se préparait -À ce qu'il pouvait deviner de lui il n'était pas habitué à ce genre de choses et il n'était sûrement pas courant que quelqu'un puisse ainsi le voir.- Damu se dirigea dans le petit cagibi afin de se procurer du désinfectant dont il humidifia du fil noir et fin, ce qu'il avait de plus solide et approprié sous la main -il n'avait que peu de choix, ne se promenant que rarement avec une trousse de couture complète sur lui...- ainsi que son aiguille. Il fallait bien éviter d'infecter la plaie après tout, mais ce ne serait sûrement pas très agréable pour le souffrant. Mais il s'agissait d'un mal pour un bien, non ?

Enfin le rouquin s'approcha de ce qu'il s'efforçait de considérer comme un simple mannequin de couture supplémentaire afin de commencer sa pointilleuse besogne. Il attendit avec respect que l'autre lui indique qu'il pouvait commencer et, faut de mieux, se mit à genoux à côté du canapé où celui ci était installé. À la bonne hauteur il eu tout le loisir d'examiner la plaie, s'attardant le moins possible sur le bras en lui même malgré sa curiosité. Il avait pensé à se munir d'un linge propre et espérait qu'il n'avait rien de précieux, afin de nettoyer la plaie du sang qui l'empêchait de bien voir. Il essayait d'être le plus délicat possible, n'appuyant que très peu sur la chaire meurtrie, et planta l'aiguille une première fois. 

- Je suis désolé si ça pique un peu...


Il ignorait si il valait mieux qu'il parle mais, prenant en compte l'état peu apte à la discussion d'Uriel et le fait qu'il serait bien plus concentré sur sa tâche en se taisant, le choix fut vite fait. Quand il eu finit sa première ligne de couture, serrée sans pour autant forcer, il regarda avec une certaine satisfaction son travail. Bien entendu nous étions loin du travail de médecin, mais la plaie était désormais régulière et apte à cicatriser. Trois nouvelles balafres pour le prix d'une pour orner ce bras qui portait déjà les traces d'une assez lourde histoire. Mais, presque ironiquement, ce fait le réconfortait en un sens. Entre "recousus" il ne pouvait qu'y avoir un respect mutuel aussi bien envers le corps charcuté qu'envers la personne. 

Sans un mot et sans cesser d'éponger les quelques larmes de sang qui ne cessaient de couler des plaies à l'aide du linge frais, la poupée humaine continua son travail avec application.


Vilain Solitaire
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MessageMar 6 Mar - 4:39
















 ❝ Une journée presque ordinaire ❞

w/ Yui Amane & Damu Ningyô



Au moment où l'aiguille perçait sa peau pour la première fois, un faible grognement commença à naître dans sa gorge. La douleur éclata à nouveau dans un recoin de son cerveau et il dut inspirer profondément pour ne pas agir violemment envers son confrère. Sa main gauche avait tressailli, le poing fermé, prête à frapper, mais il avait su la garder contre sa jambe, se forçant à garder son bras valide fermement serré contre son corps. Cette situation ne lui plaisait guère, et ce pour plusieurs raisons. La première était qu'il n'appréciait simplement pas de se dévoiler ainsi, aussi faible, à un homme qu'il connaissait si peu. Et enfin, question la plus importante, depuis quand accordait-il ainsi sa confiance aussi facilement ? Il lui avait fallu des années pour ne plus être sur ses gardes en présence de Madame, et même si elle en avait eu les compétences, il savait qu'il ne l'aurait pas laissée le rafistoler de la sorte. L'aiguille plongea à nouveau dans sa chair, mais sans lui arracher la moindre réaction. Le moment de laisser-aller était passé. Plus aucun son ne sortirait de se la cage que formait sa mâchoire contactée, peu importe à quel point il souffrirait.

Son œil descendit et observa le visage couturé de celui à la chevelure de feu. Il était concentré sur sa tâche, sa garde totalement relâchée. Vu leur proximité, le masqué jugea qu'il pourrait aisément utiliser son Alter sur lui ou même lui ôter la vie, comme cela, en moins de temps qu'il ne fallait pour claquer des doigts. Mais d'un autre côté, cela était aussi vrai dans l'autre sens. Si Damu l'attaquait ici et maintenant, il n'aurait rien pour se défendre, ni gant en métal pour parer un éventuel coup ni arme à portée de main. Son iris écarlate s'anima brièvement d'une étincelle de curiosité, mais la douleur était trop intense pour qu'il puisse poursuivre plus longuement son questionnement. Sa paupière se plissa légèrement, et son regard se vida de toute expression particulière, se perdant dans la contemplation de la table basse et des bandages sales qu'il avait abandonné là.

Alors que le rouquin s'appliquait scrupuleusement sur sa dure besogne, Uriel se mura dans le silence, aussi bien vocalement que dans son attitude, comme s'il avait été "éteint". Seule sa main gauche indiquait qu'il était encore conscient : sur sa jambe, ses doigts s'agitaient, et en y regardant de plus près, on pouvait se dire - à juste titre - qu'il jouait mentalement une mélodie. Aussi loin que sa mémoire remontait, c'était ainsi qu'il avait toujours affronté les pires douleurs. Cela lui rappela une de ses plus mauvaises aventures sur le sol français, celle qui aurait pu le laisser infirme du pied à jamais. Cette fois là, il n'avait pas eu la chance de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre pour recoudre sa plaie. Une chance ? Les minutes s'écoulèrent telles les gouttes de sang qui suintaient de ses blessures, alors que cette idée mal assurée se perdait dans le brouillard croissant de son esprit.

La troisième et dernière estafilade fut enfin recousue. Sortant de son mutisme apparent, l'artiste observa le résultat et, même si cela n'était pas parfait, il se dit que c'était un tour de force venant d'une personne sans formation médicale. Malheureusement, la perte de sang demeurait trop importante, si bien que même assis, sa tête lui tournait encore. Pourtant, en voyant les mains rougies du jeune homme, il se leva prestement et se rendit maladroitement jusqu'à la salle de bains. Là, il s'empara d'un autre linge propre, l'humidifia et revint le lui tendre. Sa propre peau était dans un état pitoyable, mais sur le moment, il ne s'en soucia pas. Il plongea son œil dans celui émeraude du tueur, sondant son expression.
« Nous devrions redescendre. »
S'emparant prestement de bandages neufs, Uriel recouvrit ses cicatrices en devenir, grimaçant sous son masque. A cet instant, il se rendit compte à quel point l'homme avait eu les mains légères quand il l'avait recousu, rien à voir avec la lourdeur de ses propres gestes. Il repassa ensuite sa cape pour dissimuler le tout, et alors qu'ils quittaient sa chambre, il se tourna vers Damu.
« Merci. »
Ce mot, si anodin en apparence, il l'avait prononcé avec une sincérité déconcertante. Mais il ne pouvait se permettre de se laisser troubler par d'autres questionnements, déjà son corps réclamait du repos comme pouvait en témoigner les tremblements dans ses membres et la brume dans sa vision. La descente s'annonçait aussi périlleuse que leur ascension.

* * *

Madame adressa un large sourire à la jeune fille quand celle-ci se vanta de son exploit. Oh, elle se doutait bien que la petite enjolivait légèrement son histoire, mais n'était-ce pas ainsi que les enfants fonctionnaient ? Le changement brusque de sujet de conversation la fit rire doucement, et elle se dit qu'il était vraiment rafraîchissant que d'avoir un jeune esprit dans la même pièce que soi. On ne s'ennuyait jamais avec les enfants, ils trouvent toujours un moyen d'attirer votre attention, que ce soit par leurs questions ou leurs bêtises. Secouant doucement la tête, Anket finit par lui répondre.
« Désolée princesse, ce n'est pas de mon ressort. Mais la prochaine fois que tu viens, je te montrerai le kanoun, c'est un instrument de mon pays. »
« Sans vouloir vous vexer, Madame, je ne suis pas certain que la demoiselle souhaite vous entendre martyriser les cordes de ce pauvre instrument. »
Surprise, Anket se redressa et constata que les deux vilains en avaient déjà apparemment fini. Un étrange soulagement envahit son cœur, mais la jeune femme dissimula le tout sous un sourire affable, se gardant bien de répondre à cette petite pique amicale. Elle se tourna aussitôt vers Yui, gonflant ses joues pour lui signifier que le vieil Uriel lui cassait un peu les noix.
« Dis moi Yui, si tu reviens nous voir, qu'est-ce que tu aimerais manger de bon ? »
Revenir ? Uriel pencha un peu la tête sur le côté. Pourquoi l'enfant devrait-elle rev- Oh. Oui. Il se rappelait presque ce moment d'absence étrange qui l'avait envahit et la proposition qu'il avait énoncé sous l'emprise de la fièvre. Fièvre qui le força d'ailleurs à prendre une chaise et à s'asseoir aux côtés de Madame.


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MessageMer 14 Mar - 18:32
La réponse de la gamine face a la question fu presque trop évidente pour la faune qui fréquente de pres ou de loin la gamine

- Vous avez des glaces au chocolat ?

Faut dire... la diet de l'enfant était pas la plus saine qui soit pour une croissance optimale. M'enfin, si Yui était pas exactement prévisible la plupart du temps, il restait quelques saines exceptions à ce comportement. Généralement, quand il était questions de certains sujet qui tournait presque à la manie : La bouffe, les tresses, les héros.

En dehors de ces sujets de conversation, il était difficile de prévoir ce que la gamine pouvait exactement dire ou faire. Elle oscillait entre la normalité et la sociopathie avancée, comme une funambule cherchant un équilibre sur une corde tendue.

- D'ailleurs ! Ca va être trop cool ! T'es super gentil uriel, même si t'es un peu timide

Alliant geste inconsidéré et paroles improbable, l'enfant enlaça presque doucement le masqué avec un sourire rayonnant d'une aura de joie sincère. Faut dire, elle l'aimait déjà beaucoup l'ami de Damu
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MessageSam 17 Mar - 21:43
-Merci.

Que dire de plus ? Il n'y avait rien à rajouter de particulier, mais ce mot, bien qu'il ne fussent pas le premier à briser le silence qui s'était installé, sonnait bien plus à ses oreilles. Muet dans sa douleur et enfermé dans sa fierté tout le long de la séance de couture, Uriel navait pourtant pas tardé à retrouver le sens des civilités et lui avait tendu une serviette avec laquelle il avait scrupuleusement nettoyé ses mains, désireux de ne laisser aucune trace de sang sur un mur ou quelque objet. Sans piper mot, il suivit Uriel, et se rendit compte quand ceux ci se calmèrent que les battements de son coeur avaient atteint un rythme presque douloureux. L'anxiété sans doute.

Avec le sentiment dissonant de se voiler la face, Damu afficha un sourire qui se voulait réconfortant et assuré en arrivant en bas des escaliers. La démarche maladroite de son compagnon avait rendu le trajet quelque peu plus long, Uriel semblait en proie à la somnolence de son avis, ce qui ne l'étonnait guère. La fièvre n'allait pas partir aussi rapidement que l'on enlève des bandages. 

Mettant de côté ces quelques troubles avec lesquels l'autre pianiste saurait composer, Damu prit une chaise à son tour, croisant ses fines jambes, et porta son attention désormais plus libre à cette pauvre Yui qu'il avait délaissée. Celle ci ne semblait pas lui en tenir rigueur, tout à son empressement de revenir en ce lieu pour manger de la glace au chocolat. Ainsi Madame venait elle d'apprendre en un instant la plus grande faiblesse de Yui et sa meilleure motivation ! Il rit à la réponse de l'enfant mais déchanta quand elle gratifia son généreux professeur d'un second câlin. Suicidaire, elle était suicidaire ! 

Il esquissa le geste de se lever mais, en croisant le regard confiant de Anket, il se stoppa. Elle connaissait sans doute mieux son protégé que lui, et si elle même n'intervenait pas, cela signifiait bien que Yui ne craignait rien. 

Les mots de l'enfant finirent d'ailleurs par le... réconforter ? Que Yui apprécie son ami ou quoi qu'il fusse réellement lui semblait être de bonne augure. Il camoufla son geste en faisant mine de se plier en avant, coudes sur les genoux afin de retenir sa tête comme si le spectacle était captivant. Comme si de rien n'était, en somme.

Une vibrations dans sa poche de manteaux lui indiquant un appel, il se leva avec un petit geste d'excuse pour ses hôtes. Il n'eut pas à parler, seulement à recevoir les ordres d'un de ses supérieurs. On avait besoin de lui concernant quelque affaire à la Ligue, et cela signifiait que la petite sortie était terminée. Il soupira en raccrochant et rangea son appareil plutôt récent.


- Yui ma grande, nous allons devoir rentrer. 

Avec un salut élégant mais sobre, il prit congé auprès d'Anket. Il ignorait si il devait lui faire la bise, lui serrer la main ou quel que soit l'étiquette auprès d'elle ainsi se contenta il de cela. Au moins était il sincère et honnête dans sa démarche car Anket lui faisait une très bonne impression, celle d'une personne avec qui il partageait quelques traits et intérêts.


- Je vous remercie de votre accueil, ce fut un plaisir. Yui a déjà l'air de vous adorer ! Au plaisir de vous revoir.

il alla ensuite récupérer l'enfant, désireux aussi bien de remplir son devoir que de libérer son malheureux ami. Ne sachant pas vraiment comment la persuader de rester auprès de lui avant que l'enfant n'aille papillonner ailleurs dans toute l'inconstance de la candeur, il la prit par la main et salua de nouveau, Uriel cette fois ci. Hésitant un peu sur les mots, il conclut simplement :


-Merci beaucoup pour cet après midi. Au revoir, et *il claqua de la langue* prenez soin de vous


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MessageDim 1 Avr - 22:11
















 ❝ Une journée presque ordinaire ❞

w/ Yui Amane & Damu Ningyô


Madame observa tour à tour les deux hommes, et son regard glissa doucement sur les bandages neufs qui ornaient le bras de son protégé. Elle espérait sincèrement que le rouquin n'ait pas empiré son état et- Son esprit marqua un temps. Pourquoi cherchait-elle ainsi la petite bête ? Elle prit une profonde inspiration, tandis que l'envie de prendre un énième verre montait en elle. Il fallait qu'elle se détende. Avec le dîner d'affaires qu'elle avait de prévu ce soir, elle ne pouvait pas se permettre de rester dans un tel état d'inquiétude sourde. Son visage ne trahissait rien, et c'est un grand sourire sincère qu'elle adressa à la petite fille quand celle-ci répondit à sa question. De la glace au chocolat ! Ce n'était pas quelque chose de surprenant pour une enfant de son âge. L’Égyptienne nota donc dans un recoin de sa tête de ne pas oublier de faire un petit stock de ce parfum là, et- Ses grands yeux bleus s'écarquillèrent l'espace d'un instant en voyant l'apprentie ninja qui gratifiait l'Artiste d'un nouveau câlin. Pourtant, quelque chose dans l’œil écarlate de l'homme la réconforta et elle se détendit aussitôt.

Réprimant une expression de dégoût derrière son masque, Uriel regarda avec circonspection la fillette qui s'accrochait à lui. C'était la deuxième fois qu'elle avait ce genre de marque d'affection envers sa personne, et si la première avait été totalement enfouie sous la souffrance que la gamine avait réveillé en lui, à cet instant, il avait l'esprit assez clair pour se demander ce que cela signifiait. Intrigué, il la laissa donc faire, et quand elle leva sur lui son visage rayonnant de joie sincère et de bonheur simple, le tueur se surprit à sourire doucement, bien dissimulé derrière son expression factice. Il leva lentement sa main gauche et lui ébouriffa un peu sa chevelure, comme un oncle un peu grincheux qui se laissait un peu aller à la compassion. Bon, il n'était pas très à l'aise, et la frêle ,mais énergique, créature lui rappelait qu'elle appartenait à un monde qui lui était parfaitement inconnu, celui de l'enfance. Finalement, l'idée de lui donner quelques leçons ne lui paraissait plus si saugrenue que cela...

Son oeil roula sur le bord du masque, et avec un soupir, il observa le profil de l'autre tueur. Celui-ci avait décroché son téléphone et s'était éloigné de quelques pas pour prendre un appel. La Ligue. Même sous l'emprise de la fièvre, Uriel savait encore émettre cette conclusion des plus basiques. Pour le peu qu'il connaissait l'épouvantail, il avait tout de même retenu que celui-ci attachait un minimum d'importance à l'étiquette, et seule son organisation pouvait le pousser à agir de la sorte.

C'était le temps des adieux. Un au revoir, il est vrai, mais leur quotidien était tel qu'aucun ne pouvait savoir s'il serait encore là libre ou vivant, à la fin de la semaine. Cette pensée lui fit se mordre la lèvre inférieure et il reporta son attention sur la jeune demoiselle avant d'enfin poser son regard sur Anket. Celle-ci sourit chaleureusement à Damu, le saluant à son tour d'une modeste révérence. Quelque chose troublait sa mécène, il pouvait le voir à sa consommation anormale d'alcool, mais il prendrait le temps de lui en parler après le départ de leurs invités. Venait enfin son tour.

Face au conseil du rouquin, le masqué se contenta de hausser légèrement son épaule valide, détournant fièrement le regard. Pas de poignée de main, rien. Dans le fond, Uriel aurait préféré que cette entrevue se passe autrement, ils n'avaient même pas eu le temps de parler musique ou de débattre de leur vision de la mort. Tant pis. Si la Grande Dame les épargnait encore un peu, ils auraient d'autres occasions d'échanger là dessus. Et alors que l'homme et l'enfant quittaient le Denderah, le peintre resta planté là, debout devant sa chaise, observant jusqu'au dernier instant ce duo si étrange et qui se révélait finalement plus agréable qu'il ne l'aurait espéré... Ah ! La fièvre recommençait à le faire délirer.

Se tournant enfin vers Madame, il remarqua qu'elle était en train de servir deux verres, un martini pour elle, et un whisky qu'il estima pour lui. S'échangeant un simple regard, ils montèrent tous deux jusqu'à la chambre de l'homme et, une fois rendus sur place, ils s'installèrent autour de la petite table basse, lui dans son fauteuil, elle à moitié affalée sur le canapé luxueux. Des minutes emplies de silence s’égrainèrent lentement, jusqu'à ce que la jeune femme se redresse, une expression soucieuse inscrite dans ses traits.
« Uriel... Est-ce que... tu vas tenir ta promesse et laisser cette petite venir étudier avec toi ? »
Étonné, il pencha la tête sur le côté, prenant le temps de choisir convenablement ses mots.
« Cela vous ferait-il plaisir ? »
A son tour décontenancée par la question de son protégé, Anket battit vivement des cils avant de hocher la tête.
« Assurément ! C'est juste... Cela ne doit pas toujours être facile pour une enfant de vivre au sein d'un groupe de vilains... »
L'Artiste faillit lui faire la remarque que le Denderah n'était pas forcément mieux, mais en voyant l'air préoccupé de la belle, il se retint. Ils continuèrent à discuter encore un peu, et quand il l'assura qu'il donnerait bien quelques leçon de solfège à cette irritante mais adorable chipie, le visage de la jeune femme s'illumina à nouveau. Ils passèrent ensuite une bonne heure à parler de tout et de rien, et à plusieurs reprises, elle lui demanda des précisions sur son lien avec ce fameux Damu. Mais elle se heurta à un mur inflexible : c'est un ami. Mais rien que cela était une première chez l'étrange énergumène qu'était son favori. Quand le sommeil l'envahit au point où il tenait à peine droit dans son fauteuil, elle préféra le laisser se reposer. Étouffant un bâillement, Uriel se laissa aller sur son lit, et, se calant dans le moelleux des coussins, il s'empara d'un bloc de feuilles, d'un fusain, et il commença à esquisser un visage souriant, orné d'un drôle d’œil bouton, ainsi qu'un plus petit, espiègle et adorable à la fois...

[ F I N ]


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