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Chapitre 6. Nouveau départ. [rp solo/Fini]

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Mer 27 Déc - 3:15

Chapitre 6. Nouveau départ.    



Alone
Héroïne au coeur de pierre

▬ Tout est une question de choix.
Deux mois plus tôt.

Comme paralysée par les mots qu'elle venait d'entendre, la jeune femme demeurait aussi immobile qu'une statue de cire. Ses yeux étaient fixés sur le mur blanc et, à mesure que les secondes s'écoulaient, quelques larmes finirent par poindre à leurs coins. Son corps était agité par des tremblements alors qu'elle essayait tant bien que mal de contenir ses émotions. Depuis le téléphone, une voix essayait de recapter son attention. Elle battit vivement des cils et finit par émettre quelques "oui" étouffés. Les informations continuèrent à déferler, et à chacune d'elle, son cœur se comprimait si fort qu'il semblait sur le point de s'arrêter. Sa tête lui faisait mal, tandis que les mots s'y répétaient en boucle. Elle avait la nausée, elle avait froid, elle étouffait, elle voulait disparaître et sa peine avec elle. Un cauchemar. Il fallait qu'elle se réveille...

L'appel se termina enfin, non sans que la personne ne lui donne un dernier complément d'informations. Quand elle eut raccroché, la jeune femme laissa le téléphone choir sur la table, en un grand fracas. L'écran se fissura légèrement, et la coque sauta, éparpillant la batterie et son couvercle. Un lourd silence s'installa. Les tremblements s'intensifièrent, jusqu'à l'explosion. Un cri de rage lui déchira la gorge et, autour d'elle, les objets se mirent à voler et à se fracasser sur le sol ou les murs. Deux gros chats décampèrent aussitôt pour se mettre bien à l'abri dans la chambre, effrayés qu'ils étaient par toute cette agitation.

Des souvenirs lui revenaient, les plus joyeux pour ne pas aider. Et sur ses joues, les larmes ne cessaient de couler. Un tourbillon d'émotion bouleversait son être, la tristesse bien sûr, mais également la colère, l'impuissance, le regret... Elle avait envie de tout détruire autour d'elle, mais surtout de se détruire elle-même. Elle était la cause de tout ceci. Non. Elle ne devait pas formuler cette idée. Ils étaient morts. Arrête. Ils étaient morts à cause d'elle... Ce n'était pas vrai. Ils étaient morts et elle ne pouvait rien y faire. Enfonçant son visage dans ses bras, elle continua à déverser son chagrin...

Meurtre d'un couple dans la ville de XXX, préfecture de XXX.
Les corps de M. et Mme. KUDO ont été retrouvés hier soir, dans leur salon. Selon les premiers examens de la police, ils semblent avoir été assassinés d'une balle en pleine tête. Le tueur aurait également laissé un message, un origami en forme de fleur. La police n'a, pour le moment, fait aucune autre déclaration.
M. KUDO, policier, et Mme. KUDO, née ARAI, fleuriste, étaient très appréciés dans leur quartier. L'absence de traces de cambriolage et la manière dont ils ont été tués laissent penser à un acte de vengeance.


Les jours s'enchaînaient, creux, ternes, mais surtout épuisants. Au fond de son cœur, la jeune femme sentait le désespoir se muer peu à peu en rage sourde. Il fallait qu'elle l'évacue, mais elle était incapable de quitter son appartement. Elle avait bien sûr contacté son travail, et le directeur s'était montré bien plus compréhensif qu'elle ne l'avait prévu.

« Prenez votre temps. Il est toujours difficile de traverser ce genre d'épreuves. Prenez seulement soin de vous et revenez nous vite. »

Vite. Facile à dire. Elle avait encore tant de choses à faire, à commencer par retrouver l'enfoiré qui avait fait ça. Oh, elle n'avait pas passé les derniers jours prostrée dans son canapé, comme elle le racontait aux personnes qui prenaient de ses nouvelles. Son ordinateur tournait à plein régime, explorant les archives de différents journaux, ceux de la police locale et même ceux de son ancienne agence héroïque. Son bureau était jonché de post-it, notes, et autres feuilles volantes. Une écriture fine et agglutinée en recouvrait chaque espace, certaines informations étaient surlignées, d'autres simplement entourées. Mais à vue d’œil, cela représentait un travail colossal, à un tel point qu'il était aisé de deviner qu'elle n'avait pas fermé l’œil depuis que la nouvelle était tombée. La montagne de marc à café dans la poubelle pouvait en témoigner. Son cœur battait à tout rompre, ses yeux tressautaient sous l'effet de la fatigue accumulée et de la caféine. Cependant, il n'était pas question de s'arrêter en si bon chemin. A l'aide de quelques connaissances, elle avait réussi à récupérer quelques dossiers importants, et même si ce n'était pas entièrement légal, elle avait fait son choix. Peu importe ce que cela lui coûtait, elle les retrouverait...

A la nuit tombée, quelques réponses étaient enfin entre ses mains. Terrassée par la fatigue, elle se laissa finalement aller à un sommeil sans rêve. Elle dormit dix heures d'affilées, et elle aurait sans doute continué si son réveil ne l'avait pas rappelée à l'ordre. La jeune femme se prépara, rangea un peu ses fiches et ses notes, et après avoir glissé une petite enveloppe dans son sac, elle quitta son appartement. Arrivée en bas de chez-elle, ses yeux fiévreux analysèrent les quelques passants qui se trouvaient dans la rue. Mais il n'y avait aucun visage connu. D'un pas raide, elle remonta l'avenue en direction du métro.

**
*

Midi. Le Mamba Noir. C'était un petit bar des bas-quartiers, pas vraiment cossu, mais pas totalement délabré comme certains peuvent l'être. Assise seule à une table, la jeune femme semblait attendre quelqu'un. Devant elle se trouvait un verre de bière. De la pisse de chat, pour être poli, si bien qu'elle y avait à peine trempé les lèvres. Quelques hommes, déjà bourrés, avaient bien tenté de l'approcher, mais le regard froid qu'elle leur lançait les décourageait avant même qu'ils n'ouvrent la bouche. Un groupe de clients entra alors et, se détachant d'eux, un petit homme au visage de fouine vint la rejoindre. Se grattant le bout de son museau moustachu, il s'installa en face d'elle, jetant autour de lui des regards suspicieux.

« T'as ce qu'i' faut ? »

Elle sortit l'enveloppe et la poussa vers lui. Il la saisit entre ses mains griffues et, l’entrouvrant un peu, il en inspecta le contenu. Un sourire satisfait sur ses babines, il sembla se relaxer légèrement. A son tour, il lui donna une enveloppe, marron cette fois, et il se leva prestement. La jeune femme l'arrêta d'un signe de main, le temps qu'elle même vérifie sa marchandise. Sans trahir la moindre émotion, elle referma son bien et le laissa repartir, non sans qu'il ne hausse dédaigneusement les épaules. Se fondant à nouveau dans la masse des autres clients, il disparut de sa vue aussi rapidement qu'il était venu. Bien. Elle avait désormais tout ce qu'il lui fallait.



Sans même finir son verre, elle abandonna un billet sur la table et quitta le bar. Alors que la porte commençait à se refermer derrière elle, une main gantée l'arrêta et deux larges silhouettes se mirent à la suivre de loin.

Sans se presser, la jeune femme s'enfonça de plus en plus au sein des mauvais quartiers. Les badauds ne se gênaient pas pour la dévisager, elle qui était inconnue du coin. Mais elle s'en moquait. Une seule idée guidait ses pas et elle la suivrait jusqu'au bout. Elle avait bien conscience des deux gorilles qui l'avaient prise en chasse, leur discrétion était complètement à revoir... Mais cela ne changeait rien au plan. Au contraire. Finalement, ses pas s'arrêtèrent devant une vieille maison branlante. Là, elle prit le temps de sortir son téléphone, de prendre une photo, de le ranger avant de reprendre son chemin comme-ci de rien n'était. Pourquoi cette maison en particulier ? Pour envoyer un message. Elle ne doutait pas que les deux crétins relèveraient l'adresse, et si elle avait bien affaire à la personne que l'autre fouine lui avait indiqué, cette personne là comprendrait.

Au bout de presque une heure de marche rapide, elle avait quitté les bas-quartiers pour revenir dans le centre. Ses poursuivants avaient fini par lâcher l'affaire, peu après l'épisode de la maison, mais même après l'avoir remarqué, elle n'avait pu s'empêcher de garder un rythme soutenu. A présent qu'elle ralentissait, elle sentait que son corps n'était plus à la hauteur. Entre le manque de sommeil, le confinement de quelques jours mais surtout l'empâtement du quotidien, elle n'était pas prête physiquement. Mais elle n'avait pas le choix.

**
*

Dix-sept heures. Étendue dans son lit, elle était perdue dans ses pensées. Autour d'elle flottaient plusieurs de ses couteaux, épées, poings américains... Intrigué, l'un de ses chats voulut leur donner une petit coup de patte, mais elle éloigna brusquement ses lames, causant la fuite en dérapage du félin. Elle se redressa et regarda l'heure sur le cadran LCD de son réveil. Le temps ne passait pas. Son poing frappa vigoureusement le matelas, expulsant légèrement l'impatience qui la submergeait. Dans son cœur, elle sentait l'angoisse qui commençait à croître. Elle avait peur, peur de l'échec, peur d'être redevenue faible, peur de décevoir... Ses yeux se tournèrent sur sa commode, et elle déglutit avec peine alors que la photo de deux policiers lui faisait face. Les deux hommes souriaient à pleines dents, le pouce levé. Ils respiraient la franche camaraderie, l'amour de leur métier, et chaque trait de leur visage semblait fait de gentillesse. La gorge serrée, elle se frotta vivement les yeux et les joues, refoulant sa tristesse au plus profond de son être. Tout ce qu'elle avait besoin pour ce soir, c'était sa colère, sa rage. Et rien d'autre.

**
*

Vingt-deux heures. Perchée sur le toit d'une usine, la jeune femme observait sa cible à l'aide de jumelles à vision nocturne. Elle les avait "empruntées" à une amie des forces de l'ordre, qui les avait malheureusement "oubliées" chez elle, un peu plus tôt, en début de soirée. Liliane avait bien essayé de la dissuader et, voyant que cela ne fonctionnait pas, d'accepter au moins son aide, mais face à la détermination de son amie, la policière n'avait pu que ployer.
Au pied d'un autre hangar, quelques voitures s'arrêtèrent. Les véhicules n'étaient pas rutilants et ceux qui en sortaient l'étaient encore moins. La mâchoire crispée, elle reconnut plusieurs des visages présents. Et au milieu d'eux, Cybils. La prison ne lui avait pas réussi, il avait le visage encore plus émacié qu'à l'époque, son regard était celui d'un dément et il était plus pâle qu'un fantôme anémique... Un homme semble alors parler au milieu d'eux et d'un coup, tous les regards se levèrent dans sa direction.

Alors qu'ils sortaient leurs flingues, la jeune femme abandonna les jumelles sur places et, saisissant ses épées, quitta sa position. Elle zigzagua jusqu'à un rebord et se laissa glisser sur la plateforme en contrebas. Elle amortit sa chute d'une petite roulade et se mit à l'abri derrière une bouche d'aération. Les tirs suivirent aussitôt ses déplacements, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : l'un d'eux possède un Alter pouvant la localiser. Mais celui-ci semblait assez peu précis, vu leur champ de tir large. Elle jeta un bref coup d’œil afin de vérifier le positionnement de ses assaillants. Parfait. Depuis l'endroit qu'elle avait quitté, une épée commença à léviter. Aucun ennemi ne sembla la remarquer, tout absorbés qu'ils étaient à lui tirer dessus.

Se focalisant sur celui qui semblait avoir donné son signalement, elle envoya son épée sur lui. La lame s'enfonça brusquement dans son épaule, le surprenant par derrière. Il cria et tomba à genoux en pressant sa main sur la blessure. Le sang coulait abondamment. Autour de lui, ses complices laissèrent échapper des petits cris de colère avant de reprendre leurs tirs. La jeune femme glissa un nouveau regard vers ses cibles, et un frisson glacé lui parcourut l'échine quand elle vit que Cybils avait profité de l'agitation pour disparaître. Serrant ses poings autour des poignées de ses armes, elle s'apprêta à se relever pour se lancer à la poursuite de sa proie, quand tout à coup, d'énormes griffes noires s'abattirent sur elle. Elle esquiva, plus par réflexe qu'autre chose et elle se retrouva aussitôt en joue par les autres vilains.

Cybils ricanait. Son Alter avait partiellement transformé son corps en celui d'une créature visqueuse, et la métamorphose progressait doucement. Elle avait lu son dossier. Une fois dans sa forme finale, il serait plus difficile à vaincre. Sans hésiter, elle se rua sur lui, pointes de ses lames en avant. Il bloqua l'attaque à l'aide de ses griffes, continuant de pouffer comme un dément. Son sourire se figea quand un couteau volant vint lui déchirer le poitrail. La plaie était assez profonde, mais nullement mortelle. Il laissa échapper un juron avant d’accélérer sa transformation. Alors qu'elle s'apprêtait à repartir à l'assaut, une salve de balles lui barra le passage, l'obligeant à s'éloigner de Cybils.

Elle sauta donc au sol, et, courant en oblique, elle gagna un nouvel abri. Là, elle fit le point. Cybils était blessé mais avec son Alter, il allait sans doute mieux encaisser le coup que prévu. Un de leurs gars était à terre, ce qui laissait cinq tireurs potentiels. Elle ne connaissait pas la nature de leurs Alters, et elle n'avait que des armes blanches. C'était mal parti. Vraiment. Le bon sens aurait voulu qu'elle se replie et appelle du renfort. Mais sur son visage, un sourire déterminé se dessina. Pas question de fuir.

Ses armes liées à son Alter étaient dispersées dans toute la zone, ce qui constituait son seul avantage. Des tirs ricochèrent alors sur le mur derrière lequel elle se cachait. Inspirant profondément, elle attendit quelques secondes. Les cliquetis des chargeurs vident se firent alors entendre. Profitant de cet instant de répit, elle sortit de sa cachette et se rua sur les ennemis les plus proches. Ses lames s'enfoncèrent dans les jambes, évitant soigneusement tous les points vitaux mais infligeant tout de même de lourds dégâts. Elle eut le temps d'en éliminer deux avant de devoir à nouveau se cacher. Les tirs se faisaient plus incertains, le doute s'installant peut-être dans l'esprit de ses opposants. Elle compta les tirs. Toutes les balles n'étaient pas encore sorties, mais ils marquaient un temps. Ah. Ils voulaient lui faire croire qu'ils rechargeaient. Malin. Mais pas assez. Se fiant à son ouïe, elle se mit à contrôler un de ses couteaux qui voltigea depuis un autre bâtiment.

Un cri. Son arme avait été remarquée. Elle usa de cette diversion pour jaillir de sa cachette par le haut, sautant sur le pauvre sbire qui se trouvait là. Son épée s'enfonça dans la chair tendre de son torse, traçant une longue plaie sur son passage. Le sang jaillit plus que de raison, projetant de fines gouttelettes sur son visage et son t-shirt noir. L'homme hurla et s'effondra en se tordant de douleur. Il s'en remettra. Un tir la frôla, un autre lui perfora la hanche. Elle glapit, mais resta sur pied. Plus que deux. Et Cybils. Celui-ci lui fonçait justement dessus. Elle esquiva du mieux qu'elle put et préféra se concentrer sur les deux derniers nuisibles. D'un bond, elle fut sur eux mais se heurta à une sorte de bouclier qui les protégeait d'une attaque frontale. Ils ne purent cependant rien faire quand les deux poings américains qu'elle contrôlait par la pensées vinrent les choper par l'arrière. Ils s'écroulèrent, inconscients.

Cybils s'élança, rapide malgré sa carrure désormais imposante. Ses longues griffes noires effleurèrent la joue droite de la jeune femme, faisant couler quelques larmes ensanglantées le long des plaies. Elle fit un pas en arrière, sortant de l'allonge de son adversaire et tenta de l'attaquer par derrière. Il balaya les épées volantes comme des fétus de paille. La jeune femme vacilla. La douleur dans sa hanche irradiait, la rendait cotonneuse. La plaie en elle-même n'était pas la plus grave, c'était tous les mouvements qu'elle faisait qui accéléraient l'hémorragie... Le monstre la désarma d'un revers de son immense patte et la plaqua contre le mur. La surface visqueuse s'écarta doucement, révélant le visage ricanant de l'assassin. Alors qu'il l'a tenait fermement d'une main, il lui arracha son bandeau de l'autre, la forçant à la regarder.

« Alors Elyah... Tu commences à regretter ? La Rose Noire voulait te prendre tout ce qui comptait à tes yeux avant de t'achever, mais on dirait que ça va pas pouvoir attendre ~ »

Sa voix ondulait, l'excès de confiance le poussait au bord de l'extase. Répugnant.

« Le Kusabana... On va le refaire tu vois. Ça va prendre du temps, mais t'as rien arrêté. Les vilains pullulent dans les rues, et c'est pas vous, les p'tits héros de merde qui allaient nous arrêter c'te fois ! »

Et il ponctua sa phrase en la giflant furieusement. Aucun son ne sortit de sa gorge, elle accusa le coup et tourna sa tête vers lui. Elle n'avait aucune expression, son regard était vide. Ils avaient prévu de lui prendre quoi de plus ? Kiyotoki et son épouse étaient les derniers proches qu'elle avait... Et elle n'avait pu les protéger. Elle serra son poing, impuissante. L'expression de Cybils changea, il était clairement irrité. Il la frappa à nouveau, enchaînant les coups dans le but d'obtenir une réaction. Mais rien ne vint.

« Déjà brisée ? T'aurais amoché tous mes gars pour rien ? Mais ça ressemble bien à la merde que t'es ! J'ai jamais pu te piffer, et j'ai mieux compris quand tu nous a balancé ! Salope ! Comme si t'avais jamais rien fait de sale pour nous ! »

Son regard brillait, empli de haine.

« Ce pauvre asiat' a qui t'a bousillé les jambes ! Tu t'en rappelles pas ? Et cette junkie que t'as envoyé à l'hosto à coups de poings ? La police a pas relevé ? Ou t'as juste tout mis sur le dos de Carter ? Putain, mais même lui tu l'as baisé ! Dans tous les sens du terme, sale chienne ! »

Sa lèvre éclata sous le coup de poing qu'il lui envoya. Elle perdait beaucoup de sang. Son esprit était pris dans un étau de brume lourd et impossible à évacuer. Les mots lui perçaient le cœur, ravivant tous ces souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Avec un air de dégoût, il la laissa retomber au sol, comme une vulgaire poupée de chiffon. Elle toussota, cracha un glaviot de sang. Elle avait mal. Ses tempes résonnaient comme une caisse claire. Est-ce qu'elle allait mourir là ? Elle le méritait après tout. Oui. Elle avait fait pas mal de sales boulots pour les Kusabana... Elle s'était dit qu'elle pouvait vivre avec, et pendant un temps l'illusion avait fonctionné. Sa vie avait repris un cours tranquille, elle était même devenue-

« Une prof' putain ! C'est ça que t'es d'venue ? Une putain de fonctionnaire ! Et r'garde toi ! Même pas capable de tenir debout après quelques claques ! »

Son pied, épaissit par son Alter, vint la faucher au niveau du ventre. Elle se recroquevilla, le souffle coupé. Mais toujours aucun son. Cybils s'impatientait. Il avait pas envie de la crever tout de suite, il aurait aimé suivre les ordres de la Rose Noire. Mais bon, vu qu'elle n'avait pas su sagement attendre à sa place... Il fut cependant surpris de la voir tenter de se relever. Et encore plus en voyant le regard éteint qu'elle avait. Cette conne était au bord de l'évanouissement, et elle bougeait encore ? Il s'apprêtait à la faire retomber d'un coup bien placé, quand tout à coup, il se prit une brique sur le haut du crâne. Le mur contre lequel il l'avait collé commençait à se dilater en autant de projectiles que possible. Le sang s'écoula de sa plaie, et il relança son Alter pour se recouvrir intégralement. Mais il n'en n'eut même pas le temps. Un poing américain le déboussola et une couteau se glissa dans le léger interstice qui séparait son véritable corps de son armure noire.

La lame coupa au travers de celle-ci, tandis que les briques continuaient à pleuvoir sur lui. Le choc l'envoya au sol, et son Alter finit par peu à peu disparaître. Des jurons pleuvaient de sa bouche tordue et sanguinolente, mais ils disparurent quand il vit la jeune femme s'approcher. Elle s'assit sur son torse, le visage encore en transe, et elle lui asséna une droite bien sentie. Et une gauche. Et elle alterna. Gauche. Droite. Gauche. Droite. Les coups étaient puissants malgré sa condition physique. Son esprit était absent. Et seule sa rage était désormais aux commandes. Dans un tournoiement d'acier, tous les lames qu'elle contrôlaient se regroupèrent autour d'elle. Deux épées s'enfoncèrent alors dans les épaules du malfrat, tandis que ses coutelas tailladaient allègrement ses cuisses.

Dans un sursaut, Elyah ouvrit les yeux et, juste par réflexe, elle parvint à retenir son geste. Ses deux mains étaient fermement serrées autour d'un couteau, et la lame de celui-ci s'arrêta à quelques centimètres de l’œil de Cybils. Celui-ci saignait abondamment, et il avait perdu connaissance. Mais là. Juste à l'instant. Elle avait faillit...

Tremblant de tout son corps, elle roula sur le côté et plongea son regard glacé dans le ciel noir et sans étoiles. Autour d'elle montaient des gémissements, les sbires qui souffraient encore, incapables de bouger. Elle-même ne savait pas comment elle avait réussi à s'en sortir... Sa gorge se comprima alors qu'elle cherchait à atteindre le téléphone dans la sacoche de sa ceinture. Elle composa un numéro et, alors que cela semblait sonner dans le vide, elle se laissa glisser dans les limbes de l'inconscience. Quelques minutes plus tard, des sirènes de police mugirent dans le lointain.

**
*

... nous sommes responsables de nos propres choix. » AeroPunch...

Elyah entrouvrit les yeux. Deux choses jaillirent immédiatement dans son esprit. D'abord, elle avait mal partout. Ensuite, sa bouche était pâteuse. Elle papillonna légèrement, à la recherche d'un point sur lequel accrocher son regard. Un triangle en métal au dessus de sa tête. En y regardant de plus près, elle se dit que c'était une poignée. Son esprit embrumé se demanda si le paradis avait investi dans des lits d'hôpitaux, mais sa raison lui asséna qu'elle n'était sans doute juste pas encore morte. Oh. Gémissant, elle tenta de se redresser, mais chaque mouvement lui faisait l'effet d'une brûlure dans tout le corps. Un visage flou se pencha alors sur elle, et comme venant de très loin, la voix de Liliane emplit sa tête.

« Chut chut, eh là ! Restes allongée... »

Une main douce et réconfortante lui tapote doucement l'épaule, et c'est plus sereinement qu'elle replongea dans un sommeil profond.

**
*

Quelques jours s'écoulèrent. Petit à petit, les soins prodigués par l'hôpital se firent ressentir. Plus que quelques examens et elle pourrait ressortir. Assise près de la fenêtre, elle regardait l'extérieur, le cœur vide. Sous ses yeux, les gens vivaient, souriaient, et essayaient d'être heureux au maximum. Elle les regardait avec dégoût. Mais c'était surtout son reflet qui lui donnait envie de vomir. Elle avait commencé a faire des cauchemars, elle se revoyait, le couteau entre ses mains, prête à prendre une vie. Elle aurait pu le faire. Quelques secondes de plus et elle aurait commis l'irréparable... Sa poitrine se comprima, mais ses yeux demeurèrent secs. Elle avait déjà trop pleuré la veille.

On toqua à la porte. Liliane entra sans même attendre d'y être invitée et, toute pimpante dans son uniforme de police, elle alla enlacer la jeune femme. Mais sa mine était soucieuse. Après avoir échangés quelques banalités, la policière prit place face à son amie.

« Je suis désolée de t'annoncer ça mais... Tu vas être mise à pied. Ça peut durer quelques semaines comme quelques mois, le temps qu'une cellule termine son enquête. »
« Ah. »

Liliane eut un sourire triste. Elyah semblait prendre la nouvelle sans vraiment s'y impliquer, et cela l'inquiétait.

« Il se peut que Cybils soit le meurtrier des Kubo et, si c'est le cas, ils vont sans doute faire le lien avec son arrestation... musclée. »

La jeune femme haussa les épaules. Il était certain que son domicile avait déjà été fouillé. Et vu toutes les preuves qu'elle avait laissé sur place, elle savait déjà qu'elle pouvait dire adieu à sa licence héroïque. Ce n'était peut-être pas plus mal après tout... D'un coup d'un seul, la main de Liliane s'abattit sur sa joue, ravivant de vives douleurs. Une larme de surprise perla au coin de ses yeux et elle regarda son amie avec stupéfaction. Inspirant profondément, la policière lui prit la main.

« Elyah ! C'est pas terminé, la Rose Noire court toujours ! Et on a besoin de toi pour l'arrêter ! Cybils nous a dit pour le Kusabana, qu'ils voulaient le recréer. Et on va pas les laisser faire, t'es avec moi ? »

La moue innocente et pourtant convaincue de son amie fit cligner des yeux à l’épéiste. Quelques secondes passèrent avant qu'un rire ne la saisisse finalement. C'était un rire léger, enfantin. Les notes joyeuses se mirent à trembloter à mesure que des larmes s'écoulaient sur son visage tuméfié. Cette confiance que lui portait son amie lui allait droit au cœur. Et pendant un instant, elle crut entendre la voix de son père mêlée à celle de Kiyotoki, lui lançant un "Ça va aller. Tout va bien aller..."

La discussion se poursuivit, jusqu'au moment où un infirmier vint pour les derniers examens de routine. Avant de s'en aller, Liliane se retourna et lança quelque chose de métallique à Elyah. Son trousseau de clé.

« Je me suis permis de prendre soin de tes chats ! »

Disant cela, elle lui adressa un clin d'oeil complice. Et Elyah comprit aussitôt que la jeune femme avait prit la peine de faire un ménage complet avant la venue de la cellule d'enquête... La remerciant chaleureusement, elles se quittèrent, toutes deux rassurées. Les examens prirent moins de temps que prévu, et après un petit tour en ambulance, l'épéiste fut enfin de retour dans son logis. Les deux gros félins l'accueillirent à leur manière, c'est-à-dire en la boudant royalement, mais dès qu'elle fut sous la couette, ils se pressèrent autour d'elle à la recherche de caresses.

**
*

« Sans vouloir paraître désobligeant, Mademoiselle Kinta, j'ai un peu de mal à comprendre votre décision. Aucun parent n'a émit de complainte et les élèves ont même été un peu surpris par ce choix. »

Derrière son bureau, le proviseur Nedzu tournait nerveusement sa cuillère dans sa tasse de thé. Devant lui, une simple enveloppe avec marqué "Démission". Il poussa un bref soupir. Avec les récents évènements, il s'était attendu à un tollé de la part des journalistes, mais les articles s'étaient fait plus rares que prévu. Rien finalement n'empêchait sa professeure à les quitter, rien hormis l'air résolu qu'elle affichait. Presque un mois après son séjour à l'hôpital, elle semblait avoir entièrement guéri et elle était prête à reprendre du service. Sauf qu'elle en avait décidé autrement. Avec une moue gênée, elle se gratta légèrement sa lèvre.

« Je suis vraiment désolée de vous fausser compagnie en pleine année scolaire mais... J'ai des choses vraiment importantes à régler. »
« Je vois. »

Elle n'avait pas abordé le sujet, mais il savait qu'elle s'éloignait pour de bonnes raisons. Ils avaient déjà des démêlées avec la Ligue des Vilains, sans doute ne voulait-elle pas rajouter ses problèmes avec des mafieux par dessus le tout... Le proviseur se disait que c'était un peu idiot, elle aurait plus de chances ici d'être protégée et de pouvoir prendre conseil et appui auprès des autres héros. Mais qui était-il pour décider à sa place. Leur entretien fut finalement assez court, et il se conclut quand le proviseur signa et tamponna officiellement la démission. Alors qu'elle sortait du bureau, il l'arrêta sur le pas de la porte.

« Vous allez reprendre votre carrière, de ce fait ? »
« Mon ancienne agence veut bien me reprendre, donc oui, on peut dire cela. Mais ne vous inquiétez pas, proviseur, je saurai faire les bons choix cette fois. »

Ses moustaches frémirent en voyant le regard glacial de son ex-professeure, en parfait contraste avec le sourire faussement chaleureux qu'elle affichait. Un masque de bienséance... Sans un mot de plus, il la laissa quitter son bureau.


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