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Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
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 De Charybde en Scylla [w/ Damu-chan] [CONTENU EXPLICITE]

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Vilain Solitaire
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MessageJeu 14 Déc - 0:03
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


La Poupée ? Ce surnom lui disait quelque chose... Sans doute avait-il survolé un article de journal le concernant, et maintenant qu'il y pensait, cet article ne concernait-il pas sa brusque évasion ? Si c'était bien lui, chapeau. Il n'était pas aisé de s'échapper d'une prison pour vilains, mais peut-être que son Alter ne nécessitait pas de surveillance accrue ? Au moment de leur rencontre, le masqué avait déjà émis l'hypothèse que son camarade ne possédait pas de pouvoir offensif, cela expliquerait sa fuite. Mais à la question que Damu lui posa, Uriel ne put répondre qu'un léger rire. C'était bien là le fond du problème. Il ne le considérait pas comme un ennemi, cela était certain. Toutefois, la frontière de ce que les communs appellent l'amitié était encore floue. Si on se référait à la définition stricto sensu de l'amitié, il n'y avait qu'une poignée de personnes qui entraient dans ses paramètres, et encore, Uriel voyait surtout le bénéfice d'être dans leurs bons papiers, et inversement. Mais bien évidemment, beaucoup de gens le nommaient par son prénom, car c'était ainsi que les humains communiquent entre eux.

« Appelez-moi comme vous le désirez. Évitez seulement les surnoms ridicules, je ne souhaiterais pas devoir vous les graver sur le front en guise de représailles. »

Malgré la menace sous-jacente, il avait parlé d'un ton léger. Oh, c'était bien sûr juste une boutade entre tueurs, il n'était pas capable d'un acte d'une telle cruauté, n'est-ce pas ? Son regard se posa alors sur le cadavre du pauvre Kagema, et il eut un sourire mental.

Le rouquin sauta alors sur un autre sujet, un thème qui tenait le masqué très à cœur, à savoir la musique. Et plus particulièrement celle qui était passée pendant leur petite séance amusante. Heureux de parler d'une de ses passions, Uriel se détendit et, laissant sa tête reposer contre sa main, il s'empressa de répondre sans la moindre hésitation.

« Il s'agit d'un ensemble de morceaux par Erik Satie, un compositeur français de la fin du 19e siècle. Comme vous êtes arrivé sur la fin, vous n'avez sans doute pu qu'écouter qu'une partie des Gnossiennes, mais je vous recommande l'écoute des Gymnopédies, il n'y a rien de mieux pour détendre l'esprit. »

Et avant qu'il ne puisse ajouter quoique ce soit, on frappa à nouveau à la porte. Il se leva et alla ouvrir la porte. Suzie. Qui de sa jolie voix de femme forte lui annonça que le taxi était arrivé. Déjà ? Fuuyuji avait fait bien plus vite que prévu. Légèrement dépité par cette nouvelle, Uriel se tourna vers son partenaire. Ainsi s'achevait leur rencontre... Sans doute se recroiseraient-ils une autre nuit, au détour d'une ruelle sombre, chacun traquant sa proie. Il l'observa silencieusement. Il n'avait pas envie de partir à présent qu'ils abordaient un thème qui lui plaisait tant, ses connaissances ne demandaient qu'à arroser l'esprit fertile de son camarade. Mais pouvait-il prendre un tel risque ? Dans le pire des scénarios, il le tuait. Et ce serait dommage. Cette nuit de folie ne pouvait décidément pas s'achever ainsi.

Adressant une légère révérence à Damu, il reprit la parole.

« Il me faut rentrer. Toutefois, puis-je vous proposer de vous raccompagner ? On ne sait jamais ce qui peut traîner dans les rues à une heure pareille. »



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MessageVen 15 Déc - 19:09
L'autre, à sa surprise, lui adressa une petite révérence - bien moins excentrique que celle du pantin- et ces termes :

« Il me faut rentrer. Toutefois, puis-je vous proposer de vous raccompagner ? On ne sait jamais ce qui peut traîner dans les rues à une heure pareille. »

Damu rit allégrement en entendant cela. Ces mots étaient aussi ironiques que cruellement vrais : tomber sur un policier, ou un héros en vadrouille, dans son état n'était vraiment pas une bonne chose, et il risquait de payer cher ses quelques verres. Mais, une question planait : par "raccompagner", le Masqué parlait il de la demeure du rouquin...Ou de la sienne ? Il espérait intérieurement qu'il s'agisse de la deuxième solution, pour des raisons purement pratiques bien sûr : car, dans le cas contraire, qu’indiquerait il comme adresse ? Le QG de la Ligue, qu'il squattait depuis quelques temps ? Où bien son ancien commerce de haute couture, dans un quartier chic et plutôt surveillé ? Aucune de ces deux options ne convenait vraiment... Et que diraient ses supérieurs, en le voyant rentrer aussi alcoolisé ?

Mais il n'avait plus le temps de tergiverser. Et puis, l'idée était tellement tentante... Alors, il finit par répondre :

- Volontiers ! Je ne me sens pas vraiment capable de rentrer par mes propres moyens, nous nous comprenons... Et puis, notre discussion vient à peine de commencer !

En disant cela, il se releva - en s'y prenant à deux reprises car ses jambes ne le portaient plus, et cela le fit encore plus rougir, si une différence était encore possible- et manqua tomber, mais se retient d'une habile pirouette qui aurait pu passer pour un pas de danse, mais il doutait que Uriel soit dupe. Il passa une main dans ses cheveux afin de découvrir un peu son visage, car il était éméché dans tout les sens du terme, attrapa sa mallette, jeta un dernier coup d’œil à leur œuvre commune et suivit l'Artiste jusqu'au fameux véhicule. Il ne se sentait étrangement pas mal à l'aise, et même plutôt satisfait de la tournure que les choses prenaient. Il espérait pouvoir intéresser son interlocuteur autant que lui l'intriguait. Il posa ses fines hanches sur la banquette arrière et regarda par la fenêtre la rue qui s'étalait toujours devant eux. Décidément, cette ville ne cessait de le surprendre...


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MessageSam 16 Déc - 1:42
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


En voyant son partenaire en si piteux état, Uriel se demanda légitimement s'il avait bien fait de le laisser boire autant. Il n'était certes pas très épais, mais le masqué s'était quand même attendu à ce que l'autre encaisse mieux, ou au moins sache se tenir d'avantage. Mais plutôt que d'être courroucé, il se sentit amusé par les vacillements du rouquin. Celui-ci continuait de sourire et il tentait désespérément de paraître plus sobre qu'il ne l'était. D'ordinaire, l'Artiste n'appréciait pas les compagnies trop exubérantes ou qui manquaient de retenue, serait-il devenu plus tolérant grâce à Madame ? A moins que l'âge ne le rende davantage affable. Il y avait sans doute un peu des deux.

Avant de suivre son camarade dans le long couloir souterrain, il prit le temps d'observer l'état de la chambre. Une certaine rigidité commençait à se voir dans les membres de leur pauvre victime, et avec une certaine pointe de tristesse, il se dit que son art était décidément trop éphémère. Puis il éteignit la lumière et ferma la porte à clé. Il déposa celle-ci sur le comptoir, saluant Suzie d'un hochement de tête. Elle lui répondit de la même manière, mais le regard de la femme était happée par la silhouette élancée de Damu. Uriel tenta de s'imaginer la réaction du rouquin s'il venait à lui dire qu'elle le dévorait des yeux, mais il dû se rendre à l'évidence qu'il ne le connaissait pas encore assez. Et le voulait-il vraiment ? Il fallait dire que le comportement du masqué était étrange, jamais il n'avait pris le temps de faire autant ami-ami avec un autre tueur, d'autant plus que celui-ci lui avait volé sa proie...

Une petite limousine noire était sagement garée devant le Limbo. Le chauffeur, un petit homme chauve au visage sérieux et au regard froid, voulut sortir leur ouvrir la porte, mais il se rassit à sa place quand Uriel lui indiqua d'un geste de la main que cela n'était pas la peine. Il ouvrit lui même la porte à son invité, en bon hôte qu'il était, et s'engouffra à sa suite dans l'habitacle.

Alors que Damu observait la route défiler par la fenêtre, Uriel profita de ce temps calme pour faire le point sur ce collègue d'une nuit. Il était un grand tueur en devenir, amateur d'art, ouvert d'esprit, mais également un peu boute-en-train et peu raisonnable sur certains points. Il semblait aussi avoir un passé fort peu agréable, à en juger par son apparence et par les nombreuses cicatrices qu'il présentait. Une douce chaleur envahi la poitrine du masqué, alors que l'envie d'en savoir plus pointait le bout de son nez de fouine. Avait-il eu mal quand il avait perdu son œil ? Était-ce quelque chose qu'il avait regretté, quelque chose d'exploitable ? Uriel détourna le regard. Comme peu de fois dans son existence, il se sentait perdu.

Le trajet se déroula dans un silence étrange, chacun semblant dans sa bulle. Quand Fuuyuji arrêta le moteur, Uriel se redressa, un peu étonné de voir qu'ils étaient devant le bar de Madame. Son partenaire n'avait finalement donné aucune adresse ? Il est vrai qu'il avait émit l'intention de discuter encore un peu, mais l'Artiste ne s'était pas imaginé qu'ils le feraient en ce lieu. Eh bien, pourquoi pas après tout. Il sortit de la voiture, tenant la porte grande ouverte afin que son camarade puisse lui emboîter le pas. A cette heure de la nuit, l'évènement de la soirée était depuis longtemps terminé, il ne resterait sans doute que les habitués les plus fidèles.

D'extérieur, l'endroit ne payait pas de mine. On aurait dit l'entrée d'un cabaret quelconque, avec un grand gaillard en guise de vigile. Ce dernier salua le masqué d'un signe de tête, et il observa avec attention le petit énergumène qui était à ses côtés. Malgré tout cela, il ne fallait pas se fier aux apparences. Dès qu'on dépassait les larges épaules du gorille de l'entrée, une douce senteur fruitée régnait dans l'air, et une faible musique orientale meublait l'atmosphère. Sur les murs, on pouvait voir des tapisseries persanes de grande qualité, ainsi que certains tableaux signés d'un simple U. Un couloir les mena jusqu'au vestiaire, où un vieux majordome s'avança auprès d'eux.

« Vous rentrez tard, monsieur. Dois-je faire prévenir Madame ? »
« Laissez-la dormir je vous prie, Charles. »
« Et pour votre... hmmm... invité. Dois-je faire préparer la salle spéciale ? »

Bien évidemment, le majordome sous-entendait par là la salle de torture qui était aménagée au sous-sol. Elle avait assez peu servi récemment, et elle nécessitait sans doute un peu d'attention, mais ce n'était pas là qu'Uriel souhaitait mener son partenaire.

« Une chambre d'ami serait, ici, plus appropriée. »
« Oh. » répondit le vieil homme avec un étonnement visible. « Je suis toutefois au malheur de vous informer qu'elles sont toutes prises. Madame reçoit de la famille. »

Le masqué laissa échapper un soupir de contrariété. Il avait complètement oublié cette histoire. Et si toute la famille importante d'Anket était venue, cela voulait dire qu'il n'y avait vraiment pas la moindre place de libre... Hormis un endroit.

« S'il en est ainsi, nous irons dans mes appartements. »

Et sur ces mots, Uriel passa au devant du vieux majordome, pénétrant dans une immense salle. Le luxe et le bon goût régnaient en maître, que ce soit dans le mobilier ou dans les tentures qui ornaient les différents pans de mur. La scène était faite en bois massif, et sur celle-ci reposait un superbe piano à queue. Attablés, quelques convives discutaient encore entre eux, et par brides, on pouvait comprendre qu'ils débattaient de la performance du soir. Quelques regards amicaux se levèrent vers le duo, pourtant atypique au possible. Une femme leur adressa un sourire aguicheur, mais le masqué n'y prêta aucune attention. Il filait parmi les sièges et les tables, connaissant le chemin par coeur. Au bout de la salle se trouvait un large escalier tournant, orné d'une moquette rouge qui était régulièrement changée et qui, de ce fait, paraissait presque neuve. Il grimpa machinalement, ne s'arrêtant qu'au premier palier pour voir si son camarade suivait. Peut-être aurait-il dû lui adresser la parole ? Le peintre n'avait jamais véritablement invité qui que ce soit ici pour autre chose que le tuer, il avait sans doute négligé quelques points de politesse.

« Veuillez pardonner mon silence, cher ami. Je me laisse parfois trop entraîné par mes idées. Je voulais vous inviter à venir discuter en un lieu plus serein. »

Et, accompagnant le geste à la parole, Uriel ouvrit une porte. Celle-ci donnait au centre d'une longue pièce. Sur la droite se trouvait un grand lit à baldaquin, en chêne pour les experts, et dont les voilures blanches s'agitèrent par le léger courant d'air. Sur leur gauche on pouvait trouver pêle-mêle un piano plus modeste que celui de la grande salle, des chevalets sur lesquels reposaient des toiles entamées, un bureau mal ordonné où s'amoncelaient partitions, correspondance et d'autres papiers indéchiffrables d'aussi loin. Et devant eux, au milieu de la place, se trouvaient une banquette et un fauteuil victorien assortis qui se faisaient face. A peine eut-il fait un pas à l'intérieur de son antre qu'Uriel ôtait déjà sa longue cape blanche. Par la fenêtre entrouverte, la lune projetait ses rayons pâles sur sa silhouette, accentuant le contour de ses muscles fins.




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MessageSam 16 Déc - 14:58
~ Petit morceau, At Night, composé par Cathy Duprat, à écouter pour accompagner la lecture~ 


Après un trajet en limousine -quel luxe !- silencieux, dans le sens calme et reposant du terme pour l'esprit embrumé de Damu - si embrumé qu'il n'avait pas sentit sur lui les regards dévorant de la petite et agréable Suzie - , et non dans le sens froid et menaçant qu'on aurait pu craindre - Même si l'atmosphère ne pouvait être qualifiée d'amicale, il était peu être trop tôt, mais au moins de cordiale-, les deux tueurs furent amenés par leur chauffeur, un petit homme chauve dont le crâne luisant faisait intérieurement rire Damu - Décidément, la diva devait aimer être entouré de personnes plus petites qu'elle ! Complexe, peut être ?- devant un établissement à étage ressemblant à un cabaret, mais la Poupée savait qu'il ne fallait sûrement pas juger l'endroit sur sa façade. Était ce là que Uriel habitait ? Sûrement... Son hôte était imperméable, impossible à sonder, au grand dam de l'invité qui voulait désormais tellement, tellement voir ce qui se cachait sous se masque ! Mais nombreux étaient les criminels grandioses dont on ne voyait là face qu'à leur dernier jour, et ce vœu resterait sans doute éternellement sans réponse.

Il suivit le Masqué hors du véhicule confortable -il lui semblait d'ailleurs qu'il lui avait tenu la porte, mais pouvait il en être sûr ? - et entra avec lui dans cet énième endroit après être passé sous le regard vigilant d'un homme, sans doute un quelconque garde, qui devait bien faire un demi mètre de plus que lui, si ce n'était plus. La grande porte lui fut ouverte L’endroit était exotique et rafraîchissant, orné avec goût de peintures murales de style oriental, et diverses tentures luxueuses, et... quelle odeur ! Douce et sucrée, envoûtante, elle faisait tourner la tête du brave Damu qui se laissa conduire par son camarade sous les lustres qui éclairait d'une lumière douce et paisible la pièce, et arriva à un vestiaire. Il ne souhaita néanmoins pas laisser sa veste ici, même si l'endroit paraissait propre. Un petit bijoux de sa création, et il refusait strictement que d'autres mains que les siennes où celles de personnes de confiance la manipule !

Une personne, que Damu identifia comme un majordome, vint à leur rencontre immédiatement. S'ensuivit un dialogue entre Uriel et ce dénommé Charles - Que de prénoms typiquement européens par ici ! Au Japon, ce n'était pas courant, mais très charmant, Damu adorais la culture française et Anglaise ! Il n'y avait d'ailleurs qu'à voir ses tenues... Et puis Charles, c'était tellement...Distingué !-.

Le simple spéctateur se contenta de suivre la discussion sans y participer, et comrpit les grandes lignes avec aisance : non mais, avait il l'air d'une victime comme tant d'autre ? Enfin, à bien y réfléchir, peut être un peu, mais tout de même, ce majordome redescendait dans son estime ! Il cessa cependant de ruminer intérieurement à la phrase
« S'il en est ainsi, nous irons dans mes appartements. ». Une sonnette d'alarme interne aurait du se déclencher chez toute personne normalement constituée, mais manifestement pas chez notre chère créature à la chevelure de feu. Il se garda pourtant de tout commentaire - Dans son état actuel, la moindre phrase pouvait tourner à la catastrophe, et ce n'était vraiment ni le lieu ni le moment. Il se laissa de nouveau guider à travers une nouvelles salle, plus grande que la précédente, où les regards se tournèrent parfois vers le duo atyphique. Quelques questions trottaient dans la tête du couturier, ayant principalement pour sujet la "Madame" citée. Propriétaire de cet endroit magnifique, sans doute ? Damu  songea à s'en faire une connaissance dès que possible. Un magnifique piano à queue accapara toute son attention : quelle splendeur ! Pianiste amateur, plutôt doué, il hésita à s'élancer sur la scène pour jouer un petit morceau aux quelques attablés, mais ses jambes chancelantes refusèrent de suivre cette idée. Tant pis... Le rouquin retient un soupir de frustration, quand, s'excusant de son mutisme, son hôte lui ouvrit la porte de ses appartements.

   « Veuillez pardonner mon silence, cher ami. Je me laisse parfois trop entraîné par mes idées. Je voulais vous inviter à venir discuter en un lieu plus serein. »

Quelques détails marquèrent l'esprit de l'homme. Le confort apparent de ce lit à baldaquins où sa tête malmenée par l'alcool rêvait de s’enfoncer, le désordre artistique du bureau, et... ce piano ! Bien moins attirant néanmoins que celui de la salle précédente, il était tout de même satisfait de trouver de quoi laisser exprimer sa créativité au grand jour. Sans attendre, le tueur s’installa sur le fauteuil de pianiste, secoua ses doigts fins et les posa sur les touches froides. Concentré, il ferma son œil d'émeraude claire et entama une mélodie simple de son cru, laissant courir ses mains habituées qui n'effectuèrent aucune fausse note du début jusqu'à la fin. Personne en entrant ici n'aurait pu croire trouver ici un amateur, fortement éméché de surcroit ! Il laissa un petit sourire naitre sur ses lèvres, sans aucune raison, juste le bonheur de jouer sans doute. Cet endroit lui plaisait bien plus qu'aucun autre visité lors de cette étrange soirée, sorte d'apothéose. L'odeur l'enchantait, la musique l'enchantait, la beauté de l'endroit l'enchantait, la compagnie l'enchantait, l’œuvre de tout à l'heure et tant d'autres choses l'enchantaient ! Il termina son -bref ? Il n'avait presque plus de notion du temps- morceau et se tourna vers son auditoire - était il u moins encore présent ?- Oui, manifestement. Et il avait enlevé sa cape, aussi, revelant une musculature présente sans être trop tapageuse et rebutante. Bien...d'accord.

Soudainement gêné sans aucune réelle fichtre raison, le rouquin s’excusa :

-Pardonnez moi de toucher à vos affaires, je n'ai pas pu résister...

Il referma le couvercle du piano, passa distraitement une main sur son visage et fut étonné d'y trouver du sang. D’accord d'accord...Il essuya rapidement son nez en pointe de toute trace et fit de nouveau face à son acolyte.

-C'est un morceau de ma composition, assez simple. J'y ai prit surtout des influences classiques romantiques, bien que j'admire aussi le moderne, mais il en va autrement pour l’expérimental : rien ne vaut une mélodie sur la quelle créer des histoires, et ces compositions sans queue ni tête passent au dessus de la mienne !

Damu était assez impatient de reprendre la conversation laissé en suspend, car il était rare de trouver quelqu'un qui sache parler musique ET meurtre, en plus d'être élégant... Ah, que cette rencontre le changeait des gens de la Ligue ! C'était bien plus un modèle, une inspiration, que tout ce qu’il avait auparavant vu... Il s'installa sur le bord du lit, n'osant pas non plus s'approprier le fauteuil chic du maître de maison, mais souhaitant se poser sur quelque chose de plus confortable qu'un simple siège de pianiste. Oui, il était comme ça, il aimait les déplacements inutiles...
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MessageDim 17 Déc - 16:19
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


A peine étaient-ils entrés dans l'antre du masqué que le rouquin prenait déjà ses aises. Sans un mot, il se dirigea vers le piano et, après avoir pris le soin d'apprêter l'instrument, il s'installa sur le tabouret dédié et laissa ses longs doigts graciles dompter les noires et les blanches. D'abord interdit par ce comportement familier, Uriel retint cependant tout commentaire. Vu l'état de son compagnon, il s'était immédiatement préparé à entendre des fausses notes et des couinements plaintifs de la part de son vieil ami à cordes, mais la douce et entraînante mélodie le pris par surprise. Il resta ainsi debout, à côté du petit coin dédié à la discussion. Il observait le profil de son invité, la concentration qui durcissait légèrement ses traits, mais surtout les actions de ses mains, créatrices de cet air inconnu. Inconnu ? C'était léger, un peu solennel, une sorte de rêve matérialisé sous forme de sonorités. Mais rien ne lui rappelait un quelconque compositeur, et pourtant ce n'était pas comme s'il manquait de connaissances sur ce sujet.

La mélodie arriva finalement à son terme, et, avec une expression de gêne, Damu lui présenta ses excuses. Des excuses que l'Artiste balaya d'un revers de sa main gantée. Pour une personne qui n'était pas pianiste de métier, il s'était étonnement bien débrouillé, hors de question de lui en vouloir pour si peu. Certes, Uriel n'appréciait pas trop que l'on touche à son matériel, mais c'était un instrument, il était fait pour porter la musique. A contrario, si le rouquin s'était mis à fouiner dans ses partitions ou ses tableaux en cours, il se serait aussitôt pris une remarque glacée. Et un allez simple pour le sous-sol.

« C'est un morceau de ma composition, assez simple. J'y ai prit surtout des influences classiques romantiques, bien que j'admire aussi le moderne, mais il en va autrement pour l’expérimental : rien ne vaut une mélodie sur la quelle créer des histoires, et ces compositions sans queue ni tête passent au dessus de la mienne ! »

L'homme au masque pencha légèrement la tête sur le côté, intrigué. Que ce garçon était fascinant ! Avec sa jovialité, son attrait pour le morbide, l'art musical et pictural, et maintenant le fait qu'il savait composer, il plairait sans doute beaucoup à Madame. Dans tous les sens du terme. Toutefois, Uriel rangea cette idée loin, très loin, dans son esprit. Pour le moment, Damu était à lui. Tant qu'il n'aurait pas fini de l'exploiter et d'en apprendre d'avantage sur lui, il ne songerait pas à le présenter à sa mécène. Tandis que le rouquin prenait place sur le bord du lit, ce qui était étonnant vu la présence de la banquette, Uriel s'installa sur le fauteuil victorien. Ils reprenaient sans doute inconsciemment le schéma qui s'était fait au Limbo, minus la présence d'un cadavre de jeune homme derrière eux.

On frappa alors doucement à la porte et, avec une marque de déférence, Charles entra. Dans ses mains gantées de blanc, il portait un large plateau argenté sur lequel se trouvaient une théière japonaise en argile ainsi que deux tasses accordées. Pour un néophyte, la théière semblait véritablement basique comparée au luxe de la maisonnée, mais un expert reconnaîtrait à coup sur une théière Banko Yaki de grande qualité. Sans se départir d'un mot, le majordome servit le thé vert et présenta une tasse à chacun, avant de s'éclipser. Quand la porte se referma, Uriel reposa sa tasse sur la table basse qui lui faisait face et plongea son regard dans l’Émeraude de son interlocuteur.

« Il semblerait que Charles ait remarqué votre état. Buvez. Cela vous épargnera le mal de crâne du lendemain. » fit-il avec un léger rire dans la voix.

Sans bouger, il laissa son regard se promener sur ce qu'il avait devant lui. En voyant la vieille platine sur sa table de chevet, il se dit qu'il pourrait mettre un vinyle en fond sonore. Mais avant cela, il avait une question ou deux à poser.

« Puis-je vous demander où vous avez appris à jouer ? Je ne m'attendais pas à ce que vous ayez autant de talents cachés. »

Rares étaient les compliments qu'Uriel formulait. Et celui-ci était d'une sincérité étonnante compte tenu de ses tendances manipulatrices.




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MessageDim 17 Déc - 22:28
Uriel ne semblait pas, à son plus grand soulagement, énervé. Il avait l'air même plutôt... amusé ?  Ou du moins attentif. Damu se surprit à espérer que ce morceau lui ait plu, quand une nouvelle main toqua à la porte - Décidément !- et Charles le majordome entra, portant une théière simple mais que Damu jugea plutôt jolie. L'odeur du thé lui plu aussitôt : vert, simple. Mais les choses les plus simples étaient parfois les meilleures. 

Le majordome sortit sans un bruit et son hôte reposa une nouvelle fois sa boisson sur la table, assis majestueusement dans le fauteuil Victorien. 
Une note moqeuse dans la voix, il conseilla à son nouvel "ami" de boire afin de soulager son état, son rubis glacial pointé sur lui.
Peu méfiant, la Poupée porta à des lèvres le chaud breuvage et bu quelques gorgées délicieuses tandis que la question suivante arrivait bien sagement.

Puis-je vous demander où vous avez appris à jouer ? Je ne m'attendais pas à ce que vous ayez autant de talents cachés.

Alors sa petite sérénade ne lui avait pas été désagréable ! Réfléchissant à comment répondre sans trop en révéler, le petit homme prit le temps de déguster son thé avant de prendre la parole. Des souvenirs peu chaleureux lui revenaient en mémoire, mais il sourit tout de même. Un vrai sourire de pardon, le sourire de ceux qui avaient souffert mais s'étaient relevés plus forts encore, phénixs des temps modernes.

- J'ai plus ou moins appris en autodidacte. J'ai reçu quelques cours d'un Maître lors de mon enfance et j'ai pauffiné la technique et commencé à écrire mes propres morceaux sur un piano simple de mon Institut, faute qu'on m'apprenne encore mes classiques. Je vous remercie, ça ne devait pas être grand chose pour une personne aussi... instruite que vous.


Il ignorait la sincérité relative de son interlocuteur, sans visage pour se repérer ou simplement à cause de l'alcool, il ne savait pas trop. Mais il préféra estimer naïvement que c'était vrai. Il réprima un bâillement, se rendant compte de la fatigue qui engourdissait ses membres. Il serait très malvenu de sa part de demander à se coucher, bien qu'il en meurt d'envie. Drôle de Pyjama Party, pour tout dire.
Le roux posa sa tasse sur la table et ajouta :

- Sans doute avez vous vous mêmes quelques talents ? Outre la... création de natures morte ?

Cette fois ci il ne pu se retenir, et plaça gracieusement sa main devant la bouche avant de lâcher un petit bâillement. Il rougit un peu et rit en se frottant les cheveux comme pour excuser son corps de ne pas tenir la route. Si tant ait qu'il l'ai tenu plus de la moitié de la soirée...


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MessageLun 18 Déc - 15:56
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


Uriel avait remarqué toute l'amertume de ce sourire. Nul besoin d'activer son Alter, il se doutait bien que cela ressassait des souvenirs sans doute douloureux. Mais contrairement à la plupart des gens, le rouquin semblait être allé de l'avant, puisant dans sa souffrance pour mieux se relever. D'ordinaire, le masqué adorait briser ce genre de regard et réduire tous les espoirs d'une personne. Mais ici, ils étaient entre gens civilisés, n'est-ce pas ? Une étrange chaleur traversait sa poitrine tandis que la fatigue commençait à le faire papillonner du regard. La nuit avait été longue, créative dans l'ensemble et donc, de ce fait, épuisante pour son esprit. Mais ce qui l'agitait, c'était qu'il ne savait pas comment considérer cet homme qui lui faisait face. Il était encore trop tôt pour l'apprécier, et encore plus pour lui faire confiance, mais il était déjà là, dans ses appartements privés, à discuter autour d'un thé. Qu'avait-il de si spécial pour lui faire baisser autant sa garde ? Est-ce qu'Uriel était devenu trop mou à force de côtoyer Madame ? Est-ce qu'il... lui rappelait son passé ? Mais lequel ? Il s'était enveloppé dans tellement de récits différents qu'il ne saurait le dire...

Dressant l'oreille, il concentra ses pensées sur son interlocuteur, analysant soigneusement les mots qu'il employait. Un institut ? L'Artiste en déduit que Damu était probablement orphelin. La plupart des tueurs ont des problèmes remontant à l'enfance, et le sentiment d'abandon était parmi les plus courant. Ah ! Si seulement il pouvait sonder les pires moments de son histoire ! Purement par réflexe, les doigts de sa main gantée se rétractèrent sous le coup de l'excitation, ses jointures émettant alors un léger craquement.

Quand le rouquin aborda le sujet des natures mortes ainsi que des talents d'Uriel, ce dernier haussa faiblement les épaules.

« Je touche à la plupart des arts, même si mes préférences vont plutôt à la peinture et à la musique en général. Pour en revenir à votre composition, un conseil : ne vous dénigrez pas. Vous n'avez nul besoin de rougir de votre performance, surtout pour un autodidacte. »

L'homme au masque s'enfonça dans le moelleux du fauteuil, son dos appréciant la fine qualité du dossier. Il observa silencieusement le bâillement et les mimiques du jeune homme. Pour lui aussi la fatigue se faisait sentir. D'autant plus que l'alcool ne devait pas aider. Il aurait été cependant malvenu de sa part de juste le faire raccompagner chez lui, le jour allait commencer à poindre d'ici quelques petites heures, et dans les rues, la police allait bientôt reprendre du service. Uriel se redressa un peu.

« Morphée semble vous appeler, mon ami. Laissez-vous aller, nous aurons le temps de mieux discuter demain si vous le souhaitez. »

Disant cela, une petite voix dans son esprit lui demanda s'il était bien sûr de ce qu'il faisait. N'était-il pas trop coulant envers ce jeune freluquet ? Ce garçon qui lui avait pourtant volé une proie, à qui il avait montré Suzie, laissé achever une autre victime et à qui il allait maintenant offrir son lit ? Peut-être était-ce trop. Mais au fin fond de son cerveau, une autre voix plus froide et caverneuse lui assurait qu'à la fin, il en sortirait gagnant.




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MessageLun 18 Déc - 20:12
Avec un petit haussement d'épaules, Uriel lui répondit :

-Je touche à la plupart des arts, même si mes préférences vont plutôt à la peinture et à la musique en général. Pour en revenir à votre composition, un conseil : ne vous dénigrez pas. Vous n'avez nul besoin de rougir de votre performance, surtout pour un autodidacte.

Ce compliment le fit légèrement rougir, peu habitué - notez l'euphémisme- à recevoir des commentaires sur son travail. Peu habitué à recevoir de l'attention, en fait. Peut être étais ce la raison de son malaise, maintenant qu'il y pensait ? Probable... Mais à quoi bon trop se poser de questions ? Il était toujours en train de lutter contre le sommeil en faisant bonne mine quand le Maqué énigmatique enchaîna.

-Morphée semble vous appeler, mon ami. Laissez-vous aller, nous aurons le temps de mieux discuter demain si vous le souhaitez.


Hum. Bien que le rouquin se soit douté depuis longtemps que les choses tourneraient dans ce sens, une certaine vague d’incertitude le brima soudain. Néanmoins, il trouva délicat de la part de son hôte de s'en préoccuper, et surtout de ne pas le renvoyer à cette heure bien dangereuse pour un criminel en cavale. Il lui offrit un sourire reconnaissant et baissa légèrement la tête, comme pour le saluer, et se leva afin de poser sa veste qu'il plia sur le siège de piano.

- Je ne tergiverserai pas inutilement, alors permettez moi seulement de vous remercier, pour cette soirée également.

Il enleva ses longues bottes, un peu gêné de se "déshabiller" devant un presque inconnu ainsi, et s'empressa de s'allonger - en chemise et et pantalon - sous les draps. Le confort du lit l’accueillit comme un nuage et il lâcha un petit soupir de contentement tant son corps lourd prenait plaisir à ce contact avec la douce étoffe blanche. La toile du baldaquin semblait tourner devant son œil, ainsi le ferma il rapidement. Ses cheveux roux formant une auréole flamboyante autour de sa tête, il se détendit et s'endormit en un claquement de doigts, sans ajouter un geste ou une parole. Un sourire innocent et paisible vint orner son faciès délicat qui retrouvait petit à petit sa pâleur originelle. Rien n'aurait pu être plus parfait pour lui en cet instant même, et jamais il n'avait témoigner autant de confiance envers un individu aussi rapidement, se présentant sous son jour le plus fragile et le plus frêle.


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MessageLun 18 Déc - 21:52
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


Tandis que Damu s'affairait et se préparait à aller dormir, Uriel resta assis, comme à son habitude perdu dans ses réflexions. Qu'allait penser Madame de tout cela ? Oh, parce qu'elle l'apprendrait, même s'il savait Charles capable de garder cette entrevue secrète, la maisonnée était bourrée d'yeux et d'oreilles. Entres les domestiques, les clients du cabaret, le garde à l'entrée, le chauffeur... Et même Suzie. N'importe qui vendrait la mèche. Il lui en parlerait demain. Il valait mieux ça que d'essuyer la colère de la belle égyptienne. La dernière fois qu'il lui avait caché quelque chose, elle était tellement en rage que sa chevelure s'était emparé d'un superbe vase Ming et l'avait réduit en morceau, avant de le jeter au sol. La chose qu'il lui avait caché ? Juste que le Duc de Bennemont lui avait fait des avances, alors qu'elle le convoitait. Il se rappelait encore de leur conversation houleuse, frissonnant légèrement à l'idée d'en subir une nouvelle.

Il eut un regard pour la veste de son camarade, pliée avec soin sur le siège du piano. Vu l'élégance du vêtement, il se demanda si celui à la chevelure flamboyante accepterait de lui confectionner un costume ou deux. Oh, il appréciait beaucoup sa tenue habituelle, mais selon Anket, elle n'était pas assez distinguée pour la haute société. Sa tête se rejeta doucement en arrière. Il était las. Heureusement, son imagination était toujours là, mais il se sentait changer. Et il n'aimait pas cela. Uriel Abaddon ne laissait pas un inconnu dans sa chambre ni ne faisait attention à son bien être. Uriel Abaddon était un tueur méthodique, froid, et dont les moindre mots sont calculés pour faire tomber sa proie entre ses serres. Depuis l'orifice de son masque, son oeil sembla briller de colère.

Sans un bruit, il se leva et marcha d'un pas léger jusqu'au bord du lit où son partenaire était couché. Le sommeil avait eu raison de lui à une vitesse affolante... Le masqué resta debout, à écouter le souffle régulier du rouquin, étudiant l'expression tranquille de son visage. Du bout des doigts, il écarta quelques mèches folles du visage fin de l'endormi. Pourquoi n'avait-il pas envie de le briser ?

Après de longues minutes, l'homme au masque finit par se détourner. Il retourna près de la table basse et, faisant bien attention à rester de dos par rapport au lit, il détacha une petite portion de son masque, la seule qui était amovible en vérité, et qui lui permettait de se nourrir. Puis il prit une gorgée de son thé, le regard balayant le piano et le désordre de son bureau. Le breuvage avait déjà eu le temps de refroidir, mais il ne s'en plaignit pas. Quand il eut terminé, il refixa le bas de son masque et se réinstalla sur son fauteuil. Là, se laissant aller doucement dans son siège, il jeta un dernier coup d'oeil à la forme endormie qui occupait son lit, avant de plonger à son tour dans les bras de Morphée.

Toute la maisonnée était au ralenti. Le bar avait fermé ses portes et les domestiques avaient déjà tout remis en place. La table du petit déjeuner avait été dressée au centre de l'immense pièce, en vue d'accueillir tout la famille Un-Nefer. Mais au premier étage, la porte s'ouvrit doucement dans le noir le plus complet. Une silhouette se glissa à l'intérieur de la chambrée, et guidée par ses automatismes, elle se rendit auprès du grand lit à baldaquin. Sans un bruit, la forme se lova sous les couettes et enlaça le dos de Damu.

« Uriel... » murmura une voix féminine.

Mais seul le silence de la pièce lui répondit. La jeune femme ne s'en soucia pas, elle n'était venue là que par habitude et déjà elle se rendormait sans avoir rien vu de choquant.

––——––——––——––——––——––——––——––——––——––——––——––——––

Lorsque les premiers puissants rayons du jour éclairèrent la chambre, l'Artiste émergea de son court sommeil. Il se redressa en se massant le cou, se maudissant légèrement de ne pas avoir eu le culot de dormir aux côtés de son invité. Sur la table, les tasses de thé avaient disparues, signe que Charles ou un autre majordome était passé par là. Il jeta un œil vers le lit et fut surpris de voir que la forme sous le drap semblait avoir grossi. Étrange. Même si le rouquin dormait en étoile, il ne devrait pas prendre autant de place. Il commença à se relever, mais en voyant de longues mèches noires, il se rassit aussitôt. Son vieux cœur rata un battement et il dut réprimer un rire nerveux. Il finit par se calmer au bout de quelques secondes et il alla voir de plus près la scène.

Madame était solidement cramponnée à Damu, et tous deux dormaient avec la même expression sereine sur leur visage. Uriel nota avec soulagement que Madame était en pyjama. Ce qui n'avait pas toujours été le cas, malheureusement. Mais plutôt que de repenser à ces moments de gêne pure, le masqué se demanda comment il allait pouvoir désamorcer la situation. Et pendant un bref instant, il envisagea très sérieusement de prendre la fuite.




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MessageMar 19 Déc - 21:41
Damu fut tiré de son sommeil réparateur par la désagréable sensation d'être observé. Il ouvrit son unique oeil en papillonnant des cils et sentit immédiatement un poids léger pressé contre lui. La seconde chose qu'il remarqua immédiatement et qui lui fit agrandire l'oeil ainsi que serrer la gorge en un tout petit cri étranglé fut l'homme Masqué qui les regardait lui et... Une charmante créature typée orientale aux longs cheveux noirs ? 

Il fallu quelques secondes au pauvre hère pour que son cerveau réponde aux fondamentales questions "Où suis je ?" Et " Qu'ai je fais la nuit dernière déjà ? ". Légèrement rassuré, il lança néanmoins un regard perdu et inquiet à Uriel. La femme - la fameuse Madame ? - semblait dormir d'un sommeil paisible mais le rouquin craignait déjà qu'elle ne se réveille.

Autre question auquelle cette fois il ne trouvait pas de réponse : "D'où sortait elle" ? S'attendait elle a se cramponner à Uriel ? Surement - en avait il l'habitude ? Une pointe d'un sentiment inconnu vient le frapper à cette idée qu'il s'empressa d'écarter, préférant répondre au sujet "comment sortir de là ? ".

Tirer ne servit à rien. Dami tenta alors de séparer un à un les doigts de l'adorable parasite mais, sitôt en avait il retiré un, que les autres se refermaient. Contenant un gémissement de désespoir, la Poupée tenta plutôt de tirer le bras vers le haut, comme une anguille filerai d'un panier en glissant. Cette technique fut déjà plus efficace mais, alors qu'il était à la moitié de sa libération, les serres avides de la femme se crisperent non plus sur son bras dans son ensemble, mais sur l'étoffe de sa chemise.

Dami marqua quelque instants de pause, s'octroyant une réflexion. La seule solution évidente fut adoptée, contraint et forcé, et, de sa main libre, le rouquin déboutonna sa chemise. Rouge de honte - et dun chouïa d'agacement - il retira son haut, dépité à l'idée de montrer ses cicatrices à Uriel - Auquel il abait fait sige de se tourner, mais dans sa position il ne pouvait en juger par lui même -. Non pas qu'il ne les aima pas, ces cicatrices - Bien au contraire, elles faisaient partie de sa personnalité et de son identité - mais ce n'était pas quelque chose qu'il voulait montrer.

Enfin libre, il poussa un petit soupire de soulagement. Il parvient, avec quelques efforts de plus, à récupérer son bien et s'empressa de le remettre, l'air contrit et le teint d'un rouge intégral.

Suite à quoi il sortit de la pièce, non pas pour partir définitivement - Il n'avait par ailleurs pas récupérer ses affaires - mais pour prendre un peu l'air - et ne pas être présent directement au cas où toute cette agitation somme toute relative ait réveillé la femme. Après tout, il était poli et n'ignorait ni les règles de la bien séance ni celles de l'hospitalité.

Il attendait et faisait le point, dans l'état étrange dabs lequel on est quand, au saut du lit, une épreuve d'adresse et d'habileté nous est demandée. À vrai dire, il ne savait même pas ce qu'il attendait. Des explications, peut être ?  Une discussion ?  Ou simplement un geste lui indiquant qu'il poivait rentrer sans crainte de passer pour un ingrat ? 
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MessageMer 20 Déc - 14:09
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


Sans un mot, Uriel observa le visage de son camarade s'agrandir sous le coup de la stupéfaction. Étrangement, ce n'était, semble-t-il, pas tant par le fait de sentir un corps contre le sien mais plutôt qu'il s'agisse de quelqu'un d'autre que le masqué. Aurait-il été moins choqué si cela avait été le cas ? Balayant cette question de ses pensées, le peintre leva un doigt devant son visage, imposant le silence. Madame avait un sommeil plutôt lourd, mais mieux valait ne pas risquer de la réveiller. Dans un coin de sa tête, il se dit qu'il devrait sans doute faire installer ne serait-ce qu'un verrou à la porte de sa chambre, ce qui était tout de même un comble. Il est vrai que, d'ordinaire, cela ne le dérangeait pas qu'elle dorme à ses côtés, et si au départ elle avait espéré obtenir plus en agissant ainsi, elle avait tout de même fini par comprendre qu'il n'était qu'un mur. Un mur ? Vraiment ? Lui-même pouvait commencer à en douter, vu la situation.

Restant sur le côté, sans savoir trop quoi faire, il observait Damu qui tentait d'échapper à l'emprise de la jeune femme. Uriel guettait les réactions de celle-ci, mais rien ne semblait indiquer qu'elle était sur le point de s'éveiller. Bien. Le problème était qu'elle ne semblait pas vouloir lâcher le pauvre épouvantail. Ce dernier dut alors recourir à une technique fort peu convenable, à savoir le déshabillage. L'homme au masque demeura impassible, mais en voyant se dessiner les cicatrices sur le corps de son invité, il sentit une bouffée de curiosité emplir son être. Il remarqua surtout celle qui semblait être en forme de cœur, et cela lui évoqua la marque que le rouquin avait infligé à leur victime de la veille. Un flot de questions se déversa dans sa gorge, mais ses lèvres demeurèrent immobiles, derrière son masque sans expression.

Alors que l'autre tueur quittait la pièce, Uriel se laissa finalement happer par ses réflexions. Comme peu de fois dans son existence ou dans ses multiples passés, il se sentait intrigué, désireux de connaître davantage une autre personne. Cela ne lui ressemblait clairement pas, et surtout, cela l'effrayait. Sans doute se faisait-il des idées, l'effervescence de la nuit mêlée à un repos de mauvaise qualité, tout cela devait sans doute l'embrouiller plus que de raison. Oui. C'était sans doute ça. Dès demain, il aurait classé l'affaire et, avec de la chance, la prochaine fois qu'il croiserait cet homme, l'envie d'en faire une œuvre d'art serait présente. Inspirant profondément, il roula des épaules pour les détendre et récupéra les bottes abandonnées au pied du lit. Puis, il se dirigea vers le piano pour prélever la veste de son partenaire avant de se rendre près de la porte.

Ouvrant celle-ci, il fut surpris de voir Charles aux côtés de Damu. Le vieux majordome avait une expression moqueuse mais complice. L'Artiste et lui discutaient peu, mais leur entente avait toujours été cordiale, si bien qu'Uriel ne craignait pas qu'il évente l'histoire. Se tournant vers son invité, il lui tendit ses effets personnels.

« Mes excuses pour ce réveil... insolite. Je- » Il détourna le regard, comme gêné. « Charles va s'occuper de vous à présent. »

Et il referma la porte. Sa main resta un instant sur la poignée. Dans sa tête, le mot "idiot" résonnait. Ah ! Il devait se ressaisir ! Le manque de sommeil le rendait vraiment trop affable. Il pivota sur lui même, et son regard s'arrêta sur sa vieille platine. Une phrase de la veille résonna dans son esprit et, maugréant entre ses dents. Il fouilla alors dans une petite armoire et en extirpa un vinyle, bien rangé dans sa pochette. Celle-ci était assez ancienne et semblait avoir été beaucoup trimballée de-ci de-là. S'en retournant à la porte, il l'ouvrit encore et héla Charles d'un signe de main. Le vieux majordome le rejoignit et, après avoir échangé quelques mots, il prit des notes sur un petit carnet, récupéra le vinyle et rejoignit Damu. De son côté, Uriel alla s'asseoir sur le bord du lit et observa silencieusement Madame. Celle-ci battit alors doucement des yeux et, ignorant visiblement tout de ce qui venait de se dérouler, lui adressa un doux sourire.

Charles redescendit les escaliers, et guida le rouquin vers la sortie. Ils traversèrent la grande salle du cabaret, au centre de celle-ci, des domestiques s'affairaient à dresser ce qui semblait être un buffet de petit-déjeuner, préparant ainsi le repas matinal de la famille de Madame. Une fois arrivés à la grande porte d'entrée, le vieil homme se tourna vers l'épouvantail, lui adressant un sourire serein.

« Monsieur est vraiment peiné de ne pouvoir vous accorder plus de temps. En guide d'excuses, il souhaite vous prêter ceci. » Et joignant le geste à la parole, il lui tendit le vinyle. Sur le carton usé, on pouvait lire "Gymnopédies et Gnossiennes, par Erik Satie." « Fuuyuji va vous raccompagner à l'endroit de votre choix. En souhaitant vous revoir bientôt parmi nous. »

Et il s'inclina respectueusement, tout en indiquant une voiture. Celle-ci était en apparence très simple, mais l'intérieur était des plus confortables, le véhicule idéal pour ne pas attirer l'attention et ce, peu importe où le rouquin souhaitait se rendre. Bien au chaud dans le carton du vinyle, un bout de papier attendait sagement d'être découvert.




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MessageMer 20 Déc - 23:17
À sa surprise, Charles le rejoignit. Décidément, cet homme lui était sympathique. Leur discussion se tourna vers le thé, et Damu remercia en bonne et due forme le majordome pour la boisson de la veille qui avait fait des merveilles avec son petit crâne : il ne ressentait en effet pratiquement aucun contrecoup de ses... abus. Il lui conta aussi avec humour -l'agacement passait comme un nuage dans un ciel d'été avec Damu, et son éternel sourire avait reprit le dessus- les mésaventures de ce réveil... Improbable. Ce qui eu l'air d'amuser le vieil homme, et il avait bien raison ! Comme disait le proverbe, il valait mieux en rire qu'en pleurer !

Le bruit de la porte s'ouvrant fit tourner la tête du rouquin qui regarda Uriel se joindre à la discussion. Celui ci lui rendit ses effets et Damu qui s'en saisit avec reconnaissance : il était bien arrangé de ne pas avoir à revenir dans cette chambre, qui, bien qu accueillante la vieille lui semblait plis hostile à présent.

Mes excuses pour ce réveil... insolite. Je- ... Charles va s'occuper de vous à présent.

Damu hocha la tête s'en ajouter un mot, ne sachant pas vraiment comment saluer correctement le Masqué - qui lui avait par ailleurs semblé légèrement mal à l'aise- qui déjà disparaissait de nouveau dans la chambre. Était ce la dernière fois qu'il voyait cette silhouette si particulière ? Tout en se posant cette question qui l'emplissait... de quoi ? D'amertume ?  De... regret ? Il suivit le vaillant majordome par les pièces qu'il avait traversé la vieille. Attendant son guide -parti il ne savait où - il prit plus le temps de regarder les décorations riches et sublimes de la maison. Certaines peintures, marquées d'un U doré, retinrent son attention : étais ce là les travaux d'Uriel ? Ou bien de n'importe qui d'autre dont le nom  d'artiste commençait par un U ? 

Il fut coupé dans sa réflexion par le retour de son guide, chargé d'un disque vinyle à la pochette abîmée mais une vive excitation à l'idée d'avoir l'objet entre les mains écarta ce petit détail. 

Monsieur est vraiment peiné de ne pouvoir vous accorder plus de temps. En guide d'excuses, il souhaite vous prêter ceci. Fuuyuji va vous raccompagner à l'endroit de votre choix. En souhaitant vous revoir bientôt parmi nous. »


Les Gymnopédies de Gnossiennes, par Erik Satie, évidemment !  Il prit avec soin l'objet  qu'on lui tendait et demanda à ce qu'on communique ses remerciements au propriétaire originel. Il salua la membre du personnel et monta dans la voiture qui l'attendait en indiquant l'adresse de sa boutique.


Assis sur le confortable siège arrière, il s'appuya contre l'appuie tête et sourit sans raison particulière, juste heureux de voir que la vie pouvait encore le surprendre. Il avait par chance un tourne disque chez lui, et d'assez bonne qualité, et se promlt d'ouvrir la pochette dès son retour. Oh et puis Zut, pourquoi pas maintenant ? 
Impatient comme un enfant le matin de Noël, le rouquin sortit de son "écrin" le bel objet..
 Accompagné d'un morceau de papier ? 


En y lisant l'annotation, son sourire s'agrandit et une lumière de joie s'alluma dans son oeil. Peut être que finalement, il avait eu tort de penser que tout s'arrêterait si vite...
Et ce n'était pas pour le décevoir, sa curiosité piquée par l'étrange personnage.


Il remercia le.chauffeur une fois arrivé à bon port, et passa une main dans sa nuque pour déloger des petits cheveux prits dans son col.
Toens ? N'avait il pas un ras-de-cou, hier ? 


[END]


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