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L'U.A. perd en vitesse ! Suite à l'attaque dans la forêt durant l'examen de la licence provisoire, le public commence à perdre confiance en la plus grande école des héros. En conséquence, un internat a été mis en place et la licence accordée aux élèves.

Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
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 De Charybde en Scylla [w/ Damu-chan] [CONTENU EXPLICITE]

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Vilain Solitaire
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MessageSam 25 Nov - 9:43
















   ❝ De Charybde en Scylla ❞
 
w/ Damu Ningyô

 

Le doux grain glacé de la pluie rebondissait allègrement sur la surface blanche de son visage factice. Il était trempé de la tête aux pieds, et un léger frisson lui parcourut le dos. Pourtant, ce n'était pas le froid qui le faisait réagir ainsi, mais l'irritation alors qu'il découvrait que sa proie s'était enfuie. Sans aucune gêne, le dénommé Masanori avait jeté dans une flaque le bâillon Ikat, un petit bijou de tissage indien. La main gantée de l'homme se serra, et son masque sembla froncer les sourcils qu'il n'avait pas.

Courant à perdre haleine, Masanori ne reconnaissait pas l'endroit où il se trouvait. Les hangars se succédaient les uns aux autres, et par cette nuit pluvieuse, il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Tout ce qu'il savait, c'était qu'un maniaque était à ses trousses, et qu'il ne fallait surtout pas qu'il lui remette la main dessus. En parlant de mains, il n'avait pas réussi à ôter les liens qui entravaient les siennes. Il aurait aimé avoir son sac, son téléphone était bêtement resté dedans, mais le vilain l'avait sans doute déjà jeté au loin. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était de s'éloigner le plus possible en un temps record. A bout de souffle, il s'arrêta derrière un petit mont de caisses, et l'éclairage faiblard d'un néon en fin de vie vint doucement dessiner les contours de son visage adolescent. Jurant entre ses dents, il se maudit de ne pas avoir été plus assidu pendant les cours de sport. Alors qu'il aurait dû faire le choix de prendre sur lui et de continuer à courir, il décida de rester caché ici. Sans doute que l'homme au masque irait le chercher plus loin, et qu'il pourrait en profiter pour le contourner ? Grave erreur.

Une silhouette passa près de lui, bien différente de celle de son kidnappeur. Un employé ? Une partie de son être lui criait de rester à l'abri, mais il ne l'écouta pas et se leva vers l'inconnu.

« Excusez-moi... ? »

L'adolescent ne pu retenir un petit cri en voyant le visage de l'inconnu.

Uriel dressa l'oreille, cherchant à déterminer la provenance de ce cri. Il s'agissait peut-être de sa victime, peut-être pas, mais il allait devoir se rendre sur place pour en avoir le coeur net. Dans un soupir, il fit demi-tour. Ce gamin avait intérêt à lui vendre du rêve avec ses souvenirs et à se montrer digne de la Grande Dame, sinon il risquait de souffrir longtemps. Uriel avait toute la nuit devant lui.
 


 

 
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MessageSam 25 Nov - 15:23
Le soir, bien que pluvieux, offrait un ciel magnifique et couvert à la Poupée. Une autre de ses nuits interminables et douces commençait, remplie il l’espérait de cris d'une victime pure qui ne tarderait pas à gouter aux joies du Paradis, ou de ce qu'il y avait de l'autre coté, bien trop beau et mystérieux pour lui donner un nom.

Le tueur enfila une tenue plus adaptée que ce qu'il portait habituellement, à savoir un pantalon serré beige en toile épaisse, des bottes hautes en cuir marron foncées à revers, qui lui arrivaient une dizaine de centimètres en dessous des genoux, une chemises de flanelle blanche et un manteau à capuche de style Victorien vert foncé, accompagné d'un veston noir classique. Il ajoute à cela un coup de crayon noir sous son œil unique, et un trait fin de lyner noir également dégradé vers le doré, puis trois petits clous d'oreille à gauche. Fin prêt, il empoigna le manche de sa chère Fauçonneuse et se mit en route sous les quelques gouttes de pluie.

Le hasard fit bien les choses, et les pas de Damu le conduire à un vieil entrepôt encore en activité où un bruit de course rapide se fit entendre. Très intéressant. Habituellement, peu de personnes venaient s'aventurer par ici de nuit, et généralement des personnes qui, au choix, cherchaient le danger ou ÉTAIENT le danger. Silencieusement, la mince silhouette du tueur se faufila dans le bâtiment, enjamba gracieusement moult caisses et objets divers et arrêta enfin sa danse étrange devant un adolescent terrifié. Mais terrifié par quoi ? Ou par qui ?

- Excusez-moi... ?


Au moins était il poli, mais moins poli fut le cri qu'il poussa en voyant le visage de Damu. Bon, il fallait admettre que l’œil bouton, le sourire de poupée et l'arme qui brillait doucement dans le noir ne devaient pas être un spectacle habituel et réjouissant pour n'importe qui. Le travail avait déjà l'air commencé : le jeune homme portait des liens à ses mains, et sa présence ici ainsi que la légère marque rouge qu'un bâillon avait fait aux commissures de ses lèvres témoignaient explicitement d'un kidnapping en bonne et due forme. Si il avait réussi à s'en échapper, c'est bien qu'il avait de la résistance, mais tout ça pour se retrouver en tête à tête avec un autre ennemi, c'était l'ultime preuve que le monde était contre lui !

Damu décida de prendre ce fait comme le signe que l'heure de la mort de cet adolescent était venue.

Il releva sa grande capuche, libérant sa chevelure rousse et la totalité de ses traits si fins, presque beaux, et pourtant si dérangeants.

- Je te fais l'honneur de te montrer le visage de celui qui te tuera, pauvre petite créature... Ne t'en fais pas, je terminerai ça en un instant...


Damu plaqua à ses mots la malchanceuse victime au sol et le bloqua en se mettant à califourchon dessus, créa une bulle isolante de son grâce à son Alter et, n'ayant que deux mains, ne put allumer sa Façonneuse. Il opta donc pour un simple égorgement au couteau, moins salissant et plus rapide. Les cris de terreurs, les pleurs et les suppliques du malheureux être se tarirent dans un glougloutement de sang, et ses yeux se révulsèrent en arrière. Dérangé par ce regard vide, l'assassin ferma les paupières du cadavre encore chaud et détordit les traits de son visage comme il le pouvait, lui donnant un air un peu plus paisible. Cette besogne achevé, il gonfla à l'Hélium un ballon de baudruche qu'il avait choisit rouge vif - Un classique- et l'attacha autour de la gorge ensanglantée de la victime à l'aide de la corde qui lui avait entravé les mains. Tout cela n'avait au final pas prit plus de cinq minutes, peut être encore moins, et Damu finit par se relever, satisfait de son travail et prêt à recommencer.

Un bruit derrière lui le fit sourire. Il songea à une autre victime, peut être un ami de la première, et se tourna d'un geste vif et gracieux, faisant voler ses mèches flamboyantes. Son air satisfait et sûr de lui se décomposa littéralement devant la personne qui se tenait désormais devant lui, et qui n'était pas DU TOUT ce qu'il pouvait appeler " Victime".
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MessageMer 29 Nov - 1:31
















   ❝ De Charybde en Scylla ❞
 
w/ Damu Ningyô

 

Depuis la fine ouverture de la lourde porte métallique coulissante, Uriel se glissa à l'extérieur. La pluie tombait toujours en un rythme régulier, mais dont les sonorités étaient aussi plates qu'une musique d'ascenseur. Sans se soucier de ses vêtements déjà trempés, il s'engagea parmi les nombreux entrepôts de la zone, à la recherche de sa proie. La méfiance s'était pourtant éveillée chez lui, en effet, sa future victime avait crié, mais ce n'était sans doute pas sans raison. Quelque chose, ou quelqu'un, l'avait effrayé, et il doutait sérieusement que l'adolescent ait crié pour un chat errant ou une ombre sur le mur. A cet âge là, ils avaient accès à de nombreux films d'horreur et s'ils avaient un peu de jugeote, ils évitaient généralement les erreurs que les protagonistes faisaient à chaque fois. En même temps, c'était tout simplement stupide de vouloir se séparer face à un seul tueur, encore contre une armée de zombies c'est normal que les plus rapides et intelligents survivent, mais quand même. Secouant la tête, Uriel se dit qu'il n'avait pas de temps à perdre avec ces réflexions de comptoir, il attendrait demain et son petit déjeuner avec Madame pour pouvoir se plaindre à haute voix.

D'un pas léger, l'homme au masque se glissa furtivement dans les allées. Du coin de l’œil, il vérifiait chaque tournant avant de s'engager, jusqu'à pouvoir observer une étrange silhouette à quelques mètres de là. La nuit et le crachin l'empêchaient d'étudier attentivement cette personne, mais il était tout de même certain qu'il ne s'agissait pas de sa proie. Sans bouger un seul muscle, il l'observa en train de manigancer quelque chose vers le sol, il semblait vouloir fixer un... un ballon ? Un ballon rouge ? Uriel porta sa main à son menton, tentant de se remémorer quelques souvenirs. Il ne savait plus trop quand, mais il lui semblait avoir lu un article sur un échappé de prison qui signerait ses crimes de la sorte, à moins que ce ne soit Madame qui ne lui en ait parlé... Mais peu importe. Si c'était la même personne, et si ce ballon était là, c'était qu'Uriel venait à coup sûr de se faire voler sa proie. A cette idée, sa main gantée se crispa et, par réflexe, il activa son Alter. Avec le rideau de pluie, il eut un peu de mal à discerner les contours du voleur, mais il dût se rendre compte qu'il avait affaire à un déséquilibré.

Devait-il tourner les talons et en rester là pour ce soir ? D'un certain côté, il savait que cela risquait de tourner au vinaigre et qu'il pourrait se blesser, mais de l'autre, il avait quand même bien envie de voir la mise en scène de cet usurpateur. Appuyant un peu plus sur ses pas pour ne pas surprendre l'homme, il s'avança dans sa direction. De sa main gauche, il tenait Tears, prêt à faire feu sur le peu de remords que cette personne possédait.

« Il semblerait que vous m'ayez devancé. » dit-il d'un ton irrité.

S'arrêtant respectueusement à quelques pas de l'inconnu, il put enfin l'étudier de plein pied. Une folle chevelure rousse, un visage poupon mais orné à la manière d'une poupée, une allure d'épouvantail... Dire que certains trouvaient son masque effrayant, ils n'avaient sans doute jamais croisé un tel personnage. Mais sans se soucier d'avantage de lui, Uriel laissa ses yeux dériver vers le cadavre. Son visage était étrangement paisible, si on oubliait la tension de certains muscles. Sa gorge avait été tranchée de manière nette, d'une main de professionnelle, et c'était à celle-ci que le ballon avait été fixé. L'Artiste, oubliant alors complètement le meurtrier qui se tenait à ses côtés, se rapprocha du corps encore chaud et s'accroupit près de lui, observant chaque détail avec une grande attention. Certes, cela ne valait pas son travail. Mais il y avait quelque chose de beau dans cette mise en scène...
 


 

 
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MessageMer 29 Nov - 20:44
Le personnage qui lui faisait face était le plus surréaliste et étrange qu'il ait jamais vu -hors son propre reflet dans le miroir-, même en prison. Immense par rapport à lui, qui se laissait facilement distancer de son mètre 73, il portait un masque affichant un rictus malfaisant et ses vêtements ne permettait pas de discerner la moindte parcelle de sa peaux. Se tenant ainsi dans l'ombre, il semblait fait de pierre. Une statue ancienne et maudite qui dégageait une aura magnétique, sombre mais paisible.

Terrible et magnifique apparition...

Le coeur de Damu manqua un bond dans sa poitrine, mais il n'était pas sûr que l'arme pointée sur lui en soit la réelle cause. Il ne prononça pas une parole et n'esquissa même pas un geste quand l'homme - Du moins l'était il sûrement - dit d'un ton irrité - La Poupée n'eut aucun mal à deviner pourquoi... - :

- Il semblerait que vous m'ayez devancé...

Que répondre à cela sans déclencher un affrontement qui pourrait ne pas tourner à son avantage ?  C'était la problématique que le tueur retournait dans sa tête, soudain ramené à la raison par l'urgence de la situation, tandis que l'autre semblait déjà passé à autre chose et regardais attentivement... son travail ?
Damu fit quelques pas de sa démarche chaloupée pour se placer derrière l'individu. Celui ci semblait analyser son oeuvre et cela l'intriguait. Il ne parvenait pas à se dévider à fuir. Il n'en avait en réalité aucune envie.

- Il semblerait en effet... J'espère que cette pauvre âme n'était pas particulière pour vous... Au moins a-t-elle rejoint l'autre monde desormais, puisse-t-elle y vivre heureuse !

Autant adopter une attitude amicale. Jouer les gros durs ne correspondait vraiment pas à Damu, dont la carrure n'aurait de toute façons impressionné personne - Son arme peut être plus néanmoins, ainsi raffermit il sa prise sur le manche, méfiant- et il devait plutôt la jouer fine. Entre Artisants de la Mort, ils devraient se comprendre, non ?

- Je me doutais bien que quelqu'un d'autre l'avait en chasse, je ne pensais pas vraiment que vous seriez encore ici cependant... Mais la nuit n'est pas terminée, loin de là, et il y a sûrement d'autres âmes à libérer et à faire passer dans les rues !

Il avait prit un ton sympathique et "camarade", mais deux parcelles de lui s'affrontaient : l'envie de ne pas être la prochaine victime et donc de partir le plus vite possible, et l'envie de rester encore un peu...  Plus il y pensait, et plus cette personne l'intriguait. Elle devait être bien discrète hors de ses nuits de meurtres pour ne pas se faite attraper, et il n'avait jamais entendu parler d'un tel masque... Et d'un tel propriétaire !
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MessageMer 29 Nov - 22:27
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞
w/ Damu Ningyô


Toujours plongé dans son étude, le masqué fit à peine attention aux paroles du rouquin. Non pas que cela ne l'intéressait pas, il n'arrivait juste pas à se sortir de sa contemplation. Certes, il préférait voir les expressions de souffrance, la véritable apparence de la Mort, mais il devait avouer que ce style si différent était également très intéressant. L'approche paisible de la dernière danse, le ballon rouge rappelant à la fois l'enfance envolée et la dure réalité de cette gorge tranchée. Uriel tendit la main vers le cadavre, mais il se ravisa à la dernière seconde.

Toujours silencieux, il se redressa, prenant finalement conscience des mots sortant de la bouche rabibochée de son collègue. Oui, il y avait bien d'autres poissons dans l'océan, mais l'heure de la pêche était bientôt passée. Le temps qu'il trouve une proie décente, qu'il gagne sa confiance et qu'il trouve un coin tranquille, la matinée serait bien trop proche... Enfin, ça c'était s'il s'y mettait tout seul. Cet étrange homme, aussi talentueux était-il, lui avait causé du tort, pas question de le laisser repartir ainsi. Se tournant vers lui, Uriel l'observa à travers les interstices de son masque. C'était un poids plume, la nature de son Alter était inconnue, et il tenait dans sa main ce qui semblait être une faux. Un bien grande arme pour un petit homme comme lui, mais surtout, cela pouvait être signe qu'il ne possédait pas un pouvoir offensif.

« Je crains que le temps ne joue contre moi. A moins que... »

Aussi vif qu'une vipère, le masqué plaqua le rouquin contre le mur, bloquant au passage son bras tenant sa faux. La distance séparant le visage et le masque se rétrécit à une poignée de centimètres, et malgré l'obscurité environnante, la pupille émeraude pu rencontrer sa cousine rubis. C'était purement une prise de soumission. Si Uriel voulait respecter le travail de ce confrère, il ne pouvait simplement pas laisser passer son geste. D'une voix profonde, il lui murmura :

« A moins que vous ne m'aidiez à trouver un nouveau matériau... ? »

Bien évidemment, le peintre n'avait aucune envie de s'occuper de cet épouvantail : trop peu de remords à exploiter, et surtout, ce serait priver la Terre d'une autre vision de la Mort. Uriel restait le meilleur, assurément, mais il lui fallait tout de même de la concurrence pour mieux briller par la suite. Doucement, il finit par relâcher sa prise et, en se reculant, rangea son pistolet dans les plis internes de sa cape.



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MessageJeu 30 Nov - 22:25
L'ombre immense que dessinait l'inconnu se releva lentement, de manière presque solennelle. Il avait hésité à toucher le corps de l'adolescent mais avait retenu son geste, et Damu n'y comprenait décidément pas grand chose. A son air, on aurait pu prendre le Masqué pour un amateur d'art, ou un critique gastronomique...

La Poupée restait silencieusement à côté, se demandant presque si on l'avait entendu. La réponse à cette question ne se fit pas attendre : d'un geste brusque, il fut envoyé contre le mur et retenu par une large main chaude munie d'un gant, sans possibilité de se défendre. Une poupée de chiffon, un jouet à  forme humaine...Cette soudaine proximité surprit le rouquin qui nota comme dans un rêve les détails de la scène. La peau pâle et noble de l'étranger qu'il voyait finalement, la moindre ligne de son masque... Du regard il chercha une réponse à une question qu'il ne connaissait même pas, et ne trouva comme indice pour expliquer sa fébrilité et ses battements de coeur désordonnés que le rouge sombre et pénétrant de l'iris de son adversaire. La marque de sa main quil'empêchait de bouger l'angoissait autant qu'il le rendait paisible, gagné par un étrange sentiment d'avoir trouvé sa place entre ce mur de béton froid, sous la pluie, avec un étranger auc attentions méconnues...

Concentre toi, Damu, concentre toi !

Le cerveau, chose magnifique, semblait en mesure de traiter la proposition du colosse bien que le corps ne suive pas vraiment. Étonné de s'en sortir à si bon compte, car l'autre homme l'avait relâché et avait même rangé son arme dans sa cape - Que Damu nota de bonne facture, oooh comme le couturier avait envie de garder avec lui ce fantastique modèle et de le chérir de vêtements sur mesure jusqu'à la fin de temps !- et lui donnait ainsi le temps de reprendre ses esprits.

Une seconde chasse. Aucun problème pour Damu ! Inutile de gagner la confiance de quelqu'un, la réduire au silence suffisait amplement ! Mais révéler son alter était il une bonne idée ?  Et celui de l'autre, que pouvait il bien être ? Le ton de la proposition n'était pas si menaçant, mais la crevette en costume avait tout intérêt à trouver une riche idée assez vite tout de même.

Avant de répondre, il gagna un peu de temps en se remettant les cheveux en place et en défroissant sa manche. Il avait bien compris que l'autre attendait de lui une certaine efficacité...

- Je comprends bien... Avez vous un mode opératoire particulier ? Si ce n'est pas le cas, ou si les deux concordent, je vous proposerai bien d'écumer la sortie d'un certain "Club" de la connaissance, où les proies faussement heureuses sont foisons ! Et peu méfiantes avec ça... les gens qui ont vécu trop de choses sont étrangement les plus aisées à envoyer dans l'autre monde... peut être qu'elles le recherchent, en réalité... Elles ne repoussent pas une main tendue, quel que soit le prétexte, et nulle caméra ou quoi que ce soit...

Il marqua un temps d'arrêt. Ce qui était terrible chez ce garçon, c'était sa capacité à parler beaucoup puis à s'arrêter subitement pour ne plus parler avant longtemps. Mais qu'avait il a ajouter ?  Ses propres proies n'étaient souvent que des enfants, et il ignorait tout des... préférences de l'autre.
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MessageVen 1 Déc - 14:02
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞
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Ricanant mentalement, Uriel se félicita de sa propre initiative. D'ordinaire, il ne cherchait pas ainsi la bagarre, mais il avait eu raison de croire que ce petit homme ne se rebifferait pas. Il l'observa se rajuster, recoiffant cette folle chevelure rousse qui attirait le coup d’œil. Avec ce physique si spécial, il ne devait pas être facile de sortir en plein jour, et cette réflexion vient d'un homme portant un masque un permanence. Mais si il paraissait malsain en apparence, ce collègue semblait être passé par de lourdes épreuves à en juger par les cicatrices de ses joues et par son œil vacant. Il s'était peut-être lui même infligé tout cela, ce n'était pas la question, la souffrance restait la même. Peut-être que ce souvenir était la source de la maigre fumée qui s'évaporait de lui, et même si cela titillait la curiosité de l'Artiste, ce dernier savait qu'ils avaient mieux à faire pour le moment.

Mais tout de même, quel moulin à paroles. Tant de mots qui pourraient se résumer par : je connais un endroit, vous venez ? Mais soit, cela concordait avec son allure délurée. Malgré tout, malgré la proie volée, le temps perdu, les paroles en l'air, Uriel avait encore un peu de patience de côté. Il fit un signe de la main, invitant l'inconnu à lui montrer la route vers cet endroit foisonnant de victimes potentielles. Toutefois, le peintre sentit qu'il ne pourrait se contenter du premier écervelé venu.

« Une personne qui a souffert. C'est tout ce que je recherche. Le garçon que vous avez achevé, il venait de subir une peine récente. C'est ce dont j'ai besoin. »

Peu importait l'origine de leur tristesse, le masqué voulait seulement s'abreuver de leurs remords, il voulait entendre des pleurs, voir des visages tordus par l'effroi, des corps tremblant jusqu'aux extrémités, des hommes et des femmes en peine... Il n'était pas sûr que sa proie initiale venait de vivre un évènement bouleversant, il ne pouvait que le déduire du fait de la quantité de fumée qu'il produisait. Et c'était ce genre de densité qu'il désirait. Mais pas question d'expliquer son Alter à l'épouvantail, son pouvoir n'étant pas offensif, il préférait profiter du flou de la question pour garder un avantage mental sur cet homme. Oh, certes il voulait le respecter, mais il ne lui faisait certainement pas confiance.





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MessageVen 1 Déc - 19:32
Le connaisseur avait décidément des gouts étranges, ou du moins précis... Ce qui convenait aussi bien à Damu, en réalité : de simples tueurs animés par la haine ou l'envie de violence pure, il en avait vu. Des gens qui voulaient seulement s'amuser aussi, mais des gens qui cherchaient particulièrement quelque chose, qui avaient un but, un objectif, cela manquait, même parmi la ligue des Vilains !

L'individu avait l'air intéressé par sa proposition, et le couturier lui fit signe de le suivre en rabattant sa large capuche noire. Passer discretement dans les rues n'était pas chose aisée pour lui, et suivit par l'étrange énergumène il valait mieux qu'il ne croise personne... Il replia le manche de son arme et rangea le tout dans une malle de taille moyenne qui, bien que suspecte, ne permettait pas de discerner une quelconque menace au premier coup d’œil.

Ils passèrent par des rues étroites et sombres, semblables à des veines infectées par la présence des deux hommes, terrible virus qui ne cessait sa progression, et par des artères plus larges qui ne bénéficiaient pas pourtant de la moindre source de lumière... Quel Maire complétement stupide aurait perdu de l'argent à fournir en lampadaires cette partie basse de la ville, où ils aurait été détruits en moins d'une semaine et où leur carcasse n'aurait servi qu'à contempler, impuissantes, les sombres Hommes ? Quand enfin le rouquin à l'étrange sourire s’arrêta, ce fut devant une échelle de secours rouillée conduisant à un toit d'immeuble. De ce fameux perchoir pouvait être entendus des rires trop forts pour être vrais, des chants et de la musique " Grunge " assourdie par les murs. Le lieu n'en donnait pas l'air, mais ici se réunissaient les personnes les plus audacieuses, les plus folles et les plus désespérées que le tueur avait jamais trouvé. Les petits lieus comme ça se connaissaient par le bouche à oreille, et les gens en manque d'aventures se risquaient à y aller malgré les sombres trafiques qui s'y tramaient.

Le petit n'avait pas pour habitude de révéler ses endroits favoris, mais il sentait qu'à cet homme là, il le pouvait. Il le devait, même. Il souleva de nouveau sa capuche et ouvrit totalement son manteau, plus à l'aise. Il n'avait pas décoché un mot du trajet, n'ayant rien de précis à dire, et ne s'était même que très peu retourné pour suivre la progression de l'autre. Il leva la tête vers leur prochaine destination et parla :

- Nous y voilà... J’espère que vous y trouverez quelqu'un à votre gout.

Il se décala afin de laisser son accompagnateur passer et fit une petite révérence en désignant l'échelle branlante.

- La voie de Monsieur est dégagée...


De son œil unique brillant sous la lueur lunaire, Damu analysait les gens qu'il voyait : Cette fille seule dans son coin, en train de regarder les autres d'un air mauvais, n'était pas assez "Pure" que ce qu'il cherchait. Cette jeune femme là bas, qui se tenait dans un angle et riait avec celui que le rouquin présuma être son petit ami semblait cacher des choses, son regard devenait sombre, s’éteignait, dès qu'elle détournait le visage.Mais trop protégée, il faudrait embarquer les deux. Ou peut être ce garçon qui se tenait dangereusement au bord du toit, une bouteille vide à la main, en riant comme un fou et en insultant le destin... Non, trop enquiquinant, Damu n'aimait pas les gens bruyants...

Il activa son Alter presque par réflexe, et la bulle l'engloba, coupant tout son autour de lui sur un rayon qu'il choisit de 2 mètres, afin de ne pas gêner les actions de celui dont il ne connaissait toujours pas le nom, et profita un peu du répit ainsi accordé. Pour ce que l'autre était causant, il ne loupait certainement pas grand chose... Mais, quand bien même, il ne parvenait pas à être aussi concentré que d'habitude. Certaines personnes vêtues étrangement sortirent de la salle, et Damu se félicita décidément d'avoir trouvé cet endroit ou même des personne comme lui passaient inaperçues.

Du coin de l’œil il observa les nouveaux venus, et son attention fut aussitôt captée par l'un des membres, au regard doux mais au sourire triste, qui semblait en retrait, effacé et qui pourtant dégageait une aura de douleur qui n'échappa pas à la poupée. Il scruta du regard le masque insondable de son " coéquipier" d'un soir et leva un sourcil, lui demandant tacitement son avis.


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MessageSam 2 Déc - 21:51
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞
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Les deux hommes s'engagèrent dans les allées, agents silencieux au service d'un même patron intransigeant. Discrètement, Uriel sortit un vieux portable des plis de sa cape. Loin des smartphones design que l'on produisait aujourd'hui, ce modèle était une grosse brique dotée d'un écran en noir et blanc ainsi que d'un clavier rigide et cliquetant. Une véritable antiquité. Mais c'est d'une main experte qu'il envoya prestement un message à Anket, l'informant qu'il ne rentrerait sans doute pas avant le petit matin. Oh, il était certain qu'elle dormait déjà d'un sommeil paisible, et ce n'était pas pour la rassurer qu'il agissait ainsi. Il avait seulement un contrat à respecter. Une fois cela fait, il remisa le pavé à sa place, et reporta son regard sur son guide.

Avec sa capuche et sa mallette, il avait davantage l'allure d'une victime que d'un meurtrier. Tant mieux. Le masqué attirait déjà assez facilement l'attention, ils n'avaient pas besoin que de potentielles proies s'enfuient à la vue de l'arme de l'épouvantail. Mais d'une certaine manière, il se dit que s'il l'avait croisé ainsi, il aurait sans doute eu l'envie de les chasser, lui et son allure frêle à souhait. Peut-être même qu'un jour cette envie reviendrait. Qui sait ? La vie est pleine de surprises, mais la Mort est l'ultime stupeur, la cerise empoisonnée sur le gâteau au cyanure. D'un coup, d'un seul, l'Artiste pouvait retourner sa veste et trancher la gorge de cet avorton, de la même manière qu'il lui avait pris sa proie initiale. Son visage se tordrait sous l'effet de la consternation et de la douleur, son corps effilé se figerait un instant comme s'il était hors du temps, puis il s'affaisserait brusquement sans avoir pu lâcher ne serait-ce qu'un cri...

Oui, c'était tentant. Mais le cœur n'y était pas et surtout, sa curiosité venait d'être piquée au vif alors qu'ils s'arrêtaient en bas d'une échelle. Rouillée, branlante, elle semblait hurler de ne même pas penser à l'escalader. Et pourtant, c'étaient par là qu'ils allaient y aller. Pendant une fraction de seconde, Uriel se demanda si ce n'était pas lui qui venait de devenir une proie. Il étudia un instant son partenaire d'un soir, mais il finit par emprunter la voie dangereuse. Son gant émit quelques cliquetis alors qu'il montait vivement, une certaine urgence croissant en lui alors que la musique horrible et les voix désagréables grossissaient.

« Oh. » lâcha-t-il en découvrant le toit et le petit bar clandestin.

Activant immédiatement son Alter, Uriel inspira profondément. Magnifique. D'épaisses colonnes de fumées s'échappaient de chaque corps présent, de véritables usines à charbon ! Toutes ces personnes, ces proies, souffraient de leur passé et, alors qu'ils tentaient de noyer leurs souvenirs dans l'alcool, la drogue et le sexe, ils ne faisaient que jeter du sel sur leurs plaies purulentes. Le visage désincarné du peintre se tourna vers tous les groupes, tous les loups solitaires. Tant de choix ! Il se sentait presque comme un enfant devant une myriade de jouets, si tant est qu'il ait connu ce sentiment un jour.

Finalement, il se tourna vers son collègue. Ce dernier aussi semblait à l'affût. Le masqué suivit des yeux le regard du rouquin, et il fallait avouer qu'il avait du goût. Une petite créature venait de se présenter à leurs yeux. Un pauvre hère qui paraissait être écrasé par le groupe dans lequel il évoluait. Sa fumée était tellement noire qu'elle obscurcissait les visages de ceux qui l'entouraient, et la tristesse qui s'étalait sur ses lèvres était intense, vive. Uriel acquiesça. Parfait.

Le seul problème, c'était la présence de ses amis. Enfin, étaient-il vraiment amis ? Sa nouvelle proie semblait vouloir disparaître, mais les autres lui donnaient de grandes tapes dans le dos et riaient grassement. Le vacarme qu'ils provoquaient attira l'attention d'un mec bien éméché, celui qui se tenait sur le rebord de l'immeuble. Manquant de tomber à plusieurs reprises, il se mit debout tant bien que mal et commença à héler le groupe, sans pour autant réussir à donner du sens à une seule de ses phrases. Un homme et une femme se détachèrent de la bande, vociférant à leurs tours de mots bien peu polis. Sur le toit, la plupart des gens s'étaient tu, la tension était montée d'un cran, et l'homme bourré regardait tout le monde en chien de faïence. Il lâcha un brusque "Quoi ?" avant de descendre du rebord et de tituber en direction de la salle, sans doute pour reprendre un nouveau verre. Vu son état, il y avait des chances qu'il s'agisse de son dernier.

La petite victime s'était écartée du groupe, comme apeurée par les haussements de voix. Il sursauta et se retourna brutalement quand Uriel lui tapota l'épaule du bout de ses doigts gantés. Avant que le peintre ne puisse tenter quoi que ce soit, un homme du groupe s'interposa.

« Doucement coco, pas touche à la marchandise. »

Uriel se redressa. Marchandise ? Son regard étudia brièvement sa proie. Un jeune garçon, la vingtaine, aux traits efféminés et vêtu d'une robe de très mauvaise facture. Un Kagema. S'il s'attendait à ça... Enfin, sa seule question était : est-ce que son guide savait ce qui se passait ici ? Le masqué se fichait pas mal de la sexualité, il était d'ailleurs très tolérant sur ce point là, mais il aurait simplement aimé être prévenu qu'il allait devoir sortir son porte-monnaie. Car oui, c'était cette victime là qu'il désirait. Pas question de repartir sans.

« C'est 500 000¥ la soirée. »

Clairement du vol. Mais soit. Malheureusement, il ne se baladait pas avec une telle somme sur lui. Alors que faire ? Hors de question de réveiller Madame pour de telles broutilles à une telle heure de la nuit.



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MessageSam 2 Déc - 23:08

Une certaine altercation semblait amener encore plus d'activité en ce lieu. L'homme titubant et le groupe où se trouvait ce petit ange de noirceur se fusillaient du regard, pour une raison inconnue à Damu. Peut être que si il écoutait ce qui se passait, il comprendrait mieux... Au moins son choix avait l'air de plaire au Masqué, qui se tenait à l'affût de la moindre occasion. La poupée détailla plus précisément la future victime, qui possédait de magnifiques cheveux de jais raides et soyeux, des traits féminins et une robe qui le fit frémir d'horreur. Même si son métier aisément deviné l'incitait à ne pas rester vêtu très longtemps, comment un être humain pouvait donc accepter de porter pareil chose ? Enfin, la pauvreté était quelque chose qui obligeait même les meilleurs personnes à commettre des immondices...

Le garçon a la bouteille disparut enfin à l'intérieur, et Damu écouta et surtout regarda la suite des événements attentivement. Le groupe semblait assez énervé qu'on veuille toucher à leur jouet d'une nuit, mais le tueur à la cape n'en démordait pas. Damu aurait peut être pu lui dire que les meilleures proies étaient payantes, ceci dit... Il avait disons, ses habitudes, ainsi saisit il l'occasion d'intervenir. Moins effrayant que son coéquipier du fait de sa carrure, il se permit de se placer entre les deux hommes et offrit son air de faux jeton le plus amical.

- Tarif unique ?

- Non, pour deux c'est 900 000 Yens... Desolé. Ajouta le Kagema. Le groupe semblait en colère, mais Damu avait un objectif et il était coriace. Il sortit de sa veste un porte monnaie lourdement garni par la vente de ses produits de couture de luxe. Oui, Damu Ningyô était plutôt riche, disons le clairement, et oui il avait déjà dépensé de l'argent dans ce genre de commerce. Néanmoins il était habitué à dépenser moins lors de ses "soirées". Il tandit ce qu'il possédait au jeune homme.

- 750 000 Yens et quelques vêtements de ma confection ? Du " Gordony ", cela vaut bien le prix...

Il afficha un sourire adorable à sa proie, véritable manipulateur dans l'âme, qui saurait faire oublier à n'importe qui son oeil bouton et son sourire. Il avair l'air d'un brave type, plus innocent encore que les autres fêtards qui n'avaient sûrement pas autant de sang sur les mains que lui. Mais ça ne suffisait pas, et le groupe de jeunes semblait vouloir revenir à la charge... Mauvais tout ça.

- L'offre est tentante mais je ne peux pas avoir la certitude que vous tiendrez votre promesse...

- C'est compréhensible... Je n'ai malheureusement pas grand chose à offrir, peut être mon manteau et mon veston vous satisferaient ils ? À eux deux ils valent bien plus que ça... À l'occasion je payerai plus, je suis un habitué des lieux...

Le jeunot hésita un peu, tourna la tête entre les deux offres qui s'ouvraient à lui et, après un suspense à peine soutenable, hocha la tête face aux deux tueurs, et c'est comme s'il venait de se passer du même geste la corde au cou. Il avait peut être moins à gagner d'un point de vue purement fiscal, mais le rouquin se doutait que la perspective de passer la nuit avec l'autre groupe, alcoolisé et dégageant une aura de violence et de perversion ne l'enchantait pas vraiment, et Damu se retient de rire en imaginant que lui et le masqué devaient passer pour de gentils sauveurs. Le Kagema suivit le pas à Damu, qui, s'écartant de la véritable scène de duel qui venait de se jouer, se rapprocha de son comaparse. Il lui murmura un :

- C'est à toi de nous guider, maintenant.
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MessageLun 4 Déc - 17:31
















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Pendant toute la négociation, Uriel s'était tenu en retrait, amusé de voir son collègue d'un soir marchander ainsi la propriété de ce garçon. Celui-ci tourna les yeux vers une femme vulgairement vêtue, qui fumait tranquillement non loin de là. Elle hocha la tête, comme pour lui donner son approbation, et le masqué comprit qu'il s'agissait de sa maquerelle. Une véritable épave, son visage émacié, ses traits tirés et les énormes valises sous ses yeux lui conféraient un air effrayant et surtout inamical à souhait. Rien à voir avec la délicieuse créature qu'était le gamin, enfin, pour quelqu'un s'intéressant aux plaisirs charnels. Pour Uriel, la vieille était inintéressante, tout simplement. Les pêchés qui pesaient sur ses épaules n'étaient pas particulièrement spectaculaires ou digne d'être exploités. Elle était encore plus mal habillée que son protégé, non pas que la qualité de sa tenue soit désastreuse, elle n'avait simplement aucun goût pour l'association des matières et des couleurs. Son camarade risquait la crise cardiaque s'il la regardait, et s'il était vraiment couturier comme ses paroles le suggéraient, cette femme était certainement son pire cauchemar.

Le groupe commença à s'agiter. L'énervement les gagnait alors qu'ils comprenaient qu'ils n'allaient pas pouvoir repartir avec leur petite récompense. L'un d'eux, proche du masqué, poussa celui-ci. Sortant de ses réflexions, le peintre lui agrippa automatiquement le bras et, tournant son visage immobile vers lui, il profita de leur proximité pour mélanger sa fumée à celle de ce grossier personnage. L'alcool aidant, l'homme fut rapidement submergé par ses plus lourds souvenirs. Des tremblements agitèrent son torse, ses dents claquèrent légèrement et il se mit brusquement à pleurer. Sans la moindre dignité d'ailleurs. Il tomba à genoux, éclatant bruyamment en sanglots alors que de la morve souillait ses narines, ses lèvres, son menton. Répugnant. Uriel se recula, le considérant hautainement, avant de se tourner vers sa proie et son compagnon. Ce dernier venait d'ailleurs de lui demander de servir de guide, ce à quoi il acquiesça.

« Nous avons déjà assez perdu de temps. »

La bande inamicale restait figée sur place, ne comprenant pas ce qui arrivait à leur ami. Celui-ci se parlait à lui même, comme pour essayer de se dépêtrer de ses souvenirs.

« C'était pas ma faute. Elle avait pas dit non. C'était pas ma faute. C'était pas ma faute. Pas ma f-f-faute. Pas- Pas ma faute. » murmurait-il en boucle.

Ah l'alcool. Voilà pourquoi l'Artiste n'appréciait guère les cibles alcoolisées, elles étaient bien trop facile à briser. Profitant de la hauteur du bâtiment, il observa brièvement les alentours afin de se situer. Son regard s'arrêta sur une enseigne qu'il connaissait et qu'il avait déjà fréquenté. Cela pouvait faire l'affaire, en espérant qu'ils n'étaient pas complets. Pivotant sur lui même, il partit en direction de l'échelle, sa victime sur les talons.

Le trajet se déroula dans le silence des plus total. Le Kagema marchait la tête basse. Il semblait habitué aux clients spéciaux, mais il était clair que ce mode de vie ne lui convenait pas. Oh comme Uriel avait hâte de voir tout ce que ce jeunot regrettait dans sa vie ! Sans doute les choix qui l'avaient conduit à devenir ce qu'il était aujourd'hui, mais il y avait tellement de possibilités que la surprise resterait intacte. D'excitation, Uriel se mit à fredonner légèrement un air.

Quelques minutes plus tard, il s'arrêta devant un bar pas mal bondé. Sur l'enseigne, on pouvait voir écrit blanc sur noir : Limbo, et quand une femme sortit une cigarette à la main, des échos de musique rock leur parvinrent par fragments. Uriel était homme de goût, et à son physique on pouvait croire qu'il n'appréciait que le classique et la haute musique, mais il fallait voir au delà des apparences. Le rock, le métal, tous ces univers offraient des visuels intéressants et surtout avaient leur lot d'artistes prodiges. Poussant la porte, il entra et se rendit directement au bar. Là, un petit bout de femme leva les yeux au ciel et, s'asseyant sur le comptoir, lui tendit directement la main. Dans une révérence, le masqué attrapa la petite menotte manucurée et le pressa doucement.

« Suzie, ma chère. J'aurai un service à vous demander. »
« Je te vois venir Uriel. Le même que la dernière fois, c'est ça ? »
« Vous me connaissez. »
« Je n'ai que la rose de disponible par contre. Les frais de nettoyage vont à Madame ? »

Il hocha la tête alors que la barmaid lui donnait une clé ornée d'un pompon à poils rose. Il la remercia et finit par faire face à son collègue. Il l'avait presque oublié dans l'histoire. Le fait d'être en territoire connu, avec une proie de qualité, avait finit par remonter le moral du masqué, et l'envie de lui rendre la monnaie de sa pièce avait germé en lui. L'idée de lui trancher la gorge avait complètement disparu, tout ce qu'il désirait était de lui montrer son art et surtout de passer une bonne fin de soirée, dans le sang et la bonne musique. Il tendit ses mains à ses invités, l'une à sa proie, l'autre à son camarade.

« Profitez, les boissons vont sur ma note. »

Techniquement, non. Madame allait régler la facture, mais que ne ferait-elle pas pour son adorable tueur en série ? Serrant la petite main de sa victime, il le fit tourner en direction des escaliers et, dans un murmure, il lui donna la clé rose et lui demanda d'aller se préparer. Cela paraissait complètement lubrique, et Uriel le savait, mais il avait besoin que le garçon y croit jusqu'au bout. La question était : verrait-il la Mort comme une nouvelle épreuve ou comme une délivrance ? Oh, délicieux ! Puis, attirant le rouquin à lui, il le laissa devant le comptoir, face à Suzie. Celle-ci avait son carnet à la main, prête à prendre sa commande.

« Je vous laisse prendre commande, rejoignez-nous dans la salle du fond. »
« Celle avec le cœur dessus. » compléta la patronne.

Puis, sur ces mots, Uriel s'engouffra dans l'escalier. Là, il arriva dans un long couloir donnant sur de nombreuses portes. Toutes avaient des signes distinctifs, on trouvait ainsi un sapin, une goutte d'eau, un chien, un arbre... et enfin la salle du cœur. Bien évidemment, il s'agissait de la représentation enfantine du cœur, celle qui n'avait rien à voir avec sa véritable apparence. Dommage, le masqué aurait préféré un peu plus de réalisme. Enfin, là n'était pas la question. La porte était entrouverte. Il la poussa et son regard tomba directement sur le Kagema. Celui-ci était assis sur le lit, il avait ôté ses vêtements mais il les tenaient devant lui comme pour se préserver. Les draps étaient roses, les oreillers étaient des cœurs énormes, affreux. Cela piquait les yeux, mais tant pis. D'une certaine manière, l'Artiste sentait qu'il y avait moyen de rendre cela agréable malgré tout, avec quelques nuances de rouge... Sur les murs rose pâle, on pouvait voir accrochés différents ustensiles sexuels, tels que des cravaches, des godemichets de toutes les tailles et de toutes les formes... Sur des étagères, des guides plus ou moins connus, des produits de lubrification... Un petit paradis pour pervers. Mais ce n'était pas ça que désirait l'homme. Il s'approcha du lit et, dans un souffle, il ordonna au jeune homme de se rhabiller. Puis, il s'accroupit et sortit de sous le lit une lourde malle en métal. Rose. Bien sûr. Tout était dans les détails.



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MessageMar 5 Déc - 18:43
Le trajet, rapide, ne laissa pas à Damu le temps de réfléchir. Quelle étrange soirée, tout de même... Pourquoi ce type étais il soudain tombé à genoux, en pleurant comme un porc ? Bien qu'habitué de ce lieu, il ne voyait d'habitude que de la fausse joie ou de la colère, mais passons... Petit à petit gagné par des sentiments inconnus de perplexité tout comme d'impatience, Damu suivit l'étrange procession : en tête, le charismatique guide, pour qui il ressentait... quelque chose, sans parvenir à mettre un mot dessus, suivit par le Kagema, tête basse, l'air presque mal à l'aise. Un petit air flottait dans l'air, et le porteur de mallette prit du temps à comprendre que le Masqué poussait la chansonnette. Sa voix grave était décidément aussi effrayante qu'attirante... Il se rendit compte qu'aucun des trois hommes ne savaient le nom des autres, mais ce n'était pas plus mal... Ignorer le nom de son camarade le rendait plus mystérieux, et quel était l’intérêt de connaître celui d'une personne qui, d'ici peu, serait morte ?

Enfin, un établissement d'apparence peu attirante nommé " Le limbo" - mais qu'est ce que c'était que cet endroit, sérieusement ? Un peu de ... classe, n'aurait pas déplu à Damu, et il était étrangement déçu par l'inconnu, s'imaginant comme théâtre du crime plutôt un manoir ou au moins une petite maison cossu... Tant pis, passons !-  se dressa devant eux, et ils entrèrent tout trois afin de trouver une adorable petite femme apprêtée - Le rouquin soupira de contentement, au moins la musique était elle entraînante et le personnel acceptable - qui semblait connaître l'autre tueur. Pas bête, de se faire un réseau de connaissances...

Les deux compères discutèrent un peu, sans que la poupée ne porte vraiment d'importance à leurs palabres, bien trop occupé à réfléchir à quelle sauce le jeunot allait être mangé. Mais il entendit très bien le :

- Profitez, les boissons vont sur ma note.


Information très intéressante, en vérité. L'homme en queue-de-pie retint un sourire tordu de contentement. Il ne put s'empêcher par contre quand il entendit son compagnon de soirée murmurer à l'autre d'aller se préparer. Quel dommage vraiment qu'il ne soit pas là pour ça... Quoique, les chambres ne devaient pas êtres fameuses fameuses, pas ici de draps de soie blanche et de couvertures en satin, ou de gros édredons à plumes... Enfin, il pouvait toujours rêver ! Perdu dans sa rêverie, il se sentit amené par le Masqué face au comptoir, auprès de la dénommée... Suzie ? C'était cela ?

-Je vous laisse prendre commande, rejoignez-nous dans la salle du fond.


Ah, encore du vouvoiement... Son hôte était bien plus poli que lui, en fait, car il semblait à Damu l'avoir tutoyé puis vouvoyer et vice versa, il était trop perturbé pour penser à l'étiquette, chose d'habitude pourtant importante pour lui... Enfin bref, interlude inintéressante bonjour. Le petit homme s'assit sur un des hauts tabourets en saluant la serveuse - patronne ? -. Inutile de jouer au jeune homme innocent venu "s'amuser", il avait tout de même entendu les mots "frais de nettoyages" et, à part cas réellement extrêmes, elle faisait sans doute référence à - comment formuler tout ça de manière élégante... ? - une substance susnommée de couleur carmin. De manière étrange, Damu se refusait à dire le mot "sang", ce qui en temps que tueur était assez problématique et contraire à toute logique, mais la logique n'était de toutes manières pas son point fort. Tout ça pour dire qu'il savait très bien que la femme savait qu'il allait s'occuper du cas du Kagema de manière non conventionnelle. Pour autant, il préférait ne pas trop parler avec cette Suzie, qui, en tout bien tout honneur, ne méritait pas sa confiance absolue. Il était comme ça, Damu, prudent malgré son excentricité et surtout prévoyant. Qualités valables uniquement quand il était sobre et maître de ses moyens.

- Ma chère dame, un petit cocktail de votre choix me satisferait beaucoup, quelque chose de fruité...


Elle lui servit rapidement et avec des gestes experts qui témoignaient de nombreuses années de service un mélange de rhume doux et de liqueur de cerise, avec un peu de limonade et de sirop. Jolies couleurs. Et le goût était exquis. Parfaitement adapté à la soirée. Aaah, quel plaisir finalement d'être là. Le tueur ferma son oeil unique pour mieux se concentrer sur le goût fort et délicat à la fois de son breuvage, qui lui échauffait la gorge, le ventre et le visage. Il reposa la coupe et, d'un signe, demanda un autre verre que le petit bout de femme qui tendit dans l'instant.

Un beau rouge cerise monta progressivement aux joues du couturier, qui, ne voyant pas le temps passer, enchaînait divers cocktails que lui proposait la serveuse qui ne manquait pas d'imagination. Le bar était vide, mais la musique battait encore la mesure pour un Damu enchanté.

- Vous devriez peut être monter... Vous en êtes à votre 5 ème verre,
De plus...


- Vous avez raison... Mais il faut savoir se faire désirer dans la vie !


L'homme se leva, prit sa mallette avec lui et salua d'une courbette maladroitement exécutée, quelques peu chancelante, et suivit le chemin qu'avait emprunté plus tôt son acolyte. Au fur et à mesure de son avancée dans le sous sol, le son de la musique devenait de plus en plus bas, jusqu'à ce qu'il se retrouve finalement dans le silence complet. La poupée se demanda si la pièce qu'il devait retrouvé était bien insonorisée. Mais bon, en fait il s'en foutait, son alter lui permettait de ne pas se poser ce genre de questions.

Le couloir était démesurément long, de part et d'autre des portes closes décorées de dessins enfantins et absurdes l'encadraient, lui rappelant étrangement un film de son enfance, avec un squelette qui voyageait de monde en monde de fêtes grâce à des portes semblables. Les lumières crépitèrent, achevant de donner son ton étrange et décalé à la scène, Damu se sentait Alice, perdu dans un monde onirique proche du sien et pourtant aux codes éloignés, bien que d'apparence il soit plus proche du chapelier Fou.

Une sorte de gardien l'observa tandis qu'il rentrait dans la dernière pièce, ornée d'un affreux cœur rose. Il entra en claquant la porte d'un gros coup de pied enthousiaste. Et déchanta bien vite. L'endroit où il venait d'arriver était indescriptible. Enfin si : Rose, moche, et malsain. Dans le sens sexuel du terme. Je laisserai au lecteur le soin d'imaginer la sensation qu'un homme de 27 ans, soûl, en présence d'un prostitué attaché par une corde dans un lit - mais habillé- en pleurs et d'un autre tueur qu'il trouvait plutôt à son gout, penché sur lui au milieu d'une pièce affreuse remplie d'objets divers et sensuels ? Bien, une fois ton esprit calmé, cher petit lecteur, reprenons le fil de l'histoire. Notre brave Damu entre donc dans cet endroit dédié au plaisir, tentant de comprendre pourquoi fichtre ce petit était en larmes. Il prit le Masqué par les épaules pour s'en servir d'appui afin de se pencher lui aussi vers le visage de l'attaché. Ses mouvements, souples et exagerés, étaient plus libres et décomplexés qu'auparavant. Il était plus tactile, aussi.

- Oh que c'est gentil de ne pas avoir commencé sans moi ! Mais pourquoi est ce qu'il pleure, ce pauvre... Oh, comment t'appelles tu déjà mon chou ? En tout cas, même tout rouge et reniflant tu es mignon, c'est pas banal ! Il te fais des misères mon copain ? Attends de voir la suite...

Il pinça les joues du jeune homme pour le forcer à sourire et se retourna vers
l'autre tueur. Il n'entendit pas si l'autre avait répondu,

- Tu aime le bondage ou c'est pour qu'il ne s'enfuit pas ? Pas mal cette chambre au passage, la déco laisse à redire mais niveau accessoires... Oh ! Il est au courant de ce qui va lui arriver ou pas encore, notre petit invité ? Oooooh s'il te plaît je peux lui dire ? Je peux ?

Il battait des mains comme un enfant et en se mordant la lèvre inférieure, son oeil pétillait de malice. Encore une fois, il prit la parole sans laisser à l'autre le temps de placet une phrase : il enchaînait les phrases comme il avait enchaîné les verres, et son ton joyeux et guilleret mais néanmoins aux accords étranges, accompagné dune légère barre rouge au milieu de son visage, traversant son nez en pointe et des joues, indiquait bien à qui ne l'avait pas encore compris son état. Ses cheveux semblait avoir encore prit en volume.
Il s'assit sur le lit et approcha son visage à moins de deux centimètres de celui de la future victime, qui, en proie à une tourmente d'origine inconnue, le dévisagea avec terreur. Comme il avait raison...
Damu se pencha et lui susurra à l'oreille :

-Cette nuit, nous allons t'envoyer au paradis... Pour de bon.

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MessageJeu 7 Déc - 17:00
















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Tremblant et inquiet, le jeune homme enfila le torchon qui lui servait de robe. En regardant le tissu, on pouvait voir que les coutures avaient été malmenées, que le vêtement avait été étiré et recousu plusieurs fois. Il était surtout ample, sans doute afin de permettre de l'enlever et le remettre facilement, ce qui pouvait être utile compte tenu du métier du garçon. Laissant la malle fermée pour le moment, Uriel se releva pour s'approcher ensuite d'une petite chaîne hi-fi. Il fouilla tranquillement dans la pile d'album CD, à la recherche d'une musique de fond. Il lui fallait quelque chose sans paroles, de calme et d'apaisant. Quelque chose d'un peu triste aussi, afin de mieux conditionner sa victime. Ah ! Sa main gantée extirpa de la pile un CD qu'il plaça aussitôt sur la langue en plastique du lecteur. Ce dernier avala l'offrande et, bien vite, les premières mélodies s'élevèrent dans les airs. ♫♪ Erik Satie ♪♫ était décidément le mieux placé pour la scène qui allait suivre, avec ses Gymnopédies et ses Gnossiennes.

Les deux termes sont d'origine grecque. Le premier désigne une fête des enfants nus, célébrée à Sparte. Le deuxième se rapporte à la gnose, qui est un concept psycho-religieux qui, grossièrement, explique que le salut de l'âme passe par la connaissance de soi et par l'expérience du divin. Parfait ! Car entre ses doigts, ce soir, ce petit homme allait être sublimé, et envoyé là où sa religion veut bien le porter. Paradis, enfer, purgatoire... Peu importe, ce qui arrivait après ne le regardait pas.

Une fois la musique lancée, Uriel retourna auprès de la malle. Faisant coulisser les petites attaches métalliques, il dévoila le contenu du coffre, arrachant un petit cri de surprise à son invité. Uriel lui-même retint une exclamation, surpris qu'il était par la présence d'un homme enserré dans une combinaison de cuir. Il était bien vivant, son corps se soulevait à un rythme régulier, signifiant même qu'il dormait. Le masqué lui tapota l'épaule, se raclant la gorge au passage. La belle au bois dormant ouvrit alors ses petits yeux et, se redressant brusquement, bafouilla des excuses. Il quitta aussitôt la pièce, gêné et sans s'arrêter de parler. Le Limbo avait toujours été un lieu de surprises, mais là, ça dépassait l'entendement. D'autant plus que la pièce été fermée à clé, ce qui voulait dire que ce gars était là depuis la dernière location, donc sans doute la veille. Enfin. Uriel s'assit aux côtés du Kagema. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne lève sa main et caresse doucement la chevelure noire du jeune homme. A son contact, la proie frissonna et elle se sentit brusquement triste.

« La vie est toujours pleine de surprises. Mais voilà une dont je me serais bien passé. »

Malgré la tristesse qu'il ressentait, le Kagema laissa échapper un petit rire. Son timbre était cristallin, et son visage en devint presque angélique. Ses traits étaient plus fins que la plupart des femmes, et nombre d'entre elles seraient sans doute jalouse qu'un homme soit ainsi plus beau qu'elles ne pourraient jamais l'être. Sa maquerelle elle-même devait l'envier. Mais personne ne voudrait prendre sa place, n'est-ce pas ? Le poids de cette beauté, c'était de se retrouver au milieu d'une salle des plaisirs, en compagnie d'un tueur qu'il prenait sans doute pour un simple pervers de plus. Avec des goûts étranges, certes, mais un pervers tout de même. Doucement, Uriel pinça le menton du garçon entre ses doigts et, le guidant tranquillement vers l'arrière, le fit s'allonger au centre du lit.

De la malle, l'Artiste sortit plusieurs cordes avec lesquelles il lia les poignets et les chevilles du garçon aux barreaux du lit. Les nœuds étaient solides, mais surtout coulant, plus le Kagema se débattrait, plus la corde mordrait sa jolie peau. Pour le moment, il avait assez de jeu pour se redresser et se mouvoir un peu, et si tout se passait bien, il ne comprendrait sa bêtise que trop tard. Puis, restant assis près de sa proie, Uriel observa la porte. Son camarade n'était toujours pas arrivé. Il lui fallait donc autant de temps pour prendre un verre ? A moins que Suzie n'ait décidé de se l'accaparer un peu, elle avait toujours eu un faible pour les originaux, il suffisait de voir la tête de son ex-mari pour comprendre : un nain drogué qui dealait de la méthamphétamine à des collégiens, juste pour s'amuser. Oui, cela ressemblait à une mauvaise blague, mais c'était la pure vérité.

Soit. Que l'autre prenne son temps, Uriel occuperait le sien en travaillant sa proie au maximum. Avec la vision que lui conférait son Alter, l'homme au masque put voir sa fumée se mélanger librement à celle du Kagema. Ce dernier eut une expression étonnée, sans doute à cause du souvenir qui remontait en lui tel un aventurier fantôme revenu d'entre les oubliés.

« Que voyez-vous, mon petit ? »

Le garçon tourna vers lui un regard partagé entre l'effroi et la stupéfaction. Il semblait avoir compris que son client était la source de ce bout de mémoire surgissant des tréfonds de son esprit. Finalement, un sourire découragé s'inscrivit sur ses lèvres tremblantes. D'une voix faible, il prit la parole, contant son histoire. Et à mesure qu'il parlait, Uriel et lui revoyait les scènes évoquées. Il expliqua comment il avait toujours rêvé d'être un héros, mais qu'en raison d'un Alter inefficace il n'avait jamais pu tenter sa chance. Il parla de son père, de comment celui-ci l'avait vendu pour éponger ses dettes. Il raconta sa première fois, avec un homme qui avait trois fois son âge et qui l'avait laissé tremblotant pour trois jours durant. Il parla aussi de toutes ces expériences qui l'avaient traumatisé, de sa maquerelle qui le battait, de ces clients qui lui faisaient faire des trucs atroces, du petit chien qu'un de ses "collègue" avait laissé tombé du haut de l'immeuble où il travaillait. Et finalement, quand il se tut, son visage était ruisselant de larmes qu'il n'avait même pas senti couler.

Un bon quart d'heure s'était écoulé. Pendant le monologue de sa proie, Uriel n'avait pas dit un mot. Tel un psychologue, il avait écouté attentivement tous les sévices vécu par ce pauvre garçon qui n'avait même pas atteint la vingtaine. Non pas qu'il se trouvait ému par ce que l'autre racontait, il profitait simplement de ce film narratif comme il se doit. Il était très rare que ses victimes se montre aussi conciliantes, mais cela s'expliquait facilement ici. Le gamin n'avait jamais eu personne à qui raconter ses déboires, et à partir de là, il suffisait de dire "Parle" et on ne l'arrêtait plus. Bien. A présent l'Artiste disposait d'assez de matériaux pour exploiter ce nouveau chef d’œuvre, tout ce qui lui manquait était son public. Et en parlant du loup...

La porte en bois s'ouvrit alors avec violence, dévoilant un épouvantail roux aux joues vermeilles. Oh. Uriel comprit pourquoi l'autre avait mis autant de temps à venir. Allez, disons que c'était de sa faute, il avait parlé de boissons au pluriel. Retenant un soupir, le masqué regarda son compagnon déambuler maladroitement dans la pièce, soumis aux effets néfastes de l'alcool. Mais quand le rouquin s'appuya sur lui, le masqué se demanda sincèrement s'il n'était pas suicidaire. Il avait fallu longtemps avant qu'il ne laisse Madame l'enlacer ou simplement le toucher, et lui, cet homme qu'il connaissait depuis moins d'une journée, se permettait déjà de se montrer aussi familier ? Sans parler du tutoiement et de sa manière de s'exprimer.

Néanmoins, l'homme au masque demeura affable. Il avait perdu sa proie initiale, il avait suivi un inconnu dans un endroit incongru, il se trouvait à présent en territoire, certes connu, mais aux antipodes de ses habitudes luxueuses, mais il s'en moquait. La soirée s'était révélée bien plus intéressante qu'elle n'aurait dû l'être, et rien que cela suffisait à chasser sa mauvaise humeur. Alors que son camarade battait des mains et s'excitait dans tous les sens, Uriel se laissa aller à un rire léger malgré sa voix grave.

Se levant, le masqué tira un fauteuil épais d'un coin de la pièce et le positionna face au bord du lit. Puis, avec une douceur peu commune, il prit le rouquin par les épaules et l'attira à lui. Il lui enserra la taille et, dans une valse rythmée par la musique de Monsieur Satie, il alla l'installer sur le fauteuil.

« Un peu de calme, cher ami, la représentation va commencer. »
Se plaçant derrière le fauteuil, Uriel entreprit de recoiffer son spectateur, lissant quelques mèches rebelles.
« Inspirez, expirez. Profitez de la vue, imprégnez vous des idées que vous procure ce corps enchaîné. Cette peau laiteuse, ce regard implorant, que vous inspirent-ils ? » Il marqua une pause. « Ce garçon est triste, oui. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Tout son être semble vous appeler à mettre fin à ses jours, et il est vrai qu'un simple coup de couteau ou une balle pourrait y arriver aisément. Mais où serait l'art là dedans ? »

S'écartant de son camarade, Uriel revint sur le devant de la scène. Le Kagema ne le quittait pas des yeux. Il voulait se débattre, mais la corde avait commencé son travail et elle resserrait doucement son étreinte à chaque mouvement trop brusque qu'il tentait. A ses pieds, il s'empara d'un couteau cranté, soigneusement rangé dans son étui au milieu de la malle. Sortant la lame de son écrin, il l'étudia un instant avant d'en tendre le manche à son partenaire. Puis, il prit une petite trousse, l'ouvrit sur le matelas et en sortit un fin scalpel.

« L'art, c'est de savoir extraire toute la peine possible contenue dans notre proie, avec les outils mis à notre disposition. Et savoir que ce jeune homme a déjà assisté à des séances de sado-masochisme extrême permet de recréer chez lui ce traumatisme bien plus facilement. Voyez plutôt ? »

Le regard du Kagema bloqua sur la petite arme blanche qui approchait doucement de sa jambe. La lame caressa une vieille cicatrice et, alors que la douleur se mit à irradier en lui, les souvenirs de ce moment là rejaillirent en lui, aussi vrais que nature. Son visage se tordit de peur et de douleur, alors qu'Uriel avait simplement effleuré sa peau, ne faisant s'écouler qu'une seule et unique goutte de sang. Ah, la torture psychologique. Il n'y avait rien de plus plaisant au monde, hormis le fait d'assister à un opéra de renom.




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MessageDim 10 Déc - 20:22
La Poupée, que le destin semblait s'acharner à protéger, et même à combler, ne fut pas châtié pour sa témérité, loin de là. Délicatement prit par les épaules puis ramener contre le corps du Masqué, il sentit la chaleur de ses joues que lui conférait l'alcool se répandre délicieusement dans son corps. Il frissonna quand les deux mains gantées, dont une métallique, virent se poser sur ses hanches pour l'entraîner dans une valse au doux son de la musique qui emplissait la pièce. Le corps svelte abandonné à celui, plus masculin, du Maestro, fut déposé sur une chaise, spectateur d'honneur de la scène qui s'offrait à lui. Une pointe de douleur lui enserra tout de même le coeur, le fou se faisant l'effet d'un jouet comblé puis délaissé au profit d'un autre plus amusant. Mais Damu repoussa cette idée ridicule, et, bon public, concentra son attention sur le jeune corps blanc, qui contrastait presque bien sur le rose du lit. Ses gestes désespérés pour sortir de ce piège ne lui avaient servit à rien d'autre qu'à refermer celui ci encore plus.

Aaah, que les doigts qui recoiffaient ses cheveux lui faisait du bien ! Que la chaleur et l'excitation de voir la suite du spectacle l'électrisait ! Véritable metteur en scène, tout puissant maître de son oeuvre, le second tueur lui tendit le manche d'un couteau dont le délicat couturier se saisit, se demandant bien quelle serait son utilité puisqu'il sentait qu'il n'était pas de son droit de participer à la scène, et ce même dans son état. Chaque parole prononcée par le maître de cérémonie rendait l'attente plus insoutenable pour le pauvre, pauvre Kagema, et pour l'élève attentif et impatient, nanmoins plus calme que lors de sa triomphale entrée.

Le cri de peur plus que de souffrance de la proie, sur la peau de laquelle un fin trait de peinture rouge vive venait d'être dessinée à la pointe du sclapel, arracha un soupire de satisfaction au Faucheur. Douce, douce mélodie ! Comme il aurait voulu un Alter semblable a celui de son camarade, comme il devait être bon, pour quelqu'un comme eux, de se plonger dans le passé torturé de leur proie...Aaah, pauvre petit être, comme tu dois souffrir... Mais comme ta vie sera belle alors, dans le second monde ! Comme ton âme est patiente et martyrisée, comme tu sera bien récompensé ! Penses y, pauvre petite chose. Alors, crie, pleure, hurle, gémit, supplie, mais surtout, surtout, ne gâches pas cet instant divin !

Subjugué, silencieux, la Poupée ferma son oeil pour écouter. Écouter la musique, les petits et presques inaudibles déchirements de la chaire, les sanglots étouffés de la si jeune et si belle victime, et la voix, grave et envoûtante, de celui qui contrôlait toute cette danse, tout ce rêve merveilleux dont le Couturier ne voulait pas être sortit. Il n'y avait pas de mot, pas de geste, qu'il ne trouvait suffisamment pertinent pour être dit ou fait. Il risquait de tout gâcher. Alors il se tut, alors il se fit bon public, et la musique continuait de jouer pour eux trois. Il rouvrit doucement son émeraude, dont la teinte tranchait sur le rouge de ses joues, chercha si il pouvait croiser le Rubis du Masqué.
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MessageLun 11 Déc - 0:04
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


Alors que son corps tremblait de peur, le Kagema poussa un petit gémissement quand la corde commença à mordre férocement ses chevilles. Le sang avait un peu de mal à circuler, il pouvait le sentir aux fourmillements qui montaient doucement dans ses jambes. Sur celles-ci, des cicatrices gonflaient, réveillées par les violents souvenirs qui creusaient l'esprit du garçon. Uriel marqua un temps, prenant soin d'observer sa victime, puis son invité. L'épouvantail avait fermé son œil unique, sans doute pour apprécier la douce mélodie des plaintes de leur proie. Le masqué resta bloqué un instant sur le visage serein et légèrement rosé de son camarade, des questions trottant dans sa tête en un petit tintamarre peu agréable. Jusqu'ici, il avait eu du mal à apprécier les autres tueurs, la plupart n'étaient que des brutes épaisses qui ne voyaient dans le meurtre qu'une manière d'apaiser leurs pulsions. Mais pas ce jeune homme. Certes, il semblait être du genre à aimer faire son travail rapidement et proprement, mais il était indéniable que ses véritables motivations étaient plus lyriques. Bon, certes, de ce qu'Uriel avait compris, cela ressemblait plus à un délire de psychopathe... Mais était-il le mieux placer pour juger ?

« Laissez-moi partir... S'il-vous-plaît... »

Les mots de la jeune victime le happèrent hors de ses réflexions et, comme pour le sermonner, le masqué lui entailla à nouveau la jambe, en suivant encore une cicatrice. Cette fois, il appuya plus lourdement sur sa lame, le sang gicla un peu, tâchant les draps tel le sang virginal. Le garçon hurla et tenta de s'éloigner du scalpel, mais ses entraves le tinrent en place. Quand on y regardait de plus près, le Kagema avait sans doute vécu plusieurs séance de sado-masochisme extrême, compte tenu du nombre de balafres qui ornaient ses bras et ses jambes. La plupart étaient placées à des endroits stratégiques, telles que le milieu du torse, les cuisses, les épaules, de sorte à ce que de simples vêtements suffisaient à les dissimuler.

Mais allongé ainsi, sa robe légèrement relevée et trop grande pour lui, la proie ne pouvait plus cacher ses erreurs passées. Oh oui, il était simple de blâmer les autres, son père, son entourage... Mais cette peine qu'il ressentait, elle était aussi renforcée par le fait qu'au final, il aimait bien souffrir. Lorsque cette pensée se formula dans son esprit, le garçon poussa un énième cri désarticulé tandis que son esprit commençait sa longue descente en enfers. Un frisson le parcourut entièrement. Ses grands yeux tristes tentaient de croiser le regard de son bourreau, sans doute pour tenter de l'attendrir, mais tout ce à quoi ils purent se confronter fut le noir éternel des interstices du masque.

Uriel s'était à nouveau stoppé, laissant seulement son Alter exercer une lourde pression sur le corps du jeune garçon. Son art pouvait mettre mal à l'aise le plus malade des esprits, mais le rouquin se contentait de rester là, tel un public en extase devant lui, le grand Artiste. Dans une des nombreuses histoires qu'il avait raconté à Madame, il avait abordé le thème des disciples et de la fascination pour le maître. Y avait-il seulement moyen d'exploiter un tel lien ? Il porta à nouveau son regard sur son audience, au moment même où l'homme rouvrait son oeil. Leurs pupilles se rencontrèrent et le masqué prit le temps d'étudier le visage de son partenaire. Oui, peut-être qu'il y avait moyen de faire quelque chose d'intéressant avec lui. Mais pour en être sûr, il allait devoir apprendre à le connaître un peu plus...

D'un geste vif, Uriel fit une longue coupure sur le torse du Kagema. Le sang mouilla rapidement le tissu de faible qualité qui composait la robe, mais seuls des pleurs vinrent accompagner ce nouvel acte de torture. Il commençait à être à bout. C'était le problème avec la torture mentale, ils avaient tendance à se briser trop rapidement. Enfin, l'Artiste avait tout de même eut le temps de rouvrir une dizaine de plaies autrefois cicatrisées, et les draps étaient irrémédiablement bons pour la décharge. Le garçon tourna alors un regard vide vers le rouquin, le suppliant silencieusement de mettre un terme à tout cela.

« Il est prêt. » murmura le masqué.

Quittant le bord du lit sur lequel il était assis, Uriel s'écarta du devant de la scène. Avec un début de révérence, il invita alors tacitement son camarade à mettre un terme au spectacle. Dans sa tête, le plan prenait forme, et pour la première étape, il lui fallait commencer par gagner la confiance de l'épouvantail.



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MessageMar 12 Déc - 22:09
La délicieuse séance ne dura que quelques minutes, mais elles furent des plus enrichissantes pour l'unique spectateur. Pleurs, sanglots, tout cela avait remplacé les cris du début. En son for intérieur, Damu sentit son heure approcher. Son camarade n'aurait pas l'égoïsme de tuer la proie qu'il l'avait aidé à chercher ? Néanmoins ce ne serait que revanche, car le Faucheur s'était permis de prendre la vie de la proie du Masqué quelques temps plus tôt...

Le sang carmin à l'odeur suave et envoûtante ruina l'immonde drap définitivement, le rendit même plus beau à bien y regarder. Et toujours cette musique... Et ce calme que l'autre avait ! Cette concentration à l'ouvrage, cette façon de traiter le Kagema comme une matière première à sublimer...!

Le regard de ce dernier croisa alors la pupille verte comme de jeunes pousses, rempli de douleur et d'une silencieuse prière. Oh oui petit être ton calvaire touche à sa fin ! Le maître se leva alors, et invita d'un simple " il est prêt... " son camarade à achever -non, à mettre le coup de pinceau final !- le pauvre condamné. Le poing du roux se serra sur le manche de son couteau, et il se leva d'un geste fluide, rejoignit le bord de la scène de quelques pas gracieux et put enfin voir de plus prêt le tendre visage desormais ravagé par la peine.

Damu caressa la tête du supplicié dans un geste de réconfort.

- Chuuut... C'est bientôt fini, un peu de courage encore...


Il souleva la robe du Kagema afin d'atteindre sa poitrine -il avait besoin de voir une zone bien dégagée !- et, doucement, dessina le contour d'un coeur sur le pectoral de la victime. Étrangement, ce symbole enfantin l'inspirait bien. Après tout, ne portait il pas le même ? Et puis, ainsi, la mort serait à l'image du décor ! Quoique, l'une étant quand même plus belle que l'autre... Un cri étranglé terminé par une plainte accompagna le geste sadique, et, trouvant le trait trop fin encore, le tueur décida de repasser le contour.  

Des larmes écarlates sortirent immédiatement de la peau tranchée avec finition et finesse, et le fou ponctua l'acte final, le coup de grâce, d'un " Tu nous remerciera un jour..." murmuré avec malice. Le couteau se planta d'un geste sec et direct au centre du coeur, et les yeux du martyre s'éteignirent pour de bon. De ses doigts fins, son bourreau lui caressa la joue, rearrangea quelque mèches de cheveux et se tourna enfin, un sourire satisfait et paisible au lèvres, vers celui qu'il avait presque oublié. Et maintenant ? La nuit n'était pas encore terminée, et cette rencontré méritait plus comme fin, même si celle ci n'était pas des pire.
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MessageMer 13 Déc - 7:05
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


Après avoir laissé la place à son partenaire nocturne, Uriel prit à son tour place dans le fauteuil. Se laissant dignement aller contre le dossier, il croisa ses fines jambes et appuya pensivement sa tête sur sa main gauche. Avait-il seulement réussi à inspirer son jeune ami, ou celui-ci se contenterait-il à nouveau de simplement trancher la gorge de leur pauvre victime ? Allons, qu'il le surprenne un peu ! Il observa le rouquin relever les pans de vêtements du Kagema avant de commencer à graver quelques traits dans sa poitrine. Le masqué se redressa, curieux de l'inscription. Quel ne fut pas son étonnement en voyant un cœur. C'était certes enfantin au possible, mais il y avait tout de même quelque chose de thématique avec en premier lieu la pièce où ils se trouvaient, mais aussi avec la victime elle-même : un jeune garçon qui n'avait jamais pu aimer et être aimé normalement. Uriel aurait plutôt accentué la mise à mort sur la zone des parties génitales, pour symboliser la luxure latente de leur œuvre, mais un cœur c'était très bien également. Et cela semblait correspondre à l'épouvantail.

Dans tout ce qu'il faisait, il ne cessait de sourire doucement, comme un enfant sage et pourtant prêt à la moindre facétie. Et c'était rafraîchissant. De tous les tueurs qu'il avait croisé, Uriel n'avait jamais porté d'intérêt à leur personnalité, il ne les avait toujours jugés que sur leur art. Il en avait fait de même avec son collègue aujourd'hui, et même si au premier abord il n'avait pas été totalement transporté par sa mise en scène, il avait quand même décidé de pousser son étude plus loin. Pourquoi ? Lui même n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Était-ce un sentiment de solitude qui commençait à peser sur ses vieilles épaules ? Ou était-ce la volonté de mener une œuvre sur le long terme, de façonner cette petite poupée rousse, de la pétrir avec tendresse et bienveillance avant de subitement lui porter le coup fatal de la trahison ? Baste ! Toutes ces pensées ne le menaient à rien, pour une fois, il allait juste voir où les choses allaient le mener.

Son camarade finit par planter sa lame crantée dans la poitrine de leur martyr, achevant ainsi leur tableau à quatre mains. Au même moment, Satie entama la dernière partie d'une de ses Gymnopédies, symbolisant ainsi la fin de leur aventure dans cette petite pièce à la décoration douteuse. Mais le regard du rouquin semblait quémander d'avantage. N'avaient-ils pas atteint le paroxysme de la soirée avec cette peinture des plus réussies ? Uriel applaudit légèrement son partenaire, bien heureux de constater qu'il avait appris de leur rencontre. Malgré tout, il manquait un petit quelque chose. La répartition de leur créativité n'était pas égale, pas à ses yeux. Sans avoir besoin de se lever, il fouilla dans la malle à malice qui était entre eux et en ressortit une petite bonbonne d'hélium ainsi qu'un sachet de ballon multicolores. Ils tendit alors le tout à son partenaire.

« Votre signature, mon ami. Un artiste laisse toujours sa marque quelque part. »

Une fois cela fait, Uriel se releva et, ouvrant une petite armoire murale, il commença à taper sur la tablette tactile qui s'y trouvait. Il n'était pas du tout fan de la technologie, mais heureusement que le programme de celle-ci était simplifié : elle ne servait qu'à commander des boissons. C'était plutôt une riche idée qu'avait eu Suzie, ainsi ses clients les plus originaux n'avaient pas besoin de remonter à la vue de tous si le besoin d'un rafraîchissement se faisait sentir. Il ne savait pas trop quoi prendre pour son complice, mais il doutait qu'il soit homme à aimer les alcools forts. Il commanda donc des cocktails fruités ainsi que de petits amuses-gueules. Mais ils n'allaient pas rester ici non plus indéfiniment. Il se munit donc de la relique qui lui servait de téléphone et, d'un message simple, demanda au majordome de Madame de lui fournir un taxi dans la demi-heure à venir. Une fois cela fait, il se tourna vers son camarade et les ombres jetées sur son masque accentuaient le sourire qui y était gravé.

« Je ne sais pas pour vous, cher ami, mais cette soirée fut fort enrichissante. Et plaisante. »




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MessageMer 13 Déc - 17:00
Le léger applaudissement de son camarade lui agrandit le sourire, comme il était bon de voir que son travail n'horrifiait pas au moins une personne ! Cet état de fait le changeait de ses stupides parents et gardiens de pension... Pour dire vrai, jamais il n'avait reçu d’encouragement : oh, il y avait bien les membres de la ligue, mais eux n'y voyaient que du profit pour leurs propres intérêts... Mais là, c'était différent, non ? Cette personne ne se jouait pas de lui, du moins Damu voulait y croire de tout son cœur. Peut être allait il vite en conclusions, mais il avait toujours eu la fâcheuse de se précipiter. Mais le Masqué ne semblait pas pleinement satisfait. Il lui tendit alors de quoi laisser sa marque fétiche sur le cadavre, et le Rouquin fut surprit de cette réaction, mais également touché.

« Votre signature, mon ami. Un artiste laisse toujours sa marque quelque part. »

Le titre d'artiste lui semblait un peu pompeux : il n'avait rien à voir avec l'autre, il se savait, ou même avec d'autres tueurs ayant déjà reçu ce qualificatif, mais après tout, pourquoi pas ? Il prit les accessoires des mains de l'autre et gonfla un ballon qu'il choisit Magenta foncé, assorti à la pièce, mais plus distingué qu'un rose agressif ou qu'un violet cliché. Ce faisant, il entendit son compagnon bidouiller quelque chose dans le placard. Étrange, mais il n'y porta pas plus d'attention, car il s'acharnait à faire tenir le fil du ballon sur le manche glissant de sang du couteau. L'adrénaline du meurtre retombée, ses mouvements se refaisaient plus laborieux, mais pourquoi avait il autant bu ?!

Il réussit enfin à achever sa besogne et se releva quand il croisa le visage factice de l'autre criminel, assez effrayant dans l'ombre, mais cela lui rappelait un vieux film... Quel en était le titre, déjà ? Ah oui ! Le fantôme de l'opéra.

« Je ne sais pas pour vous, cher ami, mais cette soirée fut fort enrichissante. Et plaisante. »

L'épouvantail sourit. Oui, cette soirée avait été plaisante, à ne pas douter ! Cela faisait même longtemps qu'il ne s'était pas amusé comme ça.

- En effet...L'endroit manque un peu de charme, mais la compagnie et les boissons sont délicieuses...

Quelqu’un vient alors frapper à la porte, et la Poupée, plus proche de celle ci, décida d'ouvrir. La gérante du bar, Suzie, poussa dans la chambre un chariot roulant sur lequel trônaient quelques snaks alléchant et... Deux cocktails ! Damu comprenait mieux maintenant ce que l'autre avait trafiqué, et cette petite surprise lui plaisait plutôt bien ! La femme ne jeta qu'un œil disait au corps qui continuait à induire de sang le lit, sans doute habituée, et salua son client régulier avant de partir. Apparition éclaire, dites moi ! Enfin, quel intérêt y aurait il eu à ce qu'elle reste papoter ? Elle faisait son travail, et avait bien mieux à faire. Hésitant d'abord à se servir, le jeune tueur ne résista pas longtemps à l'appel de l'alcool et prit une des deux coupe, tendant respectueusement l'autre à leur commendataire.

-Ce n'est pas très raisonnable mais... Merci beaucoup.


La poupée se rassit sur le bord du lit, lassé d'être debout -et craignant surtout de chanceler de nouveau, car il ressentit la douce chaleur du cocktail lui remonter des entrailles jusqu'au joues-, croisa ses jambes graciles et sirota du bout des lèvres son verre. Fruité et fort, comme il les aimait ! Si c'était aussi du gout de l'autre, alors cela leur faisait un nouveau point commun...

L'effet de tout ceci ne se fit pas attendre, et l'état du pantin qui s'était légèrement amélioré ne se fit pas prier pour revenir au même stade que lors de son entrée. Il se sentit néanmoins suffisamment sobre pour s'en sortir si les choses tournait mal, car il décida de poser la question qui lui trottait dans la tête depuis maintenant quelques heures :

- Non pas que le mystère n'ait son charme, mais je me demandais... Quel est votre nom ?


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MessageMer 13 Déc - 19:46
















 ❝ De Charybde en Scylla ❞

w/ Damu Ningyô


Le rouquin accueilli sa phrase avec un sourire, et le réplique qu'il donna fit acquiescer le masqué. Il ne doutait pas de la qualité des boissons, quand il venait seul, il lui arrivait d'en consommer et il n'avait jamais été déçu. Et pour ce qui était de la compagnie... Le Kagema avait bien joué son rôle, sa performance s'était révélée tout à fait correcte, sa peine délicieuse, et le final avait été splendide, surtout venant d'un "novice". Et il mettait bien des guillemets mentaux, car malgré une apparence vestimentaire soignée, son collègue devait avoir un sacré palmarès à son actif. Ah ! Pendant un instant, Uriel désira user de son pouvoir pour jeter la lumière sur le passé de l'épouvantail... Mais cela serait ardu. Comme il l'avait vu plus tôt, il ne ressentait que peu de regrets, et ce même après un meurtre de sang-froid. Il n'y aurait que dans un moment de faiblesse où son Alter trouverait une certaine efficacité. Mais ce serait risquer de gâcher une probable entente. Rejetant ses idées aux loin, l'Artiste choisit la voie de la courtoisie. Quand il serait enfin certain de l'étiquette à poser sur ce visage de poupée rapiécée, il pourrait prendre des mesures.

Suzie vint finalement apporter la commande en personne, avec un rapidité étonnante. Comme à l'accoutumée, elle ne dit rien, déposa leurs verres ainsi qu'un bol d'arachides variées et une petite assiette de tapas au guacamole et aux tomates séchées, et repartit de là où elle était venue. Elle échangea au passage un regard entendu avec Uriel, mais bien évidemment dénué de tout jugement. La petite barmaid avait déjà vu bien pire dans ses chambres, des pratiques sexuelles les plus tordues jusqu'aux œuvres les plus sanglantes de l'Artiste. Elle n'avait rouspété qu'une seule fois, le jour où il s'était amusé à enrouler des entrailles autour de la poignée et, qu'en sortant après lui avoir apporté son verre, elle posa sa main dessus. Il se souvient avoir ri, mais moins quand elle lui jeta le contenu de son cocktail au visage. Ah. Sur le coup il avait bien eu envie de l'égorger sans attendre. Mais il l'aimait bien Suzie.

Alors que son compère s'installait sur le bord du lit, Uriel regagna le fauteuil. Il croisa à nouveau les jambes, et se retrouva en miroir de son interlocuteur. C'était une scène étrange que deux tueurs en série prêts à partager un verre, à côté du corps encore chaud de leur victime. Toutefois, le masqué ne se munit de son poison alcoolisé, pour la simple et bonne raison qu'il ne pouvait pas boire en public. Il ne s'agissait pas d'un caprice, ou tout du moins, cela partait d'un principe évident : personne ne devait voir son véritable visage. Donc à moins de tuer tous les témoins oculaires de ses repas, et donc d'enchaîner les boucheries sanguinaires éreintantes, il préférait tout simplement attendre. Ou être sûr qu'il était seul. Dommage, car le cocktail délivrait un parfum vraiment agréable et les mignardises avaient l'air succulentes. Tant pis, il ne les dévorerait que des yeux.

De son côté, l'épouvantail avait entamé sa boisson. Quelques rougeurs ravivaient de nouveau ses pommettes, peut-être aurait-il dû mieux commander des softs... Mais c'est avec un regard posé que son partenaire lui posa enfin une question. Hmmm... Était-il venu le temps d'aborder ce sujet ? Tout ce mystère qui planait entre eux devait-il s'achever maintenant ? Et surtout, faisait-il assez confiance à cet inconnu pour lui donner son nom ? Uriel prit le temps de l'observer quelques secondes, pesant le pour et le contre d'une telle décision. Cet homme était un véritable tueur, un amateur d'art qui s'était révélé bon public et ouvert d'esprit. Mais d'un autre côté, il était un psychopathe, sans doute capable de changer d'état d'esprit comme de chemise... Allons ! Il fallait parfois être un peu dans la vie comme dans la Mort !

« Mes amis m'appellent Uriel, pour les autres je ne suis que l'Artiste. »

S'enfonçant un peu plus confortablement dans son siège, l'homme au masque garda son regard rivé au visage de son interlocuteur, analysant la moindre de ses expressions.

« A votre tour. » dit-il d'une voix calme, mais qui imposait une réponse.




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Même les plus affreux des criminels peuvent trouver un semblant de bonheur.
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MessageMer 13 Déc - 21:34
Damu remarqua bien vite un fait singulier : l’être Masqué ne prenait aucune bouchée des délicieux petits toasts au guacamole - ce petit aliment, aussi simple soit il, avait toujours beaucoup plu à l’épouvantail, qui raffolait de la nourriture épicée et ne se gênait pas pour piocher dans le plateau - et aucune gorgée de son propre verre. Le cerveau alcoolisée de l'étonné mis quelques secondes à comprendre qu'il ne souhaitait simplement pas montrer son visage - et non pas qu'il tenait sa propre commande en horreur -. Cet étrange personnage prit le temps de répondre, sans doute se méfiait il un peu, ou du moins rechignait, mais il finit par parler :

« Mes amis m'appellent Uriel, pour les autres je ne suis que l'Artiste. »

Uriel... Jamais il n'avait entendu un nom pareil, mais ce n'était pas si mal. Uriel donc se redressa en le dévisageant. Damu sentit venir la prochaine question :

« A votre tour. »


Il s'agissait très clairement d'un ordre, à n'en pas douter. Damu se piqua un peu, il n'était pas impoli et se serait présenté de toutes façons ! Enfin, il se calma bien vite et répondit.

- Je m'appelle Damu Ningyö, gentiment rebaptisé " La Poupée " par les médias, c'est comme vous préférerez... Et moi, comment devrais je vous appeler ?

La question sous entendue était bien évidemment comment les deux hommes devaient se considérer -remercions l'alcool de ne pas avoir enlever tout le tact de Damu, car la question aurait pu être bien plus ouverte-. Il était sans doute beaucoup, beaucoup trop tôt pour parler d'amitié, ainsi le rouquin décidé de ne pas se risquer à appeler son interlocuteur par son prénom, sauf en cas de réponse contraire, évidemment. Lui, cela ne le dérangeait pas de donner son nom complet : à quoi bon se méfier de tout et tout le monde ? Certes cela rendrait la recherche plus facile, mais si ce Uriel avait voulu lui faire du mal, cela aurait été entreprit depuis longtemps déjà. Et puis, il finirait bien par mourir un jour ! Certes, le plus tard serait le mieux, car il aimait profondément la vie et les milles petites joies du quotidien, mais mourir par les mains de cet Artiste ne serait pas pour lui une manière détestable ou honteuse de rendre l'âme. Ne nous emballons pas tout de même : si il pouvait ne rien lui arriver de fâcheux ce soir, ce ne serait pas plus mal !

Au moins, c'était fait, et maintenant il avait vraiment l'impression de parler à une personne, et non à un fantôme. Continuant sur sa lancée, le couturier demanda :

-Au fait, quel était le nom de la musique de tout à l'heure, et de son compositeur ? Je dois admettre avoir beaucoup apprécié ! Très adapté, qui plus est... Je suis plutôt intéressé par les arts, la musique et la couture en particulier...

Un nouveau toc toc à la porte annonça une seconde fois l'entrée de la petite Suzie, et Damu se demanda si il devait encore s'attendre à de l'alcool, mais l'annonce était tout autre :

- Uriel, ton véhicule est avancé...

Véhicule ? Hum, l'autre devait l'avoir commandé en même temps que l’apéritif. Leur entrevue prendrait elle fin ici ? Ce serait dommage, il n'avait même pas encore reçu de réponse ! Il jeta un coup d’œil interrogatif à son camarade, mais ne prononça aucune parole. Peut être était il plus raisonnable que tout finisse comme ça, mais la vie était elle faite pour être traversée avec raison ?


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