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On mettra un nom de RP sympa quand on aura dormi | Johan R. Grant

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Marina Okutorin
Élève de seconde année
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Jeu 7 Sep - 0:37
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En filière Management, assiduité, détermination, sens de l'observation, inspiration et d'autres mots en "on" formulent un futur métier de gestion riche, passionnant, et pointilleux. Lire, et gratter théorie sur théorie durant toute la première année à pour but d'aligner les bons des élèves moyens pour les fameux exercices pratiques de deuxième année. Ces derniers ne sont pas des moindres et nécessitent déjà de grandes qualités humaines et stratégiques pour anoblir l'Anonyme au rang de Personnalité. Un élève en filière héroïque (élève H) avec une popularité jugé "assez faible" sera attribué, sans possibilité de changement, à un élève de deuxième année de Management (élève M). Pour une durée de deux semaines. L'objectif : faire de l'étude de cas et rédiger un dossier de conseils et d'orientation pour les petits héros. En dehors d'une sorte de "mise en situation" pour les élèves M, ce devoir annuel enrichis les étudiants aussi bien socialement que professionnellement. U.A sait distinguer ses élèves H les plus prometteurs, pourtant, la notoriété de chaque tête ne répondra que de leurs efforts... C'est aussi ça, le métier de Héro professionnel ! Savoir, ou s'entourer des bonnes personnes pour se vendre. Et quand la cote se fait basse d'entrée, les élèves M apparaissent pour l'a relever !

Les dossiers d'élèves sont distribuées, dans le silence, face cachée. Ce travail d'école colossal excite autant qu'il effraie : si certains le prennent comme un défis, d'autres le craignent autant qu'une roulette russe... Marina, serrée sur sa chaise, entend déjà les premiers râles et effusions de joie autour de ses tentacules : elle pouvait aussi bien tomber sur un cas social, qu'une perle. Elle retourne finalement ses fiches reliées, dans un bruyant déglutit. Les bouts de ses cheveux frémissent, sa camarade de droite se penche pour regarder...

« Jo-Johan R. Grant... troisième année. »
« Vingt ans !?
T'as vu ça, le tiens a l'âge d'aller à la fac limite ! ! »
« Haha, c'est vrai...! »


Son sourire retomba aussitôt lorsque surgit l'abominable "a redoublé deux fois" des neiges. Enfin, des classes... Elle serre alors les dents en secouant une main.

« Rolala, la cata, tu as vu ça...? »
« De ? ...Nooooon, carrément quoi ! »


Sa voisine de table émet un drôle de soufflement nasale, entre l’hilarité et le trouble. Il valait mieux ne pas trop s'en moquer, sa camarade avait déjà l'air bien anxieuse... Elle lui donna un petit encouragement...

« Bon ben... courage, hein ! »
« Hum, merci... »


...Puis retourna à son propre travail. Tandis que ses phallanges soutenaient sa tête déjà trop pleine, Marina survola le dossier jusqu'à sa photo. Qu'est-ce que c'est que cette tête ? Sourcils froncés, elle pensa à voix haute.

« On dirait qu'on l'a photographié au réveil, c'est dingue... »

Les cheveux en bataille, le regard creux, les cernes longues comme ses pouces... sans parler de cette espèce de risette moqueuse, visible même en petit. Il lui donnait clairement l'impression de se foutre de la gueule du monde. Marina souffle. Lentement. Non, on ne juge pas quelqu'un sur son apparence : il faut prendre sur soit et se confronter à la bête pour pouvoir juger la taille de ses crocs. Les élèves sont invités à sortir de cours plus tôt afin de s'isoler avec leurs dossiers plus ou moins conséquents. Ils ont vingt-quatre heures pour en assimiler le contenu : Après cela, les benjamins de Management iront à la rencontre de leurs héros de bronze pour, enfin, commencer le boulot. Dans sa filière, Marina est une élève dans la moyenne avec un bon potentiel bien que souvent handicapée par sa légère timidité, ou, pire, par son attitude passive-agressive contre-productive si quelqu'un venait à l'a tâter avec le mauvais bâton... Le genre d'acidité verbale sous son coulis de douceur à vous en trouer la langue. Au-delà de ses failles, la jeune fille semble détenir toutes les qualités nécessaires d'un bon manager pour Héro... et c'est dans une ambiance studieuse, écouteurs aux oreilles et nichée dans ses draps qu'elle "ingurgite" les longues lignes de son devoir-maison. On dit bien que réviser avant le coucher aide le cerveau à mieux mémoriser... cela va sans dire que Johan nécessitait une sacrée place. La belle se sentit somnolente, néanmoins troublée par sa lecture... Elle finie par décider le l'extinction des feux plus d'une demie heure après avoir fixée le plafond.

Au petit matin, Marina avait usée de son temps de petit-déjeuner habituel dans la salle de bain. A se faire belle. Faisant honneur à ses cours datant de première année : un Manager doit autant inspirer son challenger que lui-même doit le faire avec les médias ! Les binômes sont censés se voir plus possible durant les pauses et après les cours : on sait de ce fameux exercice qu'il aurait contribué à former d'épatantes relations entre les adolescents. Certains travailleraient encore ensemble depuis leurs diplômes ! Toujours est-il qu'il faudrait lui mettre la main dessus, au partenaire : rendez-vous donc sur son lieu de stage. L'ebony monte les marches du bâtiment professionnel qui abrite à lui seul trois agences, jusqu'à celle indiquée sur son post-it. Une secrétaire l’accueille, lui fait signer un papier de confidentialité avant de lui indiquer le bureau où "il pourrait peut être se trouver".


« Ah, c'est précis dis donc ha ha ! »
« Pas le choix avec lui Mademoiselle...! »

Le nez presque collé à la porte, l'adolescente-pieuvre prit un instant pour défaire un petit nœud de tentacules, passer ses pouces sur les commissures des lèvres, inspirer... puis frapper. Quatre petits accoues à peine audibles de son frêle poing. Marina prit l'initiative de pénétrer la pièce, à tâtons, jusqu'à tomber nez à nez avec une espèce d'immense masse humaine blanche et bleue, visiblement assoupie les mains dans les poches sans parler de ses interminables jambes jetées croisées sur le bureau... Elle se figea, stupéfaite devant cet étrange spectacle pendant que la porte se refermait toute seule, avec une lenteur abominable...

Clac.


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Johan R. Grant
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Jeu 7 Sep - 17:24
LIVRE 1 - CHAPITRE N°2
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Johan R. Grant & Marina Okutorin
La troisième année. La dernière étape, la dernière marche, pour les élèves de l'U.A. Les derniers mois, jours, heures, à profiter d'un endroit agréable, d'un cadre plaisant et de professeurs qualifiés, concentrés dans le simple but de vous faire réussir votre année. Oh, c'était presque utopique. Sauf dans le cas de Johan, bien entendu.

Cette dernière marche, c'était la troisième fois qu'il tentait de l'enjamber. Et là où, pour certains, cet obstacle était particulièrement facile à passer, ce n'était pas du tout la même chose pour le comique. Enfin, en elle-même, l'année n'était pas si "compliquée", que ça. C'était surtout sa flemmardise qui l'empêchait de correctement travailler et d'arriver à un résultat suffisant. Oh, ses notes durant les divers cours pratiques étaient très bonnes, certes. Mais malheureusement, cela ne suffisait pas pour qu'il arrive à décrocher ce fabuleux titre de héros. Titre qu'il commençait à ne plus réellement vouloir, à force.

Complètement crevé, notre protagoniste se trouvait dans un des bureaux d'une petite agence locale. Un endroit calme, que les vilains semblaient avoir désertés. C'était la principale raison de sa présence ici. Peu de travail, et pleins de moments pour roupiller en paix. Ce n'était pas la première fois qu'il passait son stage ici. Après tout, la troisième année était connue pour être, en grande partie, du travail sur le terrain. S'il était accepté, c'était grâce à "l'estime" de son école. Aucun héros présent dans le bâtiment ne venait de la prestigieuse U.A., et donc, avoir droit à l'un de ses troisièmes années, c'était directement un gage de bonne qualité... Même si ce dernier pionçait aux heures où il devait surtout travailler.

Mais après, comprenez le. Cette nuit, il passa les nombreuses heures éclairées par la lune à chasser pour... Elle. Cette amie, étrange, toujours dans l'ombre. Il lui rendait service. Entre ses mains, Johan n'était rien de plus qu'une arme muette, une lame, une épée de Damoclès vivante qui s'abattait contre ses ennemis. Et une arme, ça ne dort pas. Les cernes encore plus marqués que d'habitude, les yeux mi-clos, notre jeune ami était encore plus fatigué qu'à l'accoutumé.

« Alors, encore dans les bras de Morphée ? »


La voix qui venait de résonner à travers la pièce était celle du gérant de l'agence. Un héros qui avait la cinquantaine passée, un "vieux d'la vieille", comme il le disait souvent. Un sans-nom parmi tant d'autres qui, malgré son expérience, était à peine connu. Habillé d'une longue tunique d'un rouge pétant, cette antiquité était clairement visible de loin.

« Oh, my, Red Alert, Red alert ! » Lança le comique, en relevant la tête, tout en prenant un air ironique.


« Toi et tes blagues à la con... Bon, j'vais faire ma patrouille. Tu ne viens pas, j'imagine ? »


« Je n'ai pas vraiment envie de vous voir rendre aveugle la population, Monsieur le drapeau du Canada. »


« Trèèès drôle. Essai quand même de venir faire un tour quand tu peux. T'es là pour ça à l'origine. »


« Ouais, ouais. »


La porte se referma alors, laissant de nouveau le comique à cette douce et silencieuse solitude. Fermant doucement les yeux, Johan tenta de se reposer, quelques minutes. Les bras de Morphée, il y avait droit si peu souvent. Peut-être que, pour une fois, il pourrait le rejoindre et partager avec lui un doux moment ? Une bonne sieste. C'est ce qu'il cherchait.

Mais rien ne vint.

Comme d'habitude. Il avait beau chercher le sommeil, Johan n'y arrivait pas. Tout son corps hurlait pour ça, pourtant. Son cerveau semblait être à deux doigts d'exploser. Et malgré tout, rien. Pendant des minutes, voir même des heures, notre protagoniste resta comme ça. Planté, les mains dans les poches, les jambes croisées, posées sur le bureau. Seul.

Il fut perturbé dans cette pitoyable tentative par quelqu'un qui pénétra dans la pièce. Un pas étrange, différent, plus léger. Quelqu'un d'extérieur à l'agence. Un civil, peut-être ? Quelqu'un qui venait demander une quelconque aide, dans un domaine aléatoire ? Merde. Et comme par hasard, c'était ici qu'il venait chercher de l'aide.

Soupirant doucement, il glissa alors ses jambes sur le sol pour se relever. Toujours les mains dans les poches, il ouvrit lentement les deux lacs calmes qui lui servaient à observer le monde. Posant son regard si profond sur la nouvelle venue, le comique entama une marche lente pour s'approcher de l''intruse.

Une chose était sûre : il ressemblait parfaitement à la photo. Un corps à la peau pâle, un visage marqué par les nuits d'insomnie, aux cernes présentes, creusant son faciès. Des cheveux blancs comme la neige, coiffés en bataille, si ce verbe pouvait encore être utilisé au vu de la situation actuelle. Et ce sourire. Un sourire qui semblait si sincère, et à la fois, si factice. Comme si Johan le portait en permanence, à l'image d'un masque, qui lui permettait d'amadouer la populace. Mais malgré tout, il était si difficile de ne pas croire ce rictus figé, qui semblait si chaleureux.

Mais c'était bien la différence de taille qui frappait le plus. Du haut de son mètre quatre-vingt-quinze, le comique était un véritable géant en comparaison de la jeune élève en management. Des épaules larges, un corps particulièrement bien bâti, bien qu'entaché par les vêtements amples qui empêchaient de profiter totalement de sa musculature. C'était un véritable géant, d'une vingtaine d'années, qui semblait être capable d'écraser la belle à l'aide de deux doigts. Malgré tout, aucune animosité ne semblait s'émaner de la paisible montagne.

« Salut, Kiddo. J'peux t'aider ? »


Sa voix était calme. Posée. Et.. lente. Il prenait littéralement le temps d'articuler chaque mot. Observant la jeune femme plus en détails, l'électrifié la détailla un peu. Johan ne pouvait que l'avouer : c'était un plutôt beau morceau. Une peau exotique, et des attributs singuliers. Une chevelure-tentacule, ah ! Les alters permettaient nombres de folies, mais cette Médusa version poulpe avait un certain charme qu'il ne pouvait pas ignorer. Oh, héros, certes, mais il restait un mâle qui n'arrivait pas à rester indifférent face à une vue si agréable.

Outre son corps, il remarqua finalement sa tenue. Oh. L'uniforme scolaire de l'U.A... C'était donc une élève ? De quelle section ? Penchant la tête sur le côté, l'électrifié ne connaissait pas du tout la raison de la venue de Marina. Après tout... Il n'avait même pas pris la peine de lire la lettre de l'école, qui devait, à l'origine, le prévenir de la fameuse présence d'un élève de management, qui avait comme travail de "l'analyser" en tant qu'héros professionnel ! Fainéant jusqu'au bout des os.

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Marina Okutorin
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Mer 13 Sep - 20:42
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Cette bien pénible différence de taille tira l'adolescente d'un demi pas en arrière, comme pour placer une distance. Un geste en apparence austère dont elle ne pu s'abstenir pour des raisons pratiques : il fallait qu'elle puisse échanger un premier regard avec cette montagne sans se craquer la nuque... Une fois leurs mirettes plus ou moins face-à-face, Marina pu enfin découvrir son binôme, cette fois en chair et surtout en os. Vis-à-vis de la photo, peu de différences, bien qu'elle pouvait l'illustrer d'une présence, d'un regard. Des teintes plus vives, une odeur, des ondes...

« Salut, Kiddo. J'peux t'aider ? »


Ainsi qu'une voix. Assez agréable... La jeune fille s'étonnait qu'il soit si serein. Elle s'attendait plutôt à de la provoc', une sale remarque ou une plainte vis-à-vis du réveil forcé... Non, ça allait. On sentait toutefois une certaine insouciance dans sa manière d'être : Les mains dans les poches pour accueillir quelqu'un dans un bureau professionnel après avoir, quand même, été prit en train de dormir les pieds sur la table... ajoutez à cela une proximité d'ores et déjà installée, presque imposée par un surnom familier et rétrogradant : sans aucun doute que Johan R.Grant doit en saoulé plus d'un !

« Hum... Hey, bonjour ! Je m'appelle Iida, Okutorin Iida mais tu peux m’appeler Marina... et... »


Ses yeux, étonnamment beaux, scannait assidûment sa benjamine depuis qu'il s'était levé de son bureau-hamac... et ce sans rien laisser paraître. Marina profitait de sa courbette pour rester un instant immobile. A l'abris. Elle clignotait des cils vers ses chaussures puis vers tout autre objet distinguant le sol de la pièce, embarrassée. Encore un problème avec son physique ? Elle avait une algue entre les dents ? Un bouton mal fermé ou, carrément sur le visage !? Cela lui coupa nette l'envie de continuer sa phrase sur le même ton, bien qu'il lui fallait à tout prix faire bonne impression.

« Je suis en seconde année de Management, à U.A. Je suis là pour l'exercice annuel, celui avec les binômes, hum, on a dû te prévenir j'pense, mais il ne me semble pas que tu ais ma photo, haha...! »


Un rire, même nerveux, c'était mieux que rien. L'adolescente en avait profité pour se redresser avant de prendre son courage à deux tentacules pour retrouver le chemin de ses orbes bleues : Johan semblait en avoir fini avec son analyse, ce qui disposa Marina à enfin sourire. Un petit, certes, pour un début. Les personnes trop souriantes ont tendance à vite agacer dans le milieu de la vente, surtout chez les apprentis managers. C'est ce qu'on surnomme en mal le "sourire commercial".

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Johan R. Grant
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Jeu 14 Sep - 15:18
LIVRE 1 - CHAPITRE N°2
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Honte ? Johan ne connaissait clairement pas ce mot. Il venait d'être surpris en pleine sieste durant ses heures de travail, et là où n'importe qui se serait empressé de s'excuser d'un air particulièrement gêné, l'électrifié n'en avait... Rien à foutre. Cette sincérité transpirait littéralement à chacune de ses paroles, à chacun de ses mots, à chacun de ses gestes. Comme s'il ne réfléchissait en aucun cas à ses actions, laissant son instinct dicter sa manière d'être. C'était une des raisons, en effet. Néanmoins, ce n'était pas la seule. Johan n'avait, tout simplement, rien de spécial à faire du regard des autres. Dans son esprit, soit on l'acceptait comme il l'était, soit on passait son chemin. Malheureusement, ce n'est pas réellement le genre de chose qu'on demande d'un héros. Lorsqu'on peut devenir un symbole pour certaines personnes, lorsqu'on a, de cette manière, un impact sur leurs vies, leurs manières d'être, on se devait d'être irréprochable. Quelque chose qu'il ne connaissait pas, ne se préoccupant que très peu de l'aspect "marketing" du métier de héros.

Il continuait d'observer la jeune femme, avec un certain intérêt. Une curiosité qu'il n'arrivait pas à contrôler. C'était peut-être même un peu gênant, du point de vue de la petite poulpe, mais qu'importe. Il la détaillait, comme pour se souvenir de chaque trait de son faciès, de son corps. Oh, Johan ne la connaissait pas. Le comique ne pouvait déterminer grâce à ça si cette inconnue était une bonne personne ou non. Mais elle semblait, au moins, prendre soin d'elle. A contrario de l'électrifié, à la chevelure en bataille, aux habits enfilés rapidement, légèrement débraillé. Il transpirait le "je m'en foutisme", tout en gardant sur ses lèvres ce sourire figé, qui exprimait tant.

Elle se présenta alors. Okutorin Iida, ou tout simplement Marina pour aller plus vite. Elle alla même jusqu'à réaliser une petite courbette en terme de salutation, qui fit lever un sourcil à l'électrifié. Cette jeune femme était étrange. Intéressante, mais étrange. Bien différente des autres femelles qu'il connaissait, d'ailleurs. Laissant un léger rire s'échapper de ses lèvres, il se gratta l'arrière de la tête avant de prendre la parole. De cette voix lente, grave, singulière.

« Je vois. Moi, c'Johan. Johan R. Grant. »


Une présentation simple, claire, l'homme ne donnant même pas son nom de héros. Il n'en avait pas vraiment. Les gens le surnommaient généralement "l'électrifié", et ça lui allait très bien. Il sentait, néanmoins, que la petite était assez gênée. Par sa faute ? Peut-être. Mais le comique restait là, immobile, à attendre de savoir ce qu'elle désirait.

Finalement, la belle s'expliqua. C'était une seconde année de la classe de management. Oh, les fameuses têtes qui s'occupaient des images des héros. De les recruter, de les vendre. Un métier assez important, et pourtant si méconnu. Derrière chaque grand héros se trouvait une personne comme ça, qui était souvent à l'origine de sa réputation. Caché dans l'ombre, à réfléchir comment le faire connaître.

Ah. C'était... ça. Un exercice qu'il connaissait déjà, à cause de son double redoublement. Deux fois, par le passé, on lui avait collé un gars du management pour l'analyser. Deux abrutis, qui réfléchissaient bien plus à la somme qu'ils pourraient tirer de l'électrifié plutôt que du bien qu'il pourrait engendrer. À cette idée, il plissa légèrement son regard, n'aimant pas cette manie qu'ils avaient de traiter les héros comme de simples objets de consommation. Malgré tout, Johan n'en perdait en rien son sourire, et ses deux billes bleues électriques ne démordaient pas, restant plantées sur le corps agréable de l'inconnue.

« Management, hein ? Ouais... Je m'en souviens. »


Relevant son regard vers le comique, elle arriva à de nouveau supporter ses yeux. Mais elle n'était pas à l'aise, ça crevait les yeux. En même temps, comment pouvait-elle faire autrement ? Cette jeune fille devait sûrement être pleine d'espoir. D'envie. De motivation. Elle désirait décrocher son diplôme, faire connaître les plus grands héros possibles. Et voilà qu'un examen si important était en duo avec le plus gros flemmard de l'U.A., double redoublant devant l'éternel. Plissant un peu plus son regard, il décida de faire sa bonne action de la journée.

S'approchant de la belle, montrant un peu plus cette énorme différence de taille et appuyant l'image mentale qu'on pouvait avoir de lui, celle d'une forteresse, d'une montagne, il se planta devant sa nouvelle "partenaire". Et il lui donna alors une tape amicale dans le dos, un peu forte néanmoins vu que le protagoniste n'avait pas conscience de la différence de gabarits.
« J'espère que vous vous occuperez bien de moi. » Dit-il, de manière ironique, taquine. « Tu as déjà lu mon dossier, j'imagine ? Désolé, t'as eu l'mauvais.. poisson. » Souffla-t-il, tout en lui lançant un petit clin d’œil. « Tu es ici à l'agence Red Flag. Y a quelques héros, qui se partagent ce petit coin. N'hésite pas, si tu as des questions... Je sais plus vraiment comment vous fonctionnez. »

Qu'allait-elle vouloir faire ? Lui poser des questions personnelles, sur ses raisons de devenir un héros ? Sur son passé, son alter ? Ou bien partir à ses côtés sur le terrain ? Que de possibilités ! En tout cas, elle semblait bien différente des deux précédents. Plus émotive, et surtout moins encouragée par le gain. Mais il n'avait pas assez de matière pour savoir quoi penser d'elle. Marina ne sera définitivement pas la seule à analyser, aujourd'hui !

Écrit et codé par Johan R. Grant
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