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Beat of the Rising Sun (Feat. Takumi Kojima)

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Deneb Cyr
Vilain Solitaire
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Mer 23 Aoû - 2:34
L'odeur délétère des déchets accumulés viens me chatouiller les narines alors que j'accompagne la fermeture du couvercle de la benne à ordure dans laquelle je me suis réfugiée. Le panneau de métal ferme sans bruit mais mal, laissant passer un léger rai de lumière. Je résiste à l'envie d'y jeter un œil, c'est un coup à me faire chopper bêtement.
Maintenant que mon pied droit commence à s'imbiber de jus de poubelle et que la chaleur des déchets organiques en décomposition s'engouffre dans mes poumons je commence évidemment à reconsidérer ma décision. Tout bien réfléchit c'est clairement pas l'idée la plus brillante que j'ai eu de ma vie. Si j'essaie de voir le verre à moitié plein - quand bien même il serait à moitié plein de jus de poubelle - une benne à ordure c'est toujours mieux que la taule. Alors j'vais boucher mon nez et avaler - métaphoriquement, merci bien - ce demi-verre de jus de poubelle. Et avec le sourire s'il vous plaît! L'avantage quand on sort de boîte après dix ans, c'est qu'y'a plus grand-chose de pire. A part y retourner, bien sûr.
Du coup je reste là, immobile, osant à peine respirer tout en essayant de ne pas trop penser à la nature de mon nid douillet ni avec quoi mes multiples coupures et contusions sont en contact en ce moment-même. A la place, je passe en revue les événements des derniers jours et la suite de décisions m'ayant conduit à faire de mon mieux pour ne faire qu'un avec un tas de déchets puants.

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Le jour de ma libération était surréaliste de normalité. Pour autant que le quotidien d'une prison de haute sécurité puisse être considéré comme normal. Pour moi ça l'était en tout cas.
Comme à mon habitude je m'étais levée aux alentours de trois heures du matin, peu après la ronde des bleus. Sachiko, ma codétenue, dormait toujours. L'habituelle lumière blafarde des néons de sécurité me permettait de distinguer son museau de furet remuer dans son sommeil.
Comme tous les matins depuis maintenant presque 10 ans je repliais mon fûton et attrapait les livres que j'avais empruntés. Il faisait trop sombre pour lire sans s'exploser les yeux, mais je n'avais besoin que du poids de la connaissance - représenté ici par les cinq lourd volumes, attachés entre eux par un des ruban de plastique transparent émis par Miruru de manière à servir d'haltères de fortune - pour mes exercices matinaux. Chaise, pompes, abdos, squats, exercices de souplesse. Pendant les trois heures me séparant de la douche matinale, tout y passait. Juste parce que je sortais le jour-même ne signifiais pas que j'allais me laisser aller.
Car oui, je sortais. La pensée me frappa au milieu de mon exercice, me laissant puissamment consciente de mon essoufflement. Ma vie en prison me semblait déjà lointaine, comme un long rêve un peu trop réaliste s'effaçant lorsqu'on cesse d'y penser. Mais ma vie d'avant les portes scellées et les appels quotidiens m’apparaissais encore plus irréelle, comme un souvenir que j'aurais crée pour supporter cette réalité de béton et de restrictions.

Le reste de la matinée se passa comme tous les lundis. Jin, qui faisait passer télépathiquement les messages entre détenues pendant le cinéma habituel des gardes lors de l'appel du matin, m'expliquait avec amusement que toutes les filles du bloc me passaient leurs félicitations. Je répondis en lui demandant de faire passer l'adresse mail que j'utiliserais une fois libre pour de bon, au cas où l'une d'entre elle veuille un jour me contacter. Garder des liens avec le passé une fois hors de prison n'est peut-être pas une bonne idée, mais certaines des filles là-bas méritent une seconde chance et si j'en ai un jour la possibilité j'aimerais les aider.
Après l'appel la douche bi-hebdomadaire, puis le petit-déjeuner. Si je m'étais résignée au riz froid trop cuit durant les dix dernières années, l'insipidité de la nourriture me paru ce matin-là particulièrement imblairable. Je ne mangeais donc que le minimum pour ne pas attirer l'attention. Alors que les filles se rendaient au travail une nouvelle garde dont je n'avais pas encore appris le nom me guida vers le bureau de la psychologue de la prison pour ce qui s'avéra être le début d'une loooongue série de visites à différents cols blancs de la prison. Le médecin, un officier de police, l'intendant,... Une fois ma grande tournée d'adieux fini, une demi-tonne de paperasse dûment remplie et des vêtements plus corrects que ma tenue de bagnarde enfilés - des sous-vêtements propres, un débardeur gris moche, un jean trop grand et des baskets de toile clairement de seconde main -, je me retrouvais accompagnée d'une autre garde en direction de l'arrière de  la prison, sac marin gracieusement fourni par l'établissement contenant les lettres de Takumi à la main. En passant la lourde porte de sécurité la pensée que les cerbères me jetant des regards blasés m'auraient abattu sans hésitation si je m'était retrouvée ici quelques heures plus tôt m'as traversé l'esprit.
Mais on n'était pas quelques heures plus tôt. Et malgré cette persistante sensation d'irréalité, j'étais libre. J'avais fais mon temps, sortie en tant que prisonnière honorable, libérée pour bonne conduite. Pas de volontaire de réinsertion à aller voir, pas de restriction à mes déplacements. Je disposais de 5000 yens, d'une carte d'identité, d'un ticket de bus pour la destination de mon choix et surtout, je disposais du droit de prendre mes propres décisions.

Ma première décision fut de rester plantée comme une conne pendant environ deux minutes. Je ne sais pas trop si je savourais ma liberté nouvellement acquise, contemplais mes possibilités ou restait tout bêtement paralysée devant l'abondance des choix qui s'offraient à moi.
Une rafale de vent me sorti de ma semi-torpeur. Sans m'en rendre compte j'avais traversé le parking situé à l'arrière de la prison. Les bruits me parvenaient sans se réverbérer sur les murs en gris. En levant les yeux, la lumière du soleil m'éblouissait pour la première fois depuis dix ans. Dix ans où mon ciel était une épaisse plaque de plexiglass sale. Le parking était large et spacieux, les rues défilaient plus loin que mon regard n'était habitué à porter. Dix ans où mon horizon était un mur de béton à quelques mètres de moi. Les couleurs, les bruits, les odeurs. Tout semblait en HD, tout mes  sens étaient saturés comme si on venait de m'enlever un appareil de privation sensorielle. J'étais libre
J'étais époustouflée par tout ce que je voyais, tout ce que je ressentais. Un sourire béat sur le visage, je pris une direction au hasard, ignorant totalement où l'avenue que j'empruntais allait me mener. Après quelques virages je m'étais fondue dans la masse des passants. Personne ne se rendait compte que j'étais une détenue récemment libérée. Ni cette femme dont le fils me regardait bizarrement, ni ce salaryman absorbé dans sa discussion téléphonique, ni ces Héros en patrouille qui discutaient en riant. J'étais libre.
Je ne cessais de me le répéter. C'était fini. Je n'avais pas besoin de retourner dans ma cellule. Ce n'était même plus "ma" cellule. D'ici quelques jours, heures, une autre détenue aura pris la place que j'occupais. Et moi, je n'avais plus à courber l'échine, je n'avais plus besoin de parler avec une déférence exagérée, je n'avais plus besoin de réprimer mes sourires, je n'avais plus besoin de cacher mes occupations. J'étais libre putain.

Quelques minutes plus tard, l'odeur d'iode de la mer me chatouilla les narines. Je m'étais instinctivement dirigée vers la mer, gloussant pour moi-même en songeant à quel point tout ce que je voyais était amusant et différent de mes souvenirs. Sans trop y réfléchir je descendit sur la plage et m'aventurais dans l'eau, sans même prendre la peine d'enlever mes chaussures. Mon estomac faisait des loopings alors que je prenais conscience du gigantisme ahurissant de la mer par rapport aux couloirs étriqués. Le monde n'était pas un espace fermé. Mais j'avais besoin de le sentir.
Je me souviens avoir couru sur le sable et grimpé sur une digue de pierre avec mon sac sanglé sur le dos en riant comme une gamine surexcitée, sautant de rocher en rocher jusqu'au bout de l'amas de pierre. J'étais au bout de la terre, entourée d'eau. Mais ça  n'était pas suffisant. Je n'arrivais pas à me séparer de cette subtile angoisse que tout cela ne soit qu'un rêve.
Je devais me convaincre que je n'allais plus jamais me réveiller en contemplant un plafond trop proche.
La liberté m'appartenait et je devais absolument m'en imprégner.



Alternativement:
 
Cinq. Trois. Deux. Un.
J'ai fermé les yeux et me suis souvenu de comment utiliser mon alter. Comme un muscle dont la circulation avait été coupée, je me sentais gauche et maladroite, parcourue de fourmillements presque douloureux. Avant que je ne m'en rende compte, je tombais vers le ciel, comme je le faisais avant mon incarcération.
Après quelques secondes de terreur absolue la fraîcheur du vent me rappela à la réalité. Moins de 5 secondes de chute et déjà j'étais si haut. Je ne distinguais plus les individus, seulement des masses en mouvement.
La prison me semblait déjà n'être qu'un lointain souvenir, un tas de vieilles photos défraîchies dans un grenier moisi. Le monde était là, en instantané. Je pouvais le regarder en direct, je pouvais voir les choses changer en permanence.
Réorientant ma chute, je me rendit compte d'à quel point j'étais rouillée. Mes changements de direction étaient maladroits, mon équilibre aérien - assuré par le déplacement de mon centre de gravité virtuel - n'existait basiquement plus. Alors qu'à 16 ans je volais, à 26 ans je ne pouvais plus que tomber.
Mais quitte à tomber, autant tomber avec panache.
Redescendant au niveau de la mer, la sensation de chute mettait tous mes sens en alerte. Putain, j'avais oublié à quel point c'est le pied de voler. Mon corps non par contre. Comme une bonne grosse adrenalin junkie en pleine rechute je hurlais de joie à m'en briser la voix. Je ne voyais pas où j'allais à cause des larmes qui embuaient ma vision, mes poumons me faisaient délicieusement mal à cause de l'air gelé qui s'y engouffrait à toute vitesse.
En quelques minutes la côte n'était qu'une vague forme à l'horizon. Des bateaux au loin semblaient immobiles, quelques îles se détachaient. Je testais quelques changements de d'altitude, je commençais à reprendre le contrôle de mon alter. Comme remonter sur un vélo après des années, ou retourner nager après...et bien après dix ans. Les bases revenaient rapidement, la maîtrise devrait être encore largement travaillée.
En attendant, je tombais à toute vitesse au raz des vagues. Une seule erreur, une vague trop grande, une descente un peu trop imprudente, et j'étais morte. J'avais atteint la vitesse terminale depuis belle lurette et ne serait-ce qu'effleurer l'eau n'aurait laissé  de moi qu'une masse rougeâtre informe. La terreur pure me lavait de mon angoisse, ne laissant que l'excitation de l'adrénaline. Ce n'était pas un rêve. J'étais libre. Libre libre libre libre libre!
Je me le répétais encore et encore, je n'arrivais pas à en avoir assez.
J'avais oublié à quel point voler était important pour moi. A quel point cela faisait partie de mon existence. Pendant toutes ces années, je ne vivais pas. J'hibernais, attendant une saison meilleure qui venait finalement d'arriver.

J'ai joué encore et encore, enchaînant les chandelles et les loopings, m'entraînant à prendre des virages de plus en plus serrés, me réhabituant à l'inertie de mon mode de déplacement, essayant de me souvenir des astuces pour stabiliser mon corps. Il m'as fallu quatre bonnes heures pour être rassasiée d'émotions fortes, fatiguée et affamée. Le bon côté, c'est que j'avais repris confiance en moi et en mon alter. Je n'étais plus vraiment capable de vol stationnaire ou de changements dans ma vitesse de chute comme dans mon enfance, mais je recommençais à dompter mes capacités et je savais qu'il ne me restait plus qu'à recommencer à m'entraîner régulièrement pour retrouver mes sensations. Le mauvais côté c'est qu'à force de faire la conne j'étais totalement paumée. Il m'as fallu presque cinq heures pour retrouver ma destination et rejoindre le rivage, grâce à l'aide d'un chalutier dont l'équipage m'indiqua à grands gestes la bonne direction.

Complètement lessivée je me suis posée sur la première bande de terre que j'ai aperçu, une route de campagne loin de toute agglomération. Mon corps me faisais mal partout, je me sentais gauche, mes oreilles sifflaient encore des changements brutaux d'altitude et ma tête semblait pulser en rythme  avec les battements de mon cœur. J'avais clairement trop poussé, mais je le referais sans la moindre hésitation dans les mêmes conditions. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas été habité d'une fatigue aussi saine, d'une joie aussi complète. A force de me barricader contre le moindre signe de faiblesse je n'avais pas seulement oublié le monde sans barreaux, mais également la puissance des émotions sans freins, sans peur d'être jugée.
Encore pantelante, les jambes tremblant comme des brindilles, je jetais un œil au ciel. Le soleil était encore chaud mais l'après-midi semblait déjà bien avancée. J'en aurais sans doute chié pour retourner à la civilisation si une voiture ne s'était arrêtée une quinzaine de minutes plus tard. La conductrice, une femme dans la cinquantaine, semblais penser que j'avais un souci et se proposais gentiment d'appeler une dépanneuse.



Peu encline à lui dévoiler que j'étais sortie de prison le matin-même, je me suis contenté de lui expliquer que j'étais en voyage et m'étais perdu en utilisant mon alter pour économiser sur les trajets. Après quelques réprimandes amusée, elle m'invita à monter dans sa voiture pour m'amener à la ville la plus proche. Elle semblait ravie d'avoir quelqu'un à bord et était tellement bavarde que je me demande toujours comment elle survit lorsqu'elle n'as personne à qui parler. Sans doute comme ceux qu'on fous en boîte pendant des semaines, en se parlant toute seul.
Et on touche là au cœur du problème. Je me suis rapidement rendu compte que j'avais totalement oublié comment tenir une conversation un tant soit peu civilisée. Je n'avais que peu de références au-delà de la prison, et ma vie d'avant me semblait toujours si lointaine que j'avais bien du mal à suivre ce que Madame Takeda, puisque c'était son nom, me disait. Sans parler de son accent. Au début je cravais que dalle, à un point tel que je me demandais si j'avais pas atterri sur un de ces île enclavée depuis des siècles sans m'en rendre compte. Maintenant je sais que j'étais juste dans le sud de Kagoshima, mais sur le coup le malaise était tellement palpable que j'aurais sans doute pu m'en remplir le bide.
On à fini par trouver un terrain d'entente quand même. Elle me parlait - apparemment d'absolument tout ce qui lui passait par la tête - et je me contentais d'acquiescer, de rire lorsque ça me semblait approprié et d'adopter un air vaguement désapprobateur lorsqu'elle parlait de sujet plus graves.
Je sais que ça aurais dû m'agacer sans fin, mais étrangement c'était en réalité plutôt reposant. Je n'avais pas à me soucier des jeux de pouvoirs ou d'autorité et je n'étais pas obligée d'éviter à tout prix son regard, je pouvais simplement rester là et apprécier la compagnie d'une autre humaine amicale et a priori sans passé criminel.

Ce trajet dura moins d'une heure mais fut foutrement instructif sur les choses s'étant passées depuis mon incarcération. Apparemment All Might avais depuis longtemps explosé tous les records héroïques et était devenu une sorte de symbole absolu de la paix alors que le taux de criminalité n'avais jamais été aussi bas depuis des décennies, les criminels se rangeant ou n'osant plus agir face à son absolue efficacité et au boom des Héros qu'il avait provoqué.
Le fait que je ne m'en sois absolument pas douté avant de sortir de cabane me laisse à penser que ces déclarations ne sont pas touuut à fait exactes, mais la tendance est bien là il semblerait.
Un tueur de Héros aurait également été emprisonné tout récemment, arrêté par Endeavor. C'est amusant de penser qu'il était déjà numéro deux y'a dix ans et que l'écart n'as fait que se creuser depuis. Il doit manger sa barbe de rage.
D'après Madame Takeda, l'arrestation de ce mec a provoqué un putain de taulé sur internet et les gens craignent une recrudescence des crimes. J'aurais aimé en apprendre d'avantage mais la ville pointait son nez et on à du se séparer en y arrivant. C'était une petite commune côtière dont le revenu majeur était sans aucun doute la pèche et le tourisme. On devinait plus loin les fourneaux de ce qui semblait être une très vieille usine et golfe de Shibusi y était visible depuis n'importe quel point en hauteur.
Je me demande à quoi peuvent bien ressembler les Héros locaux. J'ai grandit à Musutafu - a un endroit très précis, sa prison - et à part les Héros du cru y'a rarement des infos sur les mecs qui s'occupent de coins paumés comme ça. En tout cas j'ai pas vu un seul costume. Par contre j'ai bouffé deux pizzas. Entières. La moitié de mes ressources y sont passées, mais j'en ai chialé de joie. Encore.
Après dix ans à bouffer un riz qu'on croirait spécialement étudié pour avoir un goût merdique, j'avais presque oublié le goût de la nourriture cuisinée avec passion. Bon, elles valaient pas les pizzas américaine de Bâton Rouge c'est clair, mais pour une pizzeria japonaise le mec s'en sortait vachement bien. De toute façon il aurait pu recongeler une pizza industrielle, je pense que je m'en serais pas rendu compte tellement mes papilles étaient en pleine orgie.

Un sachet de tayakis à la main et encore plus allégée côté argent, je me mis à réfléchir sérieusement à trouver un endroit où dormir. J'étais encore trop fatiguée pour retourner en volant à Musutafu, et de toute façon je n'aurai fait que déplacer le problème. Sans compter les dangers inhérents au "vol" de nuit pour quelqu'un qui, comme moi, reprenait à peine l'habitude de ne plus toucher le sol.
Ce début d'été était chaud et je ne doutais pas que les nuits seraient agréables - surtout ici au sud de la baie de Shibushi - mais dormir en ville était un coup à me faire chopper par un Héro en patrouille et je n'avais aucune envie d'expliquer à un représentant de la loi comment je m'étais retrouvée aussi loin au sud sans avoir utilisé mon ticket de bus.
Du coup j'ai pris le parti de me trouver un coin tranquille quelque part en dehors de la ville. J'ai repéré un champ d'éolienne à l'arrêt un peu à l'écart dans les montagne et je me suis dit que c'était toujours mieux que rien. Mes tayakis en main je suis donc allée passer la nuit en montagne, avec mon sac en guise d'oreiller et l'époustouflant ciel étoilé à la place d'un plafond gris trop proche. Bon, j'avais tord et j'me les suis pelée, évidemment. Mais l'idée était là.



Sans compter que la nuit fut...moins exaltante que la journée. Sans surprise, j'ai rêvé que j'étais de retour en prison. De nouveau les couloirs m'entouraient, mais ceux-ci n'étaient pas familiers. Des gardes sans visage m'attendaient à la sortie de la cellule. J'étais sévèrement punie pour mon escapade et ma sentence était la peine de mort, administrée par All Might en personne. Je protestais, demandais à voir l'administrateur général du complexe, mais rien n'y faisait. Je m'embourbait dans des procédures légales alors que le rire du bourreau se rapprochait. Mais All Might n'est jamais venu. A la place je fuyais, a peine capable de courir, poursuivie par une silhouette à l'écharpe rouge semblant se distrodre et s'étendre à des longueurs incroyables.
C'est la pluie qui m'a réveillé. Ce coup-ci, l'émerveillement de retrouver une chose aussi commune après aussi longtemps a duré très exactement le temps que je sois trempée des pieds à la tête. Après c'était plus franchement drôle. Du coup j'ai couru en direction de la ville, histoire de pas mourir d'une pneumonie à peine dehors. Quand il pleut comme ça, voler sans équipement est juste infernal. Et suicidaire. De toute façon, le temps que j'arrive à l'abri l'averse était passée. On était loin d'un typhon de la saison des pluie. Au final, c'était juste pour me faire chier.
J'ai utilisé presque tout ce qui restait de mon pognon pour acheter un sweat à capuche me tombant à mi-cuisse dans une boutique de seconde main. Si je voulais pas chopper la mort, fallait que je sèche mes vêtements. Du coup j'ai tout balancé dans une laverie, à part le hoodie. Je n'avais que très moyennement envie de me retrouver à poil dans un lieu public. Un fois mon séchage fini et après quelques acrobaties pour me rhabiller en douce - reccourcissement des jambes de mon jean compris, cette saloperie était beaucoup trop inconfortable pour marcher -,  j'ai erré sans trop savoir quoi foutre jusqu'à ce qu'une seconde averse me décide à bouger. J'avais plus une thune et absolument aucune idée de comment m'en sortir toute seule sans argent. Donc j'ai couru à la gare et utilisé mon ticket pour prendre le premier car en partance pour Musutafu. Evidemment le mec du guichet m'as regardé zarb mais le ticket avait sans doute l'air suffisamment officiel pour qu'il décide que les emmerdements potentiels ne valaient pas la peine de chercher plus loin. Ainsi donc j'allais poser mon cul sur un siège du car de huit heures du matin direction Musutafu.
J'me suis bien emmerdée. Dès que possible faut que je me trouve de quoi écouter de la musique. Du coup j'en ai profité pour récupérer de ma nuit moins que parfaite dans les bois. Hah! Et je pensais sentir mauvais à ce moment-là, c'te blague.
Il n'as fallu que vingt et une heure au car pour arriver à bon port. Vingt et une heures sous un ciel de plomb que je ne pouvais m'empêcher d'admirer et de détailler. Sans rire, c'était clairement quinze heures de voyage en trop pour mon corps, mais les sièges étaient agréables et un des voyageur s'est révélé pouvoir reproduire parfaitement les musiques qu'il avait entendu durant les jours précédents, j'me suis donc arrangée pour me retrouver "fortuitement" derrière lui après une pause du car. C'est fou ce que les musiques ont changé en dix ans. Pas étonnant non plus d'ailleurs, faudra que je me remette a jour un de ces quatre. Dès que je serais sorti de cette situation à la con.



Parce que ouais, a peine revenue en ville je me retrouve direct dans le pétrin. Je crevais la dalle mais j'avais plus une thune, du coup j'ai décidé de retrouver Takumi. Alors: "Oh tiens, si je retrouvais  un mec que j'ai pas vu depuis dix ans en plein Musutafu, le tout sans argent et sans contact, trop facile", ça a effectivement l'air débile comme ça. Mais j'avais un plan. J'allais me faire passer pour une cousine éloignée et demander à l'UA ce qu'il était devenu. Avec ma grande taille et ma gueule d'européenne, ça serait pas compliqué de me faire passer pour un membre de la famille en voyage.
Sauf que ce gros con à pris le large sans laisser d'adresse quelques mois après que j'me sois fait coffrer pour de bon. Je crois pas avoir déjà été a ce point furieuse contre quelqu'un. J'ai pris dix ans pour sauver sa scolarité. J'ai vécu dans un putain d'enfer disciplinaire pour sauver sa mouille. J'ai perdu ma jeunesse et mes possibilités d'avenir...pour qu'il se tire comme une lopette?!
Du calme. Inutile de s'énerver. J'aurais tout le temps de lui péter la gueule quand je l'aurais retrouvé.
Toujours est-il que j'me suis retrouvée en rade. Non seulement ils avaient pas d'infos, mais en plus il avait jamais obtenu sa licence de fabricant de costume donc c'était même pas la peine de le chercher via les noms de boutique et les lettres que j'avais étaient à moitié foutues par la pluie. L'écriture avait bavé dans tous sens, laissant de grosses tâches bleues ou noires en lieu et place d'importants indices.
En maudissant le mauvais temps - et un peu mon manque de prévoyance aussi - je décidais donc de me diriger vers le quartier dont je me souvenais du nom. Quitte à reluquer toutes les putains de sonnettes du putain de coin, je vais trouver cet enfoiré et lui faire sa fête façon Deneb.

J'ai donc mis le cap sur le bled où vivais Takumi, un trou à rat mal entretenu à la limite d'une friche industrielle, typiquement le genre de quartier mal famé où toutes sortes d'histoires foireuses se résolvent à l'abri du regard des autorités comme des Héros - bien sûr, la Justice ne dors jamais, mais ça ne l'empêche pas de cligner des yeux un peu fort par moment, et par endroits.
Je dois pas avoir l'air du coin ceci dit. Ou alors c'est le short? Je sais pas pourquoi, mais un gars s'est dit que ça serait une bonne idée de m'interpeller. Les catcalls c'est pas rare, j'ai pris le parti de juste ignorer. Je viens de sortir de taule, j'avais pas envie de me retrouver dans les emmerdes. Saaaaauf que ce con m'as suivi. C'est pt'êt son pote qui lui as donné confiance. En tout cas c'était une mauvaise décision. Mais pas aussi mauvaise que venir me toucher le cul.
Je sais pas à quoi il s'attendait. Sans doute pas à ce que je lui fracasse le visage contre une gouttière. Plusieurs fois.
Sauf que son pote avais EVIDEMMENT un alter de merde. C'était quoi sérieux? De la cire ou un truc comme ça? Une saloperie brûlante et tenace en tout cas. Mon alter aurait pu me servir à m'en sortir,  mais après si longtemps j'étais pas confiante quand à ma maîtrise, surtout en situation de combat. Plutôt qu'aller m'écraser contre un mur, j'ai préféré affronter les emmerdes les deux pieds au sol. Ou dans leur gueule le cas échéant. Et ça a super bien marché.
Et ça aurait encore mieux marché si une étudiante que j'avais pas vu avait pas appelé les flics. Qui à leur tour ont appelé les héros du coin.
Du coup me voilà comme une conne à fuir tout ce qui ressemble de près ou de loin à une figure d'autorité. Merde, je suis presque certaine que c'était moi la victime dans cette histoire. Je suis presque certaine que la gamine aurait témoigné en ma faveur aussi. Par contre je suis absolument certaine qu'aucun juge n'en aurait eu quoi que ce soit à foutre. Et j'ai déjà donné merci bien, hors de question que je remette ça. Je préfère encore me synchroniser spirituellement avec le demi-plan des détritus non enlevés...

Bon, les sirènes s'éloignent. Je vais attendre un moment avant de sortir, des fois qu'un Héro traîne encore dans le coin.
...
...
Non sérieusement, nique cette idée. Je reste pas plus longtemps dans cette benne à la con, c'est vraiment trop putride. J'me met à la hauteur de la rainure et jette un coup d’œil circonspect alentours. Personne à droite, personne à gauche. J'entends des gouttes qui commencent à tomber sur la paroi métallique, donc inutile d'essayer d'entendre quoi que ce soit.
Allez, je sors. Et rapidement merci bien. Berk, j'ai les chaussettes imbibées de jus de poubelle. Faites qu'aucun camé n'ait balancé ses seringues là-dedans, y manquerait plus que ça.

*ATCHA*

Super, en plus je suis enrhumée. J'ai vraiment tout gagné moi aujourd'hui.
La ruelle est déserte, l'Oeil de la Justice est sûrement entrain de cligner un bon coup. Les ravages des yeux secs. Maintenant j'ai plus qu'à faire tout le quartier jusqu'à trouver Takumi... Ou avoir du bol et l'apercevoir au bout de la rue d'après aussi, ça fonctionne je suppose. Je préfère éviter qu'il me voit arriver de loin, je veux pas lui laisser le temps de formuler une excuse. Alors j'me planque. Il semble entrain de relever son courrier. Sérieux, qui utilise encore des lettres a part ce mec? Même avant que je plonge c'était totalement démodé, alors maintenant. J'ai vu un mec avec un téléphone à holo-projection dans le car bordel. Il vit dans le futur et il continue d'abattre des arbres.
Je le regarde donc rentrer chez lui avant de lui emboîter le pas. Enfin, façon de parler. J'me comprends.
Perso je dirais pas non à une chaise à moteur actuellement. J'ai les jambes flageolante et l'estomac qui gargouille tellement que je sent les vibrations dans mes dents. Je pensais qu'un petit plongeon dans les détritus me couperait l'appétit mais apparemment m'en faut plus que ça.

Il vit au rez de chaussée, je m'y attendais. Y'a pas masse de rampes pour fauteuils dans  le coin, je suppose que les régulations immobilières c'est pas ce qui les étouffe. Une porte un peu pétée, étonnamment libre de tags. Je pourrais évidemment toquer à la porte. Je pourrais.
C'est pourquoi je lève la jambe et balance un grand coup de pied dans l'innocente porte de bois. Vu comment je l'ai envoyée valser elle était pas fermée. Et vu la tronche de Takumi il a des emmerdes. Ben pas de bol mon pt'it père, ça va devoir attendre. Un sourire carnassier s'étends sur mon visage. C'est le sourire que je sais le mieux faire.

- Watashi ga... kita!*

*Chériiiiii, chuis rentrééééé!

J'aurais peut-être pas dû faire la conne mine de rien, j'ai la tête qui tourne vachement. Ah oui, les brûlures et la faim, c'est vrai. Son lit à l'air confortable, j'vais m'allonger dessus. On causera plus tard.
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Dim 27 Aoû - 23:26
BEEEP BEEEP BEEEP BEEEP



La radio me tire du sommeil en chanson. Les accents guillerets de la mélodie me donneraient presque envie de vomir. Mais l'avenir appartiens a ceux qui se lèvent tôt, comme disait un type qui devait probablement pas travailler aussi tard que moi. Qu'importe. Il y avait du travail a faire aujourd'hui. Allez. Takumi. Debout. Avec un grognement bovin j'essaye de me sortir du lit pour m'écraser sur mon siège. Un puissant accès de flemme m'en empêche. Il est bien le lit. Tout doux et tout. Je me l'étais offert le mois dernier, après une intense semaine de travail et de douleurs au dos. Faut pas croire que parce que je suis tout le temps assis j'ai pas mal au dos hein. J'ai même tendance a trop me pencher quand je travaille. Du coup mes pauvres lombaires protestent. Joie.

La radio continue a chanter comme si de rien n'était. J'ai compris. Debout. Je repousse mollement la couverture et au prix d'un effort surhumain je me largue avec la finesse d'un pachyderme sur mon fauteuil, qui couine un peu de protestation. Je couvre mes jambes avec la couverture. La flemme de mettre un pantalon, j'attendais pas de visite aujourd'hui. Réprimant a peine un bâillement, je roule vers la machine a café. Elle et moi on allait avoir des trucs a faire ensemble, si je voulais tenir la journée. Bah, ouais, c'est pas parce que je reçois pas de visite que je vais pas bosser. Vous m'avez pris pour un équipementier licencié, avec ses jours de congés payés et ses dimanches libres ? Le prix de la liberté, j'vais vous le dire, c'est mes dimanches. En attendant que le café soit prêt, j'abaisse la visière de mon fauteuil et je sors le clavier. Je consulte mes mails et les nouvelles d'un œil distrait. Rien d'incroyable. Recrudescence de la criminalité. C'est le bordel a UA. Comme d'habitude depuis quelques temps. Tant mieux pour moi, ça me fait du boulot.

Le café est prêt ! Gloire. Je m'en verse une tasse et je tartine machinalement un bout de pain. Dehors, le soleil semble aux abonnés absents, et la minuscule chambre semble donc affreusement terne. La chanson a la radio se termine et le DJ s'excite beaucoup trop pour une heure aussi matinale...

-Et c'était Electronic Light Orchestra, avec une chanson qui nous rappelle qu'aujourd'hui, malgré le mauvais temps, vous devriez sortir ! Alors prenez vos jambes a votre cou et sortez, mes amis, sortez !

Je n'apprécie pas vraiment l'ironie... Je roule vers la radio et l'éteins. Au passage, je tripote la tête d'une de mes figurines sur une étagère. La-dite étagère coulisse pour dévoiler une porte secrète. Celle de mon atelier. Bah oui, quand on fait des activités illégales, on prend ses précautions. Bon, ça ne ferait pas long feu face a un examen approfondi, mais qui irait fouiller l'apart d'un paraplégique, hein ? C'est inoffensif ces bêtes la.

L'atelier en lui même est assez petit, mais fonctionnel. Sur une table, une surjeteuse, une machine a coudre et un mannequin. Sur une autre, toute la panoplie du parfait petit électricien. Sur la dernière se trouvait un plan de travail actuellement occupé par mon travail du jour. Les murs étaient quand a eux couverts d'étagères et de tiroirs, certains contenant des pièces détachés, d'autre mes serveurs. Dans cette sale il régnait un froid de canard, qui ne me gênait pas particulièrement : Elle était tout le temps climatisée (ce qui me coutait une fortune d'ailleurs), pour permettre aux serveurs (et a mon Core, parfois) de toujours rester a bonne température. Évidemment, pas de sièges. Ça j'avais deja.

Je m’attelle donc a mes réparations. La commande du jour : un gant taser, qu'on m'avait remis la veille. L'alimentation était plus frite que de la cuisine américaine. Probablement une surtension. A en juger par la façon dont elle était disposée, elle fonctionnait probablement avec l'Alter de son utilisateur, ou au moins avec une source externe, il n'y avait pas de batterie. Ce génie avait du vouloir lancer un coup plein pot et tout péter. Ça allait demander un peu de temps et de précision, mais ça tombe bien j'étais payé pour les deux. La carte mère avait aussi brulée par endroit... Je pourrais la réparer, mais ça reviendrait a plus cher que d'en changer. Ça va dépendre de si j'ai les pièces. Je me met de la musique dans les oreilles et je me met au travail.



Deux heures après, j'ai bien progresser. Le gant est techniquement a nouveau fonctionnel, mais j'apporte désormais la petite touche "Gadget". Je renforce le tissu du gant et j'ajoute de quoi évacuer le surplus d'énergie. En plus d'éviter de cramer le gant a nouveau, l’électricité en trop s'échapperait désormais sur le côté façon étincelles, ce qui aurait grave la classe. Car le style, c'est important pour un héros. Je m'éloigne de la machine a coudre et je regarde l'heure dans un coin de ma visière. Le facteur doit être passé. J'attends des pièces pour mon fauteuil, mieux vaut aller les chercher avant qu'un voisin ne décide d'aller fouiner dans mes affaires et ne découvre des pièces de réacteur nucléaire. Donc je sors dans mon "Jardin", sans oublier de fermer la porte secrète derrière moi. En réalité une espèce de bout de pelouse en friche dans lequel un chat venait régulièrement faire ses besoins. Je l'avais appelé "All Might", parce que ses crottes sont franchement impressionnantes. Et très ennuyantes a nettoyer des roues quand on roule dedans. Heureusement, aujourd'hui All Might n'avait pas miné mon allée, alors j'ai pu récupérer mon colis et... une lettre. Je fronce les sourcils en rentrant chez moi. Je reconnais cette écriture, c'est la mienne. Un avis est accroché dessus. "Prison de Musutafu, avis de retour. Raison : Non-Distribution. Cause : Le prisonnier n'est plus présent dans notre prison".

Je reste un instant interdit. Le prisonnier n'est plus présent dans notre prison.

Puis je comprends.

LE PRISONNIER N'EST PLUS PRÉSENT DANS NOTRE PRISON

LE PRISONNIER N'EST PLUS PR-

Ma porte se fait défoncer.

Et dans l'embrasure, de toute sa hauteur, puante comme un putois, sale comme une clodo et habillée tout comme, couverte de sang, un rictus carnassier au visage, Benedict Cyr, aka Deneb me regarde.

- Watashi ga... kita!

Je reste pétrifié, incapable de dire quoi que ce soit. Puis elle se désintéresse de moi. Son regard divague vers mon lit. Vers mon matelas tout neuf. Je sais ce qu'elle va faire.

-Nooooooooooooooooon !

Trop tard. Elle c'est écrasée, dans ses fringues dégeu, sur toute la longueur de mon matelas tout neuf. Je ferme la porte de manière un peu rageur et ce coup çi, je la verrouille. Puis je m'intéresse au chat errant qui vient de crash mon palier.

On aurait dit qu'elle sortait tout droit d'une poubelle. Elle puait tout comme en tout cas. Elle avait grandis. Je me rappelais pas qu'elle était aussi grande... Et ça... Est ce que c'est des brulures ?

Mais qu'est ce que tu a foutu, Deneb ?

-VOTRE ATTENTION, CITOYEN !


J'ai a peine le temps de tourner la tête que ma porte est défoncée pour la deuxième fois, envoyant le verrou voler dans la pièce. Dans un rush vocal, un énorme type en armure de chevalier complète (lance incluse) me hurle alors a la figure a un débit impressionnant :

-CABINET HÉROÏQUE KNIGHT, DÉSOLÉ D'INTERROMPRE VOTRE TRAIN DE VIE QUOTIDIEN CITOYEN MAIS UN VILAIN A ÉTAIT VU EN TRAIN DE TRAVERSER VOTRE APPARTEMENT ! EN VERTU DES LOIS DE CE PAYS ET DE NOTRE MANDAT SUPER-HEROIQUE, JE VOUS DEMANDE DE COOPÉRER ET DE NOUS INDIQUER PAR OU EST PARTI CET INDIVIDU SUSPECT !

Ma bouche s'ouvre et se ferme comme celle d'un poisson sans air. Derrière le chevalier, un type en spandex rouge reprends son souffle.

-Mais... Mais elle... j'arrive enfin a articuler

Je m'apprête a me retourner pour vérifier l'état de Deneb. Sauf qu'elle n'est plus la : mon lit est vide (quoique beaucoup plus sale que 15 secondes auparavant). Il faut quelques secondes a mon cerveau pour deviner ou elle est passer. Vite. Improvisation.

-Elle... Elle est passée a travers le mur ! Celui la !

Je pointe le mur a ma gauche, qui donne sur le jardin du voisin.

-A TRAVERS LE MUR, CITOYEN ?


Mon tympan.

-O... Oui...

-ET VOUS N'AVEZ PAS ESSAYER DE LUI COURIR APRÈS ????

-Nobu, le fauteuil....

-QUOI LE FAUT... OOOOOOOOOOHHHHH! DÉSOLÉ CITOYEN ! JE VOUS LAISSE A VOS ACTIVITÉS ! RESTEZ BIEN ASSIS CONFORTABLEMENT ! HA HA !


Et le grand chevalier referme la porte de l'appartement dans un nouveau claquage de porte mémorable. Les voisins allaient kiffer.

Je contemple pendant un instant ma pièce a vivre dévastée. Puis je lève les yeux au plafond. Je plisse les yeux, et pour être certain de me faire comprendre, je m'exclame :

-What the fuck ?
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Deneb Cyr
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Ven 1 Sep - 13:27
-VOTRE ATTENTION, CITOYEN !

En un instant je suis au plafond. Un tiraillement douloureux viens s'ajouter au choc pour me couper le souffle, mais je garde la présence d'esprit de me faire glisser au-dessus de la porte d'entrée.
A peine mon mouvement entamé que celle-ci s'écrase derechef contre le mur intérieur, le tintement métallique du verrou ayant sauté se faisant entendre.
Heureusement pour moi, l’intrus porte une imposante armure de plaque dont le heaume complet, visière abattue, ne semble clairement pas aider sa vision périphérique. Après j'vais pas me plaindre, son manque d'attention me permet de glisser en silence juste au-dessus de lui. Aplatie dans l'angle de l'encadrement, je n'ose même plus respirer.
A entendre ses beuglements de veau, l'ouïe doit pas non plus être exceptionnelle. Ou alors il est juste complètement con.

Juste en dessous de moi j'entends son souffle profond ainsi qu'un léger bruit de moteur. Son armure est sans doute assistée, une bonne idée lorsqu'il est question de courser des vilains. Et qui s'attendrais à ce qu'un guss en armure médiévale complète puisse tirer la bourre à qui que ce soit?
En un instant Takumi semble comprendre la situation. J'ai toujours été épatée par l'efficacité de son cerveau. Sans lui pt'êt que j'aurais même pas fini le collège. Et sans lui, pt'êt que je serais retourné en prison. Heureusement il invente une histoire qui non seulement vont éloigner les recherches mais également me disculper comme si c'était d'une facilité triviale. Et il en remet une couche avec un jeu d'acteur sacrément convaincant en plus.
Il m'avais manqué ce con.

Le chevalier décide enfin de décarrer, non sans avoir fais preuve une nouvelle fois de son manque d'attention affligeant. Si ce mec est un habitué du coin c'est pas étonnant que des trucs lui passent sous le nez.

-What the fuck ?

Je soupire. Evidemment, ça dois faire bizarre.
Je m'apprête à ouvrir là bouche quand une vive douleur me saisit, m'obligeant à relâcher mon Alter. Merde. J'arrive malgré tout à atterrir sur mes jambes. La douleur a disparu quand j'ai lâché prise mais un truc comme ça c'est pas bon. J'ai vraiment poussé le bouchon trop loin, il faut à tout prix que je repose mon corps.
Je jette un oeil à Takumi en espérant qu'il n'ait rien remarqué. Il est temps de répondre à ses questions.
Je m'étire tout en lui exposant les faits. Un bref coup d’œil m'informe de l'absence absolue de chaises où m'asseoir, c'était prévisible. je m'accroupis donc sur place, trop fatiguée pour penser à une autre solution. J'entends vaguement le chevalier beugler dans l'appartement d'à côté.

- Avant que tu tires des conclusions hâtives, je précise que j'me suis pas échappée. Réduction de peine pour bonne conduite. J'aurais pu sortir y'a quelques mois mais j'ai préféré attendre d'être totalement blanchie. La libération sur parole c'est d'la merde.

Mon regard vagabonde dans la pièce alors que je contemple l'impression de chaos maîtrisé qui s'en dégage. Un nombre impressionnant de saloperies allant de la bobble head de machine à capsule à la gunpla collector hors de prix côtoient des papiers, des livres, des caisses ouvertes ou non... Pas un outil en vue néanmoins. Même vide du côté des pièces détachées, Takumi à clairement pris ses précautions.

- Ensuite, j'ai fais preuve de légèrement trop d'enthousiasme et j'ai fini par faire un voyage impromptu à Kagoshima.

Alors que ses étagères semblent pleines à craquer, le sol est totalement vide de tout obstacle potentiel et aucun meuble ne dépasse le mètre soixante. A part le roomba customisé avec un goût douteux et...ah! J'ai fini par trouver mon bonheur.
Tout en continuant mes explications, je me lève paresseusement et me dirige vers le lit.

- Mais comme j'avais pas un rond j'ai décidé de rentrer à Musutafu. J'ai essayé de savoir ce que tu devenais et j'ai appris que t'as quitté l'UA. Ensuite j't'ai traqué via les quelques lettres qui me restaient et...

Ma main plonge vers l'espace sous le lit de Takumi. Evidemment qu'elle serait là, le seul autre siège de toute la baraque, la chaise roulante de secours qu'il n'utilise qu'en cas de panne majeure sur son fauteuil habituel. Avec ce truc là au moins, je suis sûre que ça va pas lui manquer avant un bon moment. Je la déplie donc sans difficulté et m'écroule en biais sur la chaise qui, dépourvue de ses freins, commence lentement à rouler en arrière.
M'en fous, mes jambes crient leur gratitude. Mon dos aussi.

- ... Aaaaaah, that's the best. Et du coup j'ai cassé la gueule à deux lourds sur le chemin. A bien y réfléchir j'en ai sans doute trop fait, mais j'étais agacée. Et évidemment un passant à appelé les héros. Et le reste tu le connais, merci d'ailleurs. T'as un truc à bouffer? J'ai grave la dalle.
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Dim 10 Sep - 0:07
-...Et du coup j'ai cassé la gueule à deux lourds sur le chemin. A bien y réfléchir j'en ai sans doute trop fait, mais j'étais agacée. Et évidemment un passant à appelé les héros. Et le reste tu le connais, merci d'ailleurs. T'as un truc à bouffer? J'ai grave la dalle.

J'ai écouter son histoire dans le silence le plus absolu, mon regard le plus inquisiteur posé sur elle alors qu'elle désacralisait sans pression mon fauteuil de rechange.

-Met les freins sinon tu va me péter un truc et ça ruinerait mon fengshui, je lâche d'un ton peu amical.

Je devrais être content qu'elle soit libre. Et je le suis, en grande partie. Mais elle aurait pu me prévenir. Passer un coup de fil. Envoyer une lettre. Un mail. Un pigeon. Quelque chose d'autre que de bourriner a ma porte en rameutant tout les héros du quartier. Mais je la ferme et me contente de rouler vers mon garde-manger. J'en sors deux pots de ramen XL Ultra épicés et je met de l'eau a bouillir, sans mot dire. Ça n'as pas l'air de lui déplaire, elle semble contente de glander dans mon siège. J'ai pas envie qu'elle s'endorme alors je la met au jus :

-Rien de bien spécial ici. Je crèche la depuis quelques années maintenant. Le voisinage est pourri, mais c'était le seul endroit ou je pouvais me payer un garage pour la voiture. 'fin, tout ça tu le saurais si t'avais pris la peine de passer un coup de fil, ils ont quand même pas censuré mon numéro dans les lettres quand même.


Ah. Pas pu m'empêcher de lancer une pique. En temps normal j'aurais peut être pas osé, mais la elle semblait trop dans les vappes pour répondre. L'eau bout, je remplis les pots de nouilles et j'en pose un a côté de Deneb, avec de vieilles baguettes retrouvés au fond du tiroir.

-Voila, maintenant tu me dois un matelas et des nouilles. On fera une déclaration de dettes plus tard.

Je me cale au fond de mon siège et j'attends patiemment que mes nouilles cuisent. Un moment de flottement parfait pour poser la question capital qui déciderait de ma tranquillité pour les quinzes prochaines années.

-Tu compte faire quoi du coup ? T'as de la famille ou un endroit pour crécher ? Du boulot ? J'sais que ça te casse les couilles d'en parler maintenant mais c'est maintenant qu'il faut que tu te pose la question si tu veut arrêter de puer les poubelles.

Je renifle un coup.

-Ma douche est par la d'ailleurs.
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Deneb Cyr
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Lun 11 Sep - 15:17
Je laisse le fauteuil buter contre un meuble quelconque en ignorant les recommandations de Taku. Trop agréablement posée, pas envie de bouger le moindre muscle. Un moment passe où je l'entends faire chauffer de l'eau, puis sa voix s'élève depuis mon angle mort:

-Rien de bien spécial ici. Je crèche la depuis quelques années maintenant. Le voisinage est pourri, mais c'était le seul endroit ou je pouvais me payer un garage pour la voiture. 'fin, tout ça tu le saurais si t'avais pris la peine de passer un coup de fil, ils ont quand même pas censuré mon numéro dans les lettres quand même.

Je serre un peu les dents. Celle-là était pas agréable à entendre, mais d'un autre côté je m'y attendais un peu. Bien sûr que j'avais pas le droit d'appeler ma "victime", mais j'aurais pu le contacter de milles et unes façons détournées, en passant par des proches ou mes parents. Mais malgré tout...la honte était trop importante. Pour beaucoup de filles, la perspective de ne plus pouvoir communiquer avec l'extérieur était terrifiante. Dans mon cas je ne sais pas si c'était de la honte où de la jalousie, mais la simple idée de contacter une personne encore libre de ses mouvements m'était désagréable. J'appréciais les quelques lettres de Takumi qui passaient la censure certes, mais y répondre était... Par pure lâcheté sans doute, je préférais m'éviter cette sensation de déchirement, cette peur de voir ceux que j'aime avancer sans moi. Et avant que je le sache, j'étais trop ancrée dans cette routine pour m'en défaire. Je lisais les lettres de Takumi comme un roman de fiction, ce qu'il me racontait était tellement détaché de ma réalité quotidienne que le parallèle était presque naturel à faire, sans jamais penser à y répondre ou à le contacter.
Sa pique avait ravivée de vieux démons et une certaine angoisse commençais à me saisir les tripes. Taku avait une voiture, un appartement, un métier...Et des nouilles instantanées dont l'odeur me sorti de mes sombres réflexions. Il venait d'en déposer un gros pot sur le sol près de ma tête.

-Voila, maintenant tu me dois un matelas et des nouilles. On fera une déclaration de dettes plus tard.

"Et tu me dois dix années de taule." Ces pensées ne font que m'effleurer néanmoins. Cette sentence, je l'ai acceptée de mon plein gré. Il ne m'as jamais demandé de me sacrifier, il ne me doit rien et il serait malhonnête de ma part de lui demander un quelconque retour.

-Tu compte faire quoi du coup ? T'as de la famille ou un endroit pour crécher ? Du boulot ? J'sais que ça te casse les couilles d'en parler maintenant mais c'est maintenant qu'il faut que tu te pose la question si tu veut arrêter de puer les poubelles. Ma douche est par là d'ailleurs

Ah ok. Enfait il a juste décidé d'être chiant.
Il a raison évidemment, mais y'a franchement de meilleurs moments pour demander des trucs aussi importants. Je renifle également, pour masquer mon agacement. Ce que je regrette assez vite. Faudrait que je fasse quelque chose pour mes fringues, effectivement.

- Franchement, j'en sais rien. Mes vieux sont pas au courant que je suis sortie...et je pense que je préfère que ça reste comme ça pour le moment. Je doute pas qu'ils m'aideraient, mais j'ai pas franchement envie de voir leur déception. Et même si je leur expliquait, ils comprendraient pas. Ma grand-mère m'accueillerait a bras ouverts mais elle est pas au courant pour mon arrestation et j'ai ni envie de le lui dire, ni envie de lui mentir.

Je marque une pause le temps de mettre de l'ordre dans mes idées.

- Je suis venu chez toi plus par habitude qu'autre chose finalement. J'ai pas une thune, aucune formation et un casier judiciaire plutôt sale. J'avoue qu'je sais pas trop ce que je pourrais faire, ni qui me prendra avec mon passé. C'est presque amusant quand t'y penses.

Après m'être étiré je me lève difficilement. Le temps que la bouffe cuise, j'ai le temps de virer au moins le jus de poubelle dans lequel mes pieds macèrent. Je fini en fermant la porte de la salle de bain derrière moi:

- J'ai passé dix ans à rêver du jour de ma libération, et maintenant que j'y suis... bah je sais plus quoi foutre.
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