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Every rose as its thorns - UC

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Cassidy Hills
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Ven 18 Aoû - 20:34
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• Nom : Hills.
• Prénom : Cassidy.
• Surnom : Bonbon, Bonnie, Cass'Bonbon.
• Age : 28 ans.
• Sexe : Femme.
• Groupe : Civils.
• But : Encore indéterminé.
Alchemy. Elle peut changer toute matière dans une autre matière cependant elle ne peut changer la forme ni la contrôler avec son pouvoir. Tout ce qu'il peut faire c'est de la rendre plus malléable voire liquide. Selon les matières et la surface cela peut consommer beaucoup d'énergie, elle ne peut donc pas utiliser son pouvoir trop souvent ou sur de trop gros objets au risque de s'évanouir voire avoir des répercussions plus graves sur le long terme. Lorsqu'elle tire trop sur la corde il peut arriver que certaines parties de son corps se changent également dans la matière voulue et mettent un certains temps à retrouver leur état normal celui-ci s'allongeant davantage à chaque abus. Aussi, elle ne peut changer que les matériaux dont elle connait la structure moléculaire en autres matériaux dont elle la connait, son pouvoir est limité à ses connaissances et à sa compréhension.

Écrire ici.

Il est de ces sentiments si forts qu'on ne peut les ignorer. Ils s'accrochent avec rage à chaque parcelles de votre être, s'insinuent pernicieusement dans chaque geste, courent sous l'épiderme à vous en faire frémir, d'extase et d'effroi. Cette noirceur tapie dans chaque coeur, elle gronde dans ton petit être chétif qui se replie toujours un peu plus sur soi. Tu es belle, Cassidy, belle quand tes larmes coulent, celles que tu étouffe, celles dans lesquelles tu te noies à chaque émoi, que tu caches au monde comme le plus hideux des monstres. Belle dans cette laideur que tu cherches chez les autres pour te sentir moins sale. Alors tu laisses ta langue entamer une danse envoûtante, caresser leurs synapses pour remuer les monstres tapis sous les couvertures, les noircir de ton envie. Cette curiosité malsaine qui te pousse à repousser toujours plus les limites, te complaire dans la vision de leurs traits si parfaits déformés par ton horreur. Tu les pousses dans leurs derniers retranchements pour observer leur masque se fissurer, c'est dans leur étrange laideur intérieure que tu me dévoiles les plus beaux trésors, les couleurs les plus vibrantes rendant au monde un peu de sa saveur. Tu vois enfin l'autre comme humain, tu te retrouves davantage en eux, petit être torturé.

T'aimes bien rire à leurs blagues, sourire à leurs cascades, glousser devant leurs parades. Ton sourire il est beau, dans son affreuse fausseté, ses commissures trop tirées, trop maladroitement affiché pour être vrai. La main maternelle qui se pose sur les fronts n'est que trop douce. Ce masque on l'aime encore plus quand on aperçoit ce qui s'y cache, on l'admire comme une peinture digne des plus grands artistes. Cascades d'or parsemées d'étoiles, cadre d'une toile où les cieux côtoient l'enfer niché entre tes lèvres. Elle sont belles, à en crever. Crever d'envie de t'embrasser, te crever ces yeux trop bleus pour enfin voir cette douce perfection s'effriter, laisser l'azur de tes yeux s'écouler. Tu n'es que l'écho de toi-même, que l'écho de celle que tu voudrais être, l'écho de ce que les gens voient en toi, celui de ceux et celles qui ont vécu pour toi, durant un instant fugace où leur chandelle a brûlé des deux bouts pour s'éteindre définitivement, aune terrible et éternelle à ta pernicieuse beauté. Tu pense trop. Un véritable capharnaüm dans ton esprit. Trop de questions sans réponses. Trop de réponses abandonnées sans plus aucune questions. Tu envies secrètement les simples d'esprits, ceux qui savent se complaire de leur beauté, épouser les regards qui se posent sur eux et vivre cette admiration autrement que par l'aura des épines pernicieuses qu'elle représente pour toi, prête à piquer de leur mortel poison chaque personne qui viendrait s'y frotter. Il y a être gentille et paraître gentille et le soucis avec toi, c'est que tout est dans le paraître. Que tu finis toujours par tomber dans l'excès. Tu préfères les blessures à la gentillesse, au travers du spectre d'une vision biaisée par tes tortueuses divagations, elle ne paraît que comme un moyen de te renvoyer tes vices en pleine figure. Par ce que tu ne penses mériter aucune bonté.

Sous ta carapace d'amertume tu es fragilement humaine, cette même humanité que tu tentes de comprendre et qui te répugnes. Celle qui appelle la compagnie quand tu hurles solitude, qui cherche à être comprise et décelée dans l'existence factice que tu t'es construite. Tu es perdue, Petit Poucet, une Alice au fond tu terrier ne trouvant plus la moindre bribe de réalité à laquelle se raccrocher. Tu ne connais le monde qu'au travers de mauvaises expériences et des chances que tu ne t'es jamais laissé la chance d'explorer. Tes notions sont faussées, dictées par les idées et non plus l'expérience. Ta famille ne t'as appris que des préceptes abstraits auxquels tu te refuses de te ranger, préférant te forger tes propres règles plutôt que de te les laisser dicter. Ta profonde méconnaissance du monde et de ses valeurs en est la résultante. Les choses les plus ordinaires peuvent parfois te laisser pantoise, les plus brutales te sembler anodines. Tout cela fait de toi une personne capable du pire comme du meilleur. Innocente inconscience et cruelle démence, tu es à la fois si aisément manipulable et si difficile à saisir, l'étrange paradoxe à mi-chemin entre simplicité et subtilité. Tu es à l'image de ton esprit, instable et incomplète, une enfant qui se cherche encore mais qui refuse de l'admettre. T'as un gouffre à la place du cœur que tes déviances tentent en vain de combler. Autodestructrice, tu es dangereuse, un doux poison, les pires horreurs dissimulées sous de beaux apparats. Regarde-toi, tu n'es que souffrance, pour toi et pour tous ceux qui s'attacheraient à toi.

Cher journal, je t'écris aujourd'hui pour te confier mon fardeau. Que ma plume te noircisse de ma peine. Que du bout de mes doigts les blessures de mon cœur laissent s'écouler leur bile noircie. Cher journal, je t'écris aujourd'hui pour m'excuser d'avoir lacéré ta chair de mes tourments. Si quelqu'un vient un jour à violer notre intimité, dépouiller les cadavres que j'ensevelis entre tes pages, je n'ai qu'un souhait. A travers ces lignes sombres, je m'adresse à toi inconnu. Toi que je ne connais point mais qui bientôt saura tout de moi. Toi qui parcours de ton âme les arabesques de mon histoire. Toi qui décortiques mon esprit. Je ne te demanderais point d'arrêter ton regard, écrire dans l'espoir de ne pas être lue me semble un dessein illusoire gorgé d'hypocrisie. Je ne peux qu'espérer qu'entre ces pages tu me trouveras une plume attachante et que tu compatiras suffisamment à ma peine pour ancrer mes mots dans l'écrin de ton esprit, que tu les chériras et que tu auras la délicatesse de ne point les répéter. Je n'aspire pas à la gloire. Je n'écris pas pour me justifier. Je ne cherche nulle rédemption dans l'expression de mes émotions. Ma main n'est guidée que par la volonté égoïste de confier mes péchés, la volonté masochiste de les graver pour que jamais ils ne soient oubliés.

Les mémoires ayant précédé ma naissance ne m'appartenant pas, je ne peux t'en confier qu'une traduction faite par mon imagination. Je t'en prie, ne me condamne pas pour l'inexactitude de mes propos, je ne peux t'épargner cette piteuse reconstitution, si tu cherches à me comprendre tu devras disposer de tous les éléments nécessaires et adopter mes dogmes l'espace de ce récit.

***


La pâle lueur de la lune filtre à travers le rideau fin. Il oscille lentement, à l'image d'un spectre hantant le tableau inanimé que constituait la pièce. Un douce lumière dessine les contours des meubles de mauvaise facture leur conférant un je-ne-sait quoi de mystique. Au centre de la pièce une silhouette se recroqueville sur un brin d'existence qu'elle enveloppe de ses bras aimants. Sa voix s'élève, écorchée par une gorge éprouvée par une vie passée à crier pour se faire entendre. Elle est pourtant si douce qu'elle m'aurait arraché un frisson. Cette peinture a des allures fantasques, un moment d'irréelle douceur figée dans le temps. Si seulement. Elle se penche légèrement en avant alors que ses doigts rêches s'aventurent dans la chevelure d'or de sa progéniture, des fils de soie contrastant terriblement avec sa peau calleuse. Un pâle sourire étire ses lèvres, ses longs fils d'or viennent recouvrir son visage de poupon comme un fin voile mortuaire. Elle n'a que dix-neuf ans, et une vie de labeur lui a déjà dévoré les épaules. Même les étoffes les plus fines ne parviendraient pas à dissimuler les traces d'un passé tumultueux.  
Dans la clarté de la nuit, elle attend son mari. Il rentrera tard, bien après que la petite tête dodelinante de Lumen ne se soit écroulée sous le poids de l'épuisement. Mais elle attend chaque soir, repoussant à chaque fois ses limites. Un soupir las franchit le seuil de ses lèvres alors que le petit être qu'elle tenait entre ses bras vint se blottir contre sa poitrine. La jeune femme se releva, lentement, en se crispant avant de boiter pour déposer son enfant dans le berceau. Elle se pencha précautionneusement pour venir déposer un baiser sur son front. Quand elle se redressa, elle sentit des aiguilles lui perforer le bas du dos. Les mains sur les reins, elle déambula dans la pièce, détaillant le mobilier qui depuis deux ans déjà était devenu le seul paysage qui s'offrait à son regard. Son dos était brûlant, la sueur fusionnait le tissu de sa robe avec sa chair. Ses mèches d'or suintent, ses os crissent douloureusement, la douleur est presque intenable. Presque. Un sourire étire ses lèvres. Oui, une existence de labeur pour laquelle elle avait quitté les joies d'Arcadya. Elle s'était isolée dans les forêts par amour, dans ce ridicule village perdu dans la forêt. En ces lieux il n'y avait nul artifice, uniquement ce que la nature voulait bien offrir et ce que l'on faisait de ses mains. Mais sa fille était là pour illuminer son quotidien.    

Les cliquetis de l'horloge marquent la cadence de cette berceuse qu'elle chante chaque soir comme pour chasser les mauvais esprits. Du haut de son mur elle se moque d'elle, les bruits mécaniques résonnent dans son encéphale comme des tambours de guerre, comme les battements bien trop violents de son palpitant, encore et en chœur ils chantent leur misère. Le tic tac blesse, les aiguilles poursuivent leur course et s'écartent dans un rictus moqueur. Les tics sifflent les " Il n'est toujours pas là." Les tacs martèlent les " Ce soir encore, tu ne le verras pas. " Le toc demeure en silence, ces mots, elle ne veut pas les entendre, elle ne les connait que trop bien. Ce sont ceux qu'elle ne peut accepter. Ceux qu'elle noie dans un verre quand dehors elle perçoit les conversations des villageois. Elle voudrait sortir... Si seulement ses reins ne lui faisaient pas si mal. La pièce unique que constituait leur maison est bien trop petite pour elle et cette chose, le seul témoin de son désespoir. Elle redresse la tête en plissant légèrement le nez, c'est un regard sombre qui affronte les douze yeux numériques de l'horloge. " C'est ta faute. " Les aiguilles lui percent l'être à chaque seconde elles s'enfoncent un peu plus. Elle ne pose pas un regard sur le berceau où dort l'enfant. Il aurait du rester vide. Elle n'arrive pas à poser les yeux sur lui, il ne fait que lui rappeler ce qu'elle à perdu. Elle a vingt ans et l'impression que le monde ne tournera plus rond. Alors elle laisse l'alcool lui retourner la tête, boire à s'en vomir et retrouver les boucles blondes de sa fille au fond de son verre. Elle ne supporte plus rien, ni les pleurs de son fils, ni l'odeur de sapin et de terre qui lui colle au corps et au l'âme, une lame au corps qui lui fend le cœur. La perte de leur premier enfant avait détruit le couple. Ils étaient trop jeunes et ce monde bien trop rude. N'ayant pu sauver ma sœur aînée mon père s'évertua a devenir un héros déterminé à sauver les autres innocents. Un dessein louable qui l'empêcha de sauver celle qui lui était la plus chère et qui perdait doucement pied s'engouffrant toujours un peu plus en enfer.

C'était comme un mauvais sort
Jeté par une vilaine sorcière...
Et son nom c'est "La Vie".


***

" Ahn ! "

Et c'est tout. Ahn. Quand on a deux ans c'est un mot, un mot qui en vaut cent, ça remplace toutes les phrases de l'univers, ça veut tout et rien dire. Ahn, c'est un mot magique. Le seul hic, c'est que personne ne comprend. Mais ça on s'en fiche. On découvre le monde qui nous entoure et on n'arrive pas toujours à en démêler toutes les règles. Deux ans à tenter de s'exprimer, à opérer une évolution qui a pris des siècles à toute une espèce et nous on n'a que quelques années pour apprendre à se dresser sur ses pattes potelées. A deux ans on est quoi? Un petit rien juste un morceau d'existence. Un minuscule bout rose glapissant, une chose un peu étrange et difforme qui s'agite en tentant de s'exprimer sous le regard inquisiteur d'abrutis qui n'y comprennent rien. On tente de leur apprendre, puis on se lasse, on se plie à leurs règles abandonnant ce qu'on est pour se conformer à ce qu'Ils sont pour ne pas être seul.
Voilà, c'est ce que je suis. Je ne suis rien. Et pourtant je suis tout pour elle. Elle est tout pour moi. A nous deux nous constituons un microcosme qui se suffit à lui-même au sein de cette famille. Skeith, mon aîné, n'est qu'une figure ne faisant que de rares apparitions dans mon univers. Âgé de six ans, il avait été confié à une tante vivant dans la capitale afin d'être instruit et de suivre les traces de notre paternel. A peine quelques années d'existence et nos destins sont déjà tout tracés. Skeith se devait de réussir, étant plus âgé il aurait pu s'occuper de moi si nos parents venaient à manquer, sans compter que les prix de l'éducation n'avaient de cesse d'augmenter et qu'un garçon, ça s'occupe de ses parents, une fille ça se marie, ça quitte la maison. La famille Hills était restée ancrée dans des préceptes d'un autre siècle, refusant de suivre son temps. Que de bonnes raisons, bien qu'elles n'aient pas étés à l'origine de cette décision. La vérité est que ma mère ne souhaite pas s'encombrer d'un enfant qu'elle considère comme un fardeau. Quant à notre père, il fait lui aussi office de figurant dans mon existence. Il n'est qu'une présence vague mais peu m'importe dans la mesure où je passe mon temps accrochée à sein de ma mère, à l'image d'un dévot qui se cramponnerait à sa croix. C'est une vie simple, nous n'avons jamais aspiré à être grands, nous nous sommes toujours contentées de ce que nous avions, d'être ensemble.

***

" Alors tu veux quoi? "

Je reste plantée là, la bouche entrouverte, le regard dans le vide. J'observe avec un intérêt mitigé les deux brins de bois dans les mains du petit garçon. L'un est tordu et brun, l'autre fin et vert. C'est du pareil au même, mais je ne sais tout simplement pas. Mes yeux se voilent légèrement alors que mon regard balaye la pièce à la recherche de mon point de repère. Maman? Maman n'est pas là. L'odeur de sapin et de terre est toujours là, mais il manque quelque chose. Mon cœur rate un battement et ma main se referme sur les doigts trop épais et rugueux de mon père. Elle est grande, trop grande, j'ai l'impression qu'elle va avaler la mienne. Le malaise me gagne et je baisse la tête, mes lèvres s'étirant dans un pincement maladroit. Si je répond juste est-ce que je pourrais rentrer? Je n'ose pas poser la question. Il me fait peur, Papa... On dirait un géant. Ou plutôt un ours, comme il y en a dans les histoires que me raconte Kei, celles qui font peur. Mon cœur s'accélère, se serre. J'étouffe. On dirait le cliquetis d'une bombe à retardement. Je ne sais pas. Je ne sais rien.
Je tend une main, hésitante, redressant la tête vers le visage de mon père pour le sonder, en quête d'approbation. Je n'ai jamais eu à prendre de décision. Ma nourriture, mes vêtements, mes jouets, tout a été programmé avec soin sous les directives assez strictes de ma mère. Je ne saurais dire si je préfère la viande ou le poisson, les fraises ou les oranges, je ne connais même pas ma couleurs préférée. Tout ce que je sais c'est que je veux rentrer.
Mes sourcils se froncent alors que ma main entreprend un léger mouvement de recul à l'idée de décevoir ma mère. Après tout il doit bien y avoir une raison pour laquelle je n'avais jamais eut à prendre de décision. La main de mon père agrippe plus fermement la mienne, m'arrachant un sursaut et me ramenant à la réalité. Je dois être une gentille fille, sinon il dira à maman que j'ai été vilaine. J'ai mal au cœur. J'ai envie de vomir. Mais je tends la main pour attraper le bâton plus fin.

Je t'en prie, ramènes moi à la maison.
C'était comment déjà?
Claque trois fois et tu rentreras.

Pas de chemin de briques dorées. Pas de lion, ni d’épouvantail. Juste un ours et des souris bruyantes. Rien n'est vrai. La torture dura une éternité où les autres enfants couraient dans tous les sens en agitant leurs "armes" dans les airs. Un bâton vient à la rencontre de ma mine renfrognée suivit d'un " MAGIE DU SOURIRE! " scandé de sorte à me percer les tympans. Il rit et puis s'en va. Je les déteste.
La porte se referme derrière moi et mon palpitant reprend son rythme usuel. Sans prendre la peine de retirer mes bottes pleines de boue je me précipite dans les bras de ma déesse salvatrice. Je ferme les yeux, soulagée, humant enfin cette douce senteur de sapin de terre relevé par une inconnue que je ne saurais définir.

" Comment c'était? "

Sa voix tremble un peu. Je prend une inspiration avant de redresser le chef, mes lèvres s'étirant gauchement dans un sourire en carton-pâte qui ne trompe personne.

" Supeeeeer! "

Ma voix tremble. Mon cœur hurle.
Maman, j'ai mal.
Maman sourit.

***

" S'iiil-te-plaiiiiit, Keeeei...
- Je t'ai dit non. Fou moi la paix. "


Accrochée à la manche de Skeith plus fermement qu'un parasite à son hôte, je serre encore plus fort. Il se crispe un instant, se demandant probablement si je n'allais pas lui couper la circulation jusqu'à ce que son membre se noircisse et ne tombe. Je l'empêchai de se concentrer. C'était volontaire. Je penchais légèrement la tête pour observer tant bien que mal l'ouvrage par dessus son épaule avant de m'écrier.

" Mais tu l'as déjà lu cuilà!
- Je les ai tous lus. "


Son ton est sec, presque cassant, comme toujours lorsque je parle de ses livres. Il a toujours été froid, mais quand il s'agit des livres c'est différent. Je laisse un soupir siffler entre mes lèvres close, mes joues gonflées ne suffisant guère à manifester tout mon ennui. Ça fait déjà quatre ans que Skeith est revenu vivre à la maison pour travailler avec papa, mais il a encore le nez fourré dans les mêmes livres. Depuis la naissance de Kainé. L'Accident. C'est le petit sobriquet qu'il lui a donné, il l'énonce toujours d'une façon particulière, laissant sa langue comme celle d'un serpent. Il m'arrache toujours un frisson quand il le fait, ça énerve toujours papa et maman. Je pensais que c'était par ce que maman était tombée dans les escaliers. C'était le seul accident que je connaissais.
Je l'ai déjà entendu dire à un de ses amis que son avenir s'était écrasé entre les cuisses de nos parents. Que comme l'argent économisé sur son école et son travail permettaient de nourrir plus d'une bouche supplémentaire ils s'en étaient donnés à cœur joie. Il y eut donc d'autres petits frères, un peu comme si maman s'était transformée en machine à faire des bébés, qu'un nouveau chiard s'évadait de ce trou béant chaque année qui passait. Elle se transformait alors en chienne enragée, sa progéniture ne pouvait alors plus l'approcher et leur père étant occupé à travailler ou dans un bar, Skeith se retrouvait en charge de l'essaim de marmot. Il les haïssait, et plus d'une fois, il s'était imaginé la cogner jusqu'à les briser de l'intérieur.

Il a dit ça par ce qu'il était énervé. Même s'il est toujours énervé. Un "BANZAIIIII" menaçant lancé à l'adresse d'un quelconque monstre imaginaire retentit depuis le jardin. Un grognement agacé échappe à Skeith alors qu'il lève son bras un peu brusquement, me soulevant de quelques centimètres par la même occasion. Mon regard s'illumine alors qu'il se pose sur mes pieds ballant allègrement dans le vide comme s'il s'agissait d'un tour de magie.

« T'es troooop fooooort!
- T'es troooop chiaaaante! »


Ooooouh! Si maman entendait ça... - Je siffle de contentement sans prendre la peine de le reprendre. Si je suis suffisamment courageuse, ou inconsciente, pour persister à agripper Skeith malgré sa mauvaise humeur persistante je ne le suis pas assez pour oser le défier ou le contredire. Il me fait un peu peur... Kainé est gentille, même si elle n'aime que les trucs de fille. Il est inutile de mentionner les deux autres, ils sont bêtes à en pleurer. Skeith lui, il a toujours cet air grave et les sourcils froncés, il m’impressionne autant qu'il me fascine. A l'image d'un chat, plus il me repousse, plus je me sens attirée par lui. Mais ça, c'est uniquement par ce que plus tard je voudrais être comme lui ; bien qu'il n'ait pas le loisir d'en être flatté. Il soupire une nouvelle fois et ma prise se referme d'elle-même sur son bras. Ça ne serait pas la première fois qu'il m'enverrait valdinguer un peu brutalement. Je déglutis avant de continuer sur ma lancée.

" J'ai envie de jouer... Jou-er... - J'approche mon visage du sien. - Comme s'amuser, tu sais?
- Non, je sais pas. "


Il est froid le regard qu'il pose sur moi, à s'en brûler l'être. Pourtant qu'est-ce qu'il est beau... Je reste figée, mon regard planté dans le sien. Je crois qu'on a jamais été aussi près.

" T'as toujours pas de copine? "

C'est sorti tout seul. Je reste figée, ne pouvant qu'anticiper la punition à venir. Son regard s'assombrit alors que d'un geste brusque il referme son livre, probablement pour me le lancer à la figure et je ne peux qu'accepter mon triste sort. Mais rien ne vient. Par peur d'une éventuelle punition ou pour préserver ses précieux ouvrages, Skeith s'arrête avant de commettre l'irréparable. J'ai envie de le traiter de chochotte. Je me tais. La perspective que mon encéphale ne subisse un apprentissage "physique" des règles constituant le code de conduite des héros ne m'enchantant guère, je me contente de baisser la tête. La réponse je la connais. " C'est pas comme si j'avais le temps. " Il me fait presque de la peine, Papa lui demandait toujours de travailler plus, maman de s'occuper plus de nous et lui, il se retrouvait livré à lui-même. C'est un peu comme s'il était une marionnette entre leurs mains. Mais plutôt que de se plier sous les responsabilités, ses épaules se hérissent d'une colère difficilement contenue. Même s'il râle tout le temps, même s'il dit qu'il nous déteste... Je n'arrive pas à le regarder autrement qu'avec admiration.

Si seulement j'avais su que je ne faisais qu'attiser des braises déjà rougeoyantes.
Ça aurait pu être différent.
Il n'y avait de place pour personne dans cette maison, on aurait pu se créer notre monde.
Étouffer tout simplement à deux.


« Très bien, tu as gagné. On joue. »

Mon visage s'illumine. Trop heureuse de ce soudain revirement je ne prend pas la peine de m'interroger sur sa cause. 'Faut dire que c'est un sacré privilège et que les occasions de se sentir spéciale dans cette famille bien trop grande où personne n'avait de temps pour personne était terriblement grisante. Je m'écarte, trépignant d'impatience en attendant les instructions de mon aîné. La voix de Skeith retentit, son agacement avait laissé place à une douceur qui aurait pu être dérangeante, presque malsaine, si je ne l'avait pas trouvé si plaisante.

« Mais avant ça, je dois vérifier si tu es courageuse...
- Je suis courageuse! »


Profondément blessée dans mon amour propre je ne note pas le sourire entendu de mon vis-à-vis. Est-ce que je l'ai déjà vu sourire? Mon cœur loupe une mesure. C'est notre moment à nous, celui que j'attend depuis toujours. Mon esprit se perd dans les méandres de mes rêveries alors que je le suis sans me poser davantage de questions. Ne surtout pas faire de bourdes, tout doit être parfait. Marcher, je dois marcher. Je ne sais même plus comment on fait. Je me contente de laisser mes pas recouvrir ceux de Skeith comme si je couvait le plus précieux des joyaux. Le souffle court, le cœur comme un tambour et le sang bat dans mes tempes... Avance. Danse. J'ai la tête qui tourne, mes synapses s'agitent dans un ballet désarticulé. Je n'ai jamais voulu rien de plus, juste qu'il me laisse être à ses côtés, qu'il me porte ne serait-ce qu'un milliardième de l'attention que je lui porte. Si je rêve, je vous en supplie, surtout ne me réveillez pas. Je pourrais en mourir.
Il s'arrête, je lui rentre dedans et ferme instinctivement les yeux m'apprêtant à entendre l'usuel " Regardes où tu mets les pieds! ". Rien. Intriguée par ce manque de réaction et revenue à la réalité, je prend quelques instants pour détailler la pièce. Seul l'éclairage provenant de la trappe par laquelle nous étions entrés illumine l'endroit. Quelques meubles anciens se chevauchent à l'image d'ordures dans une décharge publique. Les tables fusionnent avec les chaises, les chaises avec un vieux berceau. Les vieux jouets se fondent les uns dans les autres dans autres dans l'espoir d'obtenir une nouvelle vie sous une lumière qu'ils n'ont vu depuis des années au vu de l'épaisse couche de poussière les recouvrant. Ils étaient probablement enfermés ici depuis le déménagement, peut-être même avant au vu de l'état de certains objets.
Il y a dans cette pièce quelque chose de déroutant, un peu comme si le temps avait cessé de s'écouler. Je déglutis bruyamment alors que mon esprit élabore des hypothèses toutes aussi farfelues les unes que les autres et que mes billes d'acier se frayent un chemin entre les différents objets. Finalement mon regard vient rencontrer celui de Skeith, froid. Une goutte de sueur froide glisse le long de mon échine pour se mourir entre mes reins alors que mes yeux suivent la direction de leurs aînés. Mes iris s'arrêtent sur une vieille malle contenant des habits de fillette. On aurait dit une bouche béante prête à m'avaler. Qu'est-ce que ça faisait là? La dentelle des robes semble finement ouvragée, un peu comme celle que j'avais vues dans les livres. Inutile de dire que ça n'est pas le genre de choses que l'ont pourrait se permettre. Je m'approche avec prudence, mes doigts viennent recouvrir les étoffes brillantes un instant avant de brusquement s'en détourner. " Gabrielle " Un joli nom, soigneusement brodé en fil argenté. Je me retourne vers Skeith, le regard inquisiteur. Comme toujours, je n'obtiens pas de réponse, il se contente de hausser les épaules avant de me faire signe de grimper dedans. Hésitation. Un instant. Je n'avais aucune envie qu'il revienne sur sa décision. Prenant mon courage à deux mains, je m'installe entre les robes prédisant la suite des événements tout en priant pour qu'ils ne prennent pas cette tournure évidente.

" Tu vas rester là dedans. - Sentant les protestation monter dans mes yeux apeurés il fronce les sourcils - Pas toute ta vie abrutie... Juste le temps que je sois sûr que tu es courageuse. "

J'entrouvre la bouche pour rétorquer, cherchant un compromis pour ne pas rester enfermée dans cette boîte exiguë; mais le premier son s'étouffe dans ma gorge alors que je me retrouver contrainte de rentrer mes bras dans le coffre pour éviter qu'ils ne finissent pincés par le couvercle. Il fait complètement noir maintenant, pas un rayon ne filtre dans mon tombeau. Le loquet claque, mon cœur bat plus fort, plus vite, mes poumons pompent l'air. J'ai peur. Je fais gauchement des coudes pour tenter de me faire une place aussi confortable que possible entre dentelles et frou-frous, je ferme les yeux. Il ne fait pas noir, il fait noir par ce que je l'ai décidé, si j'ouvre les yeux il fera jour. Ma voix tremble et s'élève, fébrile.

" Keeeei...
- Quoi?
- Son ton est tranchant, le peu de courage que je suis parvenue à rassembler vole en éclats.
- Dis Kei... Tu bouges pas, hein?
- Mais noooon. Tais-toi maintenant. "


L'air me manque, mais je suis courageuse, je ne broncherai pas. Si je veux devenir comme lui, une héroïne, je dois être courage. Il le faut, pour pouvoir être avec lui, qu'il soit fier de moi. Je déglutis bruyamment. Je n'ai pas peur. Je suis une grande, Kainé aurait pleuré, les jumeaux hurlé, tambouriné, mais moi, je suis une personne sur laquelle on peut compter. Je ne suis pas le genre de personne qui s'inquiéterait à l'idée de rester dans un coffre, tapie dans les ténèbres... Rien qu'avec ces robes et l'odeur de naphtaline incrustée dans le bois. Et des crampes. Plein de fourmis dans le bras. Je tente de me tourner pour le soulager mais l'habitacle est bien trop étroit, je finis par me résoudre à l'immobilité.
Les heures s'enchaînent, le silence persiste, de même que l'obscurité. Ma respiration se fait plus lourde alors que mon rythme cardiaque ralenti, le manque d'oxygène m'emportant doucement dans les bras de Morphée.

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Johan R. Grant
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Ven 18 Aoû - 20:41
Bienvenue ! o/ Et bonne chance pour ta fiche !

N'hésites pas si tu as des questions, et si tu veux tu peux venir passer nous faire coucou sur le discord du forum \o/

Encore bonne chance o/
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Cassidy Hills
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Ven 18 Aoû - 21:25
Merci pour l'accueil Smile
Je n'hésiterai pas pour les questions et le discord!
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