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Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
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 Les devoirs d'une déléguée (PV Momo Yaorozu)

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Élève de première année
Bakugou Katsuki
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MessageLun 3 Sep - 9:59

Les devoirs d'une déléguée
ft Yaorozu Momo

Un gosse à problèmes


Mardi, jour du feu. Un jour faste pour Bakugou, pas comme s’il attachait de l’importance à ces conneries. La salle de classe de la 2deA se vidait progressivement de ses étudiants qui évacuaient les lieux en formant de petits paquets au bavardage agaçant. Le blond aux yeux rouges regardait des vidéos sur son portable sans se soucier du son aigrelet qui se répandait des hauts-parleurs. Renversé en arrière, les groles étalées sur son bureau dans une attitude d’irrespect total, une façon de paraître détendu. Il ne l’était pas.

Il attendait une fille de 2deA, qui lui avait parlé à la pause. Il n’était pas capable de se souvenir d’une fois où la grande perche lui avait adressé la parole depuis le début de l’année (mais les conversations, il les oubliait à la même vitesse que le nom des gens, donc ça ne voulait rien dire). Il avait donc été plus que surpris de la voir s’arrêter à sa place, se tourner vers lui et exprimer sa requête d’une voix claire. Il l’avait fixée avec un regard de merlan fris un instant avant que son cerveau se mette en branle. Cette personne me parle. Elle est dans la classe. C’est qui déjà ? Il avait adopté par réflexe la tête de pitbull qui servait de base à ses interactions sociales, particulièrement quand il n’avait pas la moindre idée de ce qu’on lui voulait et de ce qui se passait. Ensuite, il l’avait reconnue. La meuf agaçante à la queue de cheval qui crée des objets. La première de la classe. A ce stade, il montrait les dents. C’est seulement là qu’il analysa le message dans son cerveau et il était trop tard pour adopter une figure plus aimable. Momo dût donc faire face à un air hostile et colérique, comme si elle l’avait personnellement insulté, ce qui était juste la façon du garçon de regarder le monde dans son ensemble.

Elle lui demandait, sur un ton très formel, de l’attendre à la fin des cours pour lui parler de quelque chose d’important, qui pourrait affecter sa scolarité. Il n’avait pas d’obligations ce soir-là, et la gravité de Queue de cheval l’avait retenu de chercher à se défiler. Elle s’était exprimée très clairement et il s’était contenté d’acquiescer d’un air vaguement ennuyé, déclarant « Ok, me fait pas trop poireauter… » avant de sortir prendre l’air et se chercher un jus de fruit à la machine.

Un cours pratique lui avait sorti l’affaire de la tête, mais ils finissaient par une leçon de droit héroïque qui endormait la moitié de la classe et l’ennuyait suffisamment pour qu’il ne puisse s’empêcher de penser.

Qu’est-ce que cette fille pouvait bien lui vouloir ? S’il avait été un ado dans le genre de Denki et Mineta, il aurait pu laisser son imagination s’emballer par des fantasmes irréalistes de déclaration amoureuse, mais c’était un mode de pensée totalement étranger à Katsuki. De toute évidence, cela avait un rapport avec leurs études, sujet qu’il respectait et prenait au sérieux. Il ne voyait pas trop pourquoi cette inconnue aurait quelque chose à lui dire là-dessus, mais il aviserait sur le tas. Advienne que pourra. Il n’était pas inquiet.

Pourtant, il ne parvint pas à éloigner son esprit de ce visage de mauvais augure. Il ne l’aimait pas, comme il n’aimait pas la plupart des gens, mais il y avait quelque chose en plus chez Queue de cheval qui le mettait mal à l’aise. C'était un genre de sainte-nitouche qui prend les gens de haut, et la perspective de devoir lui parler le gavait d'avance. De plus, il n’était pas bon pour décrypter les nuances des expressions des autres, mais il sentait qu’elle ne l’aimait pas non plus. Rien d'exceptionnel là-dedans. Non, ce qui posait problème... S'il y avait une chose qu'il savait lire dans le discours d'autrui, c'était les menaces et l’intimidation, et même si c’était dans un style très sobre et différent de sa fureur contenue, Katsuki aurait juré qu’il y avait un avertissement contenu dans sa demande. Un avertissement sur sa scolarité.

Il aurait aimé arrêter de penser à ce stade mais il ne savait pas comment stopper les idées qui surgissaient dans tous les sens, les rares fois où il se surprenait à réfléchir. Parce que ça ramenait plein de souvenirs désagréables. Et un curieux sentiment de malaise dans son bas-ventre, un curieux sentiment d’échec avec lequel il aurait souhaité ne pas être si familier.

Et quand résonna la sonnerie de fin de cours, il adopta donc une attitude négligée et négligente, histoire de se détendre. Il aurait pu recevoir sa camarade de classe avec plus d’égards afin d’augmenter les chances que leur discussion se passe bien, mais pour lui, c’était totalement contre-intuitif. Inquiet ou pas, le plus important c'était d’avoir l’air sûr de soi et si quelque chose de négatif se passait, il ferait comme si ça ne faisait pas mal.
 





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MessageDim 9 Sep - 7:16
3…..2…..1….Expire. Respire…. Et expire. Tandis que les élèves sortaient de la classe, uns à uns, la belle jeune adolescente resta assise à sa place, leur donnant un petit sourire et un signe de la main. Ses amies étaient habituées de la voir partir plus tard que les autres, alors ils ne se posèrent pas de question. En tout cas, pas trop. Elles se demandaient sûrement ce qui se passait avec Bakugou qui, lui, restait aussi en classe. Il était rare de le voir encore assis sur sa chaise une fois la cloche sonnée. Aujourd’hui, c’était de la faute de Momo.

Un peu plus tôt, dans la journée, la vice-présidente de la classe lui avait bel et bien demandé de rester après les cours. En prévention, elle lui avait même dit que ça pouvait affecter l’état de sa scolarité. Pourquoi ? Eh bien c’était parce que c’était vrai. Momo et les autres délégués de classe participaient tous à un conseil ensemble, avec une équipe pédagogique. C’était surtout pour faire un compte-rendu des classes ensemble, parler de ce qui pourrait améliorer, des problèmes dont les élèves apportaient aux délégués… Ainsi que de discuter des élèves plus difficiles. Bien sûr, BIEN SÛR que le nom de Bakugou avait été mentionné. Beaucoup plus qu’une seule fois. Était-ce une surprise pour quiconque ? Pas du tout. Depuis le début de l’année, ce jeune homme avait été la source de beaucoup de conversations. Un élève problématique, un paquet de trouble, un enfant à problème, etc. Momo les avait tous entendus. Souvent.

C’était pourquoi elle avait décidée, d’elle-même, d’aller lui parler. Elle savait que ça ne serait pas facile. Elle savait que c’était très risqué, c’est pourquoi elle lui avait dit très clairement que sa scolarité était en danger pour que lui aussi prenne cette situation au sérieux. Et c’était maintenant l’heure. Une fois tous les élèves et le professeur parti, Momo se leva de sa chaise, se dirigeant tout de suite vers le bureau du jeune homme en question. Elle n’avait pas de temps à perdre, il y avait beaucoup de choses dont elle voulait lui dire. Et elle n’avait aucune idée de combien de temps elle avait avant qu’il ne se mette à exploser. Une fois devant lui, d’un air déterminé, Momo croisa les bras contre sa poitrine. Elle n’allait pas se laisser intimider par sa personnalité agressive. Oui, Momo avait des journées où elle était plus vulnérable, mais aujourd’hui n’était pas une de ses journées.

    «Alors… Tu te demandes très probablement ce que je te veux. Et pourquoi je t’ai demandé de rester. Je vais être franche et directe avec toi : il y a beaucoup de personnes qui n’aiment pas ton comportement. Et par beaucoup de personnes, je veux dire BEAUCOUP de personnes. »


La jeune femme pris une pause, son regard planté dans celui du blond. Son regard, son ton et son visage étaient tous sérieux. Bakugou n’avait jamais été un élève que Momo appréciait beaucoup. Il dérangeait tout le monde, tout le temps, avait une rage sans fin envers Izuku, donnait une mauvaise réputation à l’école et en plus de tout ça, pour Momo en tout cas, n’avait pas vraiment la personnalité pour devenir un pro-héros. Son alter était très impressionnant, ça il n’y avait aucun doute, mais son égo était tellement énorme que c’était difficile de l’imaginer aider des personnes pour le bien. Toutefois, même avait tout ça, Momo voulait l’aider. C’est pour ça qu’elle était là, il fallait dire. Elle voulait de tout son cœur l’aider parce qu’elle croyait que quelque part en lui, il y avait une bonne personne. Que quelque part en lui se trouvait un héros. Oui, Momo avait peut-être un trop bon cœur, mais au moins elle était prête à en faire beaucoup pour quelqu’un que beaucoup considèrerait hors de portée et/ou perdu.

    « Certaines personnes ont même suggéré le renvoi. Ton renvoi. Est-ce que tu comprends ce que je dis? »


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MessageMar 18 Sep - 0:01

Les devoirs d'une déléguée
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Un gosse à problèmes


En principe, Katsuki aimait les personnes franches. En principe. Dans les faits, il supportait mal la critique. On pouvait même dire qu'il était exagérément susceptible. Et quand la jeune fille à la queue de cheval se plaça, bras croisés et menton en avant, face à son bureau, elle ne prit pas de pincettes. En fait, on peut même dire qu'elle tira à boulet rouge ET à bout portant.
D'abord, il la fixa, abasourdi de voir cette meuf - la gentille fille sérieuse qui se baladait avec un putain de dicco sur le terrain ! - lui parler comme ça, est-ce qu'il avait oublié sa gueule de "faites-moi pas chier ou je vous bute" à la maison ce matin en partant ? Tu dis pas ce genre de trucs, et plus important, tu les dis pas à Katsuki Bakugou !
Toujours étalé, pieds sur la table, se balançant sur son siège, il s'était donc arrêté dans son mouvement pour la fixer, ses yeux s'écarquillant de plus en plus tandis que sa pression sanguine montait graduellement. Il était trop stupéfait pour réagir immédiatement, il fallait qu'il double-check s'il avait bien entendu... Il ne fallait pas qu'il explose une de ses camarades sur un malentendu, ça ferait mauvais genre dans son dossier.

... Non, il avait bien entendu.

Et pendant ce temps elle parlait à nouveau, et le choc percuta finalement l'intérieur du crâne épais du colérique comme deux silex se rencontrent. Ou plutôt, comme deux atomes se heurtent... lançant une série de réactions en chaîne qui se manifesta à la fin de sa phrase.
"Aaaaaaaah ?" gueula-t-il dans un ton d'intimidation typique des mauvaises fréquentations qu'il avait eu au collège. Il repoussa la table des talons, sa chaise bascula brutalement vers l'arrière, et le ramena d'un mouvement de pivot, pour le projeter mains en avant sur la surface du bureau où il se laissa retomber comme une bête sauvage. L'impact résonna dans la classe, et la surface déjà endommagée de bois noirci fut marquée de nouvelles traces d'explosion. La fumée s'échappait de sous ses grandes mains crispées comme des serres, et à travers ce rideau de poix apparut par intermittence sa silhouette voûtée, et l'horrible sourire du fou furieux qui retient son dernier fusible de sauter.

"Tu me cherches ou quoi ? Tu veux crever ?"

Des étincelles jaillissaient de sous sa paume droite par à coups, leur grésillement agaçant semblant refléter l'état de ses nerfs. Il n'avait fallu qu'un instant à l'escalade de la situation.
C'était simple. Elle l'agressait. Il répondait. Et dans ce jeu de domination, il fallait crier plus fort, paraître plus gros. Il n'était guère plus qu'un molosse prêt à mordre. Selon ses paroles, elle voulait la guerre. Elle l'avait provoqué. Elle allait le trouver. Ce n'était pas une amorce de discussion, mais une insulte.

Il grimaça en se redressant à demi, sans la quitter du regard, d'un mélange d'air crâne et d'hostilité sans fard. Si on pouvait tuer des yeux il aurait eu un impressionnant palmarès. Il ne pigeait pas à quoi rimait cette attaque soudaine et gratuite, mais il n'allait pas se laisser marcher dessus.
"Ne fais pas de ton cas une généralité. Des gens veulent me faire virer ? Dans leurs rêves ! Je vais rester et les défoncer comme les ratés qu'ils sont !"

Hélas, Katsuki Bakugou avait loupé un petit détail : il ne savait pas que Momo Yaorozu était co-déléguée de la 2deA.

 





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MessageVen 28 Sep - 2:02
La jeune femme s’attendait à une réponse intense de Bakugou. Elle n’était pas stupide, elle savait qu’elle l’avait personnellement attaqué. Elle connaissait aussi comment il réagissait aux ‘’menaces’’, même si Momo ne voulait pas nécessairement le menacer, plus le prévenir. Elle s’était dit qu’une approche plus directe pouvait l’atteindre plus facilement, mais bon, elle aurait dût se douter que sa première réaction aurait été son :TU VEUX CREVER? Il était tellement prévisible. Et pourtant, même si elle s’attendait à tout ça, la jeune femme ne pu s’empêcher d’avoir un petit mouvement de recul, décroisant ses bras. C’était un réflexe humain, après tout. Le blond lui semblait dangereux et son corps lui avait simplement ordonné de s’éloigner le plus possible, maintenant. Elle repris rapidement son air sérieux, serrant les poings.

Plus il parlait, plus elle sentait la colère monter. Il agissait encore comme un simple enfant qui n’a pas ce qu’il veut. Disant des conneries comme qu’il allait exploser la gueule de tout ceux qui voulaient le virer de l’école. Comment pouvait-il manquer autant de respect envers ses compères ? Comment pouvait-il même avoir des pensées comme ça s’il voulait devenir un héros ? C’était complètement ridicule pour la belle aux cheveux noirs qui, serrant les dents, n’en pouvait plus d’écouter ses conneries.

    «Alors, vas-y! Explose-moi! Défigure-moi! Va exploser le conseil des classes! Si c’que tu veux c’est VRAIMENT te faire renvoyer, commence par eux! Et après, tu auras les professeurs qui participent à ce conseil là, aussi. Oh et pourquoi pas aller jusqu’au directeur de l’école ? Tu veux t’attaquer à lui aussi?»


Elle ne pu s’empêcher de lever la voix. C’était trop pour elle. Comment pouvait-il dire des choses comme ça ? Ne comprenait-il pas qu’il était maintenant dans un environnement ou des menaces comme celles-là pouvaient être considérées comme très réelles et très dangereuses ? Voulait-il que tout le monde le déteste ? C’était la première fois que Momo interagissait aussi directement avec Katsuki et c’était la première fois qu’elle voyait à quel point son comportement pouvait être problématique. Autant pour les autres, que pour lui-même.

    «Sais-tu pourquoi je suis venue te voir, ce soir ? Parce que je suis la SEULE qui te défend, dans tous les élèves du conseil! La seule! Les autres ont peur de toi, Bakugou. Ils se rappellent des jeux, plus tôt cette année et de quoi tu avais l’air. Ils se rappellent chaque fois ou tu exploses tout sur tout passage. »


Sa voix, plus douce, mais tout de même ferme, résonnait dans la classe. Tout ce qu’elle lui disait n’était pas des mensonges. De tous ceux qui avaient parlés du renvoi du jeune homme, Momo était la seule élève qui voyait quelque chose en lui. Qui voyait qu’il pouvait être quelqu’un de bien parce que, comme Izuku, il voulait être un héros. Donc, il voulait aider des gens, en fin de compte, non ? Il n’avait pas l’air du genre à ne vouloir que la gloire et la popularité… Non ? Quelque chose le forçait à avancer. Quelque chose le motivait à venir en classe, quelque chose le motivait à continuer! Momo le savait et c’est pourquoi elle l’avait défendu, lors des dernières rencontres. Elle voulait qu’il l’aide à prouver aux autres qu’il ne méritait pas de se faire renvoyer. Mais pour ça… elle avait besoin de son aide. Elle avait besoin qu’il s’aide.
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MessageDim 30 Sep - 23:55

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Il avait réagi à la provocation par la provocation. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Même si la petite bourge de la classe avait l'air sage comme une image, on ne pouvait pas savoir d'où allait venir la menace, et tous ses camarades sans exceptions étaient des rivaux et des ennemis potentiels. Il ne se fiait pas aux sourires ni à l'air tranquille, les filles ça peut être vicieux, y avait qu'à voir Uraraka. Donc quand quelqu'un vient après les cours te balancer tes quatre vérités en face, même si c'est la personne la plus improbable du lot, ni une ni deux tu bombes le torse, te lèves comme un homme et tu réponds à son défi. (Ou tu sautes comme une bête et tu exploses la table mais c'est pareil.) C'est comme ça que ça marche, non ?

Bah apparemment pas.

Sa mine s'allongea comme Queue de cheval semblait se gonfler d'indignation et se mit elle aussi à lui crier dessus. Comme s'il avait fait et dit quelque chose de particulièrement stupide. On aurait vraiment dit le ton qu'employait sa mère dans ses sempiternelles engueulades. Ce qui créait automatiquement chez lui un vague sentiment de culpabilité et un besoin de répliquer encore plus fort. Elle était énervée, lui aussi ! Pourquoi les gens venaient LE faire chier et LUI chercher des noises et agissaient ensuite comme si tout était de sa faute ? Si des gens avaient un problème avec lui qu'ils viennent lui en parler et ils régleraient ça face à face ! Qu'ils viennent, qu'ils viennent, qu'ils viennent ! Il avait des explosions pour tout le monde ! Et si elle venait lui dire ça c'était qu'elle avait un problème avec lui et qu'elle voulait la baston ! C'était logique, merde !

Alors qu'est-ce qu'elle lui baratinait avec son air de sainte nitouche, de je-sais-tout de sale première de classe ? Evidemment qu'elle pouvait pas le saquer, cette coincée, on pouvait pas placer un juron ou faire un pet de travers devant elle sans qu'elle ait la bouche en cul de poule ! Il se rappelait très bien de la façon dont elle l'avait épinglé dès le premier jour, dès le premier cours avec All Might, oh oui il se souvenait d'elle maintenant. Et si elle voulait rendre ça personnel elle allait le trouver, elle ne l'aimait pas bah c'était réciproque, et elle voulait lui faire croire que toute la classe, toute l'école, BEAUCOUP DE PERSONNES détestaient son comportement ? Non, il était sûr que non, il était du genre populaire lui, les gens aiment les mecs cools et badass et s'il y a deux choses qu'il était sur d'être c'était badass et cool et c'est vrai qu'il était bruyant et un peu m'as-tu vu mais that's the style baby, on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs et on ne fait pas de héros sans casser des chaises, et des bureaux, et des ordinateurs portables et tout un tas de choses dont la liste serait trop longue à rapporter, mais de toute façon, il était populaire, certes Deku avait tête d’œuf et le binoclard mais lui il avait tête d'ortie et sparadrap et pikachu donc ça faisait un de plus donc il avait plus d'amis que Deku ! S'il avait plus d'amis de ce flamby de Deku c'était forcément la preuve qu'avoir des couilles était une stratégie de popularité supérieure à la gentillesse hypocrite ! Donc si des gens voulaient le faire virer il allait falloir les lui présenter parce que jusqu'à preuve du contraire... Jusqu'à preuve du contraire...

Mentalement haletant de son monologue effréné (les argumentaires dans la tête, rien de tel pour avoir raison), les neurones à peu près aussi pétaradants que ses étincelles, Katsuki se figea, dents toujours découvertes, dans sa pose de bad guy intimidant et l'incertitude remplaça l'ire toute puissante dans les pupilles rouges. Ses mains crispées s'affalèrent légèrement, et sa bouche s'entrouvrit dans une expression de confusion. "..."

Attends, attends, elle avait dit quoi en fait ? Le truc, c'est qu'il était un peu trop échauffé par le dialogue dans sa tête, avec son indignation légitime et son argumentation imbattable, pour avoir prêté attention à ses mots exacts. Et quelques gouttes de sueur apparaissait sur son visage comme Katsuki sentait que quelque chose n'allait pas. Il y avait une erreur de calcul quelque part. Ça ne collait pas du tout !

Le conseil de classe ? Les professeurs ? Le directeur ?! Mais de quoi elle parlait bordel ?

Momo prit une grande inspiration, puis elle reprit d'un ton légèrement plus calme et moralisateur. Derrière son bureau, Bakugou avait désormais l'expression du hérisson qui fait face aux phares d'une voiture qui arrive en trombe. Les cheveux un buisson d'épines, les yeux écarquillés et le ralenti de la catastrophe qui approche, approche, approoooche dans la lente réalisation de la collision inévitable.

C'était si proche maintenant qu'il allait finir par loucher. Sur le visage sévère de la jeune fille, qui le gourmandait non pas comme s'il était un simple camarade mais... comme si elle avait... une forme d'autorité sur lui ? La réponse devait être écrite quelque part entre ces yeux sombres, cette mèche noire et - woh il ne l'avait jamais observée aussi attentivement comment avait-il pu ne pas remarquer la TAILLE de sa poitrine ? C'était pas Queue de cheval qu'il fallait qu'il l'appelle c'était grosse p- non concentre-toi Katsuki il y a plus important...

Elle avait finit de parler et il était toujours muet, le fait qu'il ne lui ait pas coupé la parole et reste relativement calme et silencieux indiquant l'écran bleu qui occupait actuellement tout son cerveau, façon erreur fatale, redémarrage en cours.

Le regard vide, la voix blanche et ridiculement faible, il demanda enfin :

"Mais... c'était pas le binoclard le délégué de la classe ?"

Parce que quand Bakugou gaffe, il ne peut pas passer dessus discrètement, non.

On ne pouvait pas lui en vouloir, c'était le sale nerd qui avait eu le front de se faire élire et qui avait donné sa voix au binoclard et il avait des LUNETTES, qui pouvait attendre de lui qu'il retienne le rôle d'une deuxième personne ? Elle était déjà première de classe ET queue de cheval et ajouter co-déléguée ça faisait trop de titres par rapport au nombre de caractères prévu pour une figurante dans sa mémoire !

Le petit roquet parut se recroqueviller sur place. Il gardait la tension défensive qui ne le quittait jamais, mais semblait nettement moins motivé pour lancer son bombardement. La douche froide est, on le sait, fatale pour l'émission de nitroglycérine.

Parce que si queue de cheval ici présente était effectivement déléguée et si elle n'affabulait pas pour le plaisir sadique de moucher ses explosions...
Il venait de se faire laminer. Queue de cheval : 1, Katsuki : 0. Par chance, ils étaient seuls dans la salle de classe et personne d'autre n'était témoin de ce petit raté.

Il était dedans jusqu'au cou.

Il ne savait pas quoi faire de ses mains maintenant qu'elles n'allaient pas servir à attaquer il avait l'air parfaitement débile comme ça bras pendants, stupéfait, mais il ne trouvait pas de réplique bien cinglante ou de petit commentaire narquois. Il se contenta d'ouvrir et fermer les poings comme un con.

Le rageux de service repassait encore et encore dans sa tête les paroles glaçantes. Il secoua la tête d'un air incrédule, et recula d'un pas.
"C'est qui ces gens d'abord ?! D'où ils me descendent devant les profs ? Donne-moi leurs noms et je vais..."

Il allait dire "leur expliquer mon point de vue" mais le regard noir lancé par la jeune fille l'incita à laisser la phrase traîner et s'éteindre dans les airs. Menton pointé en avant d'un air buté, il baissa les yeux, sourcils obstinément froncés comme un gamin boudeur qui ne comprend pas ce qu'on lui reproche. Il semblait avoir du mal à trouver ses mots, suffoqué par l'indignation.

Il reprit d'une voix plus basse, plus lente, où pointait une note d'anxiété.
"Ils n'ont pas vraiment parlé de me renvoyer... pas vrai ?"
Il releva son visage vers elle, avec un sourire sensé montrer qu'il n'avait pas peur, que ce n'était pas possible, sauf que c'était tout le contraire. Et quand il rencontra ses yeux, le sourire se délita et il ne resta que sa pauvre réplique geignarde, "Je n'ai rien fait de mal...!", et les flammes vacillantes, qui tremblèrent un instant et puis se détournèrent, pudiques, pour disparaître derrière le rideau des paupières cacher leur défaite.
 





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MessageJeu 4 Oct - 23:39
Pour la première fois depuis le début des classes, Momo avait, sous les yeux, un nouveau coté de Katsuki. Ses paroles antérieures l’avaient bien évidemment atteint. Lui, le garçon explosif qui fait peur à presque toute la classe. Bon peut-être pas peur, mais pas mal tout le monde restait loin de celui-ci. Et maintenant, la jeune femme venait de lui faire prendre compte de la situation. Et son comportement était complètement différent.

Elle décida d’ignorer le commentaire sur le «binoclard», puisque c’était un mot qu’elle n’appréciait pas envers Tenya qui se donnait beaucoup pour la classe, lui aussi. Il n’avait donc aucune idée que Momo faisait aussi partie du conseil et qu’elle était co-déléguée de classe ? Leurs priorités n’étaient pas aux mêmes places, bien évidemment. Pour Momo, c’était un honneur d’être déléguée. Elle avait toujours été prête à prendre les devants quand il le fallait, toujours prête à aider ses camarades de classe et s’il y avait une position pour faire le lien entre les professeurs et les élèves, elle le ferait volontiers.

Bref, Bakugou était clairement troublé par les paroles de la jeune femme, avec raison, mais à quoi s’attendait-il ? Agir de cette façon, aussi agressivement, sans arrêt, ça faisait presque comme… Un vilain. Aucune chance qu’elle lui dise ça, par contre. La belle savait que son but était autant de devenir un héros qu’elle. Lui dire ça ne serait qu’insultant pour rien. Ses motivations avaient juste l’air… Différentes ? Le blond se mis à parler, lui demandant qui avait dit ça et OH QUE NON. Un regard perçant et noir coupa la parole du jeune homme, qui comprit sur-le-champ que ce qu’il allait dire n’était pas du tout correct. Il allait les exploser, probablement, aucune chance qu’elle ne lui divulgue les noms de ceux qui avaient proposé l’idée de son renvoi. Elle n’était pas venue ici pour qu’il puisse exercer une vengeance personnelle. Elle était ici pour l’aider.

Eh puis quelque chose se produit qui brisa le cœur de Momo. Une simple question de la part de son camarade de classe, une simple question qui semblait si sincère. Une question qui semblait venir de son cœur. Elle n’avait plus, devant elle, un frustré explosif qui disait qu’il n’avait peur de rien et qui allait tout péter pour prouver qu’il était le meilleur. Elle avait un être humain, un élève, qui voit ses rêves se volatiliser devant lui. Ce fut presque assez pour donner des larmes à Momo qui se retint. Elle devait rester forte, ne pas flancher. S’il avait besoin d’un point d’appui, elle devait l’être. La déléguée se rendit aussi compte qu’elle y avait été un peu fort, face à son renvoi. Ce n’était pas comme si c’était une décision déjà prise et que plus rien ne pouvait changer ça. Aucun professeur n’avait donné d’opinion sur ce sujet, encore, et seulement quelques élèves qui ne le connaissaient pas vraiment avaient suggérés cette solution excessive.

    « Écoute… Ce n’est pas comme s’ils allaient te renvoyer demain ou dans une semaine, d’accord ? Mais il faut que tu comprennes que si certains élèves y ont pensés, alors certains professeurs doivent avoir la même idée aussi! J’avoue que j’ai un peu dramatisé la situation, mais ça n’empêche pas que tu fais peur à certains élèves. »


Momo pris une petite pause, regardant la porte fermée de leur classe. Elle ne voulait pas que quelqu’un les espionne, si un autre élève les voyait dans une telle situation, ils pourraient prendre avantage du fait que Bakugou est plus vulnérable et gâcher tout le travail que la jeune femme était en train de faire. Son regard gris se tourna dans les yeux rouges du blond avec un air sérieux, mais compatissant.

    «Katsuki… Tu n’as rien fais de mal, mais penses-tu qu’on ne voit pas de la façon que tu agis envers Izuku? Tout le monde sait que tu n’as qu’envie de le faire exploser… Et honnêtement, ça fait peur. Est-ce que c’est ce que tu veux ? Faire peur aux gens ?»


Une autre pause, laissant ses paroles s’encrer dans le cerveau du jeune homme. Elle avait quelque chose, ici. Elle avait son côté qui était prêt à l’écouter. Elle avait son côté humain, son côté de jeune adolescent avec des problèmes, comme tout le monde. Peut-être qu’il partageait même certaines de ses craintes ? Est-ce que son comportement agressif était là pour cacher un manque d’estime de soi ? Momo ne pouvait pas vraiment dire sans vraiment lui avoir parlé plus, mais elle était contente qu’il s’était calmé et qu’il avait déjà l’air plus prêt à l’écouter qu’il y a cinq minutes de cela. La belle aux cheveux noirs posa délicatement sa main droite sur la sienne. Un geste doux et affectueux qui se voulait rassurant. Elle n’avait honnêtement aucune idée de comment il allait réagir face à ça, mais elle s’y risquait. Elle pencha un peu la tête par en avant, parlant avec une voix douce.

    «Tout le monde sait que tu es fort et puissant. Tu n’as pas besoin de te prouver à qui que ce soit.»




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Les devoirs d'une déléguée
ft Yaorozu Momo

Un gosse à problèmes



Katsuki n'avait pas été très vif, mais il avait relié les points.
Quelque chose d'important concernant sa scolarité - évocation d'un renvoi - au conseil de classe - les professeurs, le directeur...?!
Dire qu'il était consterné était en deçà de la réalité. Il n'arrivait pas à y croire.
Il n'avait jamais imaginé qu'on puisse vouloir l'exclure de UA. Et la déléguée arrivait avec la nouvelle et il avait tout pigé de travers et...
Il ne comprenait absolument pas. Il n'y avait pas de problème. Il avait fait de son mieux.
Il était le premier de l'examen.
Il était le premier du tournoi sportif. (Et merde pour les circonstances, il l'avait quand même, leur putain de médaille.)
Quand il fallait faire des équipes tout le monde se pressait autour de lui parce qu'il était le plus fort. Il était populaire.
Alors pourquoi il se prenait cette gifle dans la gueule ?

Il voulait rire et lui cracher sa juste indignation à la figure, mais il n'y parvint pas.
Les échos de ses mots se répercutaient dans sa conscience, ouvrant de nouvelles failles.
Elle était venue pour lui dire qu'il risquait de se faire renvoyer.
Alors le faux délinquant était devenu blême et l'espace d'un instant, toute son angoisse avait transparu.

Dans l'ensemble, qu'ils l'apprécient ou non, ses camarades n'imaginaient pas que Katsuki pouvait être autre chose qu'un feu d'artifice ambulant, une extériorité concentrée sur l'agression, l'ambition et la défense d'un orgueil à fleur de peau. Il était demeuré un garçon superficiel, tenait à le rester, à contrôler son image de gagnant. Il devait être parfait ; pas question de donner une impression de faiblesse.
C'est pourquoi Momo fut surprise par son soudain changement d'attitude ; la terreur de la classe n'était, après tout, qu'un ado de seize ans tout aussi humain qu'elle. Se faire renvoyer de UA était le pire qui puisse arriver ; et dans toute l'exagération de ses jeunes années, il songeait qu'il aurait préféré mourir.

Son apparente détresse suffit à radoucir la jeune fille, qui passa des durs reproches à la compassion en quelques instants.
Il était étrange de voir ses propres émotions se refléter dans ses grands yeux. Elle paraissait très émue, et se pinça les lèvres en reprenant d'une voix plus rassurante, lui expliquant qu'il n'allait pas se faire renvoyer.

Il était confus.

Ils n'allaient pas vraiment le renvoyer ? Alors pourquoi elle lui faisait ce cirque ? Les coins de sa bouche tremblèrent vers le bas, ses sourcils froncés tressaillant tandis qu'il la fixait sans comprendre. Le nœud dans sa gorge l'empêchait de déglutir. Il se sentait mal, il se sentait vulnérable et la fille était trop proche et elle jouait avec ses nerfs.

Il ne savait pas comment réagir ; est-ce qu'elle se foutait de sa gueule ? Pourquoi lui faire subir ça ? Elle essayait de le manipuler ? Elle avait dit qu'elle était la seule élève à prendre sa défense ; il lui semblait qu'elle voulait ainsi gagner une emprise sur lui.

Elle insistait sur le fait qu'il faisait peur à des élèves, et il sut alors ce qui s'était vraiment passé. Quelques geignards avaient été rapporter son comportement aux profs ; quelques connards trop propres sur eux qui se croyaient supérieurs et qui voyaient d'un mauvais œil un mec sûr de lui qui leur faisait de l'ombre. Les élèves du conseil de classe ne l'aimaient pas ; ils avaient même suggéré son renvoi. Bien, ça lui faisait une belle jambe. Les profs et l'administration verraient bien que c'était absurde. Ça ne le réjouissait pas, mais il n'avait pas non plus la prétention de plaire à tout le monde. Et y avait qu'à regarder binoclard et cette meuf pour deviner le genre de gosses de riches qui devaient peupler le conseil de classe. Pas étonnant qu'ils ne comprennent rien à son style.

Il laissa ces pensées se développer et lui rendre une certaine lucidité. Il soupira, et retourna sa chaise avant de s'y rasseoir ; il s'installa à califourchon pour pouvoir poser un bras et son menton sur le dossier et laissa trainer sa main droite sur la table, ses doigts abimés pianotant sur le bois ; ses yeux devenus troubles cherchaient le vague dans la distance.
Il se méfiait désormais de la jeune fille. Elle l'avait trompé pour mieux le déstabiliser ; il ne lui pardonnait pas ses alarmes, d'avoir aggravé la situation. Elle aurait pu mentir encore ; rien ne lui disait qu'elle était réellement la seule à le défendre, ni même qu'elle l'avait effectivement défendu. De ce qu'il avait pu voir, elle ne le portait pas dans son cœur et il n'aurait pas été surpris qu'elle soit la première à tenir les propos qu'elle prêtait aux autres. Il fallait voir son approche : "Beaucoup de gens n'aiment pas ton comportement." Pas besoin d'être diplômé en psychologie pour deviner qu'elle en faisait partie.
Or il n'était plus question de l'envoyer balader ; la situation n'était pas désespérée mais elle n'était pas anodine. Il ne connaissait pas assez les arcanes de UA pour deviner le pouvoir réel du conseil étudiant. Leurs voix avaient-elle un poids réel ? La simple pensée qu'on nuisait à sa réputation dans son dos le mettait en rage. Il se donnait tellement pour incarner l'excellence ; il voulait des compliments, des félicitations, il voulait être reconnu pour sa valeur. Et ces gens qui ne le connaissaient pas osaient dire qu'il devrait être renvoyé ?
Queue de cheval était co-déléguée de la 2deA. Elle pourrait convaincre Binoclard de le soutenir ; et ils avaient plus de poids que les autres concernant un de leurs camarades. Il avait besoin de son appui, même s'il lui en coûtait. Elle avait du pouvoir sur lui. C'est pourquoi il contint son indignation et ne se départit pas de son calme.

Momo jeta un coup d’œil à la porte de la classe, s'assurant de l'intimité de leur conversation ; puis le fixa avec le plus grand sérieux du monde.

Les paroles suivantes l'ébranlèrent davantage qu'elles n'auraient dû ; parce qu'elle avait eu ce simple geste, ce simple regard vers la porte.
Comme s'il avait fallut s'assurer que la conversation ne s'ébruite pas.
Ses doigts cessèrent leur tapotement agaçant.

Encore ce sale nerd.

Il resta immobile, sur la défensive. C'était la première de la classe qui lui parlait. S'il y avait une chose qu'il savait sur elle, c'est qu'elle était intelligente.
Elle faisait allusion à ses petites altercations avec Deku. Quand il avait découvert qu'il avait un alter. Quand il l'avait tabassé au premier cours d'All Might, et qu'il avait laissé le duo qu'il formait avec Ochaco remporter la victoire, aveuglé par sa colère. Quand il l'avait pris à parti avant les examens du premier trimestre. Tout le monde, en effet, avait été témoin de ces évènements. Il n'avait pas fait secret de son antipathie pour Deku et il l'avait toujours défié (certains auraient dit agressé) publiquement.
"Qu'est-ce que je suis sensé faire ?..." grogna-t-il. "Faire semblant d'être son pote ?"

Il n'aimait pas la direction de cette conversation. Tout le monde sait que tu n'as qu'une envie, de le faire exploser. Dit comme ça... Il n'avait pas vraiment le beau rôle, hein ? Il y avait une ironie particulière à le citer dans la même phrase pour dire qu'il n'avait rien fait de mal... Elle savait, elle sentait, elle était intelligente.
A son tour, ses yeux s'égarèrent sur la porte fermée, comme pour s'assurer que personne ne les épiait, puis vinrent affronter ceux de la déléguée.
Il n'était pas sûr d'avoir de réponse à sa question.
Il ressemblait aux ciels bas et nuageux de l'automne qui s'annonçait ; dur à déchiffrer, morose et sombre, soucieux. Ses yeux avaient retrouvé leur dureté d’airain, mais l'absence inhabituelle de sa rage laissait entrevoir l'éclat d'un esprit acéré, calculateur.

C'est là, alors qu'il craignait quelques accusations ou des révélations sur son passé trouble avec Deku, qu'elle posa sa main sur la sienne et le prit de court une fois de plus.
Eh ? fut tout ce que son cerveau trouva à dire lorsqu'il senti le contact de la main féminine envelopper la sienne ; quoi ? Qu'est-ce qu'elle foutait ? Ses paroles douces et rassurantes lui parvinrent dans l'état d'alerte où le contact soudain l'avait mis. Et il écarquilla les yeux, retira brusquement sa main pour la refermer, la verrouiller sur le dossier de sa chaise, à demi-redressé. Il fixa la jeune fille d'un air d'animal farouche, choqué qu'elle ait eut l'audace de le toucher.

Les deux points rouges de ses yeux la parcoururent de bas en haut comme on décrypte l'intention d'un ennemi ; et il y avait quelque chose de presque comique à le voir se barricader comme ça, la chaise entre eux, pour un geste aussi simple. D'un peu triste aussi.

Mais qu'est-ce qu'elle lui voulait à la fin ?! Est-ce que c'était ça, la drague ? Elle profitait de ce qu'elle percevait comme une faiblesse pour se rapprocher de lui ? Est-ce que tout ce bordel était un plan concocté par ce représentant de la gent féminine pour l'isoler, avoir l'ascendant sur lui et faire son premier pas ?
"Tout le monde sait que tu es fort", pourquoi elle le complimentait comme ça, putain il comprenait rien...
Crissant comme une cigale mal accordée, il protesta : "Je sais bien que j'ai rien à prouver !"
La rougeur et la gêne qui l'avaient saisi se dissipèrent et il la fixa d'un regard mauvais, le cœur battant trop vite du contact involontaire. Il savait qu'il surréagissait et cela l'énervait davantage. C'était juste une idiote qui se prenait pour sa mère ; cette dernière au moins avait le bon sens de lui laisser de l'air.
"Ne me touche pas." ajouta-t-il d'une voix basse et menaçante. Gentillesse et douceur avaient un effet contraire sur Katsuki. C'était le dessin du contour d'une faille. C'était une tentative pour le définir comme un faible, comme une victime. Il ne le supportait pas.
"Fais-ton job de déléguée et restes-en là. Je sais pas ce que les autres te trouvent de réconfortant mais le big sis con, très peu pour moi."
Il faisait allusion à des bribes de conversations auxquelles il n'avait guère à apporter, entre les garçons de son groupe, sur telle ou telle fille de 2deA. Il avait bien pigé que ça n'avait rien à voir ; il voulait juste se montrer insultant.

Avalant ses lèvres, il la considéra avec hostilité, hésitant à se lever et partir. Toute cette situation était hautement inconfortable pour lui. Il n'aimait pas qu'on lui fasse la morale, et encore moins qu'on le prenne en pitié. Mais il ne pouvait pas prendre le risque de perdre son appui.

"Je ne te crois pas quand tu dis que je risques de me faire renvoyer. L'avis de quelques élèves n'est pas si important. Tu me parles du tournoi sportif ? Pendant mon match contre Uraraka, plein de gens dans le public m'ont sifflé et hué... Present Mic m'a démonté parce qu'il supportait pas de voir une fille mignonne s'en prendre plein la face... Mais Aizawa ? Il savait que j'avais une stratégie, il a compris ce que je faisais, il m'a défendu. UA sait ce que je vaux, même si les débiles et les jaloux bavent dans mon dos."
Il soupira lourdement, plissa les yeux.
"Mais je vais t'écouter, parce que quoi qu'on en dise, je respecte les règles, l'autorité et... les délégués." Il ne cherchait pas à paraître sympathique, ses mots brusques s'écrasant comme des pierres, alors qu'il se laissait tomber de nouveau sur le siège.
"Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour avoir ton soutien, au prochain conseil ?"
Autant couper le superflu. Ça avait l'air d'une tentative de corruption ? Il en avait rien à branler. Elle était là pour ça, elle avait ce pouvoir sur lui, ce couperet au dessus de sa tête. Il était temps de savoir ce que lui coûterait un traité de paix.












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Momo Yaoyorozu
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MessageVen 23 Nov - 4:50
Une erreur. Une erreur monumentale. Elle n’aurait pas dût lui toucher la main. C’était un geste qu’il avait vu comme si… Comme si elle le voyait comme un homme faible. Bien sûr, Momo, espèce d’idiote, tu aurais dû t’en douter. Tu aurais dû le prévoir. La jeune femme mordit l’intérieur de sa lèvre inférieure, subtilement. Son mouvement brusque qui arracha sa main à la sienne la fit sursauter, mais c’est la seul émotion que la jeune femme laissa transparaitre à travers son visage. Elle ne devait pas se montrer faible avec lui. Momo avait des problèmes de confiance en elle qui ne devaient pas ressortir en ce moment. Ce n’était pas le temps. Il lui dit de ne pas le toucher. Comment avait-elle pu penser un instant que ça finirait autrement que cela ? Stupide… Stupide Momo, stupide.

    « Désolée… »


Elle décida d’ignorer le commentaire insultant du blond. C’était clairement seulement pour la faire réagir, un plaisir qu’elle n’allait pas lui donner. Momo et les autres filles de la classe n’étaient pas stupides, elles savaient bien qu’elles étaient l’objet de quelques conversations plutôt… Déplaisantes. Surtout lorsque Mineta était impliqué. Aucune fille n’était épargnée lorsqu’il partait dans ses délires pervers. C’était constamment présent, alors il faudrait être vraiment innocent pour ne pas voir que Mineta n’a que des mauvaises pensées lorsqu’il s’agit des filles de la classe. Urgh. Si elle pouvait lui dire un mot à lui aussi…

La déléguée de la classe écouta attentivement Bakugou parler. Une chaise les séparait et chacun était contre leur bureau respectif. La belle aux cheveux de jais croisa les bras, fronçant les sourcils. Il ne la croyait pas qu’il risquait de se faire renvoyer ? L’avis des élèves n’était pas important ? Au contraire ! Il ne comprenait pas la gravité de sa situation. Il ne comprenait pas… Bon c’est vrai que Present Mic n’avait pas donné une très bonne vision de Bakugou au publique, mais on pouvait mettre ça sur le dos que c’est un ‘’entertainer’’. Et par miracle, la prochaine phrase du jeune homme fit subtilement agrandir les yeux de Momo. Il allait l’écouter ? Pour de vrai ? Si elle pouvait expirer tout l’air qui s’était accumulé dans ses poumons, pendant que Katsuki parlait, elle le ferait d’un coup. Elle laissa, toutefois, passer ce CO2 accumulé par son nez, silencieusement. C’était un soupir de soulagement. Finalement elle avait réussi à percer sa carapace, même si ce n’était qu’un tout petit peu. La jeune femme s’éclaircit la gorge.

    « Premièrement, je suis déjà de ton côté. Sinon, je ne serais pas venue te voir aujourd’hui, j’aurais laissé les autres élèves parler dans ton dos. »


La jeune femme comptait sur ses doigts chaque point qu’elle faisait.

    « Deuxièmement, tu as beau ne pas me croire que tu risques de te faire renvoyer, c’est la réalité. Même si tu crois que les élèves n’ont pas d’impact, ils peuvent, par exemple, aller se plaindre aux parents. Je sais que pour toi, ça peut paraître quelque chose d’enfantin, mais il ne faut pas oublier que la plupart ici on encore 15 ans. Les parents surprotecteurs, ça existe et le simple fait que leur enfant se retrouve dans la même école que, sans vouloir t’insulter, celui qui fait tout exploser, ça peut te causer beaucoup de problèmes. En plus de ça, il se pourrait que ces élèves parviennent à convaincre les professeurs qui ont moins de liens avec toi. Ceux qui s’occupent d’autres élèves dans l’école et qui ne connaissent pas ta valeur comme Aizawa… Comme moi. »


La belle jeune femme pris une pause pour reprendre son souffle en posant une main sur sa poitrine. Ça ressemblait presque à une déclaration d’amour, ce qu’elle venait de dire, mais c’était vrai. Momo voyait la valeur de Bakugou en tant qu’élève de l’UA. Elle avait juste peur qu’il ruine cette opportunité qu’il avait pour des raisons enfantines et stupides.

    « Troisièmement, je vais en parler plus profondément avec Aizawa et avec All Might. Je sais que ces deux-là ont un grand respect envers toi et qu’ils te défendraient avec moi pendant les prochains conseils. Je vais aussi rassurer les élèves que tu n’es pas aussi dangereux qu’il le pense. »


Il n’y avait, honnêtement, qu’une seule chose que le jeune homme pouvait faire de lui-même pour aider sa propre situation. Ça dépendait de lui. Si la jeune femme continuait de le défendre et que ce dernier ne changeait pas d’attitude, tout ça allait être pour rien. Elle priait intérieurement que cela fonctionne. Elle voulait vraiment l’aider.

    « La seule chose… Que tu peux faire pour m’aider, Bakugou, serait d’essayer de…. Contrôler ton tempérament. Essayer de ne pas envoyer au diable n’importe qui qui essaye de t’aider, ou qui te parle. Essayer de garder cette… Flame que tu as en toi. S’il te plait. C’est la seule chose que je peux te demander. Si tu fais ça, je promets que je ferai tout en mon pouvoir pour que ces gens qui veulent ton renvoi changent leur avis. »


Elle était presque en train de le supplier. Elle réalisait ça à l’instant. Mais sa voix était sincère, ses yeux gris, fixés dans les siens, ne démontrait aucune mauvaise pensée derrière ses paroles. Elle voulait vraiment l’aider… Elle voulait tellement qu’il s’aide aussi.
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MessageSam 19 Jan - 14:29

Les devoirs d'une déléguée
ft Yaorozu Momo

Un gosse à problèmes



Tendue. C’était ainsi qu’apparaissait la jeune fille aux yeux gris. Elle était concentrée sur la conversation avec une telle intensité qu’elle pouvait sembler intimidante, malgré l’aura de bienveillance qui se dégageait généralement d’elle. Evidemment, il en fallait plus pour faire peur à Bakugou. Ce qui le mettait mal à l’aise, c’était les efforts d’empathie dont elle faisait preuve. Bien que ça rentre techniquement dans sa fonction de responsable de la classe, il peinait à comprendre qu’elle veuille l’aider et pas juste le réprimander. Il avait pour principe de se débrouiller seul, ne compter que sur lui, et s’attendait à ce qu’on lui aboie quelques remarques sur ses actes lorsqu’il dépassait trop les bornes, instructions dont il tentait, mine de rien, de tenir compte quand elles venaient des profs.

En termes d’éducation, il avait la tête dure et l’habitude qu’on lui crie dessus. Mais son père savait le conduire calmement et avec doigté à des discussions lorsqu’ils pratiquaient des activités ensemble ; le jeune rebelle se retrouvait alors amené à communiquer et exprimer, parfois, un peu du chaos qui l’habitait et sur lequel il n’y avait pour lui pas de mots. Quand il ne voulait pas parler, le silence leur convenait aussi. Il réagissait toujours par l’opposition et était aussi fermé qu’une huitre, ne rendant pas le travail parental aisé ; mais pourtant, les paroles qu’il rejetait d’abord, quelle que soit la violence de sa réaction, il y réfléchissait ensuite et ne les oubliait pas. Jusqu’à récemment, seuls les membres de sa famille avaient une quelconque autorité (pourtant bien chancelante) sur sa jeune âme révoltée,  mais cela avait changé depuis son entrée à UA. Bakugou n’oubliait ni ses erreurs ni les paroles prononcées.

Alors quand il posait ses yeux remplis de défi et d’une morgue qui le quittait rarement sur la déléguée de 2deA, c’était avec le souvenir de ses critiques sans concessions, et de paroles qui l’avaient alors marqué : il faut toujours observer pour progresser. Il manquait encore d’estime pour ses camarades à titre personnel, mais il n’avait plus la stupidité de les ignorer ou de sous-estimer leurs capacités. Il n’était pas le meilleur, et il avait à apprendre des autres : une leçon qu’il devait, même si elle l’ignorait, à la jeune fille assise devant lui. Elle était extrêmement intelligente, malgré une performance décevante au tournoi sportif. Apparemment, elle s’était rattrapée au moment de l’examen, où elle avait brillé davantage que lui, et se retrouvait une fois de plus catapultée en première place du classement. Cela ne pouvait manquer de provoquer l’esprit de compétition du garçon à l’égo dopé aux amphétamines. Il la reconnaissait aussi comme la fille qui avait joué les bienfaitrices, en offrant des cours de rattrapage à la moitié de la promo. Lui en avait fait autant avec cet abruti de tête d’ortie, mais qu’on lui propose de l’aide à lui ? C’était dur à accepter pour sa fierté. La notion de groupe qui se soutient et s’épaule face à la difficulté, il était encore loin de la comprendre.

Donc, quand elle affirma qu’elle était de son côté, Bakugou roula des yeux avant de la fixer en les plissant de scepticisme, toujours à califourchon sur sa chaise. Elle aurait pu laisser dire les racontars, mais ça aurait été mal faire son job de délégué, non ? C’est pas comme si elle le faisait pour lui non plus… Un peu plus et il allait devoir remercier et donner la patte avec ça…

Il se la ferma néanmoins et ouvrit grand ses oreilles pour la suite, cette histoire de plainte aux parents. Un truc qui aurait été inimaginable dans son collège mais une fois encore, c’était un établissement de seconde zone où le talent suffisait à faire la loi. Et il savait aussi comment s’y prendre pour que personne ne puisse se plaindre sans risquer des représailles ou l’exclusion pure et simple de la part de la classe. Personne ne voulait prendre la place de Deku, hein ? Ce n’était pas que lui, tout le monde participait de ce système où le groupe écrasait les plus faibles, et le groupe était avec lui.

Il ne réalisait pas que, même alors, sa position avait été plutôt fragile. Si l’affaire de harcèlement avait été rendue publique, sans doute tout le monde se serait retourné contre lui, facile à blâmer comme le principal acteur. Oui, le pouvoir des parents n’était pas négligeable.

Il renifla de mépris pour les petites chochottes qui iraient chouiner dans les jupes de leur mère avant même qu’il leur ait seulement donné une leçon ; et ça se prétendait des futurs héros ?

Il contint cependant son mépris pour les fils et filles à papa, parce qu’il commençait à comprendre que Queue de cheval avait probablement raison. Il y avait des parents puissants, avec le bras long. N’avaient-ils pas le fils d’Endeavor lui-même dans la classe ?

Il se raidit quand elle l’appela « celui qui fait tout exploser ». Sans vouloir l’insulter ? C’était son alter, ça. C’était normal qu’il s’en serve, non ? C’était normal qu’il fasse péter des trucs. Ils avaient la fille grenouille, la meuf invisible, le pervers boules collantes, tête de hamster et son scotch, et lui, le mec qui faisait des explosions. Chacun son truc. A quoi ils s’attendaient exactement ? Des fleurs et des arcs en ciels ?

Il avait vraiment du mal à admettre que quelque chose posait souci dans son attitude. Au fond, il savait très bien que ça ne plaisait pas, la façon dont il se comportait, et il faisait des ajustements. Eraser Head lui avait plusieurs fois de se calmer ou d’arrêter de se comporter comme un gamin. Il avait vite été catégorisé, à raison, comme la tête brûlée, le mec au sang chaud qui pétait les plombs pour un rien parmi ses camarades. Le tournoi, où il avait tenté de se contenir, s’était achevé sur un de ses pires craquages de nerfs, en public qui plus est. Le stage inutile où on lui avait rabâché qu’il devait faire attention à son image et porter des jeans moulants – il frissonnait encore d’horreur au souvenir des séances de « toilettage » obligatoire qu’on lui avait imposé. Et puis la pression que lui mettait Deku et ses progrès constants l’avait conduit à l’agresser une nouvelle fois pour le défier ; tout ça pour devoir collaborer. Lors du stage d’été, il avait travaillé dur pour s’améliorer, et son caractère brut de décoffrage lui avait encore valu des soucis lors des exercices en duo.

Le truc, c’est que quand tout le monde le traitait de sale con, autrefois, il n’avait qu’à gueuler haut et fort qu’il était meilleur qu’eux pour leur fermer leurs gueules. Maintenant, il devait batailler de toutes ses forces pour conquérir et garder la première place. L’avis des autres n’a aucune importance, quand on atteint le sommet. Kirishima voyait cela comme le comble de la virilité, mais pour Bakugou, c’était la réponse unique à tous ses problèmes. Les gens ne t’aiment pas ? Sois meilleur qu’eux. Tu as un sale caractère ? Travaille plus dur, atteint le sommet de l’échelle. De là-haut, personne ne pourra te juger.
Donc il avait conscience de ne pas être si populaire qu’il pensait le mériter. Il ne pouvait que constater à UA qu’il y avait un décalage entre ses valeurs et celles de l’héroïsme, voir de la société, ce qui le plongeait dans la perplexité. Et cette attaque au conseil de classe venait toucher un point sensible chez le garçon dont la susceptibilité n’était plus à prouver.  Queue de cheval lui causait gravement, comme si elle s’attendait de sa part à une réaction raisonnable, à une compréhension.
Et elle ajouta que les professeurs extérieurs à la classe pourraient eux aussi être contre lui. A nouveau, un profond malaise s’agita en lui.

« Ceux qui ne connaissent pas ta valeur comme Aizawa… comme moi. »
Elle avait une pose qui criait le désir d’être entendue, de transmettre quelque chose comme des sentiments, une main sur le cœur. Lui en contrepartie tendait à demi ses bras, reculé sur sa chaise, ce qui mettait une distance entre eux.

Sa valeur ? Ce qu’Aizawa voyait en lui ? Il la fixait de ses yeux en amande, tentant de décrypter une énigme, sourcils légèrement plissés.

Depuis le premier jour, depuis ses critiques acerbes, il avait toujours cru qu’elle le méprisait.

Oui, c’était cette voix qui avait fait voler en éclat son égo fragilisé par sa défaite contre Deku et Ochaco.

Elle le regardait de haut, elle pinçait des lèvres chaque fois qu’il faisait un peu de bruit, elle cancanait devant sa petite cour avec ses pseudos-amis dégoulinants de gentillesse de façade. La première de la classe. Momo Yaoyorozu.

Et elle poursuivait, toujours enflammée par son discours, et s’engagea à agir, servir de médiatrice, discuter de son cas avec leurs professeurs et défendre sa cause devant les élèves qui s’attaquaient à lui.

Un nouveau sentiment se mêlait à l’incompréhension, mélange de gêne et d’humiliation. Il avait horreur qu’on se mêle de ses affaires ; qu’on lui tende la main. Si tu ne réussis pas seul, tu n’as pas de mérite. Normalement, il aboyait, mordait, contrattaquait aussitôt ; pour ne pas s’exposer plus d’une seconde à cet horrible sensation d’être faible.

Mais il songea à ce qu’elle avait dit, à la chance, même minime, qu’il se fasse renvoyer. C’était quelqu’un qu’il avait dû reconnaître comme doté d’un jugement plus aigu que le sien. Alors, si elle n’essayait pas de le manipuler, si elle était sincère, comme son attitude corporelle, portait à croire, il devait prendre sur lui.

Parce qu’il y avait quelque chose que Katsuki comprenait, même s’il ne l’admettait pas aisément : il fallait qu’il change. Et il ne pouvait s’autoriser l’échec. Alors il revoyait Aizawa : arrête de te comporter comme un gamin. Arrête de faire un caprice chaque fois que quelque chose ne te plait pas. Endure et devient plus fort. Il fallait qu’il change, pour devenir un héros.

Alors il n’incendia pas la déléguée. Il se contenta de crisper ses mains puissantes et rudes sur le dossier de la chaise. Et cela correspondait parfaitement à la leçon qu’elle lui admonestait maintenant.

Il ne pigeait pas pourquoi elle était à ce point investie. Elle ne le connaissait pas. Ils ne se parlaient jamais. Sûr, elle avait dû l’observer, mais de là à le défendre comme elle semblait le faire ?

Il n’était pas totalement aveugle à son effort rhétorique pour retourner la situation : elle lui demandait de l’aider, elle, en s’aidant lui.

Le mélange d’anxiété, de conviction et de supplication sur son visage, qui faisait briller ses yeux, égalait presque la puissance de la tête de chien battu de tête d’ortie quand il avait besoin d’aide pour les maths.

Katsuki serra les dents, ferma les yeux, et soupira sèchement.

« Okay… ! » concéda-t-il finalement, du ton agressif de celui à qui on arrache un accord.

Il respira profondément par le nez, avant de rouvrir ses yeux rouges et plissés, fixés sur elle.

« Mais je vois pas ce que ça peut te faire. »

Il la scrutait non sans mesquinerie, cherchant une faille dans son air de petite sainte. Et à peine l’idée surgit-elle que déjà sa langue s’activait et qu’un sourire cruel étirait ses lèvres.

« Ou peut-être que si. Tu as déjà tout le monde dans ta poche. Ils te mangent tous dans la main, la gentille déléguée qui est si intelligente, qui a de si bonnes notes, mais qui soutient ses camarades… Et si tu peux prétendre avoir aidé quelqu’un comme moi, tu auras vraiment toute la classe à tes pieds. Tu te sentiras moins nulle… »

Merde.

C’était pas sensé sortir, ça. Vous voyez, quand Bakugou ne donnait pas dans les explosions, il avait un réservoir de méchanceté presque plus dangereux. Et il puisait dedans par réflexe, dès qu’il se sentait agressé. Car pour quelqu’un qui pense essentiellement et presque exclusivement à lui, il détestait discuter de lui-même, et tout était bon pour éviter de s’exposer. Le moyen le plus simple était de porter l’accusation sur l’autre. L’autre avait un problème. Pas lui.

Il sentait la faiblesse. Derrière la gentillesse, toujours de la faiblesse. Et il frappait, à moitié au hasard. En général, il avait l’intelligence de trouver des mots qui pouvaient blesser l’autre. Rien à voir avec l’empathie.

Il suçota sa lèvre inférieure, partagé entre le soulagement que lui procurait la certitude d’avoir fait mal à celui qui voulait lui faire mal, une espèce d’insolence satisfaite, et un malaise de fond. Il se traita d’imbécile. S’il continuait comme ça, il allait juste se torpiller. Et c’était précisément ce que lui disait la déléguée.

Cela révélait bien le problème du blond cendré. Une part de lui était prête à admettre qu’il y avait un souci. Il faisait même des efforts. Idéalement, il aurait voulu que ses efforts portent, sans qu’il ait à reconnaître quoi que ce soit à qui que ce soit, juste en observant ses erreurs et en corrigeant le tir. Continuer à se balader avec arrogance en prétendant être parfait et peu à peu devenir à la hauteur de cet idéal. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de faille dans son armure, plus de faiblesse par laquelle le rabaisser, et ainsi avancer seul, écrivant l’histoire de celui qui aurait su se forger lui-même, avec sa force de caractère, ses efforts titanesques.

Ca ne marchait pas très bien, et ça lui foutait les nerfs, et il s’enfonçait encore plus.






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Ce qu’elle devait lui donner, en ce moment, c’était qu’il l’écoutait. Pour une fois, il ne lui répondait pas rudement, il ne lui disait pas de se la fermer, il l’écoutait et Momo pensait bien que son message était en train de passer dans la tête du blond. Ses mots sincères l’avaient finalement atteints. Ils lui avaient montrés qu’il n’était pas seul, qu’il pouvait se reposer sur les épaules d’au moins quelqu’un dans la classe. Qu’il n’était pas faible pour faire cela non plus. Oui, Momo se disait que tout ça, c’était réussi. Qu’elle avait finalement été capable de briser cette carapace qu’il essayait de se faire pour se protéger des autres… Jusqu’à ce qu’il lui réponde.

Son ‘’okay’’ semblait assez clair qu’il avait compris ce qu’elle disait, au moins. Il avait compris qu’il y avait une vraie menace, qu’il y avait un vrai risque de renvoi, mais la suite. La suite de ce qu’il dit blessa grandement la belle aux cheveux noirs. Les yeux de celle-ci s’agrandirent quand elle entendit les paroles de Bakugou. Des paroles qui se voulaient blessantes et que la jeune femme n’arrivait pas à ignorer parce que… Ça touchait un de ses plus gros complexes. Un complexe que Momo essayait de travailler très fort depuis quelques temps.

Avait-il raison ?... Au fond, est-ce qu’elle faisait ça pour se sentir moins nulle ? Moins stupide ? Plus utile et plus… Populaire ? Est-ce qu’elle avait vraiment tout le monde dans sa poche ? Son anxiété commença alors à l’attaquer intérieurement. Qu’elle n’était qu’une idiote. Qu’elle n’était qu’une moins que rien… Qu’elle n’était qu’une sale manipulatrice qui essayait de l’aider pour elle-même. Soudainement, Momo perdit son air de confiance. Ce fut vite remarqué par son langage corporel qui changea complètement. Elle qui avait un certain control sur la situation venait tout juste de tout perdre.

    « Je… Non je…. »


Elle ne savait pas quoi répondre, parce qu’elle n’était même plus sûre elle-même. Momo aimait se dire être une bonne personne, elle aimait se dire être une bonne amie, qui n’est pas manipulatrice, qui n’est pas égocentrique et égoïste. Oui, elle aimait se dire ça, mais la réalité était-elle autre ?... Momo n’arrivait pas à se convaincre du contraire.

Prise d’un soudain vertige, la première de classe dût s’assoir sur une chaise proche, posant la main sur son front. La belle pris une grande respiration. Elle ne devait pas montrer à quel point ses paroles l’avaient affectée. Même s’il était trop tard, elle devait se reprendre.

    « Bakugou je… je ne fais aucunement ça pour avoir l’air d’une sainte. Je… Je ne veux que t’aider…. »


Les paroles blessantes du blond résonnaient dans sa tête. Elles résonnaient tel un marteau. La jeune femme commençait maintenant à douter que cela fonctionne. S’il n’était même pas capable de s’empêcher d’insulter celle qui essayait de l’aider de la bonté de son cœur… Peut-être qu’il ne voulait vraiment pas de son aide. Peut-être qu’elle devrait juste abandonner. Le laisser faire…

    « Est-ce que c’est… Vraiment ce que tu penses de moi ? Est-ce que tu penses vraiment que tout le monde est égoïste ? Qu’il y a une raison égocentrique pour chaque action que l’on prend ? Est-ce que tu crois vraiment que je ferais autant d’effort pour venir t’aider pour paraitre mieux ? »


La gorge serrée, la voix de Momo semblait un peu tremblante. Pour être honnête, celle-ci essayait de s’empêcher de pleurer. Elle savait que si les larmes se mettaient à couler, qu’elle perdrait le jeune homme pour de bon. Il n’était clairement pas habitué à interagir avec une fille émotive.

Momo pris une grande respiration, laissant ses mots s’encrer dans la tête de Bakugou. Elle le regarda dans les yeux, un regard sincère, mais blessé. Un regard qui commençait à dire qu’elle allait le laisser à ses problèmes si c’était vraiment ce qu’il voulait. Momo n’allait pas prendre une autre insulte. Déjà que son anxiété lui criait à l’esprit à quel point elle était une fille inutile et stupide. Peut-être qu’elle dépensait de l’énergie inutilement, en ce moment. Peut-être qu’elle devrait juste aller se coucher.

    « Tu n’es pas faible pour accepter de l’aide. Tout le monde a besoin d’aide dans sa vie… Même toi… Même moi. »


Une autre respiration profonde. Une autre pause, regardant ailleurs. Nul part, vraiment, dans le vide. Les épaules basses, la fatigue commençait à peser sur son corps.

    « Mais bon… Si tu ne veux vraiment pas de monde aide, alors…. Je suis désolée de t’avoir fait perdre ton temps. »


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