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L'U.A. perd en vitesse ! Suite à l'attaque dans la forêt durant l'examen de la licence provisoire, le public commence à perdre confiance en la plus grande école des héros. En conséquence, un internat a été mis en place et la licence accordée aux élèves.

Suite a cette fameuse réussite, la ligue commença à encore plus se faire connaître !

Les vengeurs, malgré la perte d'un membre, continue néanmoins sa lutte.
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 Le début du plan(PV Bakugou Katsuki) [+16 - Scènes de Torture]

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Vilain Solitaire
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MessageDim 2 Sep - 1:40
 

 

Le début du plan  
  

PV Bakugou Katsuki

 
 
 
Neuf ans. Neuf années passées à se préparer, à établir un plan point par point, à réunir des ressources et des connaissances. Après tout ce temps passé dans l’ombre, pouvoir finalement agir était un peu comme une délivrance. Dire que Tsuyo était excité serait un euphémisme, patience est mère de toutes les vertus mais il n’en pouvait plus d’attendre. Il était prêt à se faire connaître, à dire au monde << Je suis là ! >> et à changer la société en profondeur. Sans qu’elle ne le sache, en attaquant l’USJ puis le camp d’été de l’UA, la Ligue des Vilains lui avait permis de faire un grand bond dans son planning et il leur en était reconnaissant. Néanmoins, le sans alter devait encore réduire la confiance du public envers la première école héroïque du Japon et également obtenir de la publicité pour être crédible envers d’autres vilains et trouver de potentiels pions. Le vilain Deadline était une équipe composée d’un seul homme. Cependant, tout seul, ses options étaient grandement limitées, il lui était donc impératif de dénicher des partenaires commerciaux.

Pour faire tout ça, il avait concocté la méthode parfaite : kidnapper un élève. Quoi de mieux pour montrer que l’école la plus prestigieuse est incapable de protéger ses étudiants et booster sa propre popularité par la même occasion ? Après en être arrivé à cette conclusion, Tsuyo devait désormais désigner une cible. S’emparer d’un élève en général aurait bien moins d’impact que s’il enlevait quelqu’un dans la filière héroïque. Ses yeux se tournèrent alors vers Bakugou Katsuki. L’adolescent était non seulement arrivé premier à l’examen d’entrée pour la filière héroïque mais avait également pris la première place du podium au Festival Sportif, l’événement le plus médiatisé du pays. Si jamais le sans alter parvenait à lui mettre la main dessus au nez et à la barbe d’UA, il n’aurait plus rien à prouver aux autres malfaiteurs, ça serait une preuve plus que suffisante de ses compétences. Mais ce n’était pas la seule raison. Il y avait aussi la personnalité qui rentrait en compte. Le blond aux explosions paraissait arrogant, mal élevé, sûr de lui, prenant les autres de haut simplement parce qu’il avait eu la chance de naître avec un puissant alter. Tsuyo abhorrait cette attitude et il comptait bien lui faire voir ce que ça faisait quand on était au bas de l’échelle.

La sécurité avait été grandement renforcée et s’en prendre aux étudiants était bien plus compliqué car un internat avait été instauré. Malgré tout, l'homme aux cheveux blancs était plein de ressources. Après avoir réalisé quelques recherches, il avait pu constater que même si les élèves devaient passer la semaine dans l’école, ils étaient autorisés à rentrer chez eux durant le week-end. Comme dit un peu plus tôt, patience est mère de toutes les vertus, le vilain avait par conséquent passé plusieurs semaines à observer de très loin grâce à des jumelles le chemin emprunté par sa cible, déterminant les points de passages les moins peuplés et les plus propices à une embuscade. Il avait également étudié ses capacités en re-regardant plusieurs fois le Festival Sportif. Bakugou Katsuki, Alter : Explosions. L’utilisateur peut visiblement enflammer la sueur de ses mains, une substance proche de la nitroglycérine, pour provoquer des explosions. Au festival, l’adolescent s’en servait pour voler, provoquer des écrans de fumée ou déclencher avec beaucoup d’élan une explosion cataclysmique appelée “Howitzer Impact”. Pour le maîtriser, Tsuyo devait l'empêcher d'utiliser ses mains. Il devait faire ça rapidement et ne pas lui laisser le temps de répliquer. L’élément de surprise était la clé du succès.

C’était la Mi-Octobre. Actuellement, les cours s’étaient finis il n’y a pas très longtemps et après avoir regardé l’heure, Tsuyo, masque à gaz sur le visage, couteau dans la main droite et fumigène dans la main gauche, était posté dans une allée un peu sombre mais donnant une vision parfaite de la rue et de tous ceux qui passaient par là. Cette rue était peu fréquentée à cette heure-ci car la grande majorité des gens étaient encore au travail et les étudiants venaient tout juste de sortir de leur établissement. Grâce au pouvoir des coïncidences, Bakugou passait par là pour rentrer chez lui, c’était tout simplement un set-up parfait pour lui tendre un piège. Après un quart d’heure, le sans alter aperçut enfin une masse de cheveux blonds pointus pénétrer dans son champ de vision. Sans la moindre hésitation, vif comme l’éclair, il lança sa lame, visant l’épaule droite du jeune homme, ce qui l’empêcherait d’utiliser correctement ses explosions si jamais il était touché.

N’attendant pas que l’arme atteigne –ou n‘atteigne pas- sa cible, il balança également son fumigène qui dégagea instantanément un épais nuage de fumée. Loin d’être gêné par cette émanation et pouvant y voir très clair grâce à son masque, Tsuyo s’élança vers l’adolescent en plongeant sa main dans une poche intérieure de sa veste pour s’emparer de son taser. Normalement, il avait réussi à le prendre par surprise. Maintenant, le vilain devait absolument le mettre K.O avant que le héros en apprentissage puisse réagir à cette attaque.
 
 
 
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MessageLun 10 Sep - 16:50

Le début du plan
ft Tsuyo Shori

Sans Alter


Katsuki rentrait chez lui pour le week-end, empruntant la route habituelle. Avant l’internat, il avait l’habitude de pratiquer ce trajet quotidiennement. D’abord le métro, et puis sur la fin, il marchait une quinzaine de minutes. Bien qu’ils habitent dans la même partie de la ville, il prenait volontairement un chemin différent de Deku.

Il faisait un détour pour passer par le parc, empruntait la sortie nord, descendait une volée d’escaliers et longeait la rue marchande de Shiroshi. Ensuite, sa route l’éloignait des rues fréquentées ; de grands immeubles d’habitation, tours et ensembles anonymes, bordés de quelques arbres, de parkings à bicyclettes, puis le canal, et enfin les maisons de la zone résidentielle où il habitait avec sa famille. Un quartier de personnes âgées et de couples avec des enfants ; le gouvernement attribuait des aides et la location était bon marché pour un appartement comme le leur, même si en contrepartie, il était loin du centre.

Ce jour-là cependant, il ne traversa pas la rivière ; il n’atteignit pas sa maison.
Les écouteurs dans ses oreilles diffusaient du hard rock qui couvrait les bruits de la circulation ; la voix criant ses insultes en anglais avait un effet relaxant sur ses nerfs. La chanson atteignait sa partie préférée, un rift de guitare, et il cessa de marmonner les paroles pour savourer l’envolée des notes, yeux mi-clos. De chaque côté défilaient les entrées d’immeubles légèrement surélevées par rapport à la route sans trottoir ; un vélo le doubla à toute vitesse. Il ne prêtait pas attention à son environnement, banal et familier. C’était un voisinage tranquille et sans histoire, sans intérêt, qui correspondait peu à ses ambitions. Alors que la chanson touchait à sa fin, son téléphone vibra, interrompant la mélodie ; il le sortit de sa poche avec un grognement, et ses yeux vermillon parcoururent rapidement le mail de Kirishima, qui l’invitait à réviser chez lui. C’était tout au bénéfice du cancre aux cheveux rouges, et plus par morgue que parce qu’il avait quelque chose de mieux à faire, Katsuki se fendit d’un : « Peut-être, si j’ai le temps ».  

Il était dans cette posture, portable à la main, quand l’attaque eut lieu.
Un aboiement de surprise lui échappa. La douleur vint aussitôt après, ainsi qu'un flot de sang tiède qui ruissela le long du bras. L’écran du portable se brisa en milles éclats en rencontrant le sol. Il se ramassait sur lui-même, reculant un pied tout en abaissant son centre de gravité, balayant les environs du regard pour découvrir son assaillant, un rictus hostile découvrant ses dents.

Un battement.

Juron. Une lame s’enfonçait dans son bras, tranchant la chair entre le deltoïde et le triceps, se frayant un chemin de biais et manquait de ressortir de l’autre côté, évitant habilement la tête de l’os qui aurait arrêté sa progression et limité les dégâts. Par réflexe, il tenta de lever sa main maîtresse pour contrattaquer mais l’arme de lancer était bloquée dans les fibres musculaires et l’amorce du mouvement lui cisailla l’épaule. La retirer aurait été imprudent, s’il avait pu avoir une prise suffisante sur le peu de métal qui ressortait, poisseux de sang. Il tourna sur lui-même, laissant son bras pendre, sa main gauche se crispa à hauteur du visage.  

Un battement.

Un train passait sur la voie ferrée voisine, en surplomb, coupa la trajectoire des rayons rasant du soleil et projeta une ombre froide sur l’asphalte. Arrêtez-vous, disaient les caractères chinois blanc inscrits sur la route à ses pieds. Katan, katan, faisaient les wagons tressautant sur les rails, et le bruit couvrait tout, et ses pupilles dilatées dansaient d’un point à l’autre au rythme accéléré des battements de son cœur. Où était-il ? Où était ce connard ?

Un battement.

Un mouvement en marge du champ de vision – objet qui atterrit -  des volutes de fumée en sortirent qui gonflèrent en ronflant, bouffèrent l’espace ; il reculait, il n’avait pas le réflexe de fuir mais il aurait dû, s’échapper de cette zone encombrée pour atteindre un terrain dégagé où il puisse déchaîner son alter. Déjà le mur cendré l’atteignait, et tout se brouilla autour de lui. Il bloqua sa respiration, craignant un gaz toxique.

Un battement de cœur.

Diminué, il enrageait comme un animal blessé – il n’avait pas le temps d’avoir peur – il voulait frapper, toucher, riposter. De sa main valide, il lança une explosion à l’aveugle, dans la vague direction d’où était venu le fumigène. Il n’avait pas eu le temps de concentrer la nitroglycérine mais l’adrénaline lui donnait une bonne suée. S’il ne touchait pas, au moins le souffle pourrait disperser la fumée et lui permettre de voir, au moins un instant.

Il n’avait jamais été agressé de la sorte ; il ne le savait pas : malgré son talent, l’inexpérience - l’issue était déjà jouée.
 





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MessageMar 11 Sep - 23:02
 

 

Le début du plan  
  

PV Bakugou Katsuki

 
 
 
Tentant tant bien que mal de repousser son agresseur, Bakugou envoyait une explosion dans la direction générale de Tsuyo. Néanmoins, n’ayant aucun problème de vision contrairement à sa cible grâce au masque qu’il portait, le sans alter ne fût pas touché. La déflagration ne passa pas loin de lui mais il parvint à l’éviter en faisant un rapide pas de côté. Profitant du fait que le couteau qu’il ait lancé ait atteint sa cible, le vilain, arrivant au corps-au-corps de l’élève, attaquait sur le côté droit de celui-ci, qui était désormais un point faible. Cependant, le blond ne comptait pas se laisser faire et ayant très certainement prédit cette démarche, il pivota à toute vitesse vers le porteur du masque à gaz, déclenchant une explosion tout près de lui en utilisant sa main gauche en parfait état. Réactif mais ne s’attendant pas à une riposte aussi vive, l’homme aux cheveux blancs se baissa en catastrophe et parvint à l’éviter en trébuchant presque, sentant tout de même la chaleur étouffante de l’attaque sur son crâne. Il craignit même que ses cheveux ne prennent feu l’espace d’une seconde. Heureusement pour lui et malheureusement pour l’adolescent, ce ne fut pas le cas.  

Cette première approche avait beau avoir échouée, Tsuyo était un combattant, avec des années de pratiques derrière lui et même s’ils étaient très peu nombreux, il avait déjà affronté des gens possédant des alters aussi destructeurs que celui du jeune homme en face de lui. Il ne comptait pas perdre contre un gamin, pas aujourd’hui en tout cas. N’empêche que, pour gagner, il devait saisir toutes les opportunités qui se présentaient à lui et il en voyait une en ce moment même. Profitant du fait qu’il soit baissé, il tendit sa jambe devant lui et fit un balayage à l’étudiant en tournant sur lui-même à l'aide de ses mains pour le faire tomber. Maintenant que Katsuki était à terre, l’homme aux cheveux blancs se mettait au-dessus de lui, posant ses jambes sur les bras du héros en apprentissage et appuyant ses genoux sur les épaules du jeune homme pour bloquer ses mouvements et l’empêcher de se défendre avec son alter.  

[-C’est l’heure de dormir, Bakugou Katsuki.]
Dit-il en levant son taser tandis que le concerné se débattait comme un beau diable pour se libérer.  

Le sans alter avait pourtant oublié un léger, minuscule, tout petit détail : les paumes de l’adolescent étaient tournées vers le ciel et non contre le sol. De plus, même si il bloquait plus ou moins le haut du corps en appliquant son poids dessus, les poignets du héros en apprentissage étaient relativement libres, eux. C’est donc pour cela qu’une double explosion venant des deux mains le frappa de plein fouet dans le dos et qu’il releva sa tête, serrant les dents sous son masque pour ne pas lâcher un cri de douleur alors qu’il sentait la brûlure causée par la déflagration lui mordre le dos à pleine dents.  

[-AH LE FILS DE PUTE !] Laissa-t-il échapper entre ses dents serrées, sa rage grimpant en flèche.  

Malgré tout, il savait ce que faisait une vraie brûlure et la souffrance qu’elle infligeait. Vu la douleur minime de celle-ci, sans trop s’avancer, le vilain dirait que ce n’était que du premier degré. Un peu de pommade, deux ou trois jours et c’était bon. Toujours est-il que ce petit coup fourré l’avait mis hors de lui et c’est très énervé qu’il collait le taser contre la gorge de Katsuki, l’enfonçant presque dans sa peau alors qu’il comptait l’électrocuter à partir du bras ou du torse. Il arma l’objet et il lui envoya une deuxième décharge, puis encore une autre. Normalement, c’était plus que suffisant mais encore très en colère, Tsuyo zappa le blond une quatrième fois afin de calmer ses nerfs. Il aurait bien voulu le rouer de coups pour vraiment redescendre mais il n’avait pas le temps de faire ça. Il devait dégager de là en vitesse avant que les héros ne se ramènent, il ne pouvait pas se permettre d’être arrêté à cause d’un détail aussi trivial. Après tout, il aurait tout le temps de le battre dans quelques heures.

Le porteur du masque à gaz prit l’explosif sur pattes dorénavant inconscient par les bras, le soulevant légèrement et il le traîna sans trop de mal dans la ruelle où il s’était caché pour lui tendre une embuscade. A l’intérieur, il s’empara de la lame qui était toujours logé dans l’épaule droite de sa cible et la tira d’un coup sec, un flot de sang jaillissant peu de temps après. Le sans alter déchira le maillot que portait le blond, essuya son couteau avec, le rangeant ensuite dans sa veste puis fit un garrot avec le bout de tissu pour arrêter l’hémorragie, le serrant aussi fort que possible. Une fois cela fait, il reprit l’adolescent par les bras et le tira un peu plus loin dans l’allée, vers une gigantesque valise à roulettes préparée spécialement pour l’occasion.  

[-C’est pas très confortable mais va falloir faire avec, petit con.] Murmura-t-il au garçon qui ne l’entendit bien évidemment pas étant donné qu’il était K.O.  

Tsuyo rangea sa prise à l’intérieur, retira son masque et ses gants qu’il mit également à l’intérieur et referma le tout. Maintenant, il sortait tranquillement de l’autre côté de la ruelle, ayant l’air d’un citoyen ordinaire, tout ce qu’il y a de plus normal.



***



Trois heures plus tard, Katsuki, toujours endormi, était fermement attaché à une chaise en métal, ses deux bras devant lui, emprisonnés dans un cylindre en métal, ses poings fermés et collés l’un à l’autre. Il pourrait peut-être les ouvrir en se déboîtant les doigts mais ses mains seraient toujours collées de toute façon et le risque qu’il se blesse lui-même en utilisant son alter resterait présent. D'ailleurs, comme il ne savait pas encore combien de temps il aurait besoin du garçon, le sans alter avait nettoyé la blessure faite par son couteau avec un désinfectant et l'avait recouverte d'un bandage. L’homme aux cheveux blancs et sa victime étaient toujours dans le quartier résidentiel, à seulement cinq ou six kilomètres de là où l’étudiant avait été enlevé. C’était un vieux bâtiment abandonné qui devait être détruit dans les semaines à venir puis être reconstruit, tout beau tout neuf. C’était assez proche de la civilisation pour ne pas attirer trop de soupçons mais personne ne viendrait les déranger ici.  

Ayant remis son masque et ses gants, Tsuyo, un sceau dans les mains, avait estimé que l’adolescent pourrait émerger et c’est pour cette raison qu’il aspergea d’eau glaciale le héros en apprentissage pour le réveiller. Petit bonus : si il était trempé, il ne transpirait pas et si il ne transpirait pas, il ne pouvait pas utiliser son pouvoir. Et le vilain avait volontairement utiliser de l'eau très froide pour que sa prise prenne plus de temps à se réchauffer. On est jamais trop prudents.

[-Allez, on se réveille. Debout.]
 
 
 
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MessageVen 21 Sep - 0:49

Le début du plan
ft Tsuyo Shori

Sans Alter


L’affrontement fut l’affaire de quelques instants. Le temps est relatif quand l’adrénaline dilate les vaisseaux sanguins. Bakugou ne se laissa pas affecter par l’échec de son premier coup de semonce. L’étudiant héroïque avait l’instinct d’un combattant né. Il anticipa l’opportunité offerte au vilain par son flanc vulnérable. C’était là qu’il allait apparaître. Il pivota sur lui-même au moment même où l’attaquant surgissait du néant et il se fallut d’un cheveu pour qu’il l’explose à ce moment – et il ressentit physiquement le dépit comme la fleur sulfureuse ne mordit que le vide. Les ténèbres se refermèrent, encore. Et il perdit l’équilibre.
Les jambes balayées sous lui, il chuta lourdement sur son épaule entaillée, jurant entre ses dents serrées par la douleur comme il essayait de se relever malgré son bras inutile, mais il n’eut pas le temps de rouler : tandis qu’il se débattait, une masse s’abattait sur lui, l’immobilisait dans une prise qui le clouait au sol.
Dans la fumée, la confusion, il distingua un masque à gaz penché sur lui, des mèches blanches, un vêtement sombre…

La lutte se changea en corps à corps acharné. Katsuki haletant crachait des insultes du bout de son souffle, voyant se lever sur lui une arme synonyme de défaite, crépitante d’une électricité menaçante. La panique et la rage – ses bras bloqués, il lui avait bloqué les bras – embrasaient la fureur – d’avoir été blessé, frappé, l’envie de retourner toute la merde à l’expéditeur et puissance dix si possible – et c’est avec la férocité d’un animal acculé qu’il cria « Va te faire foutre ! » lorsque le masque prétendit l’envoyer dans les vapes. Et les explosions jaillirent de ses mains pour lui faire payer cher ce qu’il lui avait fait.
Son bras entaillé endura le recul et il ferma les yeux dans le vertige que lui causa la blessure. Ses lèvres dessinèrent un sourire en entendant la voix de l’homme gronder et l’injurier, il aimait cette teinte de souffrance qui la voilait. Mais ce n’était pas assez.
Ce n’était pas assez.

Et une rage plus forte, plus mordante fut sur lui ; une violence aveugle qui ressemblait à la sienne, lui enfonça le tazer dans la gorge avec une brutalité qui le fit s’étrangler, avant même que l’appareil ne décharge son voltage au travers de son corps.
C’était un aller simple pour le cerveau, et tous ses nerfs furent instantanément saturés par le courant. Il perdit le contrôle sur son corps, son alter ; les muscles se contractèrent et la douleur lui arracha un cri impossible à contenir. Il ne put rien faire ; l’arme était conçue pour cela. Il eut à peine le temps de braquer ses pupilles contractées sur le masque ; de sentir ses poings se crisper nerveusement, que la deuxième salve l’envoya s’arque bouter, suffoquant, se tordre de ça de là comme si les réflexes pouvaient l’éloigner du crépitement infernal. Cela durait des secondes interminables, où chaque cellule paraissait crier à l’agonie, et il ne pouvait pas battre un cil tandis que les vagues de douleur déferlaient sur lui, changeant son corps bien-aimé en un pantin raide et ballotant. Les instants de recharge lui firent chercher une position fœtale, mais ses bras étaient toujours bloqués et il ne put que rentrer la tête en gémissant, à demi-étourdi malgré sa robustesse. Il fallait qu’il arrête, ou il risquait de crever : il sentait la tachycardie de son cœur rendu fou par ces signaux absurdes, la salive dégoulinant de sa bouche et ses mains trop tremblantes. Même s’il l’avait voulu, il n’aurait pu lui dire de stopper. Rien à faire que de subir, comme une troisième puis une quatrième décharge envoyaient dans le réconfort momentané de l’inconscience le corps de l’adolescent secoué de convulsions. Il perdit connaissance.


Le soir tombait maintenant. La lumière déclinante passait à peine par les fenêtres crasseuses, et sur le plancher poussiéreux, une traînée plus sombre figurait le chemin emprunté par le corps qu’on avait hissé sur le siège métallique, entravé, attaché. Des cloisons avaient été abattues, un reste de carrelage, l’ancienne douche, éclaircissait une trouée dans le mur, et le cadre des portes arrachées s’éventrait, laissant entrevoir l’amiante par ces déchirures. Les lieux avaient été bien nettoyés, c’était il y a longtemps – il ne restait rien des anciens habitants, pas un objet, juste des cloisons, des espaces vides, dénaturés. Un squelette de maison où passaient les courants d’air et où le chasseur et sa proie se trouvaient à présent, quelques semaines avant sa ruine, pour jouer une dernière tragédie entre ces murs indifférents.

Le noir de velours se zébra de blanc, et Katsuki s’éveilla perclus de courbatures, sous la morsure gelée de l’eau. Le choc thermique ne lui laissa guère le loisir de s’attarder entre veille et sommeil. « Bordel de c-connard de m… » gueula-t-il en sentant son corps trempé, croyant l’espace d’un instant qu’un malade avait eu l’idée folle de lui faire une blague de mauvais goût, avant que la situation lui revienne en même temps que l’inconfort.

Il rentrait chez lui, comme à l’ordinaire, quand avait eu lieu l’attaque, fulgurante. Le vilain avait réussi à réduire sa mobilité en incapacitant son bras, et sans rien y voir, il n’avait pu riposter.
Katsuki était toujours furieux, piqué par sa défaite comme un bœuf par l’aiguillon. Il n’avait pas eu le temps de combattre, de comprendre, il ne savait même pas quel était l’alter de son adversaire. Il s’était fait écraser, et à l’incrédulité se mêlait une sombre amertume. Il était trop tard pour changer le cours de l’affrontement, pour être plus attentif, pour voir le coup venir. Il se vantait de ses réflexes, mais ils étaient où, les réflexes surhumains, quand il avait ses écouteurs et son portable dans les mains ? Il s’était fait avoir comme un nullard de seconde zone, comme un civil. On les avait avertis sur la Ligue, les attaques, il aurait dû être plus méfiant ! Mais c’était trop tard, c’était passé, et il devait composer avec la déception et avec cette situation de merde.

Il se secoua pour chasser l’eau qui dégoutait le long de son nez, des mèches pointues de ses cheveux. Engourdi, il souffla pour se réchauffer, braquant son regard rouille sur son agresseur. Il profita de l’absence de fumée pour l’observer plus en détail, même si ce vilain tenait manifestement à garder l’anonymat, et portait encore ce stupide masque. Ses pupilles nerveuses sautèrent rapidement de l’appareil déshumanisé qui lui servait de face à la pièce, cherchant des issues, des informations. Il essayait en même temps de tester les liens qui maintenaient ses poings solidement attachés, sans succès aucun. Il ne pouvait pas déplier les doigts, et le métal qui enfermait ses avant-bras laissait juste assez de marge pour se rôtir les mains s’il tentait une explosion. Il ne pouvait pas enflammer la nitroglycérine sans exploser ses mains. Il ne s’était jamais amusé à utiliser son alter mains fermées, et encore moins mains accolées. Toute la puissance de la déflagration réduirait ses doigts en charpie.

Réaliser qu’il ne pouvait pas se servir de son alter lui causa un choc, peut-être plus intense que les décharges électriques. Bakugou avait toujours vu son pouvoir comme une partie de lui, et malgré les limites légales, il s’en servait couramment, c’était une extension de son corps et de son esprit aussi naturelle que la marche ou la parole. C’était son pouvoir. La capacité via laquelle il interagissait au monde, qui fondait son identité, lui permettait d’agir et d’avoir un impact sur les gens et les choses. Cette sensation de colère qui ne peut s’exprimer, de ne pas pouvoir agir, il ne l’avait connue qu’une fois : lorsqu’il avait subi des entraves très semblables à celles-là, à la finale du championnat sportif de UA, parce qu’il faisait une crise de nerfs pour refuser la médaille.

Et ce type l’avait appelé deux fois par son nom. Sa voix, déformée par son accessoire, ne lui disait rien, mais lui connaissait son nom. Il connaissait son alter. Cette attaque ne devait rien au hasard, et s’il ne pouvait se figurer l’objectif de l’homme au masque, il avait une petite idée de comment il avait obtenu ces informations. Il maudit plus encore les organisateurs de l’avoir attaché devant les caméras, révélant ainsi à tout le monde le moyen d’efficacement neutraliser son alter.

Malgré le tremblement de froid qui hérissait ses poils presque incolores, il s’efforça de se redresser autant que l’autorisaient les liens pour adresser un rictus à son ravisseur.
« Qu’est-ce tu veux, t’es un fan trop collant c’est ça ? »

Même d’en bas, il le toisait avec insolence, des yeux rapaces et un sourire railleur qui signifiait que rien ne saurait effacer la limite entre eux. Les vilains, à ses yeux, c’était de la racaille, et lui il était au-dessus et rien ne pourrait changer ça. Il ne pouvait pas le frapper. Mais si ses mots pouvaient blesser, alors il allait s’en servir. Jamais il ne se laisserait dominer. Son égo était fort ; plus fort que la peur.

 





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Le début du plan  
  

PV Bakugou Katsuki

 
 
 
Tsuyo observa sans rien dire l’adolescent se réveiller en sursaut suite à cette douche froide, lâchant un juron dans le processus. Le visage caché par son masque, il étudiait les réactions du blond. Il vit l’étudiant l’examiner de haut en bas avant que ses yeux rouges ne bougent à droite et à gauche, tentant très certainement de déterminer les issues possibles. Les muscles du vilain se tendirent un tout petit peu et il serra les poings lorsque les bras de sa victime bougèrent, signe qu’elle testait ses liens. L’homme aux cheveux blancs avait vérifié plusieurs fois pour être sûr que le héros en apprentissage ne pourrait pas s’en défaire mais il se prépara tout de même à lui sauter dessus et le maîtriser, au cas où. On n'était jamais trop prudent. Le sans alter se détendit après avoir constaté que l’explosif sur pattes n’avait eu aucun succès de ce côté. Tsuyo vit les yeux rouges du garçon, fixés sur ses mains, s’élargir et les lèvres du kidnappeur s’étirèrent en un sourire mesquin sous son masque.

L’étudiant devait très certainement avoir réaliser qu’il lui était impossible d’utiliser son alter et ça devait lui faire un petit choc. Plus aussi fort que ça quand on ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs, hein ? Le porteur du masque à gaz savait pertinemment que pour ceux qui en possédaient, ces capacités étaient une part importante et indissociable d’eux, un morceau de leur identité. Quand il trouvait le moyen de neutraliser l’individualité de quelqu’un, ça leur faisait toujours un petit choc et visiblement, ce petit arrogant ne faisait pas exception à la règle. C’est l’un des domaines dans lesquels il était supérieur, ce genre de chose ne pourrait jamais lui arriver étant donné qu’il n’avait pas d’alter. Néanmoins, malgré qu’il se soit rendu compte qu’il était impuissant dans cette situation, cela n’empêcha pas Bakugou de se redresser autant qu’il le pouvait avant de lui dire avec insolence :

« Qu’est-ce tu veux, t’es un fan trop collant c’est ça ? »

Ahaha, petit con, va. Finalement, il n’avait pas l’air de réaliser la situation dans laquelle il était, contrairement à ce Tsuyo pensait. Mais peu importe, ce n’était pas grave. Après tout, le vilain allait se faire le plaisir de lui enfoncer ça dans le crâne. Il marcha jusqu’à son prisonnier dans le silence et, sans prévenir, il lui administra une énorme baffe depuis sa main droite.

[-J’ai peur que ça ne soit pas le cas. Pour tout te dire, j’aurais préféré que ça soit l’autre finaliste, Todoroki Shoto, qui l’emporte.] Répliqua-t-il froidement.
[-Je suis persuadé qu’il n’aurait eu aucun mal à te battre si il s’était servi de ses flames mais je suppose qu’il ne voulait pas blesser ton égo surdimensionné en t'écrasant trop facilement. On dirait bien qu’il s’est raté.] Ajouta le vilain d’un ton moqueur, se rappelant très bien pour quelle raison le garçon en face de lui avait été enchaîné au podium, faisant sa crise devant les caméras, braillant que ce n’était pas une vraie victoire car son adversaire ne s’était pas battu à fond.

[-Concernant la claque que je t’ai donné, c’est pour te faire comprendre que tu te trouves dans une situation très délicate et que tu ferais mieux de tenir ta langue.]

Pour illustrer ses propos, il sortit un couteau de sa veste et pointa la lame contre la gorge du blond, appuyant suffisamment pour que ça picote mais pas assez pour le faire saigner.

[-Si l’envie m’en prenait, je pourrais te tuer là, tout de suite et tu serais incapable de m’en empêcher, tu comprends ? Tu ne veux pas mourir, pas vrai ?]

Après quelques secondes à fixer l’adolescent droit dans les yeux, l’homme aux cheveux blancs cessa de menacer le blond avec son arme et la rangea dans sa veste.

[-Maintenant que c’est clair, passons aux présentations. Je suis Deadline. Tu dois très certainement te demander pourquoi je t’ai capturé. C’est un peu cliché le coup du vilain qui révèle son plan au héros mais bon. Disons que j’ai besoin de reconnaissance, d’être connu par d’autres malfaiteurs si je veux être pris au sérieux. Quoi de mieux que d’enlever l’élève arrivé premier au Festival Sportif et faisant partie de la classe ayant survécu à une attaque de vilains pour ça ? Concrètement, je t’ai choisi toi par ce que tu es celui qui va me rapporter le plus de publicité. Faut croire que la célébrité ne possède pas que des avantages.]

Le sans alter recula.

[-Cependant, même si mon objectif est déjà accompli et que je n’aurai techniquement plus besoin de toi après avoir pris une vidéo, j’aimerais discuter. C’est pour cela que nous allons jouons à un petit jeu, toi et moi.]

Un sourire carnassier prit forme sous son masque et il croisa les mains, toisant le héros en apprentissage du haut de son mètre quatre-vingt-deux. C’était un jeu EXTRÊMEMENT dangereux pour lui si jamais Bakugou s’échappait par un quelconque miracle mais très amusant.

[-Nous allons poser des questions à l’autre, chacun notre tour. Si tes réponses sont satisfaisantes, je pourrais retirer mon masque, te révéler mon alter...] Il laissa presque échapper un rire en disant cela [-...mon âge ou même mon véritable nom. C’est plutôt généreux de ma part, non ? Cependant, si ce que tu dis ne me plait pas, je me réserve le droit de te punir en usant de la violence. Alors, qu’est-ce que tu en dis ? Si tu es d'accord, passons à la première question.]

Le porteur du masque à gaz prit soudainement un ton plus grave, plus sombre, plus menaçant.

[-Dis-moi, Bakugou Katsuki... Qu'est-ce que tu penses des sans alters ?]
 
 
 


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MessageJeu 27 Sep - 0:04

Le début du plan
ft Tsuyo Shori

Sans Alter



Katsuki le regarda approcher en essayant de ne pas perdre de sa superbe. Garder son sourire railleur qui se crispait agrippé aux coins de sa bouche. Il ne put s'empêcher de ciller et ses muscles de se tendre.

Lorsqu'il arriva à un mètre de lui, il se prépara à agir. Il voulait saisir l'occasion : si le kidnapper l'attaquait, il pourrait lui porter un coup en balançant ses bras contre sa tempe, en utilisant le poids du cylindre de contention, l'assommer, et il trouverait bien comment se défaire des liens.
Oui, sauf qu'il avait une marge de manœuvre réduites avec le pivot de ses coudes et qu'il était attaché à une chaise. Cela lui laissait peu de possibilités quand l’autre faisait une tête de plus que lui. Et le coup partit et le cinglé était trop loin pour qu'il fasse quoi que ce soit.

La gifle heurta sa joue avec force et un claquement retentissant. Une marque rouge s'imprima en un instant comme une grande étoile sur sa face, et le garçon sentit son cou craquer. Putain de brute.
La tête resta tournée mais les yeux rouges fusèrent vers la surface glacée du masque, brûlant d'une haine alimentée par la douleur et l'humiliation. Une pulsion de destruction qui lui fit découvrir les dents, et il se tordit vers le tortionnaire comme un chien enragé retenu par sa laisse. « Je vais te buter, connard… ! » crissa-t-il. Un feu couvait en lui, un brasier que la violence ne faisait qu'attiser, qui ne connaissait ni raison, ni limites. L'absence d'inhibition de l'adolescent avait joué contre lui bien des fois, et les émotions brutales qui le secouaient menaçaient de lui faire risquer sa vie. Non, Bakugou n'était pas sage. Il était très, très en rogne. Colère et prudence ne font pas bon ménage.

Il haïssait les vilains. Plus encore que ce sale merdeux de Deku. Il haïssait ces tarés qui voulaient mettre le monde à feu et à sang, et qui osaient s'en prendre à lui. Qui osaient le prendre comme victime. Il ne pigeait que dalle à leur raisonnement, ils étaient là, ils étaient l'ennemi, et il fallait qu'ils perdent.

Il se débattait, poussait, tirait de toutes ses forces, la corde frottant douloureusement contre sa peau. Il l'aurait arrachée avec les dents.

Il fallait qu'il gagne. Qu'il écrase cette aversion comme un serpent répugnant, sans laisser le temps aux crocs de se planter, au poison de se répandre.

Sans laisser de place à la peur.

A la sensation de ses membres liés. De l'impuissance de son alter.

Il se débattait.

Il fallait qu'il gagne. D'une façon ou d'une autre. Ou sinon...

L'homme regardait de haut ses efforts infructueux et lui parla avec mépris. Le combat contre Double-Face s'imposa aussitôt à sa mémoire, comme une vieille brûlure, douleur fantôme, et l'adolescent grimaça de dépit, aisément vexé par la remarque acide.

"J'aurais gagné de toute façon...!" cracha-t-il quand il n'aurait pas dû répondre, et sa réaction d'alors rendait sa réplique dérisoire.

En tout cas, il ne s'était pas trompé, l’autre le connaissait suite à la rediffusion télé du tournoi. Bakugou savait que la raillerie n'avait d'autre but que de l'énerver davantage, mais Shoto s'était bien foutu de sa gueule et ça faisait mal, encore, qu'il ne l'ait pas considéré comme un opposant au même titre que Deku. Bien sûr que ce n'était pas pour cette raison. Bien sûr que Shoto ne l'avait pas fait pour l'humilier (et pourtant il la ressentait, cette cruelle moquerie, dans son acte). C'était pire encore. Son combat, ce combat qui couronnait le tournoi dans lequel il avait tout investi, ce combat dans lequel il avait mis toutes ses forces, tout ce qu'il avait, ce combat ne signifiait rien pour Shoto. Il ne signifiait rien pour Shoto. Ses yeux ne le voyaient pas, ces yeux mêmes qui avaient reconnu Deku. Ces flammes qui s'étaient élevées pour Deku. Qu'est-ce qu'il devait faire, pour être digne de sa force ? Il avait tout donné, tout, et pourtant ça n'avait pas suffit. Qu'est-ce qui lui manquait, qu'est-ce que Deku avait de plus que lui ?

Toujours calme en apparence, le vilain se mit à lui expliquer, comme s'il s'adressait à un enfant mal élevé, pourquoi il l'avait puni. Évidemment, cette condescendance fit bouillir le sang du plus jeune et il avait déjà une réplique stupide au bout des lèvres (De l'ordre de : "Tu parles d'une baffe, ma mère tape plus fort !" - ce qui n'était pas vrai, bien qu'il se soit pris des roustes mémorables. Mitsuki ne l'avait que très rarement frappé au visage -).

Sauf qu'au premier bredouillement , un couteau vint effleurer sa gorge et y éteint la voix.

C'était l'endroit où, avant qu'il ne soit mis KO, s'était enfoncé le tazer dans sa chair. Le masque, la voix semblaient imperturbables, et le sens avait du mal à pénétrer sa conscience épaisse, c'était inconcevable, et pourtant...

Pourtant, il pouvait le voir lui enfoncer l'acier dans la jugulaire et lui poignarder la gorge, il pouvait. Aller trop loin. Ne pas les avoir. Les limites.

Et la douleur atroce qu'il avait ressentie revenait en écho comme les vibrations de la lame envoyaient des frissons à la surface de sa peau.

Il ferma les yeux, déglutit, et s'efforça de museler le tigre en lui. Cette envie de hurler et de frapper jusqu'à ce que le monde cesse d'être injuste, jusqu'à ce que ce monde le reconnaisse. Ce besoin d'être fort, plus fort que tous, pour qu'ils s'écartent, les gens, les murs, pour qu'ils le laissent respirer. Ce désir de tout détruire, de tout faire exploser, les yeux qui ne le quittaient pas, les yeux qui ne le voyaient pas.

Il n'était qu'un gosse impuissant attaché à une chaise. Il ne voulait pas mourir. Il ne voulait pas crever pour une stupide bravade, pour sa stupide grande gueule, pour son tempérament de merde qu'il avait tant de mal à contenir.

Il sentit à la pression que l'homme exigeait une réponse et serra plus les lèvres, laissa son regard s'échapper de ses paupières plissées et acquiesça d'un imperceptible hochement de tête.

Oui, il comprenait.

Il pouvait distinguer derrière la vitre un éclat bleu, celui d'un regard glacial fixé au sien comme un étau. Il était incapable de rien lire là-dedans. Il ne savait pas ce qu'il foutait là. Il ne savait pas ce qu'il lui voulait. Il ne savait pas ce qu'il fallait faire. Et il dut lutter pour ne pas détourner les yeux, jusqu'à ce qu'enfin la lame quitte sa gorge, qu'enfin il puisse respirer.

Une longue inspiration tremblante. Et le méchant de mes deux qui commence son monologue. Et malgré son envie de rire d'un rire mordant au dérisoire de la situation Katsuki l'écouta de toute l'attention qu'il ne donnait jamais à autrui, parce qu'il n'avait pas d'autre choix pour survivre.

Donc ce Deadline était un anti-fan, en quelque sorte. Il voulait se servir de lui comme un outil, un porte-voix pour son message. Non seulement il s'était fait capturer, mais en plus par un vilain de seconde zone. Et ce n'était même pas la première fois. C'était ridicule.

Le plan faisait sens, pour une petite frappe. Certains s'en prenaient à All Might. D'autres s'attaquaient à un élève de première année de UA. Même s'il savait qu'il était talentueux, prometteur et qu'il avait acquis une petite réputation en remportant cet évènement télévisé, Katsuki avait conscience qu'il n'était pas important. Pas encore. Donc il représentait sans doute le maximum de ce que cet homme seul pouvait atteindre avec sa marge d'action. Ce que ça donnerait comme réputation à cet homme parmi les hors la loi, il n’en savait rien, mais au fur et à mesure que les conséquences de cet évènement s’enchainaient dans son esprit, il prenait conscience de ce que ça signifierait pour lui. Et pour UA. Une mauvaise, très mauvaise publicité.

L’école avait souffert de la nouvelle attaque combinée de la Ligue et de ce nouveau groupe de vilains qui se nommaient les vengeurs. Katsuki n’avait rien pu faire, il n’avait pas participé aux combats qui avaient donné le coup d’arrêt au camp d’été, et cette absence lui cuisait. Savoir que ses camarades, même s’il ne prêtait pas attention à eux d’ordinaire, avaient fait face à cette menace et pas lui… Il ne voulait pas être inutile, qu’on le traite comme un gamin à protéger. Il voulait être au cœur de l’action. La classe de la fille avec qui il avait fait un entrainement, Ujida, Uchiha, machine là, ils s’étaient fait agresser et les médias disaient que c’était un vrai désastre. Sans doute était-ce déjà une gageure qu’il n’y ait pas de victimes, mais les rumeurs qui prétendaient que les Vengeurs, plus que les héros, avaient défendu les étudiants, n’arrangeaient pas la confiance du public dans l’école et dans la société.

L’étudiant en avait sa claque de ces gens qui pouvaient pas le voir, de certaines personnes qui semblaient penser qu’il n’avait pas sa place dans le cursus héroïque (Yaorozu, en particulier), et il voulait se battre, il voulait prouver qu’il était dans le camp d’All Might et le faire en première ligne.

Et à la place, il s’était fait capturer par un vilain, et par sa faute, la sécurité de l’école risquait d’être encore remise en question. Même si c’était de sa faute. Même si c’était le week-end, qu’il n’était pas dans les locaux, sous leur responsabilité. Même s’ils ne pouvaient pas les baby-sitter H24.

Et lorsque Tsuyo affirma qu’il avait déjà réussi, il réalisa soudain que ce n’était pas un si mauvais plan, et que la réputation que le vilain cherchait n’était pas seulement celle de quelqu’un qui a la ressource de faire un adolescent prisonnier (fut-il le plus talentueux de sa putain de promo). C’était la marque de quelqu’un qui sait où appuyer, au bon moment, pour faire s’effondrer l’équilibre. Pour déstabiliser le système. Quelqu’un qui a l’intelligence, et la vision, pour changer les choses. Et être le premier d’une série de dominos qu’on allait faire s’écrouler d’une pichenette, cela n’était vraiment pas une position confortable.

Il avait pali à la mention d’une vidéo. Pali plus encore à ce que sous-entendaient ses mots. « Plus besoin de toi ».

S’il était un vilain, qu’il voulait impressionner la Ligue, ou n’importe quel groupe de malfaiteurs, qu’est-ce qu’il ferait d’un prisonnier comme lui ? Le kidnapper plus de quelques heures serait très périlleux. Il pourrait le relâcher, le laisser là attaché jusqu’à ce qu’on le trouve. Mais qu’il soit friand de chaos, comme le type aux mains, ou fanatique comme ce fameux Stain…

Il sondait le peu qu’il distinguait de ses yeux, il se souvenait du combat, il écoutait les intonations de sa voix. Et seul le froid qui le faisait grelotter empêcha la sueur de rejoindre l’eau dégoulinant le long de son dos.

Il fallait qu’il se casse d’ici. Il fallait qu’il s’échappe et fissa.

Or, le masque proposait un jeu. Il semblait jubiler en croisant les mains, observant avec délectation l’apprenti-héros si prétentieux, à sa merci. Même si le vilain était plus distingué, avec son costard, sa tenue, qu’un collégien braillard aux allures de voyou, Bakugou savait reconnaître le chat qui fixe la souris entre ses pattes. Il avait été le chat.

S’il gagnait, il obtenait des informations sur ce Deadline. S’il perdait…

<< [-Je me réserve le droit de te punir en usant de violence.] >>
Il ne s’était jamais vraiment demandé ce que ça faisait de servir de punching-ball à quelqu’un. Il avait subi les contrecoups de ses explosions ; il s’était fait castagner lors de combats ou d’entraînements. La différence, c’est qu’il n’était pas attaché. La différence, c’est qu’il n’était pas sans alter.

Si Deku l’avait supporté, il pouvait le supporter. Il était au moins sûr de cela. Et jusqu’à preuve du contraire, ce mec ne ponctuait pas ses coups d’explosions. Il était résistant, pas vrai ? Il était un héros, pas vrai ? Il n’allait pas se laisser… intimider…
Il passa la langue sur ses lèvres, essayant de trôner sur sa chaise comme s’il était à l’aise, que ses jambes étaient écartées parce que c’était sa posture de mec badass et pas parce que ses jambes étaient nouées aux pieds d’un meuble. Comme s’il s’agissait d’une simple conversation qu’il aurait choisie. Il n’écouta pas vraiment la question, il jouait son va-tout. Rejetant la tête en arrière, il l’interrompit, sans parvenir à se départir de son âpreté.

« J’ai pas vraiment le choix, non ? Tu veux pas desserrer mes liens plutôt si je gagne ? Pour ce que j’en ai à foutre de qui tu es ou de voir ta sale tronche… »

Il ne souriait plus, et les insultes glissaient de sa bouche aussi naturellement qu’il respirait. C’était une tentative un peu désespérée. Il n’avait rien à gagner de ce jeu. Il ne voulait pas connaître l’âge ou le visage de ce fou.

Il ne voulait pas les connaître, parce qu’il ne voulait pas qu’il le tue.

<< [-Qu'est-ce que j'ai dit propos de tenir sa langue ? Dernier avertissement. Au prochain écart, j’abîmerai tes mains et ton alter dont tu es si fier.] >>
Les doigts se crispèrent dans leur goulot d’acier. Il ne pouvait pas toucher ses mains, après tout elles étaient isolées par le métal… non ?

Le blond ne répliqua plus. Il fixait un point sur le mur décrépi, la silhouette de l’homme sombre et floue, au premier plan, bouchant son champ de vision. L’homme qui voulait qu’il se taise, qu’il soit bien coopératif, comme un brave petit pantin. Et il lui donnait ce qu’il voulait. Avec la rage au ventre, il ravalait son sarcasme et sa putain d’envie de l’envoyer bouler, de tout péter. Les cordes roides ne lui laissaient pas le loisir de bouger. Il cherchait, cherchait comment s’échapper, comment répliquer, comment ne pas juste subir, et il ne trouvait rien.

Il avait été privé de son alter. Il avait bandé ses muscles sans succès. Il avait gueulé et tempêté sans succès. Il avait réfléchi. Sans succès. Il avait épuisé ses ressources habituelles. Et maintenant, il commençait à croire qu’il n’y avait pas de solution. Qu’il n’avait pas d’issue.

Ses mains étaient son bien le plus précieux. Son alter.

Il fixait le mur et tentait de ne pas avoir l’air faible. Qu’il réponde, qu’il ne réponde pas, il préférait presque que l’autre taré l’attaque, et que ce soit fait.

Face à son mutisme, Tsuyo sembla changer d’avis. Il se relança dans une longue tirade : <<[-Tu donnes ta langue aux chats ? Quand on y réfléchit, il est vrai que tu ne gagnes rien. Je vais donc te faire une meilleure proposition et changer les règles du jeu. Tu ne me poseras aucune question, je serais le seul à en poser mais !... Si tes réponses sont satisfaisantes, tu pourras t'en sortir vivant. Bien évidemment, je serais obligé de te remettre quelques coups de taser et tu te réveilleras un peu plus tard en pleine rue mais tu seras vivant et en plus ou moins bonne santé, ce qui est plus que suffisant. Cependant, si tes réponses ne me plaisent pas...] >>

Katsuki tourna son visage vers lui. C’était… un espoir. Quelque part. Bien sûr, il n’avait pas de preuve qu’il disait vrai. Et il ne savait plus ce qu’il ressentait, le soulagement auquel s’accrocher ou la sombre confirmation de ses peurs. Car à présent, il était clair que sa survie dépendait de ce jeu. Et que Deadline avait toujours eu l’intention de le tuer.

<< [-Tu comprends, n'est-ce pas ? Du coup, je vais reposer ma question et cette fois-ci, si tu ne réponds pas, on va passer aux punitions.]>>

N’était-il pas patient ? Ce calme qu’il affectait, cette façon de le prendre de haut, lui parler comme s’il était stupide… Il lui ferait bouffer, son maudit masque à gaz. Le vilain appréciait juste le contrôle qu’il avait sur lui, de dicter ses règles et de pouvoir entendre le son de sa propre voix. Et il avait beau ne pas être fan, l’intérêt ciblé qu’il lui portait était dérangeant, pour ne pas dire malsain. Il se contenta de plisser les yeux et de lui lancer un regard assassin en guise de réponse.

< [-Donc, Bakugou Katsuki... Qu'est-ce que tu penses des sans alters ?] >>

Cette fois il entendit bien la question et ses yeux s’arrondirent. Les… sans-alter ? Ca sortait d’où ? C’était un sujet de dissert ou quoi ? Il contempla le méchant avec confusion, sans comprendre où il voulait en venir. Qu’est-ce qu’il attendait de lui ? Quel était le sens de ce jeu ?

Qu’est-ce qu’il fallait répondre pour lui convenir ? Il n’avait rien à dire sur ce sujet ! Il n’était ni du genre à faire de longs discours, ni du genre à mentir aisément… Et pourtant, pourtant il fallait bien qu’il parle, et qu’il fasse durer autant que possible, au cas où quelqu’un se pointe, au cas où la cavalerie soit en marche. Et il se demandait combien de temps passerait, avant que sa mère prévienne les flics. Où était passé son portable ? S’ils le trouvaient brisé sur la scène, ils se douteraient…
Mais il n’avait pas le temps de penser à ça.

« J’ai rien contre les sans-alter… » commença-t-il, hésitant, l’air renfrogné.

Ce n’était pas comme s’il s’était intéressé à ce sujet. Ils étaient aux confins de son monde. Dépourvus de pouvoirs, donc insignifiants.

« Ils ont pas de chance, de ne pas développer de pouvoir. Ca craint. Mais c’est comme ça, la vie est pas juste… Il faut bien qu’il y ait des gagnants et des perdants. Tout le monde peut pas être un héros. »

(Il eut l’impression, à voir les poings de son kidnapper se serrer, qu’il n’avait pas gagné des points ; mais qu’est-ce qu’il pouvait dire d’autre ? C’était la vérité ! )
Sans-alter. Chaque fois que ce mot avait quitté sa bouche, c’était comme une insulte. Il n’était pas le seul. Les enfants, dès qu’ils avaient su ce qu’était cette différence, avaient chantonné cela comme le pire des sobriquets. Et s’il n’avait pas donné à Izuku son surnom méprisant, c’est par ce nom aussi qu’ils l’auraient appelé.
Le pauvre, il n’a même pas d’alter ! *rires*

C’était une tare. Les alters étaient plus ou moins cools, plus ou moins forts. Et ceux qui n’en avaient pas, ils étaient tout en bas de l’échelle. Tous les enfants apprenaient ça. Ensuite, ensuite on prétendait qu’il en était autrement. On faisait comme si les individus étaient égaux, que les différences ne comptaient pas, qu’il y avait une place pour chacun. Katsuki ne s’y trompait pas.

« Ce qui compte, c’est de connaître sa place. Si un sans-alter dit qu’il veut être un héros, c’est normal qu’on se foute de lui. C’est pas possible, c’est évident ! »

Il secoua la tête, énervé par Deku. Le fait même qu’un alter lui soit miraculeusement apparu contredisait ses certitudes. Ce qu’il avait voulu lui rentrer dans le crâne tout ce temps. Reste à ta place. Ne te mets pas en travers de mon chemin.

« Si on n’a pas d’alter, on ne peut faire que des jobs minables, avoir une vie médiocre et anonyme… On ne peut pas se défendre, on n’a rien de particulier… Ça craint, vraiment ! Mais c’est pas de leur faute, et de toute façon, d’ici deux ou trois générations, ils vont disparaître… »

Il n’aimait pas les sans-alter. Il n’aimait pas grand monde, mais son inimitié envers Deku était indiscernable du mépris qu’il éprouvait pour quelqu’un qui n’avait pas de pouvoir. Il avait beau le déguiser de mots, c’était quelque chose de plus profond, une répulsion pour la faiblesse, et pour ce qui était si différent de lui. Bakugou ne se mettait pas à la place de son ancienne victime, et la plupart du temps, il n’y pensait pas. Il n’avait pas de remords : après tout, les autres l’encourageaient, tout le monde faisait pareil, et les profs fermaient les yeux. Il était le plus fort, il oppressait le plus faible. Suivant son instinct, sans se poser de question.




Merci à Denki et Alex pour le kit~
Vilain Solitaire
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MessageDim 30 Sep - 14:08
 

 

Le début du plan  
  

PV Bakugou Katsuki

 
 
 
Il en mettait du temps à répondre, dis-donc. Et en y réfléchissant, ça faisait sens. Peu importe que ses réponses soient satisfaisantes ou pas. Si elles ne l’étaient pas, il mourrait. Si il apprenait des informations trop sensibles sur Tsuyo, il mourrait. Il était effectivement piégé. Ayant réalisé ceci, le sans alter décida de changer d’approche. Il allait lui laisser une chance, une toute petite chance, mais une chance quand même de pouvoir se tirer de là vivant et pour cela, il devait changer les règles de son petit jeu. La voix froide mais parvenant tout de même à dégager juste le bon dosage d’arrogance et de suffisance, il donna une option à l’adolescent en face de lui alors qu’il ne lui devait rien.

[-Tu donnes ta langue aux chats ? Quand on y réfléchit, il est vrai que tu ne gagnes rien. Je vais donc te faire une meilleure proposition et changer les règles du jeu. Tu ne me poseras aucune question, je serais le seul à en poser mais !... Si tes réponses sont satisfaisantes, tu pourras t'en sortir vivant. Bien évidemment, je serais obligé de te remettre quelques coups de taser et tu te réveilleras un peu plus tard en pleine rue mais tu seras vivant et en plus ou moins bonne santé, ce qui est plus que suffisant. Cependant, si tes réponses ne me plaisent pas...] Le villain fit une pause dramatique pour faire comprendre à Bakugou ce qui allait lui arriver pour peu qu’il se rate.

Maintenant, pourquoi est-ce que l’homme au masque à gaz lui donnait une telle occasion ? Déjà, pour le faire parler, mais il y avait plus que ça. Ce garçon, ce jeune homme, était élève à UA, l’école héroïque la plus prestigieuse qui soit, la plus connue, celle qui ne produisait que des héros d’élite, des cauchemars sur pattes pour n’importe quel vilain. Dès sa première année, sa victime avait su se faire remarquer, survivre à une attaque de vilains, remporter le Festival Sportif, obtenir sa Licence Provisoire. Même si il y en avait d’autres comme lui, il faisait partie intégrante du futur de l’héroïsme. Si cet explosif humain en face de lui parvenait à se sortir de là, Tsuyo ne doutait pas qu’il puisse accomplir de grandes choses. Il aurait une grande influence. Si quelqu’un comme ça partageait plus ou moins sa vision des choses sur les sans alters et pouvait répandre sa pensée, alors il avait besoin de cette personne. Le porteur du masque à gaz comptait changer la société en profondeur mais il n’était pas stupide. Il voulait également changer l’héroïsme et il savait que le Japon a BESOIN des héros. Sans eux, le pays sombrerait bien vite dans l’anarchie et la corruption.

Dans son nouveau monde nippon, le kidnappeur aurait besoin de héros forts et populaires qui partageraient sa façon de voir les choses mais surtout qui seraient en mesure de la propager de façon à ce qu’elle soit adoptée par la populace. Si Katsuki pouvait devenir l’un deux, Tsuyo lui laisserait la vie sauve. Il y a également le fait que le sans alter voyait plus loin que le bout de son nez, contrairement à Stain. Tuer les héros pour changer la profession ne servait à rien. Au final, les victimes de Stain passaient pour des martyrs et lui était décrit comme un cinglé huluberlu. Son idéologie était salie, décriée, incomprise, diabolisée. Si Tsuyo tuait le blond, il y avait de forte chances qu’il subisse le même traitement, que sa lutte pour la reconnaissance des sans alters soit victime d’un malentendu, qu’il soit juste pris pour un fou tueur d’enfants.  

Être pris pour un assassin de seconde zone sans réelle motivation si ce n’est le goût du sang comme on en voyait tous les jours ? Hors de question ! Non, non, non. Ça ne pouvait pas lui arriver, pas à lui. Ça ne devait pas lui arriver. Son combat était bon ! Ses intentions étaient nobles ! Peu importe qu’il utilise des méthodes méprisables et violentes pour accomplir son objectif, peu importe qu’il doive se salir les mains, peu importe que sa réputation actuelle soit réduite en miettes. Dans les livres d’histoire, l‘homme connu sous le nom de SHORI Tsuyo sera un héros, un combattant valeureux qui s’est sacrifié pour le bien de ceux qui sont rejetés et ignorés. Son nom sera loué, acclamé, sanctifié. Il sera un All Might Bis. Il sera meilleur que le symbole de la Paix, il sera le symbole de l’Espoir, la preuve qu’on peut arriver à quelque chose en partant du bas de l‘échelle, qu'avec de la hargne et de la détermination, tout était possible. Et comme le proverbe le dit si bien, la fin justifie les moyens.

Après avoir menacé de réprésailles l’adolescent si il ne répondait pas cette fois-ci, il lui reposa exactement la même question, toujours avec calme et froideur. Qu’est-ce que Bakugou Katsuki pensait des sans alters ? Une question essentielle à sa survie. Si par malheur il n’allait pas dans le sens voulu par le porteur du masque à gaz, ça serait la fin des haricots pour lui.

« J’ai rien contre les sans-alter… »

Même si il avait légèrement hésité, ça commençait bien, très bien. Le début était excellent.

« Ils ont pas de chance, de ne pas développer de pouvoir. Ça craint. Mais c’est comme ça, la vie est pas juste… Il faut bien qu’il y ait des gagnants et des perdants. Tout le monde peut pas être un héros. »

Là, par contre, ça se corsait. Les mots du jeune homme rappelèrent à Tsuyo sa douloureuse désillusion il y a onze ans de cela et les mots du blond firent remonter une certaine rage en lui et il serra puis desserra les poings plusieurs fois. Pourquoi ? POURQUOI ?! Pourquoi est-ce que les sans alters doivent obligatoirement être au fond du trou ? Pourquoi ils sont directement mis au bas de la société à cause d’une chose sur laquelle ils n’ont absolument aucun contrôle. Oui, la vie est injuste, mais ce n’est pas quelque chose de naturel. La société avait décidé que ça devait être comme ça, c’est cette maudite société qui avait écrasé l’homme aux cheveux blancs sous sa grande botte et l’avait forcé à changer. Il avait du devenir plus froid, plus cruel, plus violent pour survivre, pour prouver au monde qu’il pouvait être plus qu’un boulet, que le “gamin sans pouvoirs”, qu’il n’était pas faible, qu’il n’était pas inutile. Le vilain aux cheveux blancs avait compris que la douceur et les mots n’avaient aucun impact. Il forcerait les autres à voir de sa façon à lui, il imposerait sa vision et mettrait fin à cette oppression une bonne fois pour toutes.

Néanmoins, le grand méchant se calma. Enfin, il essaya. La rage continua de bouillir silencieusement, juste sous la surface. Techniquement, le garçon en face de lui ne faisait que dire ce qu’il pensait être la vérité, ce qu’on lui avait appris depuis tout petit, c’étaient des faits avérés qu’il recrachait. Le porteur du masque à gaz ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Il devait entendre quelque chose de plus personnel pour vraiment juger.

« Ce qui compte, c’est de connaître sa place. Si un sans-alter dit qu’il veut être un héros, c’est normal qu’on se foute de lui. C’est pas possible, c’est évident ! »

Oula. La colère de Tsuyo remonta en instant et menaça d'exploser dans un torrent de violence tandis que ce gamin né avec une cuillère en argent dans sa bouche, qui avait toujours eu tout ce qu’il voulait, lui crachait à la figure que c’était tout à fait normal qu’il soit rabaissé, que c’était évident que quelqu’un comme lui ne pourrait jamais rien faire dans l’héroïsme.

« Si on n’a pas d’alter, on ne peut faire que des jobs minables, avoir une vie médiocre et anonyme… On ne peut pas se défendre, on n’a rien de particulier… Ça craint, vraiment ! Mais c’est pas de leur faute, et de toute façon, d’ici deux ou trois générations, ils vont disparaître… »

Alors, c’est-ce qu’il pensait, hein ? Honnêtement, intérieurement, le sans alter bouillonnait, il était prêt à péter à la figure de cet ado arrogant. Cependant, d’un point de vue objectif, il était forcé d’avouer que le blond avait raison. Il ferma les yeux pour laisser la haine le quitter et expira profondément.

[-D’un point de vue personnel, je suis très déçu par ta réponse.] Commença-t-il, voyant la peur s’installer dans le garçon, même si il faisait tout pour paraître digne et faire comme si il avait décidé d’être dans cette position. Ça se voyait dans la façon dont ses yeux s’écarquillaient très légèrement et ses épaules paraissaient se tendre.

[-Toujours est-il qu’objectivement, tu ne fais que citer des faits et je ne peux pas t’en vouloir pour simplement dire ce qui t’as été appris depuis ta plus tendre enfance. Pour cette première question, tu passes. Je ne suis pas totalement satisfait mais tu passes.] Dit-il, se délectant de voir la façon dont la tension quittait le corps de sa victime et ses yeux reprenaient leur taille normale, appréciant plus que nécessaire la pression qu’il exerçait.

Le sans alter leva la tête, réfléchissant à une façon de dire ce qu’il pensait sans que ça paraisse trop brouillon. Après quelques secondes, il reprit la parole.

[-Même si je suis honnête et j’ai dit que tu passais, cela ne m’empêche pas de ne pas partager ton avis et je peux te prouver que tu as tort. Prenons un bon exemple. Hmm... Tu connais Sir Nighteye ?] Demanda-t-il même si il s’en fichait un peu que Bakugou le connaisse étant donné qu’il allait lui sortir une tirade sur lui et n'écouta donc pas sa réponse.

[-Il n’est pas très populaire et pourtant, il a été l’acolyte d’All Might pendant plusieurs années avant qu’ils ne se séparent il y a cinq ans pour une raison inconnue. Le second du Symbole de la Paix, la main droite d’un Dieu vivant, tu te rends compte ? Son alter doit être terriblement fort, pas vrai ? C’est là que les gens se trompent. Son pouvoir consiste à voir le futur d’une personne dans les prochaines vingt-quatre heures et ne peut être utilisé qu’une seule fois par jour. Si il s’était déjà servi de son pouvoir un peu plus tôt dans la journée ou qu’il se retrouvait contre plusieurs vilains, il était essentiellement sans alter. Et pourtant, travailler côte à côte aux côtés du Héros Numéro 1, considéré comme un égal, c'est loin d’être un “job minable”, n’est-ce pas ?

L'étudiant fronça les sourcils, semblant réfléchir à quelque chose et tourne un peu la tête avec les sourcils froncés, un air très concentré se dégageant de son visage. Peut-être cherche-t-il des arguments contraires ou quelque chose de similaire ? Pff ! Il peut essayer, il ne trouvera rien. Le kidnappeur était né en tant que sans alter et il avait réfléchit pendant plusieurs années à la position des gens comme lui dans une société japonaise où les super pouvoirs dominaient le quotidien. Il n'y avait aucune chance que ce gamin puisse percer des trous dans son ergotage en quelques secondes.

[-Maintenant, je vais démolir ton deuxième point.]

Sans un mot, Tsuyo retira ses gants qu’il laissa tomber par terre, révélant ses mains dont les jointures étaient dures, rugueuses, calleuses. Ensuite, il enleva son costard puis la chemise juste en-dessous qui couvrait son torse et ses bras, dévoilant son corps au blond. Un corps couvert de blessures diverses et variées. Une brûlure en forme de main sur l’épaule droite qui donnait à sa chair une couleur rose pâle, ses deux bras montraient la marque d’une multitude de morsures, griffures, écorchures et autres cicatrices en tout genre. Son être tout entier était recouvert de stigmates, l’empreinte des combats, certains perdus, d’autres gagnés, d’autres encore s’étant finis sans qu’aucun des deux guerriers ne soit victorieux. Malgré toutes les marques, le porteur du masque était fier de son corps. Il était fier de pouvoir montrer qu'il pouvait combattre n'importe qui. Il était fier de montrer ses muscles qui n'avaient pas été gagnés en soulevant de la fonte à la salle mais qui avaient été forgés par un entraînement rigoureux et des mêlées brutales où il était plusieurs fois passé à deux doigts de la mort. Pour lui, les cicatrices qu'il portait n'étaient pas moches, elles n'étaient pas une marque de honte, elles étaient de toute beauté, elles étaient le symbole de sa détermination.

[-Pour reprendre tes mots, Bakugou Katsuki, un sans alter est faible, incapable de se défendre, n’a rien de particulier, etc... Et pourtant, j’ai survécu à toutes les batailles auxquelles j’ai participé. A force de me battre, j’ai même accumulé plus de victoires que de défaites ou matchs nuls au cours des années. Pas si faible que ça, hein ?]

L’homme aux cheveux blancs vit les yeux de l’apprenti-héros s’écarquiller soudainement comme si il venait d'avoir une réalisation. AHAHAHA ! Ça y est ! Il devait sans douter avoir connecter les points et s'être rendu compte de la condition du vilain après qu’on lui ait donné autant d’indices. L'expression de l'adolescent prit la forme d'une grimace et Tsuyo, lui, esquissa un sourire sous son masque, sachant désormais où est-ce qu'il allait taper -verbalement- pour faire mal et pousser le blond à exprimer son point de vue.

[-Attention, deuxième question ! Dis-moi, Bakugou Katsuki, attaque surprise ou pas, qu’est-ce que ça te fait de savoir qu’un faible, misérable, insignifiant sans alter comme moi, qu’un poids mort de la société, ait pu te vaincre en 1 contre 1 ?] Demanda-t-il, sa voix froide et glaciale jusqu’alors ayant totalement disparu, remplacée par une arrogance et une suffisance non dissimulées, un ton moqueur utilisé pour rabaisser et humilier ce gamin qui se croyait si fort et si puissant parce qu’il était né avec les bonnes cartes en mains.

Toutefois, avant que son captif ne puisse parler, le vilain ajouta :

[-Oh et ne t’en fais pas pour le fait de connaître ma condition. Ça ne te mets pas en danger. Je veux que TOUT LE MONDE sache que je suis sans alter. C’est une partie intégrante de mon plan.]
 
 
 


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MessageMar 9 Oct - 2:03

Le début du plan
ft Tsuyo Shori

Sans Alter



Immanquablement, son petit discours avait fait ressurgir tout un tas de souvenirs et d’émotions liés à Deku. Dans ce contexte, dans cette posture minable et humiliante, mordu par la peur qui se tenait là, à l’affût, juste sous la surface, Katsuki revoyait le jeune garçon fragile et maladroit, toujours collé à ses basques. Celui qui était né sous une mauvaise étoile. Celui n’avait pas de chance. Celui qui n’avait pas d’alter.

Et qui, pourtant, avait l’audace d’aimer la même idole que lui. De vouloir devenir un héros comme lui. Comme si c’était possible ! Comme si ça avait la moindre chance d’arriver ! Katsuki était destiné à la grandeur. Tout le monde le disait. Izuku était un perdant. Toute le monde le disait ! Comme deux faces d’une même pièce, Katsuki la lumière, Deku dans son ombre. Son ombre. Qui le suivait partout, en dépit du bon sens, comme on poursuit un rêve insensé.

Ce sale nerd répugnant et ses doigts tâchés d’encre. Ses boucles de fillette et son grand sourire niais. Toujours à l’observer, toujours là, l’interférence, l’imprévu qui fait dérailler le plan parfait. Avec ses larmes et sa peur et pourtant il était là, sur sa route, obstacle fantôme, insaisissable, incompréhensible, avec sa main tendue, pour qui se prenait-il ?!

Et le monde se renversait cul par-dessus tête, le ciel en bas, la terre en haut, le béton qui défile, les explosions qui s’impriment dans la rétine, bouquets de fleurs blanches, la brûlure des flammes, grondement tout autour. Les visages des gens comme autant de flashs pâles, avec les points noirs de leurs yeux qui se mêlent, tournent flous, spectateurs, dans les ouvertures, les brèches dans la fumée, les décombres, les petits paquets de gens là, qui regardent. Et le monde tourne et tourne maudit manège, à la nausée, quand il danse avec ses explosions, lié, entravé, prisonnier, et le putain de vilain insaisissable qui le presse de toute part, à l’étouffer. A en mourir. La bouche pleine d’une sale boue noire souillée, rentre dedans la faiblesse, pas de voix, pas d’appel au secours pour le talentueux, le grand Katsuki.

Il n’y a pas de salut, il n’y a pas de héros. Avant qu’il ne soit là. Sans alter. Sans alter.


Il était lié, il était prisonnier, prisonnier, enfermé. Et dans ses cauchemars, il pouvait se battre, se débattre, il pouvait courir, et fuir, jamais il ne s’échappait.


Sans-alter, ce mot écorchait ses lèvres. Il aurait voulu vomir son mépris mais il s’efforçait de parler objectivement, même avec le profil de Deku venu se surimprimer sur ce masque inexpressif qui semblait pourtant son antithèse. Non, il n’avait pas de problème avec les sans-alters. Il n’avait pas de problème avec la vermine tant qu’elle lui permettait de briller.


Bakugou pensait que la valeur venait de la force. Bakugou pensait que la force venait de l’alter.
Alors, si les sans alter avaient une valeur ? Si les sans alter pouvaient être des héros ?


Quelle légitimité avait-il, le jeune loup blond au sourire féroce, au sourire prêt à dévorer le monde, aux yeux flamboyants bien décidés à l’embraser ?

Quelle légitimité lui restait-il, si l’alter ne fait pas le héros ?  


Bakugou ne pensait pas à ça. Il refusait d’y penser. Il était sûr, si sûr d’avoir raison. Parce qu’il était l’enfant béni d’un monde injuste, ce même monstre qui l’avait précipité au sommet, broyait les soit-disant faibles dans ses mâchoires d’acier, excluait, séparait, échelonnait, écartelait, et quand on est le lièvre, on n’attend pas la tortue. Quand on est le loup, on n’épargne pas l’agneau.

Est-ce une pensée digne d’un vilain ? Un cynisme de surface, car pour la plus grande part, Bakugou agissait comme une force de la nature. Impétueux, dominateur, il suivait son tempérament violent et les chemins qui se dessinaient devant lui. Le mérite. La sélection. Les critères qui déterminent de la réussite de l’individu dans la société : pour la plus grande part, l’alter. Le symbole d’un monde hyper-individualiste où les figures des héros et des vilains, dans leurs combats de titans, jouaient et rejouaient les fantasmes de liberté et de contrainte de chacun. Un miroir aux alouettes, sans doute. Mais il avait les yeux rivés sur All Might, ce héros qui avait changé le monde de sa seule puissance. Et il retenait ce rêve immature, ne jamais perdre. Gagner toujours.

Il ne savait pas ce que Deadline avait envie d’entendre, et il ne savait pas mentir. Alors il balançait ce qu’il croyait, ce qu’il croyait de toute son âme. Parce que, si sa survie dépendait de cette réponse, l’équilibre de sa personnalité tout entier reposait sur ces préjugés.

Il avait vu Deku acquérir un alter. Il avait vu l’insignifiant croître et le menacer. Mais malgré tout, malgré tout, Deku ne serait rien, ne serait toujours rien, sans ce pouvoir miraculeux.

(Pourtant, il était là. C’était sa figure qui apparaissait avec cet horrible sourire, au plus noir du cauchemar. Sa figure ; pas celle d’All Might. Sans alter, et pourtant…)

Il haïssait Deku. Il l’avait appelé ainsi pour une raison. Parce qu’il ne pouvait rien faire. Parce qu’il était impuissant et le serait pour toujours. Lamentable sans alter. Il était sensé le fouler aux pieds.
Pourquoi Deku se retrouvait dans son école ? Au coude à coude ? Et pourquoi, pourquoi, pourquoi il était là, à se justifier, à s'expliquer, à frissonner ?  

Ces discours et jeux de dupes rallumaient une lueur combative dans les yeux nerveux du garçon prisonnier. Il attendait désormais avec une anxiété qu’il ne pouvait pas totalement masquer la réaction de son ravisseur, qui avait promis libération ou punition selon la teneur de sa réponse. Ça ressemblait à une énigme, à un piège, ou plus exactement, à un jugement.

Et la sentence se fit entendre de cette même voix un peu traînante, hautaine, qu’il apprenait à haïr. Comme quoi cette réponse le décevait personnellement. Beaucoup.

Well, shit.

Il se raidit, attendant un coup, comme si le voir venir allait rendre la chose plus supportable. La peau de ses poignets, pourtant pleine de corne à force d’utiliser son alter, commençait à le brûler sous le frottis des cordes. Il ne cessait de remuer ses mains, de façon discrète pour ne pas faire bouger le sabot qui les emprisonnait. Il tentait de desserrer les liens sans attirer l’attention du vilain. Avant qu’il soit trop tard…


Mais rien ne vint. A la place, il lui indiqua qu’il avait passé le test de justesse. Ses muscles se relâchèrent inconsciemment et il recommença à respirer. C’était… plus stressant que prévu, cette merde. Il n’était pas spécialement doué pour la communication, lui. Il avait même tendance à se mettre les gens à dos. Et devoir mesurer ses propos pour plaire à quelqu’un d’autre… Ça lui demandait un gros effort. Il s’efforça de ne pas se laisser paralyser par le bizarre  sentiment qui creusait des trous dans son ventre, et par les images involontaires qui défilaient pas très loin à l’arrière de son crâne. L’adrénaline rendait le flot de ses pensées beaucoup trop tumultueux, il peinait à suivre. Suivre la petite voix rationnelle qui cherchait les opportunités, un plan de sortie, une façade logique à tout ce cirque.

« Je ne peux pas t’en vouloir pour simplement dire ce qui t’as été appris depuis ta plus tendre enfance. », avait dit le vilain.

Il aurait dû s’en douter à son style. Le costard, la voix prétentieuse, les longues phrases alambiquées… C’était un mec avec une idéologie. Bakugou aurait levé les yeux au ciel s’il y avait eut autre chose qu’un plafond rongé d’humidité à fixer. La suite lui confirma son hypothèse. Le vilain, fort bavard, se lançait dans une démonstration logique. Il voulait prouver qu’il avait tort.

Katsuki n’aimait pas avoir tort, donc, par réflexe, il fronça les sourcils, plissa les yeux et se concentra sur ce que racontait ce Deadline.


Il avait affirmé que les sans alters ne pouvaient pas devenir des héros. C’était pourtant du bon sens. Pour être un héros il faut se battre. Pour se battre il faut un alter.

Il ne connaissait pas ce Nighteye, et il se contenta de faire la moue pendant que l’autre poursuivait. Mais alors il entendit « acolyte d’All Might » et ses yeux remontèrent vers le masque à gaz avec un intérêt plus vif.

All Might était célèbre comme un héros tout-puissant, monolithique, la terreur des vilains, le pilier de l’équilibre du monde. Ça ne lui ressemblait pas d’avoir un acolyte. Ça nuirait à son image. D’ailleurs ça se saurait si ça avait été le cas, il était quand même fan, il serait au courant, non ? Aucun héros n’était autant médiatisé qu’All Might !

« Y a pas moyen qu’il ait été égal à All Might... » marmonna-t-il entre ses dents.

Quoi, c’était un genre d’assistant alors. Faudrait voir les conditions d’activation de l’alter, mais ça avait l’air d’un rôle de support, tout au plus. Pas le genre qui le faisait tripper. Mais il devait concéder qu’il y avait tous types de héros, pas seulement des bourrins offensifs dans son genre. Ah, ça le gavait, d’être obligé de réfléchir comme ça ! Ce type était si déterminé à prouver sa thèse, il y avait peu de chances qu’il mente. Et pourtant All Might était connu comme un héros qui réussissait, gagnait toujours par lui-même. C’était le numéro 1. C’était son modèle. Qu’il ait pu avoir un acolyte… Qu’il ait pu avoir besoin d’un assistant, de l’aide de quelqu’un, ça le mettait en rogne. Il ne voulait pas le croire.

Et ce quelqu’un était un quasi sans alter ? L’image de Deku revint, et il la chassa derechef.

Pourquoi All Might avait-il eut besoin de quelqu’un comme ça ? Le plus grand de tous les héros n’était certes pas comme il l’imaginait lorsqu’il leur enseignait. S’il débordait d’énergie et souriait tout le temps, il était manifestement débutant dans le métier de professeur et on pouvait voir ses larges épaules se tendre lorsqu’il se perdait dans ses antisèches, ou devait faire face aux questions multiples des étudiants. Il y avait bien un homme derrière le symbole de la paix. Qui prenait des pauses café et fuyait après chaque cours comme s’il avait le feu aux fesses de peur d’être en retard. Et évidemment, il collaborait avec d’autres héros lors de situation de crises, tout comme il s’arrangeait avec ses collègues de UA. Il n’était pas un concept abstrait isolé dans une petite boule à neige comme dans les boutiques souvenir. Il n’était pas son fantasme de puissance, son fantasme de héros parfait. Et pourtant, sur le terrain, quel surhomme…

Katsuki n’avait pas été déçu par All Might. Il était passé du mirage à une image nette, qu’il ne pouvait pourtant pas toucher. Il était déçu de lui-même. Parce que ce que plusieurs personnes avaient remarqué était vrai, de toute évidence : All Might avait une préférence pour Deku. Il se montrait discret, mais il arrivait qu’il ait des apartés avec le nerd. Et certainement, ce n’était pas la fanattitude aveugle du petit brun qui lui avait gagné ses faveurs… Il y avait quelque chose de bizarre, il n’y croyait qu’à moitié, se convainquant que ce n’était qu’une affabulation malgré les signes qui pointaient dans cette direction. Et puis les doutes revenaient, plissant son front comme celui d’un bull-dogue à l’air patibulaire.

En voilà un écho. All Might choisissant son acolyte, non parmi les gens aux alters offensifs, mais quelqu’un qui ne pouvait se servir de son alter pour se battre. Reconnaissant la valeur de ce qui était différent de lui. Comme s’il ne pouvait pas suffire par lui seul, malgré tout, malgré tout. Comme si…


A ce moment, le vilain, qui était couvert de la tête au pieds, commença à retirer ses gants. La vision des mains caleuses évoquait un combattant acharné. Les paumes de Katsuki avaient du cuir plutôt que de la peau, mais ce n’était pas la même corne que ces poings qui semblaient s’être endurcis en battant chair et os, briques et planches, écailles et lames. Aussi douloureuses soient elles, ses explosions étaient en son contrôle, et lui évitaient souvent le pur corps à corps. Il était un bagarreur, il aimait cogner depuis la primaire et il n’avait pas froid aux yeux ; mais les mains de ce vilain témoignait d’un autre type d’acharnement, qui faisait froid dans le dos. Et lorsque tomba, à gestes lents, le veston suivi de la chemise, le torse qui se dégagea semblait avoir essuyé tous les heurts, tous les coups vicieux possibles.

Ce n’était plus de la peau, c’était un unique, grand stigmate irrégulier. Ça faisait mal à regarder, et pourtant le vilain s’exposait, plein d’orgueil, et Bakugou pouvait voir pourquoi. Pour avoir survécu à toutes ces batailles, ces combats qui étaient, de toute évidence, potentiellement létaux, cet homme était fort. Et tout aussi manifestement, fou. Car qui d’autre qu’un vilain, qui d’autre qu’un déséquilibré s’exposerait au carnage, semblait-il sans bouclier, s’il n’était pas en mesure de protéger son corps, son intégrité physique ? N’avait-il donc pas de sens de la survie, pas d’inhibition ? La peau pelée par plaques rouges dans le dos, cadeau légué de son explosion, luisante du gras de premiers soins, n’était pas grand-chose par rapport à ce charcutage. Il n’avait pas eu le temps de lui donner la puissance nécessaire. C’est d’un mélange de fascination et de dégoût qu’il lisait sur son ventre, sur ses côtes, son dos, l’histoire des mille combats qui avaient façonné ce monstre, cruellement meurtri sa chair, et il était évident, à voir ce corps, qu’on ne pouvait compter sur la douleur pour l’arrêter.


Car Bakugou était bien différent. Certes, il aimait se battre plus que tout, et sa colère pouvait le faire paraître téméraire. Il endurait les coups, il endurait son alter, il avait une bonne résistance physique et un corps d’athlète soigneusement entretenu. Mais il protégeait son corps. Il se battait d’instinct, et l’instinct de survie n’était pas des moindres. Il avait simplement dû apprendre à maîtriser son pouvoir et à toujours mesurer avec précision la puissance des souffles, sans quoi il se blesserait gravement. Il calculait, il projetait, il fallait rester mobile, rester valide. Il éprouvait de l’horreur et du mépris face au gâchis de Deku, qui s’était mis en miettes pour utiliser son immense pouvoir de destruction. Lui n’allait pas sacrifier son corps, son avenir. Il connaissait ses limites, et les repoussait dans la limite du raisonnable, car son alter était son bien le plus précieux. Il aimait son corps, il le respectait, l’endurcissait sans le détruire. Et ses mains, il les protégeait par-dessus tout. Parce qu’il avait quelque chose à perdre.


Et la lumière se fit dans son esprit, et il balaya le vilain mi-nu du regard, à l’exception du bas et du masque, qui tournait ses maintes marques dans le crépuscule, qui le narguait, une satisfaction indicible à voir ses pupilles s’écarquiller.

Il avait quelque chose à perdre,  cet homme n’en avait pas.

C’était un sans-alter.


Les paroles résonnaient dans sa tête creuse. Survécu à toutes les batailles… Un sans-alter… faible… incapable de se défendre…


Toutes ces fois, où il avait opprimé Deku, parce qu’il ne pouvait pas répliquer. Le classique croche-patte dans le couloir, et le nerd qui s’étale par terre avec ses feuilles qui volent tout autour, et chacun s’empare d’un feuillet et le groupe se disperse dans toutes les directions, rires qui s’éloignent… Les petits sobriquets et les bouts de gomme qu’on tire, les boulettes façon sarbacane à partir des effaceurs découpés… Toutes ces fois, où il l’avait poussé, repoussé. Frappé jusqu’à ce qu’il arrête de le coller, d’être cramponné à ses basques, et maintenu dans cette aura de peur, par le rappel régulier de sa place tout en bas de l’échelle. Et sa soumission, sa passivité l’exaspérait tout autant que la naïveté avec laquelle il s’accrochait à son rêve ridicule.
Faible. Incapable de se défendre. Une victime, un vulgaire punching ball.

Deku, ça rimait avec sans-alter. Ca aurait toujours dû rimer avec sans-alter, ça aurait toujours dû rimer avec impuissant. Ce type n’aurait jamais dû être une menace. Un sans-alter ne pouvait pas être une menace pour lui.

Avant qu’il ne puisse revenir de sa stupeur, Deadline revint à la charge, se moquant de lui : 
«Attention, deuxième question ! Dis-moi, Bakugou Katsuki, attaque surprise ou pas, qu’est-ce que ça te fait de savoir qu’un faible, misérable, insignifiant sans alter comme moi, qu’un poids mort de la société, ait pu te vaincre en 1 contre 1 ? »

C’était trop gros pour être assimilé. Un SANS ALTER ? Ce type était sans alter ? Oh, bien sûr, maintenant qu’il y a repensait, il n’avait rien vu qui témoigne d’un pouvoir quelconque (le fumigène, le tazer…) mais c’était une hypothèse tellement abracadabrante qu’elle n’avait jamais traversé son esprit, même quand l’homme avait commencé à l’interroger sur ce sujet. La rage, le dépit, ranimèrent le brasier, et les yeux rouges couvèrent leurs menaces tandis qu’il fixaient le masque par en dessous, un frisson traversa les membres enchaînés et il tressaillit, rejetant la tête en arrière, roulant des yeux, un souffle court en saccades s’échappait par le nez.

Compte à rebours enclenché, danger d’implosion imminente. Il ne pouvait pas laver l’affront dans le feu et la cendre. Il ne pouvait pas donner corps à ce sentiment d’insulte et de honte.

Et quelque puérile que soit la joie triomphante du vilain, il y avait une ironie savoureuse à ce que ce garçon trop fier soit raillé comme il avait pu humilier les autres par le passé. Il n’était pas au dessus de cela, bien au contraire. Il lui manquait tout recul pour ne pas foncer comme un taurillon devant lequel s’agite un drapeau rouge.

Et c’est la teinte que prirent ses joues, peu visible dans la luminosité tombante du soir, haine, gêne, comme une sorte de faim immense, de vide immense qui demandait à frapper, à agir, à se battre, répliquer, se venger, pour être rassasié.

Ce connard. Ce connard l’avait capturé pour le rabaisser en deçà de lui, en deçà d’un fumier de sans-alter. En deçà d’un vilain. En deçà de Deku. En deçà de Deku sans pouvoirs.

Il fallait qu’il agisse, qu’il montre sa puissance. Qu’il relève le défi. Qu’il fasse taire cette ordure et qu’il efface le sourire qu’il devinait sous son masque.

Si quelqu’un te menace, frappe-le.

Si quelqu’un veut t’humilier, domine-le.

Si tu es fort, tu n’auras pas à supporter la peur. A supporter la honte. Ces aiguillons pour te pousser plus haut, plus haut que tous les autres, les écraser comme ton nom te le dicte. Ce sont eux qui ont peur. Ce sont eux qui ont honte.

Cette boucle violente, bourreaux et victimes.

Il ne serait jamais la victime. Il ne le permettrait pas.


Ce n’était pas tant une pensée qu’une impulsion, qui suivit son bras comme une flèche et éclata dans ses doigts.

Un bruit de grêle contre du métal.

L’adolescent tressaillit violemment, cambrure, les liens s’enfoncèrent dans la chair. Sa tête bascula vers l’avant comme il se crispait de souffrance, un grincement filtrant à travers ses mâchoires serrées. Souffle haché au travers des dents. Le sabot de contention se soulevait ; il l’abattit sur la chaise entre ses jambes, faisant résonner le métal bruyamment.

« Merde ! Merde ! Merde ! »

Comme s’il muait. Les yeux enfin s’ouvrirent, les yeux injectés de sang, vibrant de cette faim inassouvie, le sang dont quelques gouttes éclaboussaient son torse nu.

La violence dérobée, le loup pris au piège dévore sa propre patte.


Haletant, il regarda le corps sans visage, haché par la vie, qui se tordait devant lui comme pour mieux le narguer.

« Tu m’as eu, ouais... » Un sourire dangereux déformait la bouche. « Avec ton petit plan et tes petits pièges… Bien lâche… Je déteste les gens comme toi, qui réfléchissent tout le temps, qui peuvent pas s’empêcher de tirer les ficelles parce qu’ils refusent de se battre franchement... » Rire hoquetant. « Tu te la joues bien, sans-alter, mais pourquoi je suis attaché, si t’as pas peur de moi ? Si t’es plus fort que moi ? Hein ?! Tu bloques mon alter parce que tu sais que sans ruse et sans tricher, t’as pas la moindre chance ! Parce que toi, avec toutes tes blessures et tous tes combats, toi qui as survécu à toutes ces batailles comme tu dis, tu es toujours plus faible que moi, parce que j’ai un alter et que je suis doué ! »

Il secoua la tête, laissant son menton choir sur son buste, instable, quelque chose de presque dément qui éraillait sa voix. « Quoi, tu crois qu’il suffit de faire plus d’efforts que tous les autres ? Mais si les autres, les gens comme moi, on faisait de notre mieux, tu y as pensé ? Comment tu vas nous rattraper ? Les gens comme toi, qui se détruisent parce qu’ils espèrent me dépasser me rendent malade ! »

Il fallait qu’il le provoque. Il fallait qu’il réplique. La tempête, incarnée. Si l’orage ne le traversait pas, il allait le ravager.

« Si tu es le meilleur, si t’as raison détache-moi ! Tu as l’air fort ! Viens te battre ! Avec mon alter, même blessé, je t’aurais ! Je paries que je t’aurais ! Mais tu préfères parler, hein ? Démontrer par A plus B des idées que je peux détruire d’une seule explosion ! »

Il voulait se battre, se battre, se battre. Et ses dents mordaient sa lèvre au sang quand ses doigts à vif s’emmêlaient.




Merci à Denki et Alex pour le kit~
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Le début du plan  
  

PV Bakugou Katsuki

 
 
 
Juste après sa déclaration, Tsuyo vit venir l’explosion qui allait suivre. Lentement mais sûrement, l’expression du jeune homme en face de lui se morpha progressivement en une grimace enragée, une lueur haineuse s’alluma dans ses yeux écarlates, son souffle s’accéléra, ses joues rougirent, non pas par honte mais par colère. Doucement, tout doucement, les signes commencèrent à s’accumuler, s’empilant les uns après les autres et sous son masque, le vilain jubila. Même si le blond ne pouvait pas le voir, les lèvres de l’homme aux cheveux blancs s’étirèrent autant qu’elles le pouvaient dans un sourire macabre qui fendait son visage à la manière du Chat du Cheshire. Le sans alter allait avoir exactement ce qu’il voulait, les pensées de Katsuki sur les gens comme lui, mais pas après qu’il y ait bien réfléchit pour s’exprimer d’une façon neutre et hésitante. Non, non, non. Cette fois-ci, emporté par sa furie et son égo, énervé par quelques moqueries bien placés, l’apprenti héros allait déballer toute la haine et le mépris envers ceux qui ne possédaient pas le moindre pouvoir. Une fois que ça serait fait, le sans alter pourrait le juger comme il se doit et décider proprement si le garçon en face de lui méritait de vivre ou s’il devait mourir.  

Helmuth Karl Bernhard von Moltke a dit << Aucun plan de bataille ne survit à un contact avec l’ennemi >>. Ah ! Si seulement il savait à quel point il avait tort. Jusqu’à preuve du contraire, tout allait comme sur des roulettes et se passait exactement comme le kidnappeur l’avait prévu. Keikaku Doori comme dirait Kira de Death Note. L’ennemi, Tsuyo l’avait vaincu et capturé sans le moindre problème. Certes, il avait été brûlé dans le dos mais il ne sentirait plus rien demain et sa peau aura retrouvé sa couleur après-demain. L’homme masqué fut néanmoins tiré hors de ses pensées par le bruit retentissant d’une détonation et d’un claquement métallique. Ah, on aurait dit que malgré l’eau froide balancée sur lui, il avait pu se réchauffer assez pour transpirer des mains. Néanmoins, utiliser son alter alors que ses poings sont fermés, collés l’un contre l’autre et enfermés dans un cylindre en métal, ce qui fait que ses bras seront eux aussi touchés par le contrecoup ? On dirait bien que l’étudiant était beaucoup moins intelligent que ce que pensait le grand méchant. Quel dommage.  

Ressentant les effets de sa propre bêtise, l’explosif sur pattes se cambra, les fils des cordes s’enfonçant dans sa peau et frottant contre. Se débattant inutilement, il jura à plusieurs reprises avant de fixer son regarder sur le masque à gaz, ses yeux rouges le devenant encore plus maintenant que le blanc était injecté de sang. Il s’exprima d’une voix emplie d’une rage telle que Tsuyo n’avait jamais vu de la part d’une personne autre que lui-même, ce qui était assez impressionnant en soit. Ce gamin avait tout ce dont on pouvait rêver, un alter puissant, de la reconnaissance, une famille loin d’être dans le besoin et pourtant, il paraissait être constamment énervé, il exsudait une rage si intense qu’elle était palpable. Et ça, ça foutait le vilain en rogne. Comment est-ce que cet ado qui avait tout eu pouvait être comme ça ? Comment il pouvait agir comme si le monde lui devait quelque chose alors qu’il était né avec une cuillère en or dans la bouche comparé à un sans alter ? COMMENT EST-CE QU’IL OSAIT ? Le ravisseur serra les poings.  

En temps normal, l’homme aux cheveux blancs n’aurait jamais laissé sa victime monologuer de la sorte. Il l’aurait fait taire instantanément d’un coup bien placé ou en lui mettant un couteau sous la gorge pour lui faire comprendre où résidaient ses intérêts. Cependant, là, il voulait l’entendre, il voulait que le blond parle, qu’il dise tout ce qu’il avait sur le cœur, qu’il crache tout ce qu’il pensait vraiment sur les sans alters, car c’est de ça dont avait besoin le vilain Deadline pour trancher sur son cas. Vie ou Mort ? Evasion ou Exécution ? Et Tsuyo fut très TRES déçu envoyant le vrai visage de Katsuki. A ses mots, c’était évident. Il méprisait ceux qui n’avaient pas de pouvoirs. Il pense qu’ils lui sont inférieurs, qu’ils ne pourront jamais être aussi bons que lui, qu’ils ne pourront jamais l’atteindre, tout ça parce qu’il a un alter. L’homme masqué allait lui faire regretter tout ce qu’il avait... le héros en apprentissage s’excuserait en mourant.  

Mais l’homme aux cheveux blancs ne le tuerait pas tout de suite. D’abord, il allait lui faire connaître le désespoir, l’impuissance qu’on ressent quand on ne peut rien faire, quand on ne peut que subir, encore et encore, sans jamais pouvoir répliquer, sans jamais être aidé. Il allait lui faire comprendre que les héros ne viendraient pas, que personne n’allait le sauver, qu’il mourrait seul, oublié, délaissé... L’interrogatoire était terminé. La séance de torture pouvait commencer.  

Tsuyo tendit son bras droit devant lui, la paume ouverte, l’exposant autant que possible au regard de sa victime. Ensuite, il ramena tous ses doigts vers l’intérieur un à un, fermant le poing avec lenteur. D’abord l’auriculaire, ensuite l’annulaire, après le majeur, en avant denier l’index et pour finir le pouce qu’il appuyait contre l’index. Le pouce doit toujours être à l’extérieur si on ne veut pas le casser en donnant un coup. Ensuite, serrant son poing si fort que les jointures blanchirent, il arma son bras et recula contre la porte de la pièce pour prendre de l’élan. Ceci fait, il s’élança vers le blond et propulsa son poing droit dans son visage, frappant son nez toute la force dont il était capable. Un craquement se fit entendre et le sang coula instantanément. La force du coup fit même basculer la chaise qui n’était pas fixée au sol et elle tomba par terre, entrainant avec elle l’étudiant qui y était attaché. L’homme masqué se baissa et releva la chaise.  

<< Tu peux parler... T’es juste... comme moi... >> Babultia le gamin pendant ce temps, ses mots sortant avec difficulté à cause de son nez brisé.

Non. Il se trompait. Tsuyo était loin, très loin d’être comme lui. Jamais il n’aurait été aussi arrogant et détestable si il était né avec un pouvoir, jamais. Le vilain marcha jusqu’à son costard et sa chemise qui gisaient par terre, se rhabilla et tira d’une poche à l’intérieur un mouchoir avec lequel il essuya le sang qui coulait du nez de son souffre-douleur.  

[-Cette petite discussion était très intéressante, Bakugou Katsuki. Commença-t-il [-Malheureusement, nos chemins doivent se séparer. Comment dire, hmm... Disons que ce que tu m’as dit un peu plus tôt constitue un Game Over pour le petit jeu que je t’ai proposé. Quel dommage. Oh, ne t’en fais pas, tu vas rentrer chez toi, aucun doute là-dessus. Par contre, j’espère que ça ne te dérange pas si tu n’es plus en vie à ce moment-là.] Dit-il d’une voix froide et vide de la moindre sympathie, faisant comprendre au jeune homme qu’il ne plaisantait pas et ne comptait pas changer d’avis. Katsuki pâlit visiblement à ces mots et la terreur prenant peu à peu pied sur son visage, il tenta de se justifier.  

<< Qu’est-ce que j’ai dit de mal ? Je veux juste me battre ! Je veux juste une chance... >>

[-Une chance ? Tu veux une chance ? Je t’en ai donné une. Ce jeu, c’était ta chance. Je suis beaucoup de choses mais je ne suis pas un menteur. Je comptais tenir ma promesse. Si tu avais gagné, je t’aurais laissé partir. Mais tu as perdu, tu as échoué. Je t’ai donné une occasion de t’en sortir et tu n’as pas été capable de la saisir. Tant pis pour toi.

L’homme aux cheveux blancs s’étira en poussant un grognement.

[-Tu voulais me provoquer, pas vrai ?] Il pouffa [-Tu as vraiment cru que quelqu’un d’aussi préparé que moi, qui avait longuement étudié ton alter, les routes que tu empruntais pour rentrer chez toi et avait sûrement passé un temps fou à prévoir cet enlèvement allait tomber dans un piège aussi évident ? Je n’ai rien à prouver, je t’ai déjà battu. Si tu étais aussi fort que tu le prétend, tu ne serais pas attaché à une chaise avec un nez cassé et incapable d’utiliser ton alter pour te défendre, pas vrai ?] Se moqua-t-il [-Tu es un peu comme un chihuaha. Tu abois beaucoup mais tu ne mords pas. Tu es petit et faible mais tu essayes quand même d’avoir l’air intimidant, c’est pathétique. Mais tu sais quoi ? Tu as réussi à me mettre en rogne, je vais au moins te laisser ça.]  

Après avoir dit ça, Tsuyo retira son masque et montra son visage à celui qu’il considérait déjà comme un cadavre. L'homme masqué démasqué était plutôt beau sous l’appareil. Ses yeux colorés d’un bleu océan clair et intense mais en même très froid donnaient l’impression de briller dans la pièce peu éclairée de l’immeuble abandonnée. Il avait un visage symétrique, sans boutons ou imperfection et dépourvu de la moindre cicatrice, entouré parfaitement par ses cheveux blancs comme la neige. Il aurait peut-être pu passer pour un mannequin si son nez convexe n’était pas très légèrement tordu et que son torse couvert de blessures était caché par les vêtements. Et aussi s’il avait une expression différente. En ce moment même, son visage était froid, dénué d’émotions et une lueur démoniaque, celle d’un homme malade, d’un type complètement cinglé, d’un fou furieux, illuminait ses iris.  

[-Voici mon visage, le visage de l’homme qui va mettre fin à ta vie dans les minutes qui suivent. Tu m‘as mis en colère et maintenant, je vais te tuer. Je n'ai plus besoin de me cacher étant donné que tu vas mourir. C’est dommage, tu sais ? Si j’avais été toi, après avoir appris ma condition, j’aurais menti, j’aurais sorti une flûte et j’aurais joué le meilleur pipo que j’avais. Si j’avais été toi, j’aurais rangé mon égo de côté, j’aurai accepté mon sort et j’aurais dit que j’adorais les sans alter. Même si je les détestais, j’aurais dit que ça ne m’aurait pas dérangé d’être né sans alter, j’aurais dit que je voulais créer une société où ils pourraient être heureux, j’aurais dit que je voulais combattre les injustices contre eux. J’aurais craché n’importe quel bobard pour m’en sortir parce que ma vie est plus importante que ma fierté.]  

Le sans alter offrit un sourire mesquin à ce gamin qu’il était sur le point de battre à mort, ce gamin qui était en train de se débattre en ce moment-même en réalisant qu’il était vraiment dans une merde pas possible et risquait de mourir dans très peu de temps.

[-Mais tu n’as pas pu. Parce que tu es trop arrogant, trop sûr de toi. Tu es persuadé que tu es le meilleur, que personne ne t’arrive à la cheville. Tu as un égo plus gros que la planète et il était hors de question que tu acceptes qu’un sans alter t’ait capturé. Tu as considéré que ta fierté était plus importante que ta vie. Et ta famille ? Et tes amis ? Honnêtement, que quelqu’un d’aussi égocentrique que toi ait pu entrer dans la filière héroïque d’UA et gagner le Festival Sportif me dépasse complètement. M’enfin, ça n’a plus aucune importance vu que tu vas mourir.]  

<< Je suis pas... >> Katsuki détourna les yeux, hésita puis repris. << Je déteste pas les sans-alters ! Qu’est-ce qu’il y a de mal à être fier de sa force ? Je devrais me brider parce que certains n’ont pas ma chance ? Mais moi aussi j’ai travaillé pour en arriver là ! >>

[-Tu ne détestes pas les sans alter ? Ah ? Vraiment ? Tu en es sûr ? Pourquoi est-ce que tu t’es autant énervé quand je t’ai dit que j’en étais un ? Pourquoi une telle rage, une telle colère ? Je vais te le dire. C’est parce que tu nous vois comme inférieurs, comme méprisables. Tu t’es très certainement dit quelque chose ressemblant à] Le kidnappeur fit des guillemets avec ses doigts [-”Comment est-ce qu’un sale sans-alter peut m’avoir battu ?” Après tout, on est tous des êtres inférieurs, pas vrai ?] Tsuyo rigola sans aucune émotion.

[-Il n’y a aucun mal à être fier de sa force, mais toi, tu es TROP fier. Tu es imbu de ta personne. Tu penses que tout t’es dû juste car tu es né avec un alter héroïque. Regarde tes camarades de classes, regarde Todoroki et Tokoyami qui étaient avec toi sur le podium au Festival Sportif. Ils ont travaillé dur pour en arriver là eux aussi, ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Et maintenant, dis-moi, est-ce qu’ils ont été attachés au podium, eux ? Est-ce qu’ils avaient l’air de regarder les autres de haut ? Ils sont forts, ils sont puissants mais ils sont modestes, ils n’ont pas besoin de crier sur tous les toits qu’ils sont meilleurs que les autres contrairement à toi. Complexe d’infériorité ? Tu as quelque chose à prouver, peut-être ? Mais bon, te faire la leçon ne va rien changer étant donné que tu es un homme mort.]

Après avoir tant parlé, le ravisseur fit une petite pause pour reprendre son souffle puis il reprit.

[-Cependant, je ne t’ai pas capturé juste pour te tuer, tu sais ? J’ai besoin de faire passer un message et si tu es encore vivant pendant la vidéo, ça m’aiderait beaucoup. Je reviens, je vais chercher ma caméra à l’étage d'en-dessous pour tourner un petit clip. Concrètement, je vais me filmer en train de te torturer et je vais envoyer la vidéo à tous les médias japonais. Sois gentil, hein ? Pendant ce temps, tu peux réfléchir à ce qui va t’arriver... ou détruire tes mains et tes bras avec ton alter en tentant de t’échapper, c’est également une option je suppose. Mais ça ne sert à rien vu que je serais revenu dans moins d’une minute. Réfléchis à ce que tu a fais de mal dans la vie et ce qui t’as conduit jusqu’ici. Tu pourras au moins faire la paix avec tes démons, qui sait ?]  

Tsuyo éclata de rire après avoir dit ça. Ahaha ! Comme si un type aussi concentré sur lui-même et persuadé que le soleil brillait hors de son cul pouvait penser à autre chose que lui et se dire qu'il avait fait des erreurs. Une bonne blague, pour sûr ! Tenant son ventre d’une main tandis qu’il ouvrait la porte de la pièce, le sans alter s’éloigna, hilare.
 
 
 


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MessageMer 7 Nov - 20:26

Le début du plan
ft Tsuyo Shori

Sans Alter



Le grand méchant machiavélique se moquait bien de sa proie. Il savourait ses propres mots et l’impuissance dans laquelle était placé le garçon ligoté, la vanité de sa colère, sa prétention, bientôt éteinte comme il allait moucher cette vie, inconséquente, en une explosion de cette violence que l’apprenti-héros chérissait tant. Bientôt, tous ses caprices et tous ses rêves ne signifieraient plus rien.


C’était en son pouvoir ; de décider, en un instant, que l’adolescent et son existence pouvaient être effacés. Comme une ironie du destin, le fou opprimait l’oppresseur, et appelait cela justice.

Katsuki ne savait pas déguiser ses pires côtés ; comment aurait-il pu ? Cela aussi, c’était l’héritage de son privilège, du laxisme des profs, de son entourage, à l’époque où on lui passait tout, parce qu’il était né supérieur selon les critères de cette société. Le meilleur alter. Et il avait le visage de tous ces rois de pacotille, tous ces gamins cruels et ignorants qui avaient blessé Tsuyo, qui faisaient du mal sans être punis ou jugés, juste parce qu’ils le pouvaient. Mais c’était Katsuki le futur héros ; Tsuyo le vilain. Quelle justice était-ce là ? Le sociopathe avait décidé de rétablir l’équilibre.    

Katsuki l’avait provoqué, un brasier de rage et d’indignation, pure réaction ; il n’avait pas pensé.

Qu’il le frappe n’était pas vraiment une surprise. Mais il aurait voulut qu’il le frappe dans un moment où ses mains étaient libres. Où il aurait pu rendre les coups.

La préparation du coup dura longtemps ; Tsuyo maximisa l’effet, soigna sa mise en scène avec la minutie d’un tortionnaire qui expose ses instruments à sa victime. Ses instruments, c’étaient ses poings.

Le garçon tira sur ses liens, écumant toujours la rage et l’envie d’en découdre, mais ses gestes saccadés exposaient sa panique croissante. L’homme prenait du recul ; il écarquillait les yeux…

Selon le paradoxe de la flèche, le mouvement est impossible puisqu’une flèche lancée à 20 mètres d’une cible met une seconde à parcourir 10 mètres ; si l’on attend une demi seconde, il reste encore 5 mètres à parcourir, et un quart de seconde plus tard, 2,5 mètres… En découpant toujours plus le temps, on conclue que la flèche n’atteint jamais sa cible ; qu’il reste toujours une portion de distance à parcourir.

Dans les faits, on le sait, les flèches atteignent les cibles et le poing de Tsuyo trouva la sienne ; pourtant Katsuki eut cet exact ressenti que le temps ralentissait avant l’instant fatidique. Il se débattait en vain et ce n’est qu’au dernier moment qu’il ferma les yeux. Il y eut un craquement ; tout se renversa ; goût du sang dans sa bouche – le choc sa nuque contre le dossier, et puis tempe contre le sol, plongé dans l’obscurité.

Il gisait, tombé, la joue écrasée contre le ciment froid, à demi assommé, le centre du visage devenu volcan éructant la douleur. Tiède et visqueux, ce qui coulait de son nez inondait sa lèvre et à travers le brouillard, des pieds approchaient.

Loin, au travers du vertige, il repensait à de vieilles bagarres ; toujours un battant, toujours fier, toujours prêt à affronter le monde entier, les faibles et les forts, les grands, les costauds, et ainsi, ne reculant jamais, il avait avancé dans la vie, bâtissant sa confiance sur ses poings, sur cette certitude qu’il pouvait tout affronter. Mais même quand on avait bloqué ses bras et qu’on l’avait roué de coups ; même cette fois là, il s’était relevé, il s’était montré plus fort qu’eux, parce qu’à la fin, l’échec n’était pas une option, et finalement, c’étaient eux, qui cédaient, eux qui avaient peur, toujours.

Mais personne ne l’avait frappé aussi fort – et ça ne ressemblait pas à une bagarre, pas à un combat, non…

Ce type avait juste le goût du sang –  jaloux comme eux tous – il voulait le haut de l’échelle – dominer – ordonner – disposer – frapper… harceler. Il voulait juste prendre sa place.

L’homme le souleva d’un coup, lui et la chaise. Une fois vertical, le sang reflua dans sa gorge, et il toussa et cracha des sortes de mollards rubis et noirs – des caillots – pour ne pas s’étouffer.

« Tu es… juste comme moi... » marmonna-t-il à travers le brouillard.

Ça faisait mal, bordel. L’expression voir trente six chandelles prenait tout son sens et elle n’avait pas le côté rigolo des vieux mangas télévisés. En dehors de ce qui avait été son nez et ressemblait certainement à une patate écrasée, gargouillant, non content de ne pas faire passer l’air, le forçant à haleter et crachoter – en dehors de la souffrance qui lui incendiait le visage, sa principale sensation physique c’étaient les liens qui s’enfonçaient dans sa chair, dans ses muscles, dans ce corps pourtant tendu à l’extrême qui ne gagnait même pas contre une putain de corde.

Il ne voulait pas qu’il le touche mais ne pouvait pas l’empêcher, et  le tissu bientôt trempé au contact du nez gonflé du sang répercuta l’écho du choc dans son crâne, et des étincelles dansaient derrière ses paupières closes.

Ce geste absurde l’effraya plus que le coup.

A son insu, il se jetait contre les liens par à coups, usant sa force en faillite à se libérer exactement comme un chien d’attaque tire sur sa laisse à s’en peler le col. Ne restait que l’impression du laçage sur son corps, en négatif, le motif de liens marqué par la douleur. C’était tout ce qu’il sentait de lui-même, engourdi, ça et les brûlures qui pelaient ses bras et écorchaient ses mains interdisant toute réplique, et suspendu à sa chaise de métal intraitable, il émergeait peu à peu de cette vague géhenne et du son froid des mots qui coulaient sans qu’il les comprenne, pour découvrir le tambour battant, rouge, l’alarme de son cœur.

Un battement.

Il montre les dents.

Un battement.

Il écarquille les yeux.

Un battement.

Un frisson.

Et enfin, enfin il entend, il l’entend, ce qu’il nie depuis le départ.

Il va le tuer.



Il était perdu, Katsuki. Ce n'était pas prévu au programme. Ce n'était pas prévu dans son code. Il n'avait pas le comportement adéquat.

Game over.

Fini de jouer, dit le vilain. Mais il n'est pas prêt, attendez, temps mort, il veut parler encore, il veut tempérer pour que peut-être quelqu'un... C'est trop tôt, personne ne va venir

Personne ne va venir et ce n'est pas un jeu. Ce n'est pas un défi, Katsuki, un pari de qui a la plus grosse qui cache le mieux sa peur (cap ou pas cap ?) et surtout pas, surtout pas de qui tape le plus fort. Jouer, se la jouer, la vie n'est pas un jeu - et tu ne peux gagner.

Il ne souriait plus Katsuki. Sourire sert à avoir la force d'agir. Il ne pouvait pas agir. Sourire sert à inspirer les autres. Personne ne le regardait. Il ne souriait plus grimaçait, guettait des réponses dans les yeux vides d'un masque, "Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? Je veux juste me battre ! Je veux juste une chance !"

Parce qu'un jour la route s'arrête et un jour le fil se coupe et alors quoi ? Surgit l'ennemi qui est plus fort que toi. Personne ne gagne, ce n'est pas juste - cela ne l'a jamais été.

Alors il lui dit qu'il a échoué, qu'il avait perdu, et il détestait perdre - mais qui gagne vraiment ?

Alors le vilain se moqua et lui dit qu'il était ridicule à espérer qu'il le détache, pour se battre avec lui. Jamais il ne serait rentré dans son jeu, pour un puéril concours de force.

- Katsuki avait hurlé, il s'était lâché, avait craché son mépris pour les stratèges et les fourbes calculateurs. Il l'avait insulté, il l'avait provoqué.

Sans retenue, sans inhibition. Parce que s'il criait, l'autre allait crier, s'il frappait, l'autre allait frapper, s'il l'agressait, il allait bien REAGIR !

Il rentrerait dans sa logique, il rentrerait dans son monde, il pourrait peut-être comprendre...

Mais non - il ne le comprenait pas, il ne comprenait pas, et son échec à comprendre, à se mettre à la place de l'autre, à s'adapter -

avoir la réponse adéquate -

signait son arrêt de mort.

Il avait les yeux vitreux lèvres tremblantes - air stupide, air stupide - une grosse goutte écarlate qui perle au nez et s'écrase comme une fleur sur le sol. Temps suspendu, suspendu à ses mots qui jugeaient et raillaient - tout ces discours, ces analyses, ce sale intello, ce sale sans-alter.

Il était perdu ; il avait perdu ? Quel était le sens de ce jeu ?

Et le fixait quand coulaient les mots ; plus de chance.

Tu es petit.

Tu es faible.

Pathétique.

Personne n'avait jamais parlé comme ça à Katsuki. Personne ne lui avait dit ça. Brutal, violent, égoiste : oui. Mais faible ? Faible ? Faible ?!

Il voulait ruer, dénier, affronter. Et les liens le stoppaient ; le métal l'incapacitait. Il était là parce qu'il avait perdu et il avait déjà perdu et il n'avait plus d'issue, sans son alter, il n'avait rien.

Qu'avait-il fait d'autre que perdre, perdre ses idéaux ses batailles et ses prétentions depuis ce moment, ce moment où il fixait ce trou qui crevait plusieurs étages, plusieurs strates de débris d'où perçait le ciel bleu ? Deku l'avait battu et il songeait, tremblant face à cette crevée de ciel, qu'il aurait pu mourir.

Et les yeux exorbités traquaient chaque mouvement du vilain qui se défaisait de son masque. Et voir ce visage inconnu, dont les traits trop harmonieux faisaient ressortir la parfaite indifférence, voir ces yeux bleus s'ouvrir sur du vide créait le même éclat.
La ruine de toutes ses certitudes.  

Deadline n'avait pas l'air en colère, malgré ses dires, alors qu'il lui annonçait qu'il allait le tuer dans quelques minutes, sa figure n'était qu'un autre masque inhumain, Katsuki luttait contre les cordes enchevêtrées, leur morsure et l'étau du siège derrière lui donnait la nausée, fuir ou se battre, fuir ou se battre, criait son instinct, et il devenait fou d'impuissance.

Et Tsuyo se fendit d'une leçon de morale, et même si Katsuki n'avait pas voulu l'écouter, les mots l'auraient marqué au fer rouge - parce que la question pourquoi spiralait dans sa tête et il ne pouvait se boucher les oreilles - et ses petites chansons de son petit égo ne sonnaient plus si juste - toutes les fausses notes et un grincement insupportable - faible - pathétique - et les lèvres du vilain bougeaient et il ne pouvait détacher le regard.

Il aurait dû mentir ? Faire carpette ? Il ne savait pas faire ça ! Etre né sans alter ? Lutter contre les injustices ? Il n'y pigeait rien ! Quoi, parce que les sans-alters se faisaient un peu malmener à l'école, parce qu'ils ne pouvaient pas devenir des héros, il devait mourir ?

Ma vie est plus importante que ma fierté.

Oui, c'était logique ; oui, dans le nœud de ses entrailles, oui, il le savait, et pourtant, et pourtant... L'horreur qui gravait cette vérité dans sa conscience, il ne voulait pas l'admettre - il ne savait pas - c'était réel, ici, maintenant : il pouvait mourir. Et jusque là, il ne savait pas - la valeur de sa vie. La vraie valeur de ce qu'il avait à perdre.

Il lui souriait, le vilain, il insistait. Sa faute. Trop arrogant. Trop sûr de lui. Et il parla de sa famille et de ses amis et sans qu'il puisse l'anticiper, les yeux de Katsuki se remplirent de larmes qui restèrent suspendues là, retenues, retenues.

"Je suis pas..." il tenta de protester, mais les preuves flashaient dans son esprit - s'il n'avait pas été imprudent, à se croire intouchable - s'il avait fui au lieu de combattre - s'il avait tû son indignation - s'il n'avait pas été enchainé à ce podium... Chaque choix qui menait à ce moment, se jouait sur le fil de sa fierté.

"Je déteste pas les sans-alters ! Qu’est-ce qu’il y a de mal à être fier de sa force ? Je devrais me brider parce que certains n’ont pas ma chance ? Mais moi aussi j’ai travaillé pour en arriver là !"

Pourquoi le haïssait-il tant ? Pourquoi ce qui l'avait rendu populaire autrefois lui était maintenant reproché ?

Et les mots suivant le firent blêmir et reculer au fond du siège. Parce que c'était vrai.
Il ne l'avait pas réalisé, pas admis, mais c'était vrai.

Ce que reflétait ce vilain miroir et son tain souillé et cruel.

Ca paraissait tellement normal, de les mépriser.

Et il y avait quelque chose dans sa faiblesse, dans la faiblesse de Deku, qui le révoltait. Comme une limace, un asticot, qu'on voit se tordre sur le sol. Comme cette pulsion irrésistible qui pousse à l'écraser.

C'était là tout au fond, cette haine.

Parce que sa faiblesse lui faisait horreur. Parce que sa faiblesse lui faisait pitié. Parce qu'il préférait le faire disparaître. Parce que pour rien au monde il ne voulait lui ressembler.

Et pour enfoncer le clou, il lui rappela le tournoi sportif et son humiliation - comment il était le seul à se donner en spectacle, à faire ce scandale alors même qu'il était premier.
Il se revoyait pétant son câble, cette victoire dont il ne voulait pas ; il voulait remettre ça, avec Todoroki, pour de vrai, s'il refusait il le tabasserait jusqu'à ce qu'il réagisse et le juge digne de ses flammes - digne de lui - comme Deku - tout ça pour ça, tout ça pour ça, ça ne pouvait pas se passer comme ça - et c'était la fureur et le désespoir qui l'avaient fait craquer, parce qu'il s'était appliqué jusqu'au bout à tout faire parfaitement et que son adversaire avait tout fait déraper. Ils l'insultaient avec leurs honneurs et leur médaille, alors qu'au fond, il savait qu'il avait échoué.

Et Tsuyo se lassa de s'expliquer, et lui déclara d'un ton léger :

"Concrètement, je vais me filmer en train de te torturer et je vais envoyer la vidéo à tous les médias japonais..."
Taré de vilain et son rire distordu et la bile dans sa gorge - qui voudrait voir ça, abruti ?
Ce n'était pas comme si les grands médias allaient diffuser un slasher -

Sortez-moi d'ici putain.

Il aurait pu tenir, tenace apprenti-héros, si ça avait eu le moindre sens. Rassembler son courage, s'il avait pu s'en sortir. Tenir bon, endurer. Mais le mot de torture avait le goût du métal et du sang et souffrir cela juste pour mourir... Il n'aurait pas la force. Ce mot aux contours tranchants et aux milles images, il avait déjà mal, et il ne voulait pas.

Dès que Deadline eut le dos tourné, le captif recommença à se débattre avec une énergie renouvelée. Il se balança sur la chaise comme lorsqu'il était en cours, de plus en plus fort, et une dernière impulsion le fit basculer sur le côté, où il tomba bruyamment, toujours attaché.

Il n'était pas des enfants qui ont peur du noir, qui s'inventent des monstres dans le placard. Son conte préféré, c'était Momotaro qui donnait une bonne raclée aux Onis. Mais cette terreur primaire le poignardait à présent, comme un vieux chemin oublié ouvert dans son esprit. Elle pressait son cœur comme un fruit trop mur entre ses serres crochues, et jetait son souffle sifflant au delà des dents entrechoquées, il fallait qu'il s'échappe, il fallait qu'il s'échappe.

Les cordes glissaient meurtrissant ses mains laminées par l'explosion ; il n'avait pas le temps - essayer de les défaire - il se mit à ramper.

L'ogre va revenir. L'ogre va revenir avec son grand hachoir.

Trainant la chaise avec lui, centimètre par centimètre, il se contorsionnait en direction de la porte opposée.

L'ogre va revenir et finir le travail.

Quelqu'un rampait -

Quelqu'un avait fui un jour ses poings de la sorte et comme encore il se demandait pourquoi

il lui parut soudain évident que le sans alter qui s'était renseigné si soigneusement sur son cas

devait savoir, ne pouvait ignorer

- ce qu'il avait fait subir à Deku -

Et quand il eut presque atteint son but et qu'il entendit les pas se rapprocher sans hâte, conscient de la futilité de ses efforts, il se figea et voulut jurer, mais tout ce qui s'échappa de sa gorge serrée était un bref sanglot.




Merci à Denki et Alex pour le kit~
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MessageSam 10 Nov - 22:53
 
   

Le début du plan  

PV Bakugou Katsuki
 

 
 

En se baladant dans l’appartement délabré, abandonné et plongé dans l’obscurité où il s’était planqué, Tsuyo pensait à beaucoup de choses. Il pensait à la conversation, si on pouvait appeler ça une conversation, entre lui et Katsuki. Il pensait à la publicité qu’il allait avoir. Il pensait à la façon dont il allait faire souffrir le blond avant de lui ôter la vie. Il pensait au fait qu’il avait été extrêmement généreux en laissant une chance de s’en sortir, aussi maigre soit-elle, à l’apprenti-héros alors que lui avait été condamné dès sa naissance. Et pourtant, l’adolescent était quand même parvenu à tout gâcher en laissant sa rage et son égo prendre le dessus. Quel dommage. Vraiment. Et ce manque de jugeotte énervait énormément le sans alter, parce que lui, si on lui avait laissé la moindre chance de prouver aux autres qu’il valait quelque chose, si on lui avait donné une occasion de s’élever, jamais il ne l’aurait laissé passer. Jamais. Mais peu importe, tout cette colère qui bouillonnait en lui, il allait pouvoir l’évacuer dans très peu de temps.  

Son trépied et sa caméra en main, il fit le chemin du retour. Revenu à l’étage où il retenait le futur mort, il marcha plus lourdement, pour que le blond l’entende, pour qu’il sache que son tortionnaire était là et allait lui faire connaître l’enfer. Mais Deadline ne se pressait pas, oh, non. Il prenait tout son temps, pour faire monter l’angoisse chez sa victime. Le Grand Méchant Loup arrive ~ Le Grand Méchant Loup va te dévorer ~ Fuis, fuis, cours pour ta vie. Lorsque le vilain aux cheveux blancs pénétra dans la pièce, il vit Katsuki à ses pieds, toujours attaché, gigotant comme un insecte sur le sol pour avancer, rampant lamentablement. Oh, How the mighty have fallen. Plus on monte, plus dure sera la chute, comme on dit. Visiblement, le gamin n’était pas prêt à subir un tel impact. Il s’est trop approché du soleil et ses ailes ont été brûlées. L’homme qui était toujours démasqué lança un regard méprisant au blond dont l’expression s’empreignit de peur en le voyant.  

[-Tu auras essayé, au moins.]  

Laissant son équipement à l’entrée, il s’approcha de l’explosif sur pattes pour le ramener au centre de la pièce et le remettre debout mais quand il approcha sa main près de son visage, l’étudiant tenta de le mordre, poussant le vilain à la retirer in-extremis. Eh bien, on dirait qu’il avait encore un peu d’esprit combatif en lui. Excellent. Ça serait d’autant plus satisfaisant d’éteindre cette minuscule étincelle qu’il lui restait. Pour commencer, il frappa le petit con en plein dans son nez cassé, l’étudiant serrant les dents aussi fort qu’il le pouvait pour ne pas lâcher un cri. Même dans cette situation et après la leçon qu’on lui avait donnée, il pensait encore à sa fierté, c’était triste.  

[-Allons, ne me regarde pas comme ça. Tu savais très bien que c’était une mauvaise idée d’essayer de me mordre.]  

Cette fois-ci, Tsuyo le releva sans aucun problème et tira la chaise à laquelle le blond était attachée pour l’amener vers le fond de la pièce, histoire qu’il ait un peu d’espace. Maintenant que c’était fait, il installa le trépied resté à l’entrée et posa la caméra dessus. Et ça serait dommage que tout le monde voit son visage donc il alla ramasser son masque à gaz qu’il avait laissé par terre tout à l’heure et le remit en place, cachant sa bouille aux yeux du monde.  

Ça y est, c’était LE moment. SON moment. Il allait se faire connaître, répandre son idéologie et commencer sa lutte pour les sans alters pour de bon. Il n’y avait plus de retour en arrière possible, désormais. Ce n’était qu’un début, certes, mais c’était son début à lui. C’était Le Début du Plan. Le Plan qu’il avait passé 9 années de sa vie à élaborer pouvait enfin être mis en place. Se voulant présentable, Deadline se frotta les mains et remit ses gants pour cacher le sang dessus, épousseta ses vêtements, ajusta sa cravate, tira vers le haut son pantalon et se racla la gorge. Puis, enfin, ENFIN, il alluma la caméra. Le kidnappeur recula et prit une voix enjouée de présentateur télé qui démarrait son émission pour s’adresser à l’objectif.  

[-Mesdames, messieurs, japonais, japonaises et tous nos amis étrangers, bonjour ! Ou bonsoir, tout dépend de l’heure à laquelle vous voyez ceci. Mais ne faisons pas attention à ce genre de détails. En ce moment, vous devez très certainement vous dire “C’est qui ce type ?” et je vais me faire un plaisir de répondre à cette question.]  

Il se pencha vers l’avant, faisant une révérence.  

[-Deadline, sans-alter, pour vous servir.]  

Il se releva et secoua ses mains devant lui comme si il était gêné.  

[-Attendez, attendez. D’accord, je suis sans-alter mais laissez-moi vous présenter mon invité avant de partir, c’est la moindre des choses.]  

Il se poussa sur le côté, laissant apparaître le fils des Bakugou sur la caméra. Le concerné était torse nu, attaché à la chaise, le nez écrabouillé et couvert de sang, un bout de son maillot était toujours fermement serré autour de son épaule droite meurtri et avait été rougi par le sang. Il faisait peine à voir.  

[-Pour cette émission, Mr. Bakugou Katsuki ici présent a gentiment accepté de nous rejoindre. Arrivé premier au Festival Sportif d’UA, fait partie de la classe ayant survécu à une attaque de La Ligue des Vilains, quel palmarès ! On peut dire que c’est une vraie star, celui-là. Un petit mot pour nos spectateurs, cher invité ?] Demanda-t-il en se tournant vers lui.  

« Va te faire foutre ! »    

[-Langage, mon cher, langage ! Imaginez que des enfants soient en train de nous regarder, vous leur donnez un mauvais exemple.] Tsuyo se tourna vers la caméra et fit semblant de rigoler nerveusement. [-Veuillez l’excuser, il ne sait pas tenir sa langue. Mais bon, grâce à son intervention dans ce que j'appellerais une sorte de "sport publicitaire", même si je ne me considère pas comme tel, vous pouvez voir que je suis ce que les gens appellent un vilain.]    

Le sans-alter laissa tomber la voix de présentateur enjoué et pour la première fois depuis des heures, il prit sa vraie voix, pas un ton froid et inexpressif, pas une voix faussement enjouée, pas un ton moqueur et provocateur. Non, sa véritable voix, très légèrement distordue par son masque, qui montrait sa sincérité, son honnêteté.  

[-Parlons franchement. J’ai beau être considéré comme le méchant de l’histoire, je ne le suis pas. Tout que je veux, tout ce que j'ai toujours voulu, c’est que les sans alters comme moi soient acceptés par la société et reconnus par la société ! Quand quelqu’un comme moi vient au monde, dès son plus jeune âge, quand sa condition est révélée, il est rabaissé, écarté, malmené. Et pourquoi ? Je vous le demande, pourquoi ? Pourquoi doit-on souffrir à cause d’une chose sur laquelle nous n’avons absolument aucun contrôle ? Vous croyez que dans le ventre de notre mère, on s’est dit “Tiens ? Et si je naissais sans pouvoir ?”]  

Tsuyo serra les poings, se remémorant son enfance qui était loin d’être joyeuse.  

[-Nous sommes frappés, insultés, volés et personne ne nous aide, personne ne nous tend la main. Parfois, même les professeurs se joignent à la fête et certains prennent même un malin plaisir à le faire. On nous dit toujours ”Un héros viendra” “Un héros arrêtera le vilain” “Un héros ceci, un héros cela” mais ils sont où les héros quand un sans alter se suicide parce qu’il n’en peut plus ? Il y a des années, j’ai rencontré une petite fille sans alter qui était battue par son père et ne voulait pas rentrer chez elle. Ils étaient où les héros ? Quand j’étais plus jeune, naïf, innocent, pleins de rêves et que mes camarades de classes utilisaient leurs pouvoirs pour me blesser et me ridiculiser, ils étaient où les héros ? ]  

L’homme masqué se tourna vers son prisonnier.  

[-Regarde-toi, Bakugou Katsuki. Je t’ai poignardé, je t’ai mis plusieurs coups de taser, je t’ai cassé le nez, tu es attaché, sur le point de mourir et... Où sont les héros ? Qu’est-ce qu’ils attendent pour venir te sauver ? Pourquoi ils ne sont pas là ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas en train d’être arrêté ? Pourquoi est-ce que tu n’es pas en train d’être ramené chez toi, te disant que c’était juste un mauvais rêve, que tu as juste fais une erreur qui ne se reproduira pas la prochaine fois ? Je vais te dire la vérité : personne ne viendra. Les héros ne sont jamais venus en aide aux sans-alters comme moi, pourquoi devraient-ils se bouger pour toi ? Parce que toi tu as un alter, tu vaux plus que nous ? C’EST QUOI CETTE CONNERIE ?] S’exclama-t-il, sa colère prenant le dessus.  

Tsuyo fit face à la caméra une fois de plus, lâchant un soupir sous un masque pour se calmer.  

[-Mon combat est noble. Je me bats pour une société plus juste, où chacun à sa place ! Mais pour que cette société dont je rêve voit le jour, la société actuelle doit disparaître. Et pour commencer, je vais vous montrer à tous et à toutes que les héros ne sont pas infaillibles, que les héros ne seront pas toujours là, qu’un jour, peut-être, vous allez appeler à l’aide et il n’y aura pas de super-humain en costume à la rescousse. Mais je vais également vous montrez que lorsqu’il est poussé à bout, un sans alter n’est pas faible, fragile, sans défense. Quand un sans alter dans mon genre est poussé encore et encore et encore... il finit par pousser à son tour. Devant vos yeux, devant cette caméra, pour vous prouver à tous et à toutes que j’ai raison, je vais torturer puis tuer Bakugou Katsuki !]  

Pour appuyer ses dires, il sortit un couteau de sa veste, le tenant comme si il allait poignarder quelqu’un et se tourna dans la direction du blond, pointant la lame vers lui tandis qu’il marchait pour se mettre juste devant la chaise à laquelle il était attaché. Sa voix redevint froide et inexpressive.  

[-La séance de torture peut commencer. Maintenant, Katsuki, j’ai une question pour toi. Si tu ne veux pas y répondre, je choisirais au hasard mais si tu veux jouer le jeu, ton bras préféré, c’est le gauche ou le droit ?]

 

 

 



Tsuyo parle avec la couleur #0066cc
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Le début du plan
ft Tsuyo Shori

Sans Alter



Bakugou suait abondamment. L’effort et le stress combinés avaient surpassés les effets du froid ; son baggy restait trempé, sa blessure bavait  rouge, rouverte dans ses chutes successives, et le sol sur lequel il se traînait péniblement était rugueux sous son torse nu. Tout ce carburant et aucun moyen d’utiliser son alter ; c’était rageant à en pleurer de frustration. Sa tentative d’explosion l’avait mis au supplice et convaincu qu’une autre expérience du genre allait le mutiler  : est-ce qu’il pouvait encore produire sa substance miracle s’il n’avait plus de chair sur les doigts ? Il en doutait.
Et les pas lourds résonnèrent et se rapprochèrent sans hâte, et il se dévissa la tête pour croiser le regard hautain du vilain. La folle satisfaction qui s’y mêlait à un mépris écrasant lui donna des pulsions de meurtre, mais cela ne diminua ni la peur qui bourdonnait dans ses oreilles, ni l’humiliation presque physique qu’il y avait à se retrouver, impuissant, dans cette posture, littéralement aux pieds du sans-alter.

La porte était encore si loin, et il ne l’atteindrait pas. Il ne parvenait pas à penser correctement, malade d’anticipation, victime des scénarios que son cerveau lui projetait malgré lui. La panique, c’est quand le corps essaye de vous droguer à coups d’adrénaline pour vous pousser dans vos retranchements, face à une menace mortelle. Deux issues possibles, l’instinct prend le dessus : fuir ou se battre pour sa vie. Mais quand les deux portes de sorties sont bouchées ? Quand on est solidement attaché et que la menace se rapproche ? Quand on est sans défenses pour la première fois de sa vie et que tout crie d’agir et qu’on est impotent ?

何もできないなら。。。

死なればいい

-出久。

Court-circuit. Le sang-froid est le luxe de ceux qui ont une marge d’action. Et si Bakugou avait eut le sang froid, ça se saurait. Non, il était du genre chaud bouillant, exposé aux surchauffes émotives et aux débordements – cris, injures, violence, explosions, et en dernier recours, pleurs. Il n’avait jamais su domestiquer le chaos qui traversait son corps, lui retournait la tête, cette tempête qui devait sortir à tout prix – et son égo comme un mur infranchissable le protégeait de l’extérieur, du risque de résonance, des vibrations des autres et de leur séisme.

Il suffoquait, nerfs exposés, lèvres retroussées, la panique, animale, dans ses pupilles contractées.

Déjà l’homme se rapprochait, main tendue, ses ruades ne faisaient qu’un fracas métallique alors il se figea, attendit. Son torse enflait par à coups, brusquement, puis d’imperceptibles expirations tremblées lui échappaient, jusqu’à ce que l’air manque, et il se gonflait d’air brusquement, le soufflet dysfonctionnel d’une forge en proie aux flammes.

Et la main était là et il se jeta en avant, mordit le vide et les dents claquèrent en vain, si fort qu’il sentit ses gencives le meurtrir. Chaque fuseau de chaque muscle était tendu comme un filin de métal ; s’il avait été libre, il aurait été inarrêtable, un véritable berserker drogué par l’adrénaline et la peur.
Mais les nœuds étaient toujours là ; peut-être un peu détendus par sa lutte ; mais toujours là. Et ces montées de puissance n’ont pas toujours l’efficacité que leur prête la fiction. Les berserker, ils meurent à la fin de la bataille.

Et les dents claquent dans le vide – chien enragé, chien battu – le genou châtie sa tentative – envoie bouler – son visage brisé -
étouffe le cri.

La haine et le dépit ; la douleur et le choc – cela le consumait, ses forces s’éparpillèrent comme des cendres au vent, ses membres retombaient, flasques ; filets de sang, il louchait sur la main floue qui revenait. Ne pouvait plus bouger comme le vilain le redressa et le traîna à l’emplacement choisi pour son spectacle grotesque.

Le menton retombant contre ses clavicules, dodelinant de la tête, dans un brouillard endolori, Katsuki lécha le sang qui inondait le bas de sa figure, pendant que Tsuyo mettait en place sa caméra et sa tenue.

Les accents faux de la voix émergeaient des acouphènes, et devant ses yeux apparaissait, de plus en plus net, le dos du présentateur d’opérette. Il s’exprimait avec ce ton agaçant des entertainers, il déblatérait une présentation enjouée, quand soudain, il s’écarta et face à l’adolescent se trouvait l’œil de verre d’une caméra, rivé sur lui.

On aurait dit qu’à l’intérieur, ses entrailles avaient décidé de passer à l’état liquide.

Ce regard, anonyme, objectif, objectivant, fixé sur lui.

Avec le petit point rouge clignotant, qui alertait : c’est enregistré. Tes moindres souffles, tes moindres réactions, tes moindres faiblesses. Tu ne peux rien cacher.

Il se redressa de son mieux, conscient de son état pitoyable, ce n’était qu’une machine, il devait l’ignorer -
Car ça ne pouvait pas vraiment arriver, il allait se libérer, il allait détruire l’homme briser la caméra il trouverait un moyen.

Ça ne pouvait pas vraiment arriver - Il flottait, baignant dans l’angoisse, dans ces vagues chaudes et froides qui se succédaient, on aurait dit que ses membres avaient enflé comme des ballons de baudruches, qu’il dérivait dans la pièce, et il ne sentait plus les contours de son corps. A la dérive, il repassait les mêmes mots dans sa tête comme un CD rayé, personne ne le verra, personne ne le saura, personne ne te regarde.

Le cauchemar qui hantait ses nuits se déroulait en live : tandis qu’il suffoquait dans le noir et que ses explosions comme ses cris étaient étouffés ; tandis qu’il se débattait et luttait, tandis qu’il perdait, un millier d’yeux le regardaient tomber, le suivaient, du regard. Où qu’il porte ses pupilles, les yeux le fixaient en retour, les yeux partout, scrutant, jugeant et raillant, n’exprimant rien, exprimant tout.

Le cauchemar était réel, cette fois. Il n’y avait pas de réveil en sursaut pour l’en tirer in extremis.

Alors le taré prononça son nom, comme s’il était une célébrité, son masque à gaz se tourna vers lui et Katsuki répliqua d’un « Va te faire foutre ! » rauque et rageur, le toisant avec toute la défiance dont il était capable dans son état.

Évidemment qu’il allait résister, évidemment qu’il allait mordre, le regard de la caméra était là pour lui rappeler qu’il ne pouvait pas être faible.
Quel choix avait-il jamais eu, quand tous les yeux étaient rivés sur lui ?

Et tout à son jeu le vilain lui reprocha sa vulgarité – comme si ça allait passer sur les ondes, comme si ça allait être diffusé – n’importe quoi.
Pourtant il poursuivait sa présentation, sans doute un discours longtemps préparé, tandis que Katsuki s’acharnait à oublier l’existence d’internet. Il aurait pu railler le vilain, interrompre son blabla, pourrir son show, mais s’il faisait ça…

Le vilain, derrière ses manières prétentieuses et tous ses longs discours, avait fait preuve d’une patience très limitée. Il pouvait virer à la violence aveugle en un instant. S’il ne le laissait pas parler tout son saoul, le garçon sentait qu’il n’allait pas rester en vie bien longtemps. Une exécution rapide et les présentations après ; tout est possible, avec la magie du montage.

Non, Katsuki se taisait : il apprenait vite, c'était un de ses talents.

La voix du vilain changea alors du tout au tout et c’était sur un ton inconnu qu’il s’exprima, ni celui du joueur, ni celui du sociopathe.

On aurait presque dit une personne raisonnable.

Il affirmait qu’il n’était pas le méchant (bah voyons, songea Katsuki avec ses blessures), qu’il défendait la cause des sans alters. Il dénonçait l’injustice dont ils étaient victimes.
Ce n’était pas leur faute s’ils étaient nés comme ça.

S’ils étaient défavorisés, isolés et discriminés.

Il semblait se tendre, et sa voix se fit plus rauque, presque souffrante. Il racontait, cela se sentait, et le nous n’était qu’un je élargi.

Comment on les rabaissait, comment on les maltraitait. Et le mot professeur sonna aux oreilles de Katsuki qui réalisa qu’il parlait des enfants, qu’il parlait de l’école, qu’il parlait de quelque chose qu’il connaissait.

Leur professeur, si complaisant, qui déguisait mal ses sourires quand les moqueries résonnaient sur le passage de son camarade sans-alter. Qui n’offrait que de vagues remontrances même quand la violence se déroulait sous ses yeux.

L’apprenti-héros fixait Tsuyo avec stupeur. Il se sentait étourdi, abruti, dans le même temps que se dessinait sous ses yeux le sens de tout cela.
Tout s’alignait – ce qu’il soupçonnait, n’osait formuler… Et à la silhouette du bourreau se superposait celle d’une ancienne victime.

Ce qu’il dénonçait – ce qu’ils avaient fait – était-ce si grave ?

Était-ce si grave ? Ce qu’il avait fait ?

On entendait dans sa voix la personne que Tsuyo avait été, aurait pu être ; et quelques-uns sans doutes éprouveraient de la sympathie en l’écoutant.

Et il continuait à peindre l’horreur, la solitude, le désespoir, de ceux que les héros ne sauvaient pas. Ceux qui se suicidaient. Comme une petite fille battue. Victimes invisibles, silencieuses, parce qu’elles n’avaient pas de pouvoirs bruyants ou chatoyants, parce que ceux qui les malmenaient n’étaient pas les vilains.

« Quand j’étais plus jeune, naïf, innocent, pleins de rêves et que mes camarades de classes utilisaient leurs pouvoirs pour me blesser et me ridiculiser, ils étaient où les héros ? »

Ça faisait mal, d’une façon inédite.

Et quand les yeux bleus derrière les vitres du masque se tournèrent vers lui il ne détourna pas les siens qui, pour la première fois, avaient l’éclat lucide de la compréhension, comme si ici, trop tard, Katsuki réalisait la nature de ce mal capable de changer un enfant en monstre.

Et Deadline le prenait à parti, comme si sa souffrance, son sort injuste devait être le miroir de tous ces anonymes.
Où sont les héros ?
Ils ne vont pas venir.
Et même si ça avait dû lui foutre la honte et qu’il ne voulait pas être sauvé, parce que c’était être impuissant – une victime – comme Deku ; cette voix qui jappait, ordonnant de conserver une dignité déjà perdue, n’était plus qu’un grésillement de surface, une pointe douloureuse dans son égo déjà percé de mille traits ; et en dessous, se trouvait cette force si vive, le désir de vivre, d’exister, de grandir ; à n’importe quel prix.

Et si All Might avait surgi à ce moment en explosant le mur, s’il avait fait son entrée triomphante comme le grand héros qui arrive toujours à temps, même Bakugou se serait raccroché à son sourire et à cette certitude que les héros, son héros, gagnait toujours à la fin. Même Bakugou aurait toléré d’être celui que l’on protège. D’être sauvé.

Et si ses camarades étaient soudain sortis de nulle part il aurait pris leur main, il aurait accepté de n’être que leur égal, il l'aurait accepté, qu'il avait besoin d’eux.

All Might, ses potes, un héros, n’importe qui aurait été le bienvenu à ce stade, s’il pouvait vivre, et il sentait avec horreur cet appel naître en lui, comme une grosse bulle de sentiments aliens, comme une putain de tumeur. L’espoir inapte que crée l’esprit humain quand il fait face à la mort.

L’aveu de l’impuissance ; le désir d’être sauvé.

Comment pouvait-il lui faire ça ? Comment pouvait-il le réduire à ça ? Et c’était drôle, vraiment, alors que Tsuyo s’énervait et lui criait que si lui n’avait pas été sauvé, on ne le sauverait pas non plus, c’était drôle et absurde, de se sentir comme ça, en sachant pertinemment que, oui, personne ne viendrait.

Étourdi par la haine qu’il ressentait pour lui-même et qui, en cet instant, dépassait celle qu’il vouait au sans-alter, Katsuki l’aurait presque applaudi, s’il avait eu les mains libres.

(Mais si ses mains avaient été libres, il l’aurait sûrement tué.)

Félicitations, monsieur le vilain. Tout ce bordel, toute cette mise en scène, et de tous ceux qui, peut-être, verraient ce spectacle, il l’aurait juré, il était le seul à comprendre. C’était à mourir de rire, mais il avait compris, il comprenait. Sa souffrance et sa haine, sa solitude et sa tristesse.
Parce qu’il était l’autre face de la pièce, pile et face, victimes et bourreaux, bourreaux et victimes. Le roi et le fou, le fou du roi. Il comprenait. Il comprenait, maintenant.
Et il allait mourir.
Est-ce que ce n’était pas à mourir de rire ?

Quel noblesse… Quelle justice ! C’était lui, l’exemple de monsieur tout le monde ? Il était sensé inspirer l’empathie ? Parce que personne ne viendrait pour lui ?
Non, c’était juste l’incapacité des héros qu’il voulait démontrer. Oh, il voyait bien comment tout cela était cohérent, comment tout cela prenait sens dans l’univers du sans-alter. Et par dessus tout, venait la menace. Voilà, ce que vous avez provoqué. Oui, quel meilleur oblat que lui, lui qui était coupable, pour baptiser par le sang une ère sous le signe de la vengeance.

« Devant vos yeux, devant cette caméra, pour vous prouver à tous et à toutes que j’ai raison, je vais torturer puis tuer Bakugou Katsuki ! »
Il le fixait de ses grands yeux, pâle et muet, mû de trop d’impulsions contradictoires pour adopter autre chose que cet air presque inexpressif, rires et cris, insultes et regrets roulant dans sa poitrine, un tic nerveux faisant parfois tressauter le coin de ses lèvres. Lentement, avec très peu d’ampleur, il fit non de la tête, le regardant toujours droit dans les yeux, comme s’ils avaient pu communiquer, comme s’il tentait réellement, une première et dernière fois, de le raisonner. Le geste pouvait passer pour une supplication mais dans l’éclat désespéré des iris rouges, se trouvait une volonté d’atteindre, au-delà.
Il voyait les engrenages qui tournaient pour le précipiter dans l’abysse et l’homme devant lui n’était qu’un triste automate, comme lui, comme eux tous.
Ne fais pas ça, disaient ses yeux. Ne fais pas ça, ça ne changera rien.
Mais il était impossible qu’il comprenne, et lui même, qui était-il pour prétendre réaliser ? Cette distance entre les êtres, rien ne saurait la réduire, que la mort, la violence, la lame d’un couteau pointé sur lui.
Et le jeu commença, l’empathie s’évapora, en un instant, il n’était plus que lui-même, ce tas de pulsions hurlantes attaché à un siège. Son ennemi approchait avec l’arme et tout s’accélérait, son esprit paniqué saisissant la question ; il ne voulait pas qu’il le blesse et pourtant le voilà qui pensait, rationalisait, incapable de ne pas l’imaginer, quel côté il sacrifierait en premier…
Il était droitier – il avait déjà poignardé son épaule gauche – raison de plus pour désigner le gauche – sauf que – s’il voulait le meurtrir il viserait justement celui-là (s’il perdait sa main motrice – s’il perdait son bras s’il ne pouvait plus se battre) 何もできないなら
Il haletait – ses mains se crispant et se décrispant malgré la douleur – s’il anticipait et qu’il frappait celui qu’il désignait parce qu’il saurait qu’il y aurait pensé -

Imbécile, imbécile, ne rentre pas dans son jeu !


Quoi qu’il réponde, il perdait. Et même s’il était terrifié, même si la peur avait empoisonné son esprit depuis longtemps déjà, le garçon privé d’alter lui décocha un grand sourire rouge et fou, et cracha d’un trait tout le sang ravalé à la face du vilain.

Il avait toujours dansé au bord des précipices.




Merci à Denki et Alex pour le kit~
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MessageDim 11 Nov - 22:41
 

 

Le début du plan  
PV Bakugou Katsuki
 
 
 
La lame du couteau semblait briller dans la pénombre de la pièce mal éclairée, illuminée par une lampe vacillante qui clignotait de temps en temps, semblant sur le point de s’éteindre à tout moment, plongeant alors la victime et le bourreau dans une obscurité totale. L’homme masqué ne montrait aucun signe d’hésitation. Son bras droit, levé bien haut aussi de sa tête, ne tremblait pas, sa prise sur le manche de l’arme était ferme et pas une seule goutte de sueur ne coulait sur son front. Ça faisait des années qu’il préparait ça, qu’il attendait ce moment. Son choix avait été fait il y a bien longtemps de cela, cette nuit où il avait donné une bonne correction à un père indigne qui battait sa petite fille sans alter et l’accusait de tous les maux du monde. Il allait le faire, ce gamin, ce garçon, cet ado, il allait le faire souffrir, le faire pleurer, le faire crier, lui enseigner le désespoir et le tuer. Il étoufferait les étincelles de sa vie et ne laisserait rien derrière lui.  

Il s’était préparé à le faire, à enfoncer l’acier dans la chair, il avait pris sa décision, et pourtant, il baissa le bras. Il laissa le couteau retomber. Pas encore, pas encore. Il n’était pas en train de renoncer, il n’éprouvait pas le moindre regret pour ce qu’il s’apprêtait à faire, c’était certain, mais avant tout, il avait encore besoin de parler, de s’exprimer, de dire ce qu’il avait sur le cœur. Il devait savoir, ilS devaient savoir, elles devaient savoir. Tout le monde devait savoir. Tsuyo avait dit que la séance de torture allait commencer mais non, il lui restait des choses à dire à son public. C’est pour cette raison qu’il ignora totalement le cracha sanglant que lui avait envoyé le futur homme mort en signe de défi et qu’il tourna le dos au blond, dont le visage affichait l’incompréhension -ainsi qu’une minuscule lueur d’espoir qu’il s’efforcerait d’écraser-, ne comprenant pas ce soudain revirement de situation, pour faire face à la caméra qui tournait toujours une fois de plus.    

Le sans alter passait sa main gauche gantée de noir, celle qui ne tenait pas le couteau, dans ses cheveux et arrêta de fixer l’objectif, baissant la tête, faisant les cent pas alors qu’il s’adressait en même temps à ceux qui verraient cette vidéo et à l’apprenti-héros. Il reprit une fois de plus sa vraie voix, la voix sincère, honnête, normale, la voix saine.  

[-Tu sais, Bakugou Katsuki, comme je te l’ai dit tout à l’heure, avant que nous ne gagnions une audience, je ne fais pas ça juste pour le plaisir de te voir souffrir.]  

Même si, pour être honnête, il en tirerait une grande satisfaction. Mais il était hors de question de dire ça alors qu’il se filmait.  

[-Toutes mes actions ont un sens. Si je vais te torturer, si je vais te tuer, c’est pour faire passer un message, trois messages pour être plus précis et je vais d’ailleurs les énoncer.]  

Il arrêta de tourner un peu partout entre Katsuki et la caméra pour aller se mettre derrière le blond, là où l’étudiant était incapable de le voir, là où le kidnappé ne pouvait qu’imaginer ce qui lui serait fait et l’endroit qui serait frappé si jamais son ravisseur passait à l’action. La torture n’avait pas à être exclusivement physique, elle pouvait également être mentale et Deadline le savait mieux que quiconque étant donné ce qu’il avait subi. Tsuyo ferma son poing gauche mais garda l’index levé pour faire le signe 1.  

[-Premièrement, les héros ne sont pas infaillibles, ne sont pas immortels, ne sont pas invincibles. Les héros ne seront pas toujours là pour vous venir en aide. On peut pleurer, hurler, appeler à l’aide, supplier, prier que quelqu’un, n’importe qui nous sauve et être quand même abandonné. Cette société est basée sur la propagande héroïque que des types qui se baladent en cosplay de personnages d’animés ne peuvent pas se tromper et seront là quand on a besoin d’eux. Attention, spoiler : C’est faux.]  

Le vilain leva son index pour signifier qu’il passait au deuxième point.  

[-Deuxièmement, un sans alter n’est pas faible, inutile, incapable de se défendre. Tout le monde nous prend pour des insectes, des déchets, des êtres fragiles. Les gens pensent que nous sommes faits de verre, non d’os et de chair. Ça aussi, c’est faux. Regardez-moi, un pauvre petit loser sans pouvoir qui bat et capture en un contre un le fils prodige, la star des premières années, celui qui a déjà survécu à une attaque de vilains, qui a remporté le Festival Sportif, qui suit les cours d’All Might lui-même. Comment aurais-je pu, si ceux qui ne possèdent aucune capacité sont aussi ridicules que ce qui se dit ?  

Il leva son annulaire pour le troisième et dernier point.  

[-Et pour finir, ceci est un appel. Je vois grand, très grand mais je ne suis pas idiot. Je sais très bien qu’il est impossible pour un homme seul de faire bouger les choses. J’ai besoin d'être aidé, d’être soutenu. Je m’adresse à toutes les personnes qui pensent comme moi ! Peu importe votre âge, votre sexe, votre passé, que vous ayez un alter ou non, si vous partagez ma vision des choses, si vous voulez changer la société pour le meilleur, je me ferais un plaisir de vous accueillir. Si vous êtes pour un monde meilleur, bon, juste, alors je vous invite à me rejoindre dans ma lutte. REJOIGNEZ-MOI !]  

Après s’être exprimé, cette fois-ci, il était prêt. Il resserra sa prise sur le manche de son arme et revint se mettre devant l’explosif sur pattes. Tsuyo ne donna aucun avertissement, aucune indication, il ne leva pas le couteau, il ne parla pas. Un moment, il était là, immobile, silencieux, surplombant le blond par sa taille, trônant au-dessus de lui d’une façon menaçante. L’instant d’après, vif, comme l’éclair, il enfonçait la lame dans le bras gauche du gamin, l’acier pénétrant dans la chair comme dans du beurre, n’offrant pas la moindre résistance face à la violence du tortionnaire masqué. Le sang gicla instantanément, s’échappant de la plaie pour couler sur son bras et se déverser sur son pantalon, la chaise et le sol. Mais il n’en mourrait pas, il lui faudrait énormément de temps pour se vider de son sang, au contraire. Pendant ces neuf années où il préparait son grand plan majestueux, Deadline avait longuement étudié l’anatomie humaine. Avec ce coup, malgré la furtivité de celui-ci, il s’était assuré de ne toucher aucune artère. Ça serait dommage que ça se termine rapidement.  

Malgré la douleur qui devait être insupportable et agonisante, envahissant son corps tout entier, le fils des Bakugou ne cria pas. Il serra tant les dents qu’elles grincèrent, se mordant les lèvres pour ne pas hurler au point qu’elles saignent. L’homme aux cheveux blancs vit quelques gouttes glisser le long de son menton. Il y tient vraiment à son égo, hein ? Mais bon, au moins, Tsuyo devait lui laisser ça, à son âge, il aurait probablement pleuré toutes les larmes de son corps et crier aussi fort qu’il le pouvait. Qu’il parvienne à se contenir était... admirable, dans un certain sens.  Enfin, il laissa tout de même échapper de nombreux grognements qui montraient qu’il ne trouvait pas non plus la situation très agréable tout en se tortillant.

[-Tu ne m’as pas répondu tout à l’heure, j’ai donc choisi au hasard, comme promis.]  

Le criminel laissa le couteau là où il était dans le bras du garçon et se baissa très légèrement tandis qu’il en sortait un autre de son costard.  

[-Encore une fois, si tu ne dis rien, ça sera au hasard de décider mais ta jambe préférée, c’est la gauche ou la droite ?]

 

 

 



Tsuyo parle avec la couleur #0066cc
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